HISTOIRE DE LA PENDULE ATMOS

Ce n'est pas d'hier que datent les effort en vue de réaliser des horloges perpétuelles. La première de toutes les machines indicactrices du temps est en effet perpétuelle par définition, puisqu'elle emploie comme moteur le soleil ou les étoiles que nous n'avons aucun besoin de remonter. Le cadran solaire est par essence une horloge perpétuelle. Il était tout naturel que les esprits ingénieux cherchassent à trouver aux instruments mécaniques une source de mouvement automatique. Le chapitre XI des Mirabilia chronometrica, au neuvième livre des Technica curiosa du Père Schott, porte le titre de Horometra perpetua. Il indique d'abord les conditions générales de la perpétuité de l'indication de l'heure, puis donne des moyens de constriure des horloges perpétuelles avec l'aide du feu, de l'air, de l'eau, de la terre et des éléments mixtes. Les Technica curiosa furent édités pour lapremière fois en 1664. C'est l'année précédente que Dom Dominique Martinelli, de Spolète, avait publié à Venise un petit ouvrage intitulé Horologi elementari...fatti con l'acqua, la terra, l'aria et col fuocco, qu'il ne faudrait pas confondre avec le travail de Gaspard Schott malgré la similitude du titre. Les systèmes proposés par Dom Martinelli ne visent pas en effet à la perpétuité du mouvement, mais seulement à l'utilisation des éléments naturels, comme puissance motrice.
Dans la proposition 50, Schott propose l'emploi d'une sorte de moulin à vent. Il en donne la description sommaire. Il indique ensuite la possibilité d'utiliser Aeris rarefactiones et condensationes, c'est-à-dire les dilatations et contractions successives de l'athmosphère.
Cette suggestion a été reprise  par la suite, mais sans aboutir. Le moulin à vent a été proposé par Leplat. On trouve la description de son système, fort encombrant, au tome VII des Machines approuvées par l'Académie, de Gallon. Il a été également utilisé par Lepaute, qui lui consacre au chapitre de son Traité d'horlogerie. Mais ces deux tentatives, qui n'utilisent que la vitesse du vent, étaient vouées à l'insuccès.
Le problème du mouvement perpétuel semblait insoluble, à tel point que l'Académie des sciences met au panier sans prendre la peine de les lire les innombrables mémoires qu'elle reçoit  sur cet objet et dont les auteurs prétendent tous avoir découvert la clefs du mystère. Un Neuchatelois a pourtant fait mieux que d'envoyer un mémoire à l'académie des sciences. L'ingénieur Jean-Léon Reutter, fils de Max Reutter, directeur des finances de la ville de Neuchatel, a construit, après de patientes recherches (qui ont duré plus de dix années) la première pendule perpétuelle.
Reutter a imaginé d'utiliser la pression atmosphèrique et les variations de temperature comme force propulsive de son horloge. Nous avons vu que d'autres que lui avaient eu cette idée, mais leur erreur fut de vouloir se servir de cette force pour actionner un mouvement d'horlogerie ordinaire car elle est beaucoup trop faible pour fournir un tel travail.
Le grand mérite de Reutter est d'avoir découvert un mouvement d'horlogerie absolument nouveau, qui dépense mille fois moins de force qu'un mouvement ordinaire et qui permet, par conséquent, de se contenter de la seule pression atmosphèrique. En 1928, il construit deux horloges qui d'après ses prévisions de l'époque continueront de fonctionner pendant dix mille ans; soit jusqu'à l'usure complète de mécanisme.
Après des études L'institut de technologie fédérale de Zurich (1917 à 1921) puis à l'école supérieure d'éléctricité de Paris (1922 à 1923), Reutter a été aidé et soutenu par une société française, La compagnie générale de Radiologie de Paris (située à Courbevoie), qui fabrique la pendule et le nomme directeur du nouveau département "horloge" le 1 Juin 1929.
 
(à suivre)
 
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