Accueil‎ > ‎

PLF 2016 Intervention mission « Sport, jeunesse et vie associative »

Monsieur le Président,

Monsieur le Ministre (Thierry BRAILLARD, Secrétaire d’Etat au Sport),

Monsieur le Rapporteur,

Mes chers collègues,

 

Les crédits de la mission « Sport, Jeunesse et Vie associative »  augmentent de 17 %. Nous devrions être satisfaits. Mais en réalité, ce budget en trompe l’œil masque de profondes disparités entre les programmes « Sport » et « Jeunesse et vie associative ».

Les crédits du programme « Jeunesse et vie associative » progressent très fortement, essentiellement du fait de la montée en charge du service civique. Certes, vous doublez les crédits affectés au développement du service civique et nous n’allons pas critiquer ce dispositif qui a été mis en place en 2010 à l’initiative de la droite. Mais le service civique ne doit pas incarner à lui seul la politique de votre Gouvernement à destination de la jeunesse.

Parallèlement à cette hausse des crédits pour le service civique, les crédits dédiés au fonds de développement pour la vie associative sont en baisse de 1,2 million d’euros – moins 11 %.

Mes chers collègues, les associations sont d’une importance capitale pour nos territoires. Elles les font vivre. Elles apportent un lien social important dans nos communes. Elles animent nos villes, nos villages et nos quartiers et sont le moteur du vivre-ensemble.

Je tiens ici à saluer l’engagement de tous ces bénévoles qui œuvrent dans des associations. Nous devons les soutenir plus efficacement.

Le tissu associatif est un tissu que nous devons préserver. Or aujourd’hui, il traverse une crise grave. Normes multiples à respecter, recours contre les présidents d’associations qui supportent toute responsabilité, mais surtout manque de moyens.

Nos communes subissent de plein fouet la baisse des dotations, et par conséquent, les subventions qu’elles accordent à leurs associations sont réduites. Or ces subventions sont cruciales pour les associations.

Les crédits dédiés au secteur associatif dans ce projet de loi de finances ne sont définitivement pas à la hauteur, comme l’année dernière.

Concernant le budget sport, alors que 2016 sera l’année des Jeux olympiques et paralympiques à Rio et surtout l’année de l’Euro de football en France, les crédits du programme « Sport » stagnent. Au lieu de l’augmentation de 2,7 % énoncée par le Gouvernement, le programme Sport enregistre à périmètre constant une baisse de 0,2%.

Je constate que pour la quatrième année consécutive, les recettes affectées au Centre national pour le développement du sport sont en baisse : moins 5,7 millions d’euros. Ceci marque le désengagement de l’État des territoires.

Dans votre projet de loi de finances, Monsieur le Ministre, les fédérations sont délaissées, les crédits leur étant attribués baissent de 8%. Le budget de l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance – INSEP – diminue, quant à lui, de 2,2 millions d’euros.

Ce budget est loin d’être à la hauteur des attentes du monde sportif, de ses licenciés et de ses nombreux pratiquants.

Certes, le sport de haut niveau est bien doté, avec le financement des primes des futurs médaillés, gage de sérieux et d’encouragement adressé à nos sportifs, et l’institution d’une couverture des accidents du travail et des maladies professionnelles. Mais si l’on retranche ces mesures nouvelles (5 millions pour les médailles olympiques, 1,8 million pour la protection des sportifs de haut niveau), on constate une baisse de 600.000 euros des crédits.

Je regrette aussi que vous ne compreniez pas l’importance de la promotion du sport.

Les crédits qui y sont relatifs restent cette année encore en diminution, après une baisse de près de 40 % l’an dernier.

Or le sport est un facteur d’intégration sociale indéniable. Vecteur de valeurs telles le vivre-ensemble, la loyauté, le respect, le contrôle de soi, le dépassement de soi, le sport ne doit pas être négligé. Nous devons comprendre ses atouts.

La promotion du sport pour tous exige de concentrer nos efforts sur les équipements de proximité, sur les publics éloignés du sport, les quartiers en difficulté certes, mais aussi les zones rurales.

Nous devons par ailleurs améliorer la coordination des efforts des collectivités locales (communes, départements et régions) en matière sportive. Un guichet unique de demandes de subvention et de distribution de ces subventions serait une piste à étudier.

Monsieur le Ministre, les crédits de la mission « Sport jeunesse et vie associative » restent très insuffisants et soulèvent de véritables questions quant au décalage entre les effets d’annonce et les décisions budgétaires.

Enfin, je remercie Didier GUILLAUME pour son rapport, et indique que je soutiendrai, bien-sûr, l’amendement de Michel SAVIN réattribuant des crédits nécessaires au sport en diminuant l'augmentation des crédits dédiés au service civique, afin de revenir au même niveau que dans la loi de finances pour 2015.

Je vous remercie.

Comments