Le pèlerinage 2012

Succès pour le pèlerinage du 29 septembre 2012 !
Temps superbe et douce petite brise sur les bords de la Vienne, entre vignes et prairies pour la première édition du "pélé pour la France" qui a réuni Français et Vietnamiens de Chinon à L'Ile Bouchard. 


par les petits chemins de Touraine                                            "la Sainte Vierge a toujours des grâces,les Français toujours du pinard"                                                               


lecture de la prière pour la France de Marcel Van


chant d'action de grâce vietnamien, Père Jean-Baptiste Hô

Il fait beau le long de la Vienne, le 29 septembre 2012, sur les petits sentiers entre vignes et prairies, sur le chemin de L’Ile Bouchard.
L’Ile Bouchard, petit village de Touraine où la Vierge serait apparue à quatre petites filles à partir du 8 décembre 1947, leur demandant chaque jour pendant une semaine de « prier pour la France qui a en bien besoin ».
Profitant de ce que le pèlerinage a été autorisé officiellement en 2001 par Mgr Vingt-Trois (à l’époque évêque de Tours), trente pèlerins sont partis de Chinon au matin, pour prier pour la France.
La France ? Ce n’est pas une allégorie mais la réalité d’une terre, fraction de la Création divine dont nous devons prendre soin et c’est un peuple, l’ensemble que composent les premiers de nos prochains : nos compatriotes.  Comme prier c’est demander à Dieu ce qu’il peut arriver de mieux, l’accueil de Dieu dans nos vies, le « pélé pour la France » c’est donc prier pour la nouvelle évangélisation des Français. Aucun rêve de gloriole nationale, cela ne nous intéresse pas. Au contraire les pèlerins ont à l’esprit la phrase de Sainte Bernadette évoquant la pauvreté de sa famille : « nous étions pauvres mais heureux car nous nous aimions et priions ensemble. »

Les pèlerins prient pour que les Français s’aiment à nouveau, eux-mêmes et entre eux pour aimer ensuite les autres peuples. L’auto-dénigrement est devenu le sport national en France et comme l’amour du prochain est impossible à celui qui ne s’aime pas lui-même, la France ne peut donc plus être « l’éducatrice des peuples » dont parlait Jean-Paul II, elle ne peut plus être la fille aînée de l’Église, elle ne peut plus être elle-même.

Comment l’homme qui est fait pour aimer peut-il s’épanouir dans une nation qui n’apprend plus à aimer puisqu’elle ne s’aime même plus elle-même ?

Comment les Français ne seraient-ils pas divisés s’ils ne croient plus qu’ils ont un même Père ?

Les pèlerins prient pour réapprendre à s’aimer d’un amour tremplin vers les autres peuples.

Le « pélé pour la France » n’est donc pas une marche triomphale, bannières au vent, mais un retour vers « notre mère du Ciel » qui va nous « apprendre à prier » et donc à aimer Celui dont la paternité nous fait tous frères et sœurs. Pas de patrie sans le Père.

Le trajet du pèlerinage longe la Vienne, à contre-courant, symbolisant la conversion nécessaire pour retourner à la source : « France qu’as-tu fais de ton baptême ? »

Plein de choses mais plus grand chose…

Des pèlerins vietnamiens marchent aux côtés des français car au « pélé pour la France », tous ceux qui aiment la France, qui viennent de peuples ayant reçu l’Évangile de missionnaires français sont invités. Aujourd’hui c’est la France qui a besoin de missionnaires.

La route est longue et poudreuse entre les prairies, on commence les Mystères Joyeux : l’Annonciation. Cela tombe bien, à plus d’un titre : nous sommes le 29 septembre, fête des saints archanges, on marche vers L’Ile Bouchard où l’archange Gabriel accompagnait la Vierge dans l’apparition, nous redemandons une nouvelle naissance pour notre peuple et Gabriel est l’ange de l’Annonciation.

Dans un petit chemin où dansent des tâches de lumière, les pèlerins  entonnent le Je vous salue Marie de L’Ile Bouchard pour demander le fruit du premier mystère, l’humilité. Autrement dit la grâce d’être à sa place, ni plus ni moins. Si ce n’est pas d’actualité concernant la France …

 

Le soleil est déjà bien monté dans le ciel. Jambon-beurre et riz aux crevettes, les pèlerins du pélé pour la France font la pause-déjeuner dans un champ à l’abri d’une futaie car il fait bien chaud !

Le rosé circule parallèlement à des portions de plats dont des gosiers français ont bien du mal à prononcer les noms ! On ne se connaissait pas seulement ce matin mais déjà on s’aime bien entre Français et Vietnamiens. On s’apprécie aussi pour des raisons tout ce qu’il y a de plus terrestres : « C’est moyen avoir plus pinard ? » demande le père Jean-Baptiste (en vietnamien Tia Lam) ; cela ne fait pas longtemps qu’il est en France mais il sait déjà les phrases utiles.

Café et petits gâteaux maisons (que voulez-vous, on est en France) et sac au dos nous revoilà partis, non sans avoir dit ensemble la prière du vénérable Marcel Van :

 « Seigneur Jésus, aie compassion de la France, daigne l'étreindre dans ton Amour et lui en montrer toute la tendresse. Fais que, remplie d'Amour pour toi, elle contribue à te faire aimer de toutes les nations de la terre. Ô Amour de Jésus, nous prenons ici l'engagement de te rester fidèles et de travailler d'un cœur ardent à répandre ton Règne dans tout l'univers. »

Les Français lisent la prière. Les Vietnamiens eux, la disent, cette prière pour la France car ils la connaissent déjà par cœur.

Ému, un pèlerin murmure : « Je m’engage à la dire tous les jours en famille.»

On ne sait si le procès en béatification de Marcel Van aboutira mais toujours est-il qu’il n’y a rien à reprendre dans cette prière pour que les Français fassent la volonté de Dieu et exercent leurs talents.

Fille prodigue, la France n’en est pas moins historiquement la fille ainée de l’Église.

Une mère peut-elle rejeter son enfant ?

Les Français des siècles passés ne prieraient-ils pas pour ceux d’aujourd’hui qui sont leurs descendants ?

Le Vietnam est historiquement le fils ainé de l’Église en Asie grâce à des missionnaires français. Français et Vietnamiens sont liés par des liens historiques, spirituels et par le sang des martyrs.

C’est une pèlerine vietnamienne qui le rappelle au groupe.

Des pèlerins congolais devaient aussi venir mais ils n’ont pas pu. Le Congo, pays d’où sont venus les premiers prêtres africains… personne n’est de trop pour sortir la France de son ornière spirituelle.

Selon Jean Paul II, l’Église doit beaucoup « au peuple de France qui a beaucoup reçu et aussi beaucoup donné.» Nous avons d’autant plus de tentations que nous avons beaucoup reçu: il y a eu plein d’apparitions en France parce que nous avons l’art de nous mettre dans de telles situations que cela nécessite l’intervention directe du Ciel.

 

Émergeant de la fraîcheur d’un petit chemin, nous atteignons les vignes en plein soleil et décidons de continuer le chapelet en alternant le français et le vietnamien. La langue d’Annam résonne sous le ciel tourangeau, scandée comme une mélopée :

Kính mừng Maria đầy ơn phúc,

Đức Chúa Trời ở cùng Bà,

Bà có phúc lạ hơn mọi người nữ và Giêsu con lòng Bà gồm phúc lạ.

Sainte Marie, Mère de Dieu,

Priez pour nous, pauvres pécheurs,

Maintenant, et à l'heure de notre mort.

Ami lecteur, c’est pour toi que monte cette prière et pour ton pays que prient ces pèlerins aux yeux bridés.Ils prient pour un autre pays que le leur et sont dans la gratuité totale, leur prière monte tout droit au Ciel. C’est ce que nous voulions : que des étrangers viennent aussi. Merci mon Dieu.

Sans rien retirer à la gratuité de la prière de nos frères vietnamiens, si les Français étaient si haïssables, des étrangers prieraient-ils pour eux ?

 

Le soleil continue sa course. On commence à prier avec son mal de dos, de pieds, avec la petite misère humaine du pauvre pèlerin. Un petit cantique entraînant et c’est reparti. Tellement reparti qu’il faut appeler le prêtre vietnamien parti tout devant : « Tia lam ! Tia lam ! »

Apparemment nous n’avons pas prononcé comme il fallait car voilà les pèlerins vietnamiens qui se mettent à rire, ouvertement …. Ils se tordent de rire ! Leur rire est communicatif et voilà que les Français rient aussi ! On ne peut pas garder son sérieux quand un Vietnamien se tord de rire. C’est comme ça.

 

La journée avance, un chant d’action de grâce en latin puis un autre en vietnamien et on marche en silence. Il fait doux au milieu des vignes et, là-bas derrière la peupleraie, un clocher. C’est L’Ile Bouchard.

C’est Arthur qui l’a vu le premier, ce qui du haut de ses 10 ans, fait de lui le « roi du pèlerinage » selon une tradition remontant au Moyen Age. Combien de Français aujourd’hui ne s’appellent-ils pas Roy, Leroy ou Le Prince ?

Un petit coup d’eau et on remonte les sacs, pour faire dignement son entrée dans L’Ile Bouchard : il faut vous dire que c’est un village que la Vierge Marie a trouvé digne d’elle, on n’y entre pas n’importe comment.

 

L’Ile Bouchard : petite place tranquille, petite église, la porte par laquelle Jeanne d’Arc serait passée peu avant de rencontrer le roi à Chinon. Les habitants nous regardent en souriant, un chien aboie, histoire de faire son boulot, puis ne cache plus qu’il apprécie la mélodie du Magnificat et remue la queue.

Action de grâce devant l’église, conférence sur l’archange Gabriel, messe. C’est déjà fini.

C’était simple, comme cela doit être, familial comme doit l’être un pèlerinage surtout s’il est pour un peuple.

Retour à Chinon, en car par une route entre les vignes, dans la lumière dorée du soir.

Tout ceux qui avaient dit qu’ils partiraient rapidement car ils avaient beaucoup de route n’en parlent plus et restent tous prendre un pot. « Il faut en refaire un ! » est la phrase qui revient.

Justement, c’est prévu : un pélé pour la France tous les ans à L’Ile Bouchard et d’autres localement pour ceux qui ne peuvent venir.

Puis que l’idée de pèlerinage pour son pays fasse tâche d’huile en Europe, que chaque pays envoie une délégation de pèlerins participer aux pèlerinages nationaux.

Une chaîne spirituelle fondée sur le pèlerinage qui permet de prier tout entier, corps et âme, pour réunir les peuples.

 

Les Français et les peuples d’Europe sont tristes car on les a coupés de Celui pour qui sont fait leurs cœurs et leurs âmes. Un continent d’orphelins.

Le prochain pèlerinage français par les Français et leurs amis et pour la réconciliation des Français avec le roi de leurs âmes aura lieu au printemps.

Ami lecteur, pourquoi se ferait-il sans toi ? 



Le lendemain 30 septembre le pape Benoit XVI, recevant les évêques français en viste ad limina  leur déclarait notamment :
"Chers Frères dans l’Épiscopat, je connais votre amour et votre service de l’Église, et je rends grâce à Dieu pour les efforts que vous déployez quotidiennement pour annoncer et rendre efficace dans vos communautés la parole de vie de l’Évangile."

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