Les Charbonnages

Fief de Lambrechies
    le site était situé rues Bout de Là-Haut, du Fief et de Lambrechies; vers 1920, le Fief formait une concession de 142 hectares et produisait annuellement ~100.000 tonnes de houille; depuis son célèbre et meurtrier accident de 1934, la fosse est restée inexploitée avec ses emmurés
Fourfeyeux
Grand Bouillon
    le site était situé près de l'avenue Fénélon. La concession Grand Bouillon était exploitée depuis le 18ème siècle. Elle fut reprise par plusieurs sociétés avant d'être, en 1816, achetée par Henri de Gorge Société Civile des Usines et des Mines de Houille du Grand-Hornu. En 1873, le charbonnage fut vendu à la société de Pâturages et Wasmes. A cette époque, deux sièges étaient exploités : les puits n°2 et n°3 dits "Grand Bouillon d'en Bas", situé à Pâturages et le puits n°1 dit "Grand Bouillon d'en Haut", situé à Wasmes. Ensuite, les deux sièges furent vendu à la S.A. des Charbonnages du Borinage Central. Mais ils n'étaient pas rentables, principalement à cause des installations obsolètes. La société, qui employait 722 ouvriers, arrêta donc ses activités au début du 20ème siècle : le siège "Grand Bouillon d'en Haut" ferma en 1921 et le "Grand Bouillon d'en Bas" en 1925. En 1925, la SA des Charbonnages du Borinage Central formait encore une concession de 345 hectares pour une production annuelle de 32.000 tonnes avec deux sièges d'extraction, n°1 à Pâturages et n°2 à Wasmes.
Grande Chevalière
Grisoeil
    le 10 de Grisoeil appartenait à la Compagnie des Charbonnages Belges; le site était situé rue de la Perche; la fosse a été fermée en mai 1960
(voir pièces jointes ci-dessous)
St Félix
 
Ste Julie
    le puits, aujourd'hui démoli, était situé à l'emplacement de l'actuel terrain de footballdu club de Pâturages. Une plaque en béton indique exactement son emplacement. 
 
La Boule (gravure ci-contre)
    situé sur le territoire de Quaregnon, mais à la limite de Pâturages; de nombreux carbonniers Pâturageois y travaillaient.
 
Nombre de puits en activités en 1837 en pièce jointe
 

 

 

La houille est le résultat de la carbonisation lente, à l'abri de l'air, de matériaux d'origine végétale. On retrouve d'ailleurs des empreintes de ces végétaux dans les couches de charbon. Le grisou proviendrait luis aussi de la décomposition de ces végétaux, et serait resté emprisonné à proximité des veines de charbon.

 

Le charbonnage de la Veine-l'Evêque est nominalement cité vers 1382.

 

 Début XVII ème siècle, sur les Pâturages de Quaregnon, les "screpeurs", charbonniers d'un ordre inférieur, se servaient de vieux conduits d'exploitation pour ramasser le charbon que d'anciennes exploitations avaient laissé.

 

 Jusqu’au XVIII ème siècle, l’ennemi est d’abord l’eau, avant le grisou; « ce feu horrible et diabolique que nous ne savons vaincre, disaient, en 1637 les charbonniers de la Veine l’ Evêque, a rendu nos ouvrages déserts et n’avons pour le combattre que nos prières ». Quand on arrive à une certaine profondeur dans le creusement, les eaux qui se rassemblent au fond du puits et qui giclent des nappes et des sources rencontrées, exigent l’établissement d’un service d’exhaure. Lorsque ces eaux sont peu abondantes, on se borne à les épuiser. Si elles sont trop importantes, on arrête l’exploitation. C’est l’invention de la machine à  vapeur et l’installation des premières « machines à feu » fin XVIII ème qui va lancer la révolution industrielle; lapremière machine à feu pour pompe d’exhaure est installée vers 1734 à la Grande Veine l’ Evêque par Robert Fastré venant du pays de Namur et établi en dernier lieu à Frameries ( voir généalogie Dorzée).

L'ennemi devient le grisou (voir page sur les catastrophes, Les catastrophes minières); on assiste à la naissance de véritables industries, la population augmente, et le paysage est bouleversé avec ses corons, châssis à molettes et terrils, mais aussi canaux (comme celui de Mons à Condé) et chemins de fer.

 

A partir de ce moment, on ira chercher le charbon à des profondeurs de plus en plus grandes : en 1790, la plus grande profondeur des puits ne dépassait pas 220 mètres ; en 1820 on arrivait à 297 mètres ; en 1838 la moyenne était de 210 mètres, mais certains puits dépassaient 400 mètres ; en 1866 il y avait des fosses ayant plus de 600 mètres de profondeur.
 
A sa fermeture en 1960, le charbonnage du "Rieu du Coeur" à Quaregnon est celui qui enregistre la plus grande profondeur atteinte dans le Borinage avec 1358 mètres. 
 
Derniers vestiges de cet important passé industriel, les terrils sont devenus sites touristiques, avec promenades pédestres, circuits VTT,... http://www.terrils.be/index.php 

 

L’exploitation du charbon dans le Borinage

 

En bien des endroits du Borinage, Pâturages compris, on trouvait quantité de veines affleurant la surface. Le charbon devait être connu à une époque lointaine. Les mots « borain » et « borinage » viendraient-ils du mot celtique « heibouren » qui veut dire ouvrier travaillant la houille ?

 

Emmanuel Laurent dans "Le Grisou" parle de puits à Pâturages au XIIe. Voir aussi en annexe un groupe de mineurs extrait de cet ouvrage.

 

Marius Renard, dans son « Histoire de la Houille », pense prudent de ramener à la période intermédiaire entre le XIe et le XIIe siècle, le temps oú les gisements furent sinon reconnus, du moins exploités avec quelque méthode.

 

Pour illustrer son propos, il donne, pour le Borinage, la traduction faite par M. Gachard, archiviste du royaume, d’un règlement de 1248 :

 

« Moi, Wautier, par la grâce de Dieu, abbé de l’église de St Ghislain, et toute la communauté de ce même lieu, et moi, Julienne, doyenne de l’église de Madame Ste Waudru, de Mons, et tout le chapitre de cette même église, et moi, Jean d’Havré, chevalier et maire de Quaregnon, et moi, Baudouin de Hennin, chevalier et sire de Boussu en partie, et moi Jean Dierpent, chevalier, et moi, Jean le Cornu du Fontenil, et moi, Baudouin de Dour, chevalier, faisons savoir à tous ceux qui ces lettres verront et ouïront, que, pour l’avantage et le profit de nos églises et de nous-mêmes, nous avons, touchant les charbonnages (carbenières) que chacun de nous possède dans sa juridiction, ordonné de commun accord et du consentement de tous ceux qui y ont part avec nous : que nul, dans les charbonnages situés sur notre juridiction, et dans ceux de nos parchonniers et de nos hommes, ne pourra rechercher le charbon (noir carbon) ni le tirer sur terre, cette année depuis la Pentecôte prochaine jusqu’à  la fête saint Remi suivante, et les trois années suivantes, depuis la Pentecôte jusqu’à la fête de sainte Croix, lors de la procession de Tournai. Durant le terme de cette prohibition, les ouvriers pourront bien travailler dans leurs ouvrages (uevres), s’il en est besoin, pour les conserver ou les entretenir, mais sans fraude et sans pouvoir chercher ou extraire le charbon. Durant ces quatre années ci-devant nommées, dans tous les ouvrages de charbon qui existent à  présent et qui existeront plus tard, s’il plait à Dieu, aucun ne pourra chercher et tirer charbon que pendant le jour et d’une manière loyale. S’il arrivait que quelqu’un n’ayant aucune part ou justice avec nous dans tous ces charbonnages devant dits, faisait chercher et tirer charbon, ou le cherchât ou tirât de nuit ou pendant le terme prohibé (ce dont Dieu le garde), il perdra pour toujours son ouvrage, sans pouvoir le réclamer au seigneur qui l’aurait dans sa juridiction. Dans tous les ouvrages devant nommés on ne peut chercher charbon dans les quatre années ci-dessus déterminées, dans tout l’œuvre et justice de St Ghislain et de ses parchonniers qu’à vingt puits, dans la justice et œuvre de Ste Waudru et de ses parchonniers qu’à six puits, sauf que si l’église de Ste Waudru devant dite et ses parchonniers veulent chercher charbon et l’extraire dans le prévôté de Quaregnon, ils peuvent y travailler à deux puits seulement, en outre des six puits devant dits ; dans la justice et l’œuvre de Mgr de Hainin et de ses parchonniers qu’à six puits. Le nombre des puits ainsi fixé, ne pourra, pour quelque ouvrage qui soit à présent dans la juridiction d’aucun de nous ou de nos parchonniers, ou qui y surviendrait durant ces quatre années, être augmenté, sauf qu’il sera loisible à Messire Baudouin de Dour de faire travailler dans sa propre justice qu’il tient en fief de Mgr de Fontaines à trois puits sans plus. Et pour toutes ces choses sauvegarder et garantir, nous et nos parchonniers, de commun accord, y avons établi trois hommes assermentés :  Nicholon, de Wasmes, dit del Bos, Gilebiert, de Frameries, le clerc, Nicholon, de Boussu, le gantier. Et pour que ce soit chose ferme et stable, nous tous ensemble, dans l’ordre oú nous sommes ci-dessus nommés, en avons donné lettres, scellées des sceaux de tous ceux de nous qui en possèdent, et nous qui n’en possédons point, nous nous rapportons aux sceaux de ceux qui les y ont mis. Ce fut fait en l’an de l’Incarnation de Notre Seigneur mil deux cent quarante-huit au mois de jeskerech, la veille de la Pentecôte (6 juin 1248). »

 

Nos juristes modernes n’ont (presque) rien inventé !

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Romain Capron,
24 nov. 2009 à 11:10
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Romain Capron,
24 nov. 2009 à 11:10
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Mineurs(Laurent).zip
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Philippe Capron,
8 mai 2010 à 12:08
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Paturages_Charbonnages.xls
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Philippe Capron,
16 janv. 2010 à 08:26
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