RÉPERTOIRE Catalogue Publications


extrait du film Un chant libre , portrait de Patrick Crispini - © Films du Rhin/G.Rodriguez-2001)
Thèmes : l'interprète à la source de l'inspiration, la musique en train de naître, un art éphémère, enluminer l'instant...
Musique : Requiem de Haig Vartan (extraits)

Le répertoire musical de prédilection de Patrick Crispini s’est constitué surtout autour de la voix. Tout naturellement il rassemble donc une quarantaine d’opéras, comportant des œuvres lyriques du XIXe et de la première moitié du XXe siècle. Bien que spécialisé ni dans le domaine de la musique baroque, ni dans le répertoire de la musique contemporaine, il a consacré une partie de son activité à l'œuvre de Claudio Monteverdi, dont il a interprété en concert la plus grande partie des livres de Madrigaux et de la musique religieuse, et à la création d’œuvres nouvelles, privilégiant quelques compositeurs vivants dont il apprécie la musique... ainsi qu'à ses propres créations de compositeur. Ses affinités avec la musique chorale avec orchestre lui permettent d’avoir plus d’une cinquantaine d’œuvres à son catalogue, dont certaines enregistrées au disque. Son éclectisme se manifeste aussi dans le répertoire symphonique, lui aussi principalement consacré aux XIXe siècle et première moitié du XXe.

Son catalogue manifeste un intérêt particulier pour les œuvres peu connues, inédites ou à redécouvrir dans la musique française du XIXe siècle notamment (Fauré, Chausson, ou Pierné), pour la période du Groupe des six (Satie, Poulenc, Sauguet, Honegger…), la musique de scène écrite pour le théâtre, la musique italienne post-romantique (le Rossini religieux et des Péchés de ma vieillesse, Bottesini, Mascagni…) et quelques personnalités singulières comme Frank Martin, Béla Bartók ou Olivier Messiaen Ses goûts actuels vont vers des spectacles complets, alliant musiques, textes, éléments chorégraphiques et visuels, dont il réalise les choix musicaux et livrets originaux: Le Rêve d'Icare, L'Ange et la Rose, Le Funambule Écarlate, pour n'en citer que quelques-uns. L’aspect peu conventionnel de ses programmes révèle un musicien à l’écart des productions standardisées, qui engage ses publics vers de réelles découvertes.

Le compositeur, selon moi, représente l'alpha et l'oméga de la musique. L'interprète, lui, serait plutôt comme un saumon tenace s'efforçant de remonter le cours de la rivière, sans à priori ni idées reçues, tentant de renouer avec la source primordiale de l'inspiration de l'auteur, avant que l’œuvre imaginée ne soit figée par les signes sur le papier à musique, puis échouée - comme un galet sur la plage - sur les étagères poussiéreuses de nos bibliothèques... J'ai trop d'admiration envers les génies qui ont mesuré toute leur vie à l'exigence d'une telle quête pour oser prétendre moi-même à une œuvre de compositeur. Disons simplement que je me suis contenté de libérer des sons qui me hantent, faute de les avoir trouvés transcrits par ceux que j'admire et sers...

Patrick Crispini in Autoportrait filmé (2001)

Patrick Crispini aime les timbres et les couleurs : sa musique lui ressemble, sincère, sans préoccupation de mode(s) ou d'école(s). Elle est acoustique, artisanale. Il aime aussi les proportions : son inspiration répond toujours à un ordre secret, qu'il prend un malin plaisir à dissimuler derrière une séduction instrumentale très latine...

Spectacles infos, mars 1995