PC TEXTES


            Extrait d'un entretien avec Frédéric Roulet
            (© UMTE-Juillet 2008)

J’ai consacré l’essentiel de ma vie à la musique. Elle m’a nourri ; elle me comble toujours. Alors pourquoi avoir tant besoin de la délaisser pour aller vers d’autres horizons, la poésie, le théâtre, la philosophie, la contemplation…

Est-ce que vous ne vous dispersez pas trop ?

Ne compromettez-vous pas votre carrière à vouloir toucher à tout ? me dit-on souvent. Que puis-je répondre?

Je me sens comme une caisse de résonance, qui devrait retentir de l'univers entier. Tout communie, se complète, tout se féconde dans le monde vibratoire.

Si elles ne sont pas d'ordre spirituel, les clôtures que nous établissons dans l'empire maîtrisé de nos certitudes, de nos corporatismes, de nos connaissances, de nos cercles, et jusqu'aux territoires de nos jardins secrets, nous aident à nous mesurer confortablement à la reconnaissance de nos semblables, mais dissimulent notre peur d'avoir à se frotter à la complexité du vivant...

Je ne veux pas avoir peur. Je crois que ce qui m'amplifie m'élève ! La récolte, même prolixe, est si peu de chose dans l'immensité de tout ce que nous ignorons...