Le Christ



Sculpture de Georges Schneider, vainqueur d’un concours pour la décoration de la paroi du chœur derrière l’autel.
Début du projet en été 1955 par la présentation de plusieurs études et maquettes. La réalisation définitive intervient en six mois
et son Christ est posé dans l’église du Sacré-Cœur au début de la Semaine Sainte de l’année 1957.
La pièce mesurera deux mètres cinquante.

Commentaires tirés de l’article de Raymond Couvreu « Rencontre avec Georges Schneider, sculpteur jurassien »
paru dans le Journal du Jura le jeudi 2 mai 1957  (l’article est  disponible au secrétariat de la paroisse):

Quand on passe le porche de la jolie église de la Mission catholique française de Bâle, toute fraîche et neuve, on est immédiatement
saisi à la vision de ce Christ, cloué au mur de briques nues du chœur.

Il est grand, très grand, et de lui se détache une impression profonde de souffrance en même temps qu’une immense pitié.
On reste muet. Une véritable émotion nous étreint.
De toute sa hauteur, il s'incline doucement vers l’autel. Il est là; avec nous, terriblement près de nous même, dans son humanité torturée.
On s’approche; Il grandit encore, démesurément, et c’est maintenant sur nous qu’il  se penche, comme pour nous protéger.

Sa tête est restée sereine, mais tout son corps porte les marques du supplice. Ses longs bras maigres, ouverts dans un mouvement
de générosité et de miséricorde accueillante, son torse décharné et tourmenté, et ses jambes, extraordinaires, qui d’une part l’élèvent vers le ciel - mouvement ascensionnel créé par les deux genoux et les deux pieds qui ne sont pas à la même hauteur - et d’autre part — dans la lourdeur des mollets et des pieds — le tirent vers la terre.

Nous n’insisterons pas sur les vertus plastiques du Christ de Schneider, qui sont nombreuses. Ce qui nous intéresse, c’est cette présence boule versante, formidable, sa beauté pathétique douloureusement humaine, et cette étonnante impression de paix et de sérénité qui s’en dégage.

Conciliation de réalités, qui s’opposent. C’est exactement ce qu’a voulu l’artiste :

« Pour moi, disait Schneider, la sculpture c’est toujours une réconciliation de réalités qui s’opposent. Avec le Christ j’ai voulu traduire la vie et la mort. Un aspect divin et un aspect humain. Il ya a en même temps un mouvement d’ascension et un mouvement d’abaissement vers la terre. »