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Témoignage des merveilles et des fragilités

Vous aussi vous avez un témoignage que vous voulez partager, ou vous souhaitez simplement rencontrer un des auteurs pour partager du temps selon vos disponibilités, contactez la paroisse.

Un engagement au service d’une équipe.

Cette année, Fondacio, est un engagement en couple car nous avons la responsabilité de l'animation de notre « frat ». Ce nécessite de passer du temps à deux pour réfléchir et préparer nos rencontres.

Ce temps passé ensemble enrichit notre couple car notre rôle est de donner à chacun les moyens d'une réflexion positive et dynamique dans son couple face au situation de la vie. Mon engagement dans Fondacio, c'est aussi ma présence au sein du conseil de région qui renforce mon désir d'appartenance à ce mouvement. Nous participons à l'accueil de la diversité des groupes et de leurs membres. Aujourd'hui, ces deux expériences réunies sont au cœur de mon cheminement de foi et de vie.

Fraternité et baptême

Nous sommes responsables d'un groupe scout. Nous sommes témoins et touchés des merveilles réalisées par les jeunes.

A Toulouse il y a une paroisse des étudiants, la paroisse st Pierre dont le curé est le père Simon d'Artigue. A la messe du dimanche soir, les jeunes qui le souhaitent se mettent à l'entrée de l'église pour accueillir et interpeller d'autres jeunes qui passent. L'autre soir, le père d'Artigue est venu dîner à la maison avec nos chefs et il témoignait du grand nombre de jeunes qui avaient demandé le baptême depuis le début de l'année en décrivant rapidement leur parcours. En écoutant ces récits, l'une de nos cheftaines croit en connaître un et s'exclame : «Il ne s'appelle pas Pablo? ». « Oui » lui répond le Père d'Artigue. Et la cheftaine d'ajouter: « Mais c'est moi qui l'ai accueilli, il passait par hasard; je l'ai abordé, nous avons parlé et je l'ai convaincu de participer à la messe; ça faisait très longtemps qu'il n'y était pas allé et il n'osait plus faire le pas ». « Eh bien, prie pour lui, conclue le Père d'Artigue, il se prépare au baptême ».

C'est merveilleux de voir comment le Seigneur passe par chacun de nous, sans que nous le sachions, pour toucher nos frères; comment à travers un accueil, un temps pris pour échanger et parler en vérité de ce qui nous anime, un signe de fraternité, c'est plus que nous même que nous offrons, c'est le Christ.

Mes expériences de fraternité avec « Foi et Lumière »

Il y a une trentaine d’années, en rencontrant mon mari, j’ai découvert le mouvement Foi et Lumière et vécu des moments de fraternité d’une grande richesse. Foi et Lumière est né du désir d’aider la personne handicapée mentale et sa famille à trouver leur place dans la société et dans l’Eglise. En 1968, un couple, parents de deux enfants lourdement handicapés, Loïc et Thaddée, décident de partir en pèlerinage à Lourdes et pensant y trouver du réconfort: ils y vivent une situation de solitude et de rejet. A cette époque, une personne ayant un handicap mental n’a pas sa place dans les pèlerinages : sa présence perturbe les autres pèlerins. Et dans l’hôtel qui les a acceptés, les repas leur sont servis dans la chambre pour ne pas gêner les autres clients. A leur retour, ces parents confient leur chagrin à Marie-Hélène Matthieu, qui soutient les parents au sein de l’Office Chrétien des Handicapés et à Jean Vanier, fondateur de l’Arche, qui a déjà vécu des pèlerinages avec des personnes ayant un handicap mental. Et une idée jaillit: « si on organisait un pèlerinage dont la personne handicapée serait le cœur ». Plus de deux ans de préparation plus tard, à Pâques 1971, le premier pèlerinage à Lourdes réunit 12000 personnes dont 4000 handicapés de 18 pays : « nous ne sommes plus seuls ». (Lors de ce premier pèlerinage, les magasins de Lourdes avaient baissé leurs rideaux par peur de ces personnes handicapées !). Tous veulent continuer l’aventure au-delà de ce pèlerinage et Jean Vanier suggère : « Continuez de vous réunir en petits groupes, faites ce que l’esprit Saint vous inspirera ». Ainsi naît Foi et Lumière, ce lundi de Pâques 1971 à Lourdes. 

Foi et Lumière est organisé en communautés de rencontre de taille humaine, regroupant, à parts égales, des personnes ayant un handicap mental (enfants, ados, adultes), leur famille et des amis, spécialement des jeunes. Chaque communauté se retrouve régulièrement (environ une fois par mois) pour des temps d’amitié, de partage, de prière et de fête mais aussi pour des week-ends. Aujourd’hui, 1648 communautés sont réparties dans 79 pays sur les 5 continents, dont 310 en France. J’ai eu la chance de faire partie en tant qu’amie et sans être concernée dans mon entourage par le handicap, d’une communauté en région parisienne pendant 16 ans. Je suis allée à la première rencontre, j’avais une certaine appréhension et me posais beaucoup de questions. Comment aborder une personne handicapée ? Comment communiquer avec celle qui ne parle pas ? Et en même temps, j’avais un peu peur. Ce qui s’est passé, je m’en souviendrai toujours. Je n’ai pas eu besoin d’aller au devant d’elles, ce sont elles qui sont venues vers moi et m’ont accueillie comme si je faisais partie de leur famille.

Fraternité paroissiale

La solidarité et la charité sont essentielles pour que chacun de nous trouve un peu de réconfort dans des situations difficiles. Un petit groupe de notre communauté paroissiale est venu, avec une grande spontanéité, au chevet d’une personne très malade, seule, qui ne pouvait rien faire par elle-même. Chacun et chacune sont venus la voir :avec un sourire chaleureux et si réconfortant ; d’autres ont su prendre des initiatives rapides, d’autres se sont inquiétés du fonctionnement de sa maison, d’autres de l’achat de médicaments, en attendant la mise en place d’un service de santé. 

Je pense que la charité et la solidarité l’ont guérie plus vite que la médecine. La douceur de cette amitié n’a pas permis au stress de tout dévaster !

La permanence Noncesse, témoignage de fraternité

Depuis une dizaine d’années, des paroissiens tiennent régulièrement une permanence à la Résidence Noncesse de Lasbordes. Ce lieu d’accueil, discret sur le quartier, est ouvert à tous. Il est un point d’information et de rencontres. Des adultes et des enfants passent, discutent un moment avec les bénévoles. Certaines personnes viennent régulièrement et apprécient de pouvoir trouver un accueil chaleureux autour d’un café, et des oreilles attentives à leurs préoccupations du moment. Pour rendre ce lieu encore plus convivial, des bénévoles ont souhaité monter une bibliothèque, grâce à de nombreux dons de livres. L’emprunt d’un livre est ainsi prétexte à des échanges. Même si fréquentation de ce local est faible à cetains moments, leur implication assidue m’interpelle : Leur présence accueillante est un grand réconfort pour ceux et celles qui franchissent le seuil…signe d’une communauté paroissiale fraternelle.

Groupe Marguerite (EHPAD - Maison de retraite Marie-Lehmann)

Nous sommes 10 bénévoles faisant partie du groupe Marguerite. Une personne organise la chorale qui réunit une dizaine de personnes qui s’en donnent à cœur joie 2 heures par semaine. Une personne en charge de la revue de presse fait découvrir, tous les lundis matins, à un groupe toujours fidèle, aussi bien l’actualité et ses faits divers, que l’histoire ancienne ou contemporaine. Deux personnes jouent aux dominos le dimanche après-midi, ce qui donne une occupation à 10 résidents car les week-ends sont un peu tristes. Quatre personnes font jouer au scrabble ; elles ont une dizaine de participants dont une  « Mamie » qui fêtera ses 100 ans au mois de mars. Ceux là et d’autres participent et aident le personnel les jours de loto et d’anniversaires une fois par mois.

La Municipalité, en décembre, offre aux balmanais « séniors » un spectacle où nous accompagnons les résidants qui peuvent y participer. Avec la Directrice et le personnel qui font de leur mieux, nous essayons, par notre présence, d’apporter de l’écoute et du soutien à toutes ces personnes fragiles qui demandent beaucoup de soins. Si des bénévoles pouvaient se joindre à nous, ils seraient les bienvenus !

Cela se passe au KT

Cela se passe au KT - des 4° pleins de vie et de joie - nous avons la chance d'avoir une animatrice dynamique qui a fait une proposition qui les a enthousiasmés. Cette animatrice part cette année encore à MADAGASCAR dans une Association qui s'appelle ''SE TENDRE LA MAIN''. Les jeunes du KT de faire une vente de gâteaux au profit de cette Association. Le produit de cette vente permettra une plantation d'arbres fruitiers afin de nourrir une cantine d'enfants à l'école, source de vitamines pour eux. C’est une bonne façon pour de découvrir ce que veut dire « fraternité ». 

Dans les yeux d’une petite fille, une étincelle de fraternité

Tout le monde connaît l’UNICEF qui s’occupe de la cause des enfants partout dans le monde, mais souvent on ne parle de ses actions que lors des grandes catastrophes. Aujourd’hui, je veux situer mon témoignage dans une action plus modeste, mais aussi importante. En France, dans le cadre d’un partenariat entre l’UNICEF et l’Education Nationale, des groupes de bénévoles, dont je fais partie, interviennent dans le milieu scolaire, de l’école primaire jusqu’au niveau supérieur ou universitaire. Nous intervenons pour informer les enfants et les jeunes sur tous les droits de l’enfant en général ou en particulier; par exemple, sur le droit à la vie, la famille, la santé, l’alimentation, l’éducation ou d’autres droits encore….

Parfois même souvent, quand on évoque quelques situations dans certains pays où la vie est certainement plus difficile qu’en France, quelques jeunes ont l’impression qu’on leur parle du Moyen-Age ou d’une autre planète. Notre mission, bien sûr, est de les sensibiliser, dès maintenant, à leur niveau, à ce qui se passe dans le monde, dans ce monde qui est déjà le leur pour illustrer mon propos, une petite anecdote qui vous fera sourire. Une fois, devant des élèves de 8 à 12 ans, je parlais des problèmes de nutrition et d’alimentation et j’avais évoqué le problème de la faim dans le monde. En commentant quelques statistiques, j’avais dit que dans le monde, une personne meurt de faim en moyenne toutes les minutes et en m’adressant plus particulièrement à une petite fille qui était devant moi, je lui dis : « Tu vois, si je compte jusqu’à soixante, il y a peut-être une petite fille comme toi qui va mourir de faim. »Alors, elle me regarde avec ses grands yeux et elle me dit : « Oui mais, si elle trouve à manger avant une minute, est-ce qu’elle va mourir de faim ? » à cet instant merveilleux, j’ai senti toute la générosité spontanée des enfants et dans ses yeux, j’ai vu plein d’étincelles de fraternité.

Témoignage de Thierry DELOYE, Président de l’Arche en pays toulousain

Avec mon engagement à l’Arche j’ai découvert la formidable capacité de la personne handicapée à entrer dans une relation vraie, simple, une relation d’amitié, un cœur à cœur. Chez elle, pas de peur, pas d’appréhension, pas de code, juste le besoin d’être aimé, reconnu. Cette relation « sans fard », et sans « chi-chi » m’invite constamment à m’accepter tel que je suis avec mes fragilités, mes limites, à accepter mon imperfection, car mes limites et mes fragilités font partie de moi tout comme mes dons et mes talents. A l’Arche, chacun est accepté, accueilli avec ses imperfections et ses manques. De l'acceptation de nos fragilités respectives naissent des relations fécondes et transformantes. Chacune de mes rencontres, chacun de mes échanges, chacun de mes séjours avec des personnes handicapées est une surprise, une bonne surprise et j’apprends petit à petit à me laisser surprendre par l’autre, handicapé ou pas, car, à chaque fois, je grandis. Mon regard change. Je deviens plus tolérant, plus attentif aussi à la fragilité, plus attentif à mon entourage. « Ce que j’ai découvert c’est la réciprocité qu’il y a toujours dans la relation avec l’autre, si différent soit-il » me disait une jeune volontaire. « Et des autres y’en a plein autour de nous »  me disait Fatima, jeune trisomique, avec qui je faisais les courses au supermarché.

L’entraide, la solidarité fonctionne aussi entre personnes accueillies.

Dans chaque foyer, chacun se vient en aide mutuellement, spontanément. Les personnes accueillies n’ont pas toutes le même degré d’autonomie, la même mobilité… elles ont la plupart du temps le souci de l’autre et lui viennent en aide naturellement, simplement, fraternellement. « On est toujours le plus grand d’un autre » me disait François en aidant Raphaël à enfiler son anorak. Plus merveilleux encore entraide et solidarité entre personnes handicapées et accueillants. Combien de fois l’une des personnes accueillies dans tel ou tel foyer me vient en aide, moi qui ne comprends pas ce que l’un me dit, ce que veut dire tel geste, ce que signifie telle attitude…« J’vais t’expliquer, Thierry : Simone n’est pas en colère, elle est contente », quand je ne sais que faire devant Simone qui me tapote assez furieusement l’épaule. - « Tu ne comprends pas ? Il veut savoir si tu es son ami, dis le lui » face à Renaud qui m’étreint la main, sans un mot, et ne la lâche plus. Oui Renaud, tu es mon ami ! On est toujours le plus petit d’un autre et parfois pas de celui auquel on pense. 

Vivre la fraternité c’est recevoir bien plus que ce que l’on donne.

C’est d’ailleurs ce que disent tous les volontaires à l’issue de leur séjour dans une communauté de l’Arche « J’ai si peu donné par rapport à ce que j’ai reçu». « Je n’aurais pas assez d’une vie pour rendre tout ce qu’ils m’ont donné» «Je ne pensai pas partager tant d’amour, tant de fraternité». Cette impression d’être comblé en retour, je suis certain que comme moi vous en avez fait l’expérience…moi elle me donne de l’appétit, elle me donne l’envie de continuer à donner, elle m’aide à avancer, dans mes moments de doute, de découragement. Autre illustration de cet aller et retour, ce témoignage d’une jeune revenant des JMJ a Madrid l’été dernier: « Nous qui croyions venir pour aider à l’intégration de personnes en situation d’exclusion, nous avons découvert la beauté «d’ »être avec »…. Il nous a fallu apprendre à partager plutôt qu’à donner ». Je repars donc avec dans la bouche le goût d’un bonbon que l’on vient de me donner et que je vais sucer longtemps, longtemps pour faire durer le plaisir.

Je conclurai par ces quelques mots qui ne sont pas de moi mais que je fais miens: 

La fraternité avec le plus faible le transforme car elle lui permet de se reconnaitre comme un frère digne d’attention, de respect et d’amour. La fraternité avec le plus faible me transforme quand j’ose me laisser toucher.

La générosité entraîne des gestes de fraternité en cascade.

Je voudrais vous faire part d’une situation qui m’a profondément interrogée sur le sens de la fraternité. Juin 2011, mon époux est en aplasie de moelle osseuse. Pour survivre il doit subir une greffe de moelle. Une jeune fille inscrite sur le fichier de donneurs est compatible avec mon époux. Elle accepte d’offrir de sa moelle. Pourquoi cette générosité ? Nous ne le saurons pas, le don est anonyme. La jeune fille ne saura jamais que la greffe a réussi. Pour la remercier de son geste fraternel, j’ai demandé qu’une messe dominicale soit dite à son intention. Geste fraternel de la part du réseau amical : profitant des technologies nouvelles nos amis ont équipé leur ordinateur de webcam pour pouvoir communiquer avec mon époux en chambre stérile pendant 42 jours. Geste fraternel de la part du réseau relationnel  paroissial ou non : nombreux sont ceux qui se sont rapprochés de nous, nous avons ressenti une fraternité sincèreGeste fraternel de la part d’inconnus : des personnes que nous ne connaissions pas  nous ont apporté des témoignages positifs et optimistes, nous avons reconnu « nos frères ».

L’association des greffés de moelle osseuse : d’un grand soutien moral. La famille : omniprésente, c’est un bonheur et une chance. Courage, patience et espérance, toutes ces paroles fraternelles entendues nous ont soutenu dans ces moments difficiles engendrés par la maladie. Autour de cet événement « extraordinaire » des situations « ordinaires de fraternité » se sont créées.

Cette situation vécue, aussi difficile soit-elle, nous a permis d’entrevoir, dans tous ces gestes de fraternité, notre Frère : Jésus ressuscité en qui nous avons Foi.