b. Les débuts du village de Deschênes


À l'ouest de Hull

Dès l'établissement des premiers colons sur la route d'Aylmer, une scierie fut construite à la tête du rapide Deschênes. Cette scierie rendit de grands services à tous ceux qui, alors, élirent domicile dans les environs. La rivière Outaouais était, en particulier à cet endroit, bordée de beaux chênes. C'est ainsi que les Canadiens français appelaient indistinctement le petit établissement, qui s'était formé autour du premier moulin', les Chênes ou aux Chênes. Aujourd'hui même, on entend encore certains vieux citoyens se servir de la même appellation. Il est regrettable, au point de vue historique, que le nom de ce petit village se soit mué en celui de Deschênes. Pourquoi ne dirait-on pas Village-des-Chênes, Lac-des-Chênes ?


Louis Taché, Le Nord de l'Outaouais, 1936

page  205


D'où vient le toponyme Deschênes ?

Est-ce que la maison grise pourrait nous en révéler les secrets ?


Les contenus historiques sur le lot 15 b) sont aussi riches en information pour caractériser le lieu où prend forme le village. Il n’y a que la mairie sur le lot 15 a). L’école, l’église, le presbytère et les habitations des premiers occupants du village sont sur le lot 15b). Ainsi, il est possible de retracer l’historique du village de Deschênes en parcourant l'historique du lot 15 b). C'est d'abord sur ce côté de la Vanier (Deschênes ou Principale) que vivent la majorité de la population du village.  


Il est reconnu que les propriétaires des entreprises peuvent soumettre les locataires à leur tyrannie, comme il est souvent coutume dans les villages industriels. Nous n'avons qu'à penser à Séraphin Poudrier (lien externe - BAnQ) pour ne pas s'en douter. Cette intrigue nous ramène aux propriétaires de la scierie Ithamar Day... et à la "maison grise". Nous savons maintenant qu'Ithamar Day a tout probablement construit les scieries au rapide Deschênes. Ainsi, ne pourrait-il pas être le propriétaire des premières maisons de location à Deschênes ? Ainsi de son magasin sur le lot 15-b, ne pourrait-il pas faire percevoir les loyers de ses ouvriers travaillant à SA scierie ? Nul ne sait, tant que ne se perce pas les mystères de la maison grise à la croisée du chemin de Deschênes ...  Nous savons très bien que les patrons peuvent confisquer les maisons des ouvriers qui ne paient pas leur loyer... Ainsi pourquoi les maisons de location, l'école et la mission sont-elles sur le lot 15-b ? 

La fourrure et la présence amérindienne

L’histoire de ce village commence sur un lieu de portage très fréquenté depuis des millénaires. Il s’établit un poste de traite et un réseau d’échange avec les Algonquins de la région. Cette activité doit se contraindre au lot 15-b à partir de 1821. C’est à cette période que se démarquent l’est et l’ouest du village. La traite des fourrures sur l’Outaouais a avantage à être étudiée, car cette source de revenue surpasse les entreprises du bois avant 1840. Il est dit que derrière chaque baron du bois, se cache un traiteur de fourrure. La communauté algonquine est plus tard reléguée à la rivière Désert sur des lots dont les titres d’exploitation appartiennent à Ithamar Day, ce même personnage qui revendique le lot 15-b aux rapides de Deschênes. Il y a aussi des témoignages sur la présence amérindienne dans les environs de Deschênes.


Famille Miville-Deschênes, marchand de fourrure sur l'Outaouais ?

La traite des fourrures amène des voyageurs et des traiteurs indépendants des terres seigneuriales près de Trois-Rivières et Berthierville. Les premières familles à s’installer à Deschênes sont parfois familiers à la traite comme celui des Miville-Deschênes. Un Deschênes a aussi des liens avec les traiteurs du poste de Témiscamingue. Il amène vers le rapide une population métisse du Témiscamingue au village. La traite des fourrures est une activité dont on entend peu parler malgré sa présence évidente depuis 350 ans... Les fourrures ont probablement attirées des colons vers Deschênes. Entre la coupe du bois et un hiver de trappe, il est possible de remporter des revenus supplémentaires à Deschênes à la fin du 19e siècle. 

Le McGillivray & Day Store est dans le village. On parle peu des sources externes de revenu. En basse saison du bois, assurément que ces revenus supplémentaires sont plus que bienvenus des journaliers sans ouvrâge... Il est connu que la traite des fourrures se généralise sur les chantiers du Nord. Il a des familles d’Aylmer et du Pontiac qui ont aussi des difficultés à retracer un certain ancêtre venu s'établir dans la région. Sont-ils associés à cette activité secondaire ? Il a plusieurs des artisans qui viennent s’installer à l’ouest du rapide à Aylmer. Plusieurs sont de la région de Trois-Rivières. Il faut rappeler que les Algonquins sont de ceux qui descendent les rivières du bassin fluvial du Saint-Maurice par la Gatineau. Cette situation mérite une attention particulière, car il est reconnu en Outaouais que les premiers francophones à s’établir à l’ouest de la seigneurie de Papineau sont venus seuls. Il est aussi possible de croire que cette situation donne lieu à caractériser en partie l’esprit d’indépendance et de fierté des résidents de l'ancien lot15-b : le Village de Deschênes (1920-1975). D'abord fusionnée à Aylmer en 1975, aujourd'hui, Deschênes est un secteur de la ville de Gatineau.

 

Arsène Miville-Deschênes et Domaltide St-Louis, Une des premières familles au rapide


ARSENE Miville DESCHENES & DOMITHILDE ST-LOUIS (Parents de Blanche Deschênes) 

Note: Nous n'avons toujours pas trouvé les avis de mariage ou de décès des parents de Blanche Deschênes, mon arrière-grand-mère...

Blanche est née à Deschênes en 1887. Elle épouse Ferdinand Tremblay de Wright. Ils auront 9 enfants dont Éva(1911) , Aldoria, Alice, Léo (1915), Roland, Laurencia, Aline, Juliette Tremblay(1916), ma grand-mère... 

La famille Tremblay habite Deschênes toute leur vie. La majorité de ces Tremblay sera encore au village ou tout près, dans une municipalité voisine, à leur décès... 

Histoires de famille à Deschênes

Voir ma brève histoire de famille à Deschênes, les Tremblay... Vous voulez partager la vôtre ? Faites-moi signe ...



Ferdinand Tremblay - Blanche Deschênes
Cimetière Saint-Paul d'Aylmer
Gatineau (Québec)


La maison grise est-elle le "Store" et le magasin de McGillivray & Day ?

Au 19e siècle, le village se démarque la croissance rapide de ses industries. L’activité économique sur le Homestead voisin renforce le climat d’indépendance et d’autonomie dans le village de Deschênes. Deschênes offre à sa population plusieurs services dont elle a besoin. Serge Courville avance que le village peut contenir plus d’un moulin à fonction unique ou à fonction multiple. Il est permis de croire que cette définition s’encadre avec celui de Deschênes au début du 20e siècle. À l’image contraire de plusieurs villages du Québec, les gens qui s’y installent n’ont pas l’intention de pratiquer l’agriculture pour leur subsistance. Les lots sont trop petits, ils ne peuvent suffire qu’à un potager. Il n’y a que les lots 15-b et 16 qui sont subdivisés et cadastrés. Le lot 15-a est subdivisé qu’après la Deuxième Guerre suite à la fermeture du Hull Electric Railway. De ce fait, le village de Deschênes répond bien aux critères du village étant une structure d'habitat groupé[1]. Le village s'incorpore en 1920. La paroisse Saint-Médard est fondée en 1923. 


























École Saint-Médard, Deschênes, Québec . - 1947 
Cote : P174,S4,P224
Bibliohtèque et Archives nationale du Québec

La deuxième école de Deschênes
Des traces sur les débuts de Deschênes 

SOURCE: Anson Guard, Pioneers of the Upper Ottawa and Humors of the Valley - With new Introduction by Ryan Taylor (1999), image reprint CD (Milton, Ontario: Global Heritage Press, 1999, 2009)



DESCHENES VILLAGE.
About half way between Hull City and Aylmer on the Hull Electric Trolley Line is an old village called Deschenes. Here many years ago the Conroys had a mill-flouring mill. It still stands. It is now owned by The Capital Power Co. The Electric Co. have here their repair shops, also their power house. The Eddy Co. get their power from the Capital Co.We were pleased to find in Deschenes one of the most interesting public schools in the township. The Colonel was especially delighted with the sixty-five bright children. I think this was owing to the fact that they were not only patient with his talk to them but they even smiled at some of his early school reminiscences. Miss Albani Gravelle, of Aylmer, is their teacher. Said to be very capable.

SOME OF THE EARLY CITIZENS.
There are none of those who first came to the village still living in the place. It was started, as I said, a long while ago, but "went back," but in about 1880 started up again. 

Industrie, À l'ouest de Hull

Si la ville d'Aylmer fut à son origine le pied-à-terre des travailleurs de la forêt, elle n'en eut pas moins ses propres scieries dont l'importance n'était alors certes pas discutable. Quelques citoyens se souviennent encore sans doute du moulin Conroy à Deschênes construit en 1870, du moulin à farine situé au même endroit et dont il ne reste plus que quelques vestiges. Ici même, dans la ville, c'était la manufacture de meubles, complément d'une scierie appartenant d'abord à N.-E. Cormier et plus tard aux frères Ritchie. A mi-distance entre Aylmer et Deschênes, s'élevait au commencement de ce siècle la grande scierie Fraser dont il ne reste plus qu'un mur erratique au milieu de la plus grande solitude. En 1918, se construisit à Deschênes la grande affinerie de l'American Nickel qui n'opéra que trois années durant.

Louis Taché, Le nord de l’Outaouais. Manuel-Répertoire d’Histoire et de Géographie régionales, Le Droit, Ottawa, 1938, pages 206-207.