C- Usage des cartes et des plans anciens du 19e siècle

L’histoire et la géographie sont des disciplines qui se complètent pour étudier l’humain et son passé.  La géographie contribue à apporter un aspect concret à l’imaginaire de l’histoire. Le lieu physique établit le contexte où se déroule l’histoire. La connaissance géographique permet alors de ressortir les éléments par lesquels se manifestent les événements et se conceptualisent des ensembles de données. Il est intéressant de voir à l’utilité des données en géographie pour comprendre la représentation de l’espace à un moment précis. La géographie se voulant une discipline du présent, elle relate alors la façon dont se conçoit ce présent dans le temps. Elle a l’avantage d’être descriptive d’un lieu précis. Une fois que le présent s’éloigne, la géographie permet de faire des constats et de relever la représentation du connu et de l’inconnu de ce présent passé. L’avantage de cette étude humaine au présent, c’est que dans la durée, le présent est court, et il devient rapidement du passé. Ainsi vu en histoire, les traces cartographiques fixent des réalités humaines dans le temps. 



Théodore Davies, Plan of part of the Township of Hull situated on the northerly side of the Ottawa River in the Province of Lower Canada. - 1802  - Fonds Ministère des Terres et Forêts; Cote : E21,S555,SS1,SSS1,PH.17A, Cartothèque, Centre d'archives de Montréal. 




Joseph Bouchette, A Plan of the new townships on the Grand or Ottawa River, 1813, Collection des cartes et plans de la BAnQ, Bibliothèque et Archives nationales du Québec. 




Thomas Kirk, 
Carte de comté du Québec à l'échelle de 1:63 360 .  Hull , Carte du comté de Hull et Gatineau,
C entre d'archives de Québec, Collection des cartes et plans de la BAnQ, Numéro d’identification : 2669884_01  

Comté d'Ottawa


Regard géographique et l'histoire

Les sources géographiques valident des récits et peuvent même en arriver à disqualifier certains mythes diffusés dans les documents l’écrit. La géographie est un regard concret et ponctuel sur les données des documents écrits. Les cartes et les plans anciens recueillent des données précises et des réalités observables sur une région géographique. Ils sont un regard sur un autre présent géographique.


La géographie éloigne le chercheur de son attachement aux perceptions géopolitiques des frontières. La géographie développe une meilleure compréhension du point de vue des acteurs. Un regard sur différentes cartes dessinées à différentes époques nous amène à comprendre l'évolution d'un territoire. Les cartes anciennes nous permettent d'identifier les différentes mutations sur le territoire humain. L'utilisation des outils de la géographie montre le début des frontières et de l’urbanisation. Ils en qualifient ses particularités et ses formes d’existence humaine sur une longue durée. Ainsi, nul ne peut nier de l’apport de la géographie en histoire. Les séries de cartes et plans nous permettent un regard direct sur le milieu. Ils sont en quelques sortes des filtres qui permettent de regarder autrement le passé dans son présent. Ils contribuent alors à intégrer de nouveaux cadres de référence à la discipline de l’histoire. 


L’étude d’un bâtiment et de ses titres d’enregistrement foncier conduit à observer un grand nombre de cartes et plans. Il s’agit de voir à des indications relatives de son morcellement foncier. Il s’agit d’être en mesure de se faire une idée des écrits sur les listes des registres fonciers, la pétition d’une demande de concession, les actes notariés, les inventaires après décès, les hypothèques sur la propriété, la reprise de finance, les recensements et les rôles d’évaluation foncière municipale contenu dans le Fond de la Conroy. Il est question de la maison grise dans ce fond. Ses titres d’enregistrement sont méticuleusement cachés. Les titres se dissimulent dans les documents écrits à une autre époque. Il faut alors comprendre que pour faire sens des termes et des mesures relatifs au cadastrage, l’allotissement, l’étendue du territoire et l’enregistrement du bien foncier sur les cartes et les plans anciens deviennent des outils incontournables.

 

L’étude d’un objet précis et le lieu où il se localise exige à consulter de nombreuses cartes et plans anciens. Il se doit de révéler de son existence dans le temps.  L’authentification d’un bien immobilier devient alors un domaine d’étude intéressant pour faire valoir l’évolution d’un territoire[1]. L’étude du foncier nous permet ainsi de voir à documenter l’évolution d’un village dès ses origines au début du 19e siècle. Les cartes et plans retenus dans le cadre de la production Web sont des outils nécessaires pour se familiariser avec les termes géographiques exprimés dans les documents écrits du fond Conroy et les titres publics d’enregistrement foncier. Il s’agit alors de voir à reconnaître l’évolution de l’environnement de cet objet d’histoire qui la maison grise au 84, chemin Vanier afin de la localiser et d’en confirmer son existence et de ses usages au 19e siècle[2].



Les limites des cartes et des plans anciens

Cette situation confronte alors aux deux imprécisions de la mise en forme des cartes et des plans anciens. L’imprécision peut être imputable à un mauvais relevé ou au délai qui sépare l'inventaire de sa mise en forme cartographique[1]. Cette situation oblige « à nous mettre en garde face au tracé ou aux interprétations qu'il suggère[2] ». Ces outils d’histoire nécessite alors de croiser nos sources. Il demeure aussi qu’elles peuvent être difficiles d'utilisation et elles ne sont souvent pas toujours considérées comme des outils fiables d'information[3].

 

Il arrive que « la superficie des emplacements est mal calculée[4] ». Il devient alors évident que la recherche doit au moins disposer de sources contrôle pour corriger les imprécisions pouvant s’infiltrer dans la conception de la carte. Leur lecture nécessite aussi d’exercer une certaine prudence et non pas parce que les données sont fausses, mais surtout parce que les cartes et plans anciens doivent être appuyé d’informations supplémentaires pour en connaître son contexte de production et  relever des informations supplémentaires aux données illustrées [5].

C’est alors avec les cartes et plans suivants qu’il m’est permis de caractériser le lot 15, l’emplacement de la maison grise, les transactions immobilières sur la propriété et les titres d’enregistrements fonciers. Les archives nationales du Québec compte des milliers de documents cartographiques du territoire québécois à différents moments de son histoire. À elle seule, "La collection numérique de cartes et plans de BAnQ comprend actuellement 19582 images". Les cartes titrées de cette collection sont le Plan Davies 1802, le Plan Bouchette 1815, la Carte du Comté de Hull et la Carte du Comté d'Ottawa. Le Tracé de la Pontiac & Pacific Junction Railway est une image numérisée commandée de la cartothèque des archives de Québec. La feuille 200 du village of Dèschenes du plan d’assurance-incendie Goad fait partie de la collection numérisée de Bibliothèque et Archives Canada. Ces outils cartographiques sont d’une aide appréciable pour arriver à interpréter les éléments au cœur des revendications sur le lot 15 aux rapides de Deschênes. 

Voici alors les liens vers les cartes et plans anciens utilisés sur le parcours du patrimoine :


                                Plan Davies, 1802
                                

                                Plan Bouchette, 1815


                                Carte du Comté de Hull


                                Carte du Comté d'Ottawa


                                Tracé de la Pontiac et Pacific Junction Railway

                                
                                La feuille 200, Village of Dèschenes, 1908, du Plan d'assurance-incendie Goad