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Actions en défense du journalisme

Nous publions ci-dessous les documents transmis par l'API

 
Résolution adoptée par l'Assemblée Générale Extraordinaire de l'API du 18 mars 2010

 

L’Association de la Presse Internationale (API) est préoccupée par la présence amoindrie des médias internationaux à Bruxelles. Le nombre des correspondants a de nouveau diminué l’année dernière. L’API considère que cette évolution est le symptôme de la  diminution de l’importance accordée par les médias européens à la place de Bruxelles. Une telle évolution ne peut être ni dans l’intérêt des Institutions Européennes ni dans celui de la presse accréditée à Bruxelles. La salle de presse de UE constitue un forum unique pour le développement de la l’opinion publique européenne. Pour garantir le succès, une information indépendante et de qualité est essentielle.

 

La situation actuelle peu satisfaisante est en partie la conséquence du caractère de la la politique de communication des institutions européennes. La Commission Européenne en particulier fournit trop peu d’information background sur le cours du processus décisionnel, en fournissant seulement des détails du résultat final présenté sous une lumière avantageuse. Au titre d’une plus grande transparence, on se rabat sur la mise à la disposition de plus d’informations par internet, de plus de transmissions par EbS et sur une activité PR plus intense organisée dans les Etats membres, ce qui pourrait être considéré comme une opération de propagande.

 

Les médias des Etats membres s’y méprennent  et y voient une alternative bon marché pour l’information indépendante fournie par un journaliste basé à Bruxelles. Ceci a comme résultat une diminution des reportages bien renseignés sur les politiques suivies, le processus décisionnel et le background.

 

Copier des notes de presse ou faire usage de matériel vidéo recueilli sur les websites des institutions revient bien moins cher pour les médias des Etats membres, mais les nouvelles seulement basées sur de telles sources ne sont certainement pas de la même qualité que celles que peuvent fournir des journalistes avertis basés à Bruxelles. Ceci ne relève pas seulement du souci propre aux journalistes. L’UE est un sujet complexe et, sous certains aspects, très technique. La pénurie croissante d’informations fiables qui complique le travail des journalistes de Bruxelles constitue précisément un obstacle à une réelle transparence et, en dernier lieu, à une meilleure compréhension de l’UE.

 

Pour cette raison l’API demande instamment aux institutions européennes de coopérer plus étroitement avec les représentants de la presse à Bruxelles et de témoigner d’une plus grande ouverture envers eux. Il devrait être pourvu à la fourniture à l’avance d’informations sur une base on the record, off the record et background.

 

L'API compte examiner la possibilité d’un recours élargi au système d’embargo et demande pour les journalistes accrédités l’accès aux decisions intervenues par procedure écrite dès que celles-ci sont prises.

 

L’API est aussi préoccupée par la détérioration des conditions de travail des TV et des photographes.

 

La distribution gratuite de photos/vidéos financées par des fonds publics risque de nuire gravement aux activités des reporters/photographes indépendants. Cela constitue une concurrence déloyale de la part des institutions qui n’est certainement pas conforme aux règles de concurrence communautaires.

 

Nous sommes particulièrement préoccupés par la tendance des institutions à assurer par vidéo une couverture intégrale des événements UE. C’est inacceptable.

 

EbS et ses services ne doivent pas tenter de remplacer le travail indépendant. EbS n’est pas un “émetteur hôte” mais un service contrôlé par les institutions politiques de l’UE. Nous insistons pour que nos caméras aient un plein accès à tous les évènements.

 

La liberté de la presse ne se limite pas à exprimer les vues de certains, mais elle constitue également le droit à rassembler et à compiler nos informations – et cela sans exclusion de vues et de prises de son.

 

Un système de pool doit constituer le dernier recours, mais le principe de l’accès d’au moins une caméra indépendante pour chaque Etat membre doit être impérativement respecté.

 

Les films, infoclips et autres types de matériel vidéo réalisés directement par les institutions de l’UE ou pour leur compte par une compagnie sous contrat devraient être marqués comme tels. Ces produits seraient dès lors reconnaissables. Ceci  les rendrait clairement identifiables comme communications émanant des institutions, commandées et financées par celles-ci. Ceci ne devrait par s’appliquer aux transmissions EbS sur le vif, qui constituent un matériel brut n’ayant pas fait l’objet d’un travail éditorial. 

 

Les medias ne sont pas une option d’accompagnement mais une partie intégrante de la société et du processus démocratiques. Nous adressons dès lors un appel pressant aux institutions de l’UE de procurer aux medias tout ce dont ils ont besoins pour pouvoir bien fonctionner. Ceci suppose que les lieux choisis pour les réunions du Conseil Européen, de la Commission Européenne et d’autres institutions soient de nature à permettre un accès convenable aux équipes-camera et les mettre en mesure de réaliser leur travail.
 
Vous trouverez en pièces jointes la résolution sous format Word ainsi qu'une contribution de Jean Quatremer et de Pascal Mallet, respectivement correspondants de Libération et de l'AFP auprès des institutions européennes à Bruxelles. Celle-ci met en exergue l'hégémonie de l'anglais dans la communication de l'Union et son impact sur la présence de médias non anglophones ainsi que sur la représentativité des réalités et des médias nationaux de pays tout aussi importants que la Grande Bretagne.
ĉ
moi fdp,
21 mars 2010 à 11:21
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moi fdp,
21 mars 2010 à 11:21
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