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Résumé du livre de l'Abbé V. Chambille

Histoire de l’église Notre-Dame de Mousty

 

L’église Notre-Dame de Mousty est l’une des plus anciennes et des plus importantes églises de la région. En effet, la paroisse, outre Mousty, comprenait Céroux, Chapelle-Saint-Lambert, Limelette et probablement Ottignies.

L’église a fait l’objet d’un culte marial. Elle a été considérée comme étant une basilique collégiale, et possédait une crypte avec un coffre à reliques. Un monastère attenait à l’église .

Toutes ces données prouvent l’importance de la paroisse de Mousty.

 

Quelques données architecturales

 

Il n’existe pas d’écrit mentionnant une date précise de construction mais de nombreuses preuves architecturales nous donnent une date approximative au début du Xe siècle.

Elle est de style roman ottonien.

L’église fut bâtie (comme bon nombre de sites chrétiens) sur un ancien site gallo-romain et plus exactement sur une ancienne villa romaine.

Un  souterrain pour l’évacuation des eaux usées et des pierres de la villa réutilisées pour la construction de l’édifice attestent cette hypothèse.

Une statuette de femme, en marbre, (dont il ne reste que la tête) de style romain a également été retrouvée.

Une copie se trouve dans la crypte tandis que l’original se trouve au Musées royaux d’Art et d’Histoire du Cinquantenaire à Bruxelles.

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L’aspect trapu de l’édifice est dû au fait que le sol  a été relevé à plusieurs reprises d’une hauteur totale de 2,20 m.

L’aspect actuel de l’église est dû aux travaux de 1967.

La charpente en chêne de l’église est d’origine (elle n’a jamais été modifiée et n’a subi qu’une réparation).

Une datation au carbone 14 confirme d’ailleurs l’âge de croissance de l’arbre utilisé au Xe siècle.

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On recense deux périodes de rénovations importantes : une à la fin du XVIIIe siècle  et une autre en 1967.

Suite à la rénovation du XVIIIe siècle, les fenêtres sur les côtés de l’église ont été agrandies.

Les petites fenêtres d’origine de style roman ont été remplacées par de plus grandes. Les vitraux d’une couleur verte particulière proviennent des chutes des vitraux de Versailles.

Dessin de l’ancienne église de style romane et le nouveau dessin

 

La Crypte

La crypte est un élément primordial pour authentifier l’importance de l’église dans la région (Les églises de moindre importance n’ont pas de crypte).

Celle-ci contenait un coffre à reliques, aujourd’hui disparu. Les pèlerins et les malades dormaient dans la crypte, ils croyaient que le rayonnement de la relique les toucherait et les guérirait ou leur apporterait l’absolution de leurs péchés. La forte déclivité du sol à l’époque facilitait le nettoyage après leur départ.

La crypte fut condamnée et  ensevelie lors d’une restauration au XVIIIe siècle.

Elle ne fut dégagée qu’au XXe siècle, lors des travaux de 1967.

Le coffre à reliques a disparu dans les guerres de religion du XVIe siècle

De eglise Mousty Valére
 

 

Le clocher

Il n’y a pas de traces de  tour  jusqu’au XVIe siècle. Probablement parce que  le château de Franquenies, situé à 740 m, devait jouer le rôle attribué habituellement aux tours d’église : avertir la population de l’approche d’agresseurs, d’un incendie ou encore être un point de repère.

 

Le mobilier

 

Les autels

Nous retrouvons deux autels au sein de l’église.  Le principal est dédié à Notre-Dame mais il y en a un autre situé dans le croisillon sud du transept, dédié à Saint Etienne. Actuellement cet autel est dédié à Saint Joseph. Le retable de  Saint Etienne  viendrait de l’Abbaye de Villers-la-Ville.

Photo De la statue de St Etienne 

 

Les statues

Outre la statue de Saint Etienne sur l’autel, nous retrouvons également 4 autres statues dans l’église. Une Sainte Anne trinitaire en bois polychrome datant du XVIe siècle. Elle porte sur le genou droit la Vierge assise tenant l’Enfant Jésus.

Une statue de Saint Denis (Evêque de Paris) en bois polychrome datant du XVIIe siècle. Le saint porte dans ses mains sa tête décapitée. La légende raconte qu’après sa décapitation, il ramassa sa tête et parcourut encore deux cents pas jusqu’au Mons martyrum  (appelé aujourd’hui Montmartre).

Dans l’ancien cimetière, dans une chapelle de style Louis XIV, se trouvait une statue ramenée aujourd’hui dans l’église. Il s’agit d’un grand Christ-Aux-Outrages en pierre polychrome datant du XVe siècle.

La dernière statue a  été détruite par un déséquilibré mental en mai 1977. C’était une représentation de Notre-Dame de Lourdes, cadeau de remerciement des rescapés d’un accident de chemin de fer à Franquenies, en 1895.

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Peintures

Le couronnement de la Vierge dû à G.P. Mensaert, orne l’autel majeur.

Une seconde peinture représente le Martyre de Saint Etienne sur l’autel dédié à ce dernier.

Enfin, l’œuvre picturale majeure est la Mise au tombeau du Christ de Constant Meunier. Ce tableau est pendu au fond de la nef.

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Lambris et meubles   

Un ensemble harmonieux de style Louis XIV datant du XVIIe siècle regroupant les lambris du chœur (en panneaux de chêne), les bancs des marguilliers et les confessionnaux du transept ainsi qu’un banc de communion sont les seuls meubles de l’église.

 Le banc de communion est orné de scènes bibliques. On retrouve de gauche à droite, le pélican, les pains de proposition, l’agneau pascal, l’arche d’alliance, la manne, le chandelier à sept branches et sur les retours le serpent d’airain et l’encensoir.

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La chaire de vérité

Elle est de style sévère de la fin Renaissance (vers 1600). On remarquera en bas de la chaire des motifs d’angelots sculptés.

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Monuments funéraires

La plus ancienne sépulture se trouve au sud de l’église. Il manque la partie supérieure de la pierre tombale mais il semblerait qu’elle date de 1537.

On retrouve plusieurs pierres tombales, de plusieurs curés ou seigneurs ou fille de seigneur de la paroisse tels que Anne de Carondelet, les Frères Jean-François et Pierre Lurquin, Jean de la Motte ou encore Guillaume Delfallize.

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Orfèvrerie

Les objets suivants ont été répertoriés:

Deux Calices  en métal doré

Un Calice en étain et un en argent.

Un grand ciboire en argent, début XVIIe siècle

Deux ostensoirs-soleil, datés probablement du XVIIIe siècle

Un chandelier baroque du XVIIe siècle

Un sceptre et une couronne de la Vierge en argent du XVIIIe siècle

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Divers

On constate également au sein de l’église la présence de divers objets  par exemple, le bénitier, les fonts baptismaux  et l’orgue.

Le bénitier est en petit granit datant du XVIIe siècle et se trouve à droite après la porte principale de l’église

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Les fonts baptismaux de forme octogonale, en petit granit, datent également du XVIIe siècle.

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L’orgue  de 1860  a été fabriqué par la facture d’orgues des frères Gheude (qui fournirent de nombreux orgues à différentes églises du Brabant).

Peu après la rénovation de l’église en 1967, l’orgue a été complètement révisé et on a ajouté des jeux

 

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Les cloches

 

Le Concile de trente prescrit aux églises de posséder des cloches. Il apparaît dans les comptes de l’église que des cloches existaient avant le milieu du XVIIe siècle.

On ne trouve pas de traces d’achat de cloches mais de réparations des ferrailles auxquelles étaient suspendues les cloches.

Les cloches sonnèrent les évènements heureux et malheureux de la communauté jusqu’en 1943. Cette année-là, neuf paroissiens se firent arrêtés par la Gestapo et ordre fut donné par les Allemands d’enlever les cloches. Pendant une journée entière les paroissiens se relayèrent pour faire  sonner les cloches sans interruption avant leur enlèvement.

Les cloches enlevées disparurent et furent remplacées par deux nouvelles. La moyenne cloche sonne le la et porte l’inscription « Marie-Louise est mon nom. J’ai été dédiée à la sainte Vierge pour calmer les tempêtes et soulager les affligés. »

La petite sonne le si et porte l’inscription « Joseph Emmanuel est mon nom. Mr l’Abbé A. Schauwers étant curé, j’ai retrouvé la vie pour appeler les fidèles avec harmonie. »

 

Le cimetière

 

Auparavant, le cimetière entourait l’église. Il a eu le droit lui aussi à des rénovations mais fut désaffecté début XXe siècle, bien avant la grande rénovation de 1967.

Lors de l’élargissement de la rue de la Station, on déplaça des ossements mais on retrouva également des médailles datant du XVIIe siècle. On ne trouva rien de plus ancien.

 

Le presbytère

 

L’ancien presbytère était formé comme une fermette et comprenait une écurie, une grange, une porcherie et un important grenier pour conserver les grains issus de la dîme.

Les murs étaient d’argile et de chaux et le toit de chaume.

En 1719, un rapport est établi pour évaluer l’état de délabrement des bâtiments. La décision fut prise de détruire le presbytère et d’en construire un nouveau.

Celui-ci, construit en 1764,  est composé de trois corps de bâtiments, de diverses dépendances, d’une grange, d’un four et d’un puits. Ces trois derniers furent construits au cours du XIXe siècle.

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Et photo vu du ciel de chez martine

Les registres

 

Les archives paroissiales se trouvent actuellement à la Maison Communale d’Ottignies.

 

 Les Fêtes paroissiales

 

Il ya aujourd’hui trois fêtes paroissiales, celle de l’anniversaire de la dédicace de l’église le 12 novembre, celle de l’Assomption de la Sainte Vierge, le 15 Août et la fête du Saint Sacrement.

Les deux dernières fêtes donnaient lieu à des processions, aujourd’hui abandonnées.