Rallye Infernal 2005

En 2005, le couvert est remis au sein du Challenge FBVA, en collaboration avec le très expérimenté Daniel Pigeolet : Le Rallye Infernal, au départ de Gembloux, parcourera l'ouest du Grand Namur en direction de Braine-le-Comte... un rallye pour grands garçons.  En effet, ils voulaient du difficile, ils l'ont eu !
Voir ci-après un compte-rendu complet de Daniel, paru sur www.automag.be le 18 août 2005.

LE RALLYE INFERNAL, avec les amis du NORT, Namur Oldtimers Racing Team 

jeudi 18 août 2005, 
par Daniel PIGEOLET

  • Dans le baquet de droite ... (ou pour cette fois : le fauteuil du régisseur !)

Changement de casquette vous ai-je dit précédemment, de voleur à gendarme ? Non, soyons plus sérieux que cela : de co-pilote à organisateur d’une manche du Challenge FBVA de régularité. Waouw, quel programme !!!

Avec les amis du NORT, Namur Oldtimers Racing Team, nous avons décidé d’organiser une manche du Challenge FBVA : LE RALLYE INFERNAL.

Avec Thierry Demortier en principal, c’est un pari un peu fou, tellement il y a du travail. Dès octobre 2004, il faut plancher et réfléchir sur le tracé : d’où allons-nous partir, où arriver ? Voir si cela est possible : autorisations communales, infrastructure, date libre, repas, ravitaillement... Ce point ficelé, attaquons le parcours. Repérages sur cartes, découpage, kilométrage, arrêts. Après un premier jet, il est temps de faire la 1ère reconnaissance, fin octobre. Avec Thierry, en route sur Gembloux (départ), puis sur Seneffe (pause).

Le tracé sur carte pose souvent des problèmes : sens interdits, exceptés circulation locale, culs de sac, routes dégradées ou en terre nous obligent à modifier souvent le parcours et à de nombreux ½ tours. En une grosse journée, nous bouclerons à peine 100 kilomètres de parcours. De retour à la maison, il faut mettre au net rapidement toutes les notes (pour ne rien oublier et mélanger) avant la 2è reco. Nous passerons 3 fois partout et une reco sera faite par un équipage "neutre" : Jean Phil Epis et Michaël Demortier.

Entre temps, il faut les autorisations de passage (une chance, aucune commune ne sera négative), établir le règlement définitif, sortir les engagements et préparer le road book définitif. Croyez-moi, cela fait énormément de travail, mais quel pied !!!

C’est assez anxieux que nous attendons les engagés... qui tardent à s’inscrire. Je pense que le nom en a fait peur à plus d’un et la méthode à l’ancienne aussi. Pourtant, la catégorie "Classic" ne devait pas représenter de grosses difficultés de navigation. J’avais promis un rallye de grands garçons aux pilotes.

Gembloux - Seneffe - Braine le Comte - Braine le Comte : ces régions regorgent de petites routes très sinueuses, peu exploitées par nos rallyes de régularité.

Au départ, seulement 15 équipages seulement (fiasco), mais la crème du pays, vont en découdre pendant 300 kilomètres avec au programme : cartes tracées au 1/50.000è, du fléché droit non métré uniquement et des moyennes oscillant entre 48 et 49,99 km/h.

Le jour J, le stress est maxi, car il faut mettre en place les contrôleurs et organiser le background. Tout se passe bien avec nos 2 équipes et assez inquiet, je me présente à l’arrivée du1er RT (regularity test). Après 15 kilomètres et 3 prises de temps, le 1er concurrent tarde à arriver. Zut, que se passe t’il ? Où sont-ils ? Arrive enfin la Porsche n° 2 de Gielen-Mathy avec +/- 2’ de retard. Et puis la meute déboule, tous en retard.

Déjà trop dur ? Après 7 km, passage du fléché en carte, avec un morceau de carte manquant et dernière case (un carrefour) sans boule. LA CATA. TOUS SE PLANTENT. Mais vite, il est temps de relever contrôleurs pour les conduire à leur 2è poste de contrôle vers Soignies et Braine le Comte.

C’est assez tendu que j’attends les concurrents à leur 1er passage à Braine le Comte. Ils s’amusent tous bien, mais les routes sont mauvaises. Il faut dire qu’il ne fait pas bon du temps, il a beaucoup plus et la neige de février a fortement dégradé les routes. Il n’était plus possible pour nous de modifier le parcours. Toutefois, nous avions à peine 1 % de dégradé sur les 300 km. Les experts s’accordent toutefois pour dire que le rallye est très dur, mais que les petites routes sont super chouettes, sinueuses à souhait et le découpage parfait. Les moyennes étant impossibles à tenir, il aurait fallu une légère pause de temps en temps.

Moi qui croyais que les "experts" voulaient du rythmé ??? Dans les années 60, nous roulions de nuit, avec des véhicules de tous les jours, qui partaient au boulot le lundi, pas du tout préparés comme aujourd’hui, beaucoup de terre, des villages retournés, de la carte De Roeck au 1/100.000è et parfois des moyennes supérieures à 60. C’est dans une très bonne ambiance toutefois, après annulation du 1er RT (because flèche sans boule) que nous terminerons la journée très fatigante vers 01h00 du matin. Le classement complet vous est donné ci-dessous.

Alors, rendez-vous en 2006 pour le Rallye de la Bière avec de nouvelles idées et un nouveau profil de timing avec 2 catégories : découverte ( pas de carte FIVA) et classic

Je lance un appel aux nombreux concurrents que nous ne voyons plus, ainsi qu’aux propriétaires d’anciennes avant 1960.

ALORS, A VOS CLAVIERS. J’ATTENDS VOS REACTIONS SUR AUTOMAG, ou pour une question plus pointue par e-mail pigeolet.daniel@tvcablenet.be

A bientôt pour de nouvelles aventures en France, un rallye dont peu de personnes ont entendu parlé, malheureusement : le Rallye du Centenaire, copie du Monte Carlo organisée par le Rotary d’Antibes, pour fêter les 100 ans du Rotary.

Daniel PIGEOLET.


COMPTE-RENDU PARU SUR www.belgiumclassicrally.be,

par R. Vandevorst

Rallye infernal

Classement

Un enfer pavé… de bonnes intentions.


Seulement 14 équipages avaient répondu à l’invitation du NORT, le Namur Oldtimers Racing Team, ce samedi 07 mai 05, pour le départ d’une épreuve dont le titre générique a sûrement effrayé bon nombre de candidats-participants. Il faut dire que le président du club organisateur, Thierry Dumortier, a, pendant plusieurs mois, répété à l’envi qu’il voulait présenter un rallye « à l’ancienne », c’est-à-dire un horaire adapté au plus juste, un parcours sélectionnant des difficultés naturelles, favorisant par là le pilotage, et un road-book alternant les méthodes de lecture, mettant ainsi également à la tâche les navigateurs. Bref, une épreuve consacrant un équipage complet !

Malheureusement, pareil discours n’est plus, en 2005, rassembleur. Si des équipages motivés émergent chaque année, force est de constater que dans le monde du rallye historique, peu de concurrents potentiels veulent revivre les joutes d’antan. La plupart des participants apprécient avant tout d’exhiber leur véhicule, ce qui peut se justifier quand on connaît la valeur de certains de ceux-ci ; ils veulent surtout que des organisateurs leur donnent l’impression de vivre une aventure, un vrai rallye, plus dans la forme que dans le fond en quelque sorte. Pour les vrais amoureux du rallye type A, à routier pénalisant, dont je fais partie, ainsi que les meilleurs pilotes et navigateurs de notre royaume, cette constatation est frustrante car nous aimerions prendre part à des épreuves disputées uniquement de nuit, sur moins de 300 Km et sur des parcours mariant routes naturellement sélectives et road-books astucieux. Mais peut-être sommes-nous des nostalgiques d’une époque révolue où le fond avait plus d’importance que la forme, où l’automobile était vénérée et non honnie, martyrisée par les dirigeants d’une société lisse et sans âme.

Bref, constatant que son discours ne lui rapporterait finalement que très peu de concurrents, Thierry Dumortier a convaincu Daniel Pigeolet de lui concocter rallye et road-book et ce, en catégorie classique. Excellent choix, quand on connaît le sérieux de Daniel comme traceur, et les possibilités plus que suffisantes de la catégorie classique, Maître Rorife le démontrant chaque année lors du Rallye St Nicolas. Mais le ver était dans la pomme et le travail de fond entamé par Daniel Pigeolet pour convaincre les candidats potentiels n’a pas eu l’effet escompté.?_Parmi ces candidats potentiels, quelques habitués ont fait le déplacement : Thys – Moors, Gielen – Mathy, Delhez – Vandevorst, des équipages qu’on ne présente plus, mais également Lareppe – Fraiquin, José semblant prendre goût aux épreuves historiques, ce qui n’est somme toute que normal quand on connaît son palmarès dans les rallyes secrets du Critérium National et des championnats type A de l’ASAF, Albert – Albert, qui se font petit à petit une place de choix parmi l’élite de la discipline et D’Hoe – Zwartele, ou quand le spécialiste belge de la MGB fait équipe avec l’un des meilleurs navigateurs de l’ouest du pays, par ailleurs ancien champion ADHER. Roger Munda s’est adjoint les services d’Eddy Gully qui, sans en avoir l’air, acquiert une solide expérience cette année en multipliant les participations en Belgique et surtout dans les rallyes internationaux.

La première étape, dont le départ est donné sur le coup de 14.00 hr à Gembloux, entraîne les concurrents jusque Seneffe et son magnifique château, après avoir, au préalable, effectuer une boucle Gemboux – Perwez-en-Hesbaye – Gemboux. Les routes du Brabant wallon et du nord du Hainaut, avec notamment des passages dans les régions de Mellery et Ecaussines, dévoilent rapidement leurs caractéristiques : étroites, bombées et bosselées ; le revêtement est souvent dégradé et de larges portions de pavés se chargent de ralentir les moyennes. Le ton est donné rapidement : le rythme est endiablé, toute erreur de lecture se paie cash ! Le road-book est bien réalisé et les méthodes de lecture sont habilement alternées.

Malheureusement, Daniel et Thierry ont eu la mauvaise idée de recourir à des méthodes pratiquées dans les rallyes français : le mélange des cases et les notes dont l’origine n’est pas une boule (boule – flèche), mais un détail du terrain (un pylône remarquable par exemple), le schéma étant alors à orienter en fonction de la place de ce détail dans le dessin du schéma, à comparer avec la réalité du terrain. Si le mélange des cases n’a surpris que les équipages peu habitués (la moitié du plateau quand même !), les schémas sans boule ont fait pas mal de casse dès le troisième CH, celui-ci étant annulé par les observateurs FBVA, un schéma devant toujours, en Belgique, avoir une boule-origine et une flèche (Règlement FBVA). Le travail fourni par les responsables de la fédération et les représentants des pilotes et copilotes porte ses fruits : les organisateurs doivent à présent respecter les textes et les observateurs FBVA y veillent. Le « n’importe quoi » n’est plus de mise et ce n’est que tant mieux pour la crédibilité de la discipline. Au terme de cette étape de mise en jambe, Thys – Moors, avec 269 points, mènent devant Gielen – Mathy (325 points) et Delhez – Vandevorst (690 points). Le peloton a perdu Lareppe – Fraiquin sur panne moteur alors qu’ils se battaient en tête de la course.

La deuxième étape sillonne les entités de Frasnes-les-Gosselies, Soignies, Steenkerque et Braine-le-Comte et son célèbre bois de la Houssière qui va être parcouru dans tous les sens ! Si les deux premiers du classement se livrent une âpre bataille, Delhez – Vandevorst perdent pied suite à une rupture du câble d’accélérateur dans le secteur où le RT de l’étape, à deux arrivées, était réalisé. Conséquence : pénalités maximales aux RT et 10 minutes au CH, soit 1.900 points d’un coup et tout rêve de victoire évaporé… . Gielen – Mathy réalisent l’étape parfaite, en rentrant une feuille vierge de toute pénalité horaire et de passage, et s’emparent de la tête de la course avec plus de 300 points d’avance sur Thys-Moors qui loupent deux CP. D’Hoe – Zwartele s’installent en troisième position, mais à plus de 600 points du deuxième. Munda – Gully et Albert – Albert complètent le Top 5.


La troisième étape consiste en une boucle autour de Braine-le-Comte, boucle truffée de secteurs rapides et pénalisants et se terminant de nuit. Inutile de préciser que le bois de la Houssière est de nouveau traversé d’est en ouest et du nord au sud, pour la plus grande joie des concurrents. Et cette étape va effectivement jouer le rôle qu’on attend d’elle : être décisive pour l’établissement du classement ! En ne prenant que cinq minutes de pénalité, et en ratant un seul CP, Thys – Moors réalisent de loin la meilleure étape et s’imposent au classement final : ils sont décidément l’équipage en forme de ce début d’année ! Gielen – Mathy fautent à de nombreuses reprises, mais leur avance considérable et le fait que D’Hoe – Zwartele perdent complètement pied en écopant de plus de 7.000 points de pénalité, leur permet de sauver la deuxième place. Delhez – Vandevorst, qui auraient pu prétendre à cette place ou, au moins, à la dernière place d’honneur, sont encore victimes d’une casse du câble d’accélérateur à 15 km du but et échouent finalement à la cinquième place. Albert – Albert, très réguliers tout au long du rallye, conquièrent ainsi la troisième place devant Munda – Gully pour qui cette dernière étape n’aura pas été un long fleuve tranquille !

En résumé, le NORT nous a gratifié d’une très belle épreuve, sélective à souhait avec un horaire et un kilométrage proches de l’idéal. Si les traceurs n’avaient pas eu la mauvaise idée de jouer avec un fléché dont les cases ne sont pas implémentées dans l’ordre logique, la mention « excellent » aurait pu être délivrée. Le rallye était déjà assez difficile pour la majorité des concurrents pour recourir à des enfantillages dignes de jeux de piste. Et justement, là réside le subtil distinguo entre un rallye, un vrai, et une balade animée !

Texte : R. Vandevorst
Photos E. Mossoux

CLASSEMENT DU RALLYE INFERNAL 2005


CONCURRENTS
AUTO
Sect.1
Sect.2
Sect.3
TOTAL
1THYS M. - MOORS F.PORSCHE 911
269,00
501,70
561,10
1331,80
2GIELLEN R.- MATHY P.PORSCHE 911
325,00
122,42
1786,00
2233,42
3ALBERT D. - ALBERT Y.MG B GT
1428,00
612,75
1143,10
3183,85
4MUNDA R. - GULLY E.VW COX
730,00
711,93
2172,68
3614,62
5DELHEZ J. - VANDEVORST R.FORD ESCORT RS
690,00
1900,00
1472,00
4062,00
6D' HOE E. - ZWARTELE T.MG B GT
1138,00
210,00
7592,32
8940,32
7PICRY D. - PICRY J-M.BMW 2002
12500,00
976,00
7353,33
20829,33
8FASSIN P. - MUNTEN B.BMW 1600
6584,00
13268,87
23886,00
43738,87
9RIGA W. - RIGA P.VW COX
4616,00
22128,00
29200,00
55944,00
10HENON P-M. - VERSTRAETEN G.PORSCHE 911 S
10732,00
16215,00
29104,00
56051,00
11LEMPEREUR B. - MARTIN G.ALFA-ROMEO
27384,00
21440,00
19680,00
68504,00
12BETTENS W. - SPAENHOVEN F.PORSCHE 911 S
8410,00
14718,00
ab.
ab.
13FRAITURE R. - BASEIL G.FORD ESCORT MK1
19006,00
ab.
ab.
ab.
14LAREPPE J. - FRAIQUIN J-L.VOLVO 142
21600,00
ab.
ab.
ab.
15LUCAS P-L. - BOUILLARD K.BMW 1800 TI
ab.
ab.
ab.
ab.

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