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2016, half-time !

publié le 25 juin 2016 à 13:00 par Arnaud B.   [ mis à jour : 6 juil. 2016 à 11:18 ]
C’est la mi-temps de la saison 2016 ! je profite des quelques jours de chaleur pour faire une petite pause de course à pied, ressortir le vélo – de route, on vient de me voler mon VTT… – dresser un bilan de ces quelques mois et sortir ainsi mon site de son hibernation.

Un bilan en complément de mes carnets d’entraînement et de mes activités sur Strava qui, à l’instar des autres réseaux sociaux, disparaissent dans les quelques heures qui suivent leur publication. Évanescence et profusion, le tout soumis à un site qui peut disparaître du jour au lendemain… non, j’ai besoin d’albums-souvenirs comme ce site, que j’aime à rouvrir occasionnellement.

Je m’y attelle avec d’autant moins de peine que cette saison est bien partie pour être ma meilleure en course à pied. A quelques mois de la quarantaine, et après nombre de désillusions les années passées, je ne m’y attendais pas.
La faiblesse d'une cheville et les tendinopathies chroniques qu'elle induisait, localement, ou ailleurs par compensation, m'ont gâché le plaisir de courir sur nombre d'épreuves de longue distance, et trop souvent conduit à l'abandon. D'où le peu de résultats sur trails longs ces 3 dernières années.
Il y eut bien quelques périodes de forme prometteuses l'an passé, mais entrecoupées de pépins : adducteur et tendon d’Achille en juillet, grosse entorse fin Septembre… je pouvais y vivre le meilleur - le Marathon du Beaujolais ou le 1er relais de l'UT4M - comme le pire  - les vomissements sur la SaintéLyon. Pas de quoi augurer d'un renouveau, donc.

2016 débute, comme les précédentes, par une reprise de la compétition sur l'Hivernale des Coursières du Lyonnais (30km / 1100m D+). Entre St-Martin-en-Haut, Ste-Catherine et St-André-la-Côte, mais sur un parcours largement renouvelé, je joue au chat et à la souris avec mon très cher Grizzly de Tarare, l'incopiable Rémi. L'épreuve a gagné en notoriété et affluence (800 participants) depuis notre premier duel sur celle-ci, en 2011 : nous finissons ensemble à une discrète 15ème place.


à la lutte avec Rémi

Inscrit sur la CCC mais surtout, à très brève échéance, sur le Trail de Vulcain, la période hivernale est "sportivement studieuse" : des séances de fractionné, en côte ou sur piste, ainsi que des sorties longues, organisées tour à tour par un hôte différent, issu de notre petit groupe d'amis traileurs, qui s'est constitué au fil de mes "recos SaintéLyon".
Des balades d'au moins 30km, tantôt sur les traces du Grizzly entre Tarare et la Tour Matagrin, tantôt autour du Mont Popey d'Aline, sur mon ancien terrain de jeu de Saint-Chamond aux Crêtes du Pilat, dans nos Monts d'Or lyonnais, et enfin sur les terres ardéchoises de Matthieu et Joël, du côté de Crussol. De très bons moments de convivialité et de partage. 

GR7, St-Martin-de-Coailleux
Col du Planil

Le Saut du Gier
4
3

Les choses sérieuses commencent donc début Mars avec le Trail de Vulcain (74km / 2500m D+). Le fin matelas de neige déposé les jours précédents n'entrave pas la foulée, seuls quelques plaques de verglas sur le chemin des Muletiers imposent un peu de prudence. Le ciel reste bouché jusqu'à la fin, ou presque. Une fois encore, je partage les 50 premiers km avec Rémi, avant de céder. Les écarts sont étonnamment faibles cette année entre les 5 premiers : le vainqueur, de classe nationale, parti pour nous coller 3/4h, s'est ressenti de blessures passées et ne termine que 15' avant moi.
Une performance du niveau de celle de 2012, au niveau de la vitesse moyenne et des sensations, même si cette fois c'est Rémi qui monte sur la boîte.


Euphorique, j'enchaîne la semaine suivante avec une course nature à Saint-Symphorien-d'Ozon. Longtemps en lice pour la victoire dans le trio de tête, je cède face à la vitesse de Denis Babel (ancien vainqueur du marathon du Beaujolais) et peut-être la distance (30km) pour terminer second de ce "Dahu'Trail".

à la lutte avec Denis Babel


Le contrecoup du Vulcain se fait sentir la semaine suivante, et particulièrement lors du "Crussol Caillasse Camp", notre sortie de groupe précédemment citée. 

les ruines du Château de Crussol
le groupe (manque Joël)






Deux semaines plus tard, c'est à Paris que j'épingle un dossard, à l'occasion du célèbre Marathon. Grand soleil, organisation sans faille d'ASO malgré les quelques 46000 coureurs au départ (54000 inscrits, 42000 à l'arrivée...), et une certaine fierté d'avoir participé au moins une fois à un évènement de cette ampleur - merci Juliette, et Isostar, pour le dossard.
J'échoue à 40 minutes des kenyans (!) mais améliore une fois encore mon record personnel, en 2h47'59''. Mis en confiance après les 2h51' 6 mois auparavant sur celui du Beaujolais, j'ai davantage joué avec mes limites en me calant d'emblée à 15,4km/h. Allure tenue au-delà du non moins célèbre "mur du 30ème km", mais guère plus : la fin à travers le Bois de Boulogne s'est faite au courage, tête baissée, en comptant les hectomètres... mais la récompense était au bout :





Loin de m'endormir, je mets à profit les 5 semaines qui me séparent de l'Ultra des Coursières du Lyonnais (102km / 4100m D+) pour préparer cet objectif avec sérieux : fractionné à VMA sur piste, travail en côtes, une sortie longue dans les Monts d'Or avec Alan, Rémi et Olivier, enfin une dizaine de jours d'affûtage en suivant scrupuleusement les conseils d'Alan.
Conditions météo idéales le jour J, forme au top et gestion de course quasi-parfaite : la recette pour une victoire au bout de 10h30 d'efforts, avec 33' d'avance sur mes poursuivants.  
Première victoire sur un ultra-trail... de dimension régionale, certes, mais Lapalisse aurait rappelé que pour gagner, il fallait battre tout le monde, et notamment Eric et Alexandre, deux coureurs aux solides références, qui m'entourent sur le podium !
dernier kilomètre



Invité par l'équipe organisatrice du Trail de l'EOLienne à remettre mon titre en jeu, c'est avec plaisir que je m'exécute trois semaines plus tard. Cette fois, une pluie continue nous accompagne, qui reflète bien la météo du printemps 2016 en France. Bon, il ne s'agissait que d'une affaire de 23km et moins de 2 heures. Longtemps second derrière Fabrice Besnard, fraîchement converti au trail, et presque résigné à mon sort, une petite erreur de parcours de sa part et des lacunes en descente vont le trahir, et je finis à nouveau premier de cette sympathique course nature, dans le fief de la sœur du Grizzly (vous suivez ? qu'importe).
 
le groupe de tête (km 3)
dans le final, parcours détrempé
3

Tout ne s'est pas cependant pas déroulé sans accroc. Il y a eu d'abord une lointaine place (78ème) au classement du Trail Givré, qui s'est déroulé sous des conditions apocalyptiques, et surtout le lendemain d'une sortie de 38km dans le Pilat où j'avais laissé des plumes !
Guère glorieux non plus, mon nouvel abandon sur l'Ultra Boucle de la Sarra en mode solo. J'y ai d'emblée senti le contrecoup des Coursières, et ai néanmoins tenté de suivre Sylvain Seydoux. Mal m'en a pris: occis au bout de 5 tours, j'ai mis fin au calvaire au bout de 3h (sur les 6 prévues).
 
le déluge au Trail Givré
sur l'UBS

A l'issue des Coursières m'est revenue l'envie de tenter à nouveau le mythique Ultra-Trail du Mont Blanc, et pourquoi pas dès l'an prochain, pour fêter mon statut Vétéran ? Pour cela, en escomptant terminer la CCC fin août, il me manque une épreuve à 5 points qualificatifs. Un "truc" déjà bien costaud, et dont l'organisation aura fait allégeance au système de cotation mis en place par l'I-TRA. En France bien sûr, et si possible pas loin. Avec les autres impératifs personnels, le choix s'est porté sur l'Ultra Tour du Haut Giffre (83km / 6400m D+), course phare du Samoëns Trail Tour.

Départ à 6h pour une première ascension à la Combe aux Puaires, 1400m plus haut, et y constater que l'hiver y joue les prolongations : près d'1m de neige à 2200m, mi-juin ! Montée prudente mais éprouvante (12ème), avant une descente ludique, à dévaler sur la neige fraîche, parfois sur les fesses !
Plutôt à l'aise dans l'exercice, je passe 7ème au Cirque du Fer à Cheval. Je passe même brièvement en tête de course après la seconde difficulté, au ravitaillement de Salvagny (km 35). Troisième ascension au refuge de Grenairon et redescente à la Cascade du Rouget sans encombre, où nous (les 20 premiers, environ) sommes arrêtés pour menace d'orages sur Tête Pelouse, le dernier sommet. Une heure d'attente, le temps de baliser un parcours de repli et nouveau départ groupé.
Les positions se rétablissent naturellement sans trop de surprises et, malgré un passage à vide sur quelques km, je repars du dernier ravito (km 70) 3ème, et confiant de le rester. Las, c'était sans compter une ultime descente sur une piste VTT ravagée : une vraie patinoire, un champ de boue et de pierres trop dangereux à mon goût. J'y perds toute mon assurance, et le podium par la même infortune.
4ème au final sur 300 partants, en 10h49, pour 79km et peut-être 5700m D+. Une belle performance pour laquelle j'aurai signé au départ, mais quelques km de moins que prévus, qui risquent de coûter 1 "point UTMB", et me compliquer la quête de la qualification.


Ces quelques résultats ne remettent cependant pas en cause mes résolutions : plus question de courir après les dossards, les podiums, quand bien même tout semble aller pour le mieux. Facile à dire, évidemment, quand ça sourit même en réduisant l'entraînement... N'empêche: ma carrière est terminée, il me faut m'apprêter à suivre les exploits de ma descendance, au bord des chemins ou sur les bancs d'un gymnase. Même s'il semble que j'aie encore une paire d'années à attendre... mais qui sait ?