WOLDEMAR, Michel

 (Orléans 1750 - Clermont-Ferrand 1815)

Michel Woldemar : violoniste et compositeur. De naissance aisée (son père, Jean Michel – « Ecuyer, Conseiller Secrétaire du Roy, Chevalier de l'ordre du Roy et ancien Consul de France en Espagne » : cf. son acte de baptême – était un riche négociant orléanais, propriétaire d'une manufacture de bonnets ‘façon de Tunis’), il reçut le nom de son parrain Woldemar, Comte de Lowendal, Maréchal de France. Détenu dans sa jeunesse au Sabot d'Angers (prison destinée aux fils de famille), il suivit à Paris l'enseignement de Lolli et devint un violoniste assez renommé, surtout pour l'adagio. Sa vie fut agitée, mais sa biographie demeure mal connue. On sait qu’il était vers 1770 à Madrid où il joua son « Fandango, air favori des Espagnols » (publié dans : Six Rêves d'un violon seul), qu’il participa à Paris aux concerts du baron de Bagge et que, après avoir subi des revers de fortune, il vécut de son talent de violoniste et suivit une troupe de comédiens ambulants. Entre 1801 et 1806 il habita à Orléans (en juin 1801, il y était « vigneron propriétaire », en janvier 1806 il y donnait des leçons et accompagnait la voix, le piano et la harpe, au 14 rue d'Escures), et à Paris (en avril 1804, il vivait «Rue Saint-Thomas-du-Louvre, no 246, hôtel de Bourgogne»). Vers 1807, il s’installa à Clermont-Ferrand où il fut attaché à la maîtrise de la cathédrale et professeur de musique.
Personnage pittoresque, se présentant comme « Elève de Lolli », il consacra son œuvre à la technique violonistique, composant notamment des études, caprices, thèmes et airs variés, sonates, duos, concertos pour violon (comportant une version ornementée du mouvement lent: «broderie de l'adagio») et un concerto pour violon-alto (muni de cinq cordes). Ses Sonates fantômagiques évoquent un dialogue avec les ombres de Lolli, Mestrino, Pugnani et Tartini. Sa Grande Méthode ou Etude élémentaire pour le violon contient des exercices variés (sur les gammes, roulades, trilles, coups d'archet, points d'orgue, doubles cordes, etc.) et donne des exemples de maîtres prestigieux, tels Mestrino, Lolli, Cramer et Jarnowick. Esprit inventif, il conçut un curieux système de sténographie musicale (Tableau mélo-tachygraphique).
Auteur d'une imitation parodique du Décalogue (les Commandements du violon), il publia des lettres et articles, souvent ironiques et polémiques, dans la Correspondance des Amateurs Musiciens et surtout dans Le Courrier des spectacles : dans ce journal, en fructidor an IX, ce Mozartophobe critiqua Les Mystères d’Isis et s'attira une vive réplique de Le Sueur.

© Michelle Garnier-Panafieu
"Woldemar",
The New-Grove Dictionary of Music and Musicians, 2d éd., vol. 27, 2001

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