Géologie et préhistoire

La préhistoire à Murol

             Les plus anciennes traces de la présence de l’homme dans le secteur du versant est du Sancy remontent au magdalénien final aux alentours de 12 000 ans (fouilles en 1937 de l’abri de Thônes-le-Vieux[1]), c’est la période du paléolithique.

            Un autre site du magdalénien dans la ville de Nescher (à 17 km de distance, en plaine) a été recouvert par la coulée de lave du volcan du Tartaret[2]  vers -8500 ans.

             Au néolithique[3] (vers - 5000 à -2000 av. J.-C), la région est fortement occupée comme témoignent les nombreux mégalithes, qui est une des plus riche du centre de la France (Aydat, Cournon, Champeix, Saint-Pierre-Colamine, Saint-Nectaire et Murol).

             Les dolmens (tables en breton) sont les restes de monuments funéraires qui étaient recouverts d’un tumulus dans lequel les morts étaient déposés.

             Les menhirs sont des pierres levées dont nous ne connaissons pas la fonction exacte.

             La commune de Murol possède un dolmen au pied du château et au moins un autre (aujourd’hui disparu) ainsi que des noms de lieux qui peuvent indiquer la présence d’anciens menhirs (pierrefiche, perrelevade, perelade, peyre lévade, etc.).

             Les tombes à coffre faites avec des pierres dressées sont des sépultures individuelles, les défunts sont déposés sur le côté, en position fœtale, avec quelquefois de petits objets. Un site pourrait avoir été repéré dans la montagne du Margelet.

             Des outils du néolithique ont été découverts à Murol :

            Les silex sont caractéristiques de cette période : des lamelles sont débitées d’un bloc de silex par pression, puis sont recoupées et affutées (par taille en retouche). Des silex ont été découverts au pied du volcan du Tartaret et dans la montagne, sur le site du Margelet.

            Des haches polies sont utilisées pour la déforestation, mais certaines d’entres-elles sont réalisées à partir de pierres rares et ne présentent pas de traces d’usure. On peut imaginer qu’elles soient des éléments de prestige ou de commerce.

            Des outils pouvaient aussi être réalisés à partir d’os, de corne ou de bois de cervidés.

             La céramique apparait au néolithique, les poteries sont modelées, cuites dans un feu de bois et sont quelquefois décorées de motifs géométriques (vases de type cardial ou rubané).

 

La protohistoire

            Les civilisations et les cultures de l’âge du bronze et du fer sont présentes sous la forme de tessons de céramiques trouvées dans le secteur de Murol.

            L’âge du bronze (-1800 à -700) est marqué par l’apparition de la métallurgie. Les céramiques trouvées à Saigne (commune du Vernet-Sainte-Marguerite) remontent au bronze final. Il s’agit d’urnes funéraires, recueillant les cendres des défunts.

            L’âge du fer (de -700 à la conquête romaine au Ie s av. J.-C.) est une période de changement avec l’apparition de nouvelles cultures (généralement appelées Celtes) Allstatt puis la Tène, c’est à dire les gaulois. Ces périodes sont marquées par une activité d’échange et de commerce, qui vont devenir de plus en plus importants avec la méditerranée dont Rome.

            Les céramiques découvertes sur le site de Saigne correspondent à des vases domestiques et funéraires, l’un d’entre eux contenait un fragment d’os humain calciné. Murol se trouve proche des grands sites de gaulois puis romain de la plaine, à savoir ceux de Gergovie et de Corent.



[1] Desrut Georges, Déret Émile, « Les Grottes et Abris préhistoriques de Thônes (Puy-de-Dôme) », Bulletin de la Société préhistorique de France, 1944, t. 41, n° 1-3. pp. 34-38.

[2] MIALLIER D., DAUGAS J.-P., SURMELY F., FAIN J., MONTRET M., PILLEYRE T., SANZELLE S., DE GOËR DE HERVE A., LIABEUF R., « Le gisement magdalénien de Neschers et sa situation par rapport à la coulée basaltique du Tartaret (Puy-de-Dôme) : état de la question », Bulletin de la Société préhistorique française, 1994, t 91, N. 2. pp. 119-122.

[3] Surmely, F, Guide des mégalithes secrets d’Auvergne, Cournon, 1995.

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