G5 Adaptation d'un territoire rurbain en Afrique

Participants

Encadrant

Nils Ferrand

Membres du groupe de travail

Camille Guieu
Diana-Gabriella Merino
Hazal Tutkan
Antoine Delbosc

Présentation générale

  • Situation géographique et climatique

Le Burkina-Faso est un pays d’Afrique Subsaharienne située à l’Ouest du continent. Il est limitrophe avec le Mali, le Niger, le Bénin, le Togo, le Ghana et la Côte d’Ivoire. C’est le 16ème pays le plus  pauvres du monde où le PIB du pays représente 11 milliards de dollars pour 18 millions d’habitants.

La ville d’Ouagadougou est la capitale et plus grande ville du Burkina qui comptait en 2012 1,6 millions d’habitants. Elle est située en plein milieu du Burkina-Faso et se constitue en capitale culturelle, administrative et économique du pays.

Loumbila est une commune rurale et un département du Burkina-Faso située à 20km au nord-est d’Ouagadougou, sur la N3, axe routier qui relie la capitale et Dori (autre chef-lieu du département voisin). Le département de Loumbila est situé dans la province d’Oubritenga dans le plateau central du Burkina-Faso. Il compte 28 000 habitants répartis dans 176,99km² découpés en 31 villages. Loumbila en est le chef-lieu avec ses 1696 habitants.

Concernant le climat, Loumbila se trouve dans une zone soudano-sahélien caractérisée par 2 saisons. La première est une saison sèche qui dure d’octobre à mai où les températures ossillent entre 21° et 45°C. De plus, entre les mois de novembre et février, souffle le harmattan, un vent très sec et frais. La seconde saison est pluvieuse, commence à l’arrivée de la mousson et s’étale généralement sur 4 mois entre juin et septembre.


  • Contexte politique

                Une loi du 21 décembre 2004 du le Code générale des collectivités territoriales au Burkina Faso a mis en place un processus de décentralisation dans tout le pays. Elle a pour objectif l'autonomisation des différentes communes à travers le transfert des pouvoirs décisionnels au niveau local. Elle vise à rendre chaque commune actrice et maîtresse de son propre développement. Ainsi, le pays a été divisé en treize régions et 302 communes dont 47 urbaines et deux communes à statut particulier que sont Ouagadougou et Bobo Dioulasso. C’est ainsi que Loumbila, parmi beaucoup d’autres communes fût considérée comme rurale. Cette communalisation intégrale responsabilise d’une part les autorités administratives et d’autre part les populations elles-mêmes : chacune des deux parties doit pouvoir œuvrer et coopérer pour permettre un épanouissement de la population et enclencher un processus de développement.

                La commune de Loumbila à la particularité d’être intégrée au projet qu’est le « Grand Ouaga », né en 2009 qui regroupe 7 communes à proximité de la capitale. Ce projet a pour but de dynamiser ces territoires périurbains en établissant et en menant une véritable stratégie de développement. Afin d’être organisé au mieux, l’outil principal de ce projet est le Schéma Directeur d’Aménagement du Grand Ouaga (SDAGO). Cet outil est en étroit lien avec les objectifs du millénaire pour le développement et les politiques sociales de l’Etat du Burkina-Faso. Ainsi, les objectifs communs résident premièrement dans un volet social, dans le but de permettre au plus grand nombre l’accès à un logement décent et aux services sociaux. Sur un plan économique, l’accent est mis sur le développement et la répartition des activités de production qui se doivent d’être optimaux sur tout le territoire. Puis, le SDAGO dans son volet environnemental souligne la nécessité de maintenir et préserver ses ressources naturelles et enfin, pour plus de coordination et d’application du SDAGO sur le territoire, il met en avant l’importance du développement d'infrastructures de tout type.

En découle de cette volonté nationale de développer la coordination Etat-Territoire et celle d’appliquer aux territoire la meilleure stratégie de développement possible, l’inauguration d’un complexe communal à Loumbila en juillet 2014. Composé d’une salle polyvalente d’une grande capacité, de nombreux bureaux, salle d’archives ou encore des toilettes externes et bacs à ordure, cet agencement est le résultat d’un réel besoin en matière d’infrastructures du territoire, en vue de la nette croissance démographique qu’il connaît depuis quelques années en raison de sa proximité avec la capitale burkinabè.

La particularité de Loumbila (comme ça peut l’être dans d’autres territoires dans d’autres mesures) est qu’il existe un pouvoir séculaire, représenté par le titre de Mogho Naaba, titre porté par le roi du royaume mossi d’Ouagadougou, autorité traditionnelle de la ville. Ce titre fait acte encore aujourd’hui d’un fort ancrage territorial et influence la population d’un point de vue politique, ce qui complique d’une certaine façon le développement de la ville et de sa périphérie.


  • Contexte économique

Agriculture : Loumbila est commune de grande production agricole, notamment maraîchère où des milliers de personnes tirent leurs revenus de cette activité. Deux réseaux d’activité sont à déplorer sur le territoire de Loumbila :

-          Une très grosse ferme expérimentale d’élevage de zébus. Elle  a été créée en 1990 par le gouvernement avec l’appui de l’Union Européenne. C’est une ferme expérimentale car elle utilise des techniques d’exploitation modernes afin de sélectionner et multiplier les zébus de la race locale « azawak ». Son but est donc à court terme de fournir aux éleveurs des bêtes robustes et qui produisent beaucoup de lait, grâce à l’insémination artificielle et une alimentation adaptée.

-          Une ferme de production de spiruline a été créée en 2003 par l’initiative des « Travailleuses missionnaires » au sein même de l’orphelinat Sainte-Thérèse. Implanté sur 450m², elle permet aux enfants de l’orphelinat de bénéficier d’un complément alimentaire. Les 500 kilos produits par an permettent aussi d’alimenter les quelques pharmacies d’Ouagadougou et autres magasins thérapeutiques, ce qui lui permet de fonctionner de façon autonome financièrement et techniquement.

 

Infrastructure : Le barrage de Loumbila a été construit  en 1963 pour favoriser la diversification des activités et permettre un niveau de vie plus élevé pour les ménages. Le barrage, situé à 280 mètres d’altitude et doté d’une capacité de 36 millions de m3, assure la quasi-totalité de l’alimentation en eau potable d’Ouagadougou. Celui-ci permet également en saison sèche, la pratique de la pêche, le maraîchage et l’alimentation du bétail. Les produits de ces pratiques sont vendus sur les marchés ruraux voisins et principalement sur ceux d’Ouagadougou.

 

Tourisme : Il existe aux abords du barrage un lieu nommé « Loumbila Beach », de 18 000 m² qui attire de nombreux touristes. Ce site propose des activités, des prestations de services, un espace restauration et des hébergements doté d’un confort rare.

 

Transport : Au niveau des transports, les voies routières de communication entre Loumbila et Ouagadougou sont très bien aménagées car Loumbila est un chef-lieu. Néanmoins, au sein du même département, l’état des routes est désastreux, les pistes sont très mal entretenues et souvent saisonnières. Ce mauvais réseau met donc en péril les échanges commerciaux qui sont déjà difficiles. 

Problématique : Comment assurer aux populations rurbaines un accès durable à leurs besoins face à des changements exogènes situés dans un contexte d’optimisation entre une sur urbanisation et une disparition/déclin des activités rurales ? 

Carte de référence


Source https://www.google.fr/maps/place/Loumbila,+Burkina+Faso/@12.5133999,-1.3853688,2920m/data=!3m1!1e3!4m5!3m4!1s0xe2ec60d0941cb77:0xe1b31b2452ee9d9f!8m2!3d12.5166667!4d-1.3833332

Nous avons pris contact avec une sociologue de Ouagadougou, afin qu'elle nous apporte plus d'informations sur la réalité du terrain pour mener au mieux notre projet. Néanmoins, pour l'aspect cartographique, il nous et lui est impossible de se procurer une carte plus représentative sans "autorisation officielle". La carte que nous vous proposons est une géolocalisation de Loumbila par l'intermédiaire de Google Earth, où les reliefs et contrastes naturels sont visibles.


Schéma spatial


Analyse des enjeux

Ci après quelques photos des personnes (Conseil Départemental de la Haute-Garonne) avec lesquelles nous avons échangé sur la situation de Loumbila afin qu'elles réfléchissent elles-aussi sur les enjeux de ce territoire.




Ainsi, comme la plupart des territoires rurbains en Afrique sub-saharienne, Loumbila apparait fortement impacté par une certaine inefficacité institutionnelle. Cette impuissance publique réside dans l’opposition entre le droit «moderne» prédominant dans les centres urbains et le droit «coutumier» qui continue de faire autorité dans les territoires ruraux. Le premier enjeu qui découle de ce constat réside donc dans l’atteinte d’une coopération entre ces deux pôles de pouvoirs afin que les politiques publiques soient menées de façon plus efficace au niveau local.  

La forte proximité de Loumbila avec la capitale burkinabè Ouagadougou, entraîne de nombreux changements exogènes pour notre territoire d’étude. En effet, le manque de terres cultivables en ville a poussé les agriculteurs à quitter ce territoire vers la périphérie (dont Loumbila). Mais encore, certains autres habitants quittent la ville en raison de la hausse du prix du foncier et/ou dans un souci d’amélioration de leur cadre de vie. Ainsi, cette forte croissance démographique exerce une pression extrême sur les ressources du territoire de Loumbila, ce qui provoque irrémédiablement des conflits internes et de nombreuses difficultés pour les pouvoirs publics pour répondre à cette augmentation brutale des besoins locaux. Ces ressources naturelles et donc limitées, constituent un enjeu primordial pour le territoire et sa population dans leur gestion, notamment en matière d’alimentation et d’électricité.

                L’exploitation des ressources en zones périurbaines répond à une logique de profit, en particulier en ce qui concerne les élites urbaines. C’est la raison pour laquelle une grosse partie des produits agricoles qui sont récoltés à Loumbila sont exportés dans la capitale. Cela constitue un véritable problème pour les habitants ainsi victimes d’insuffisances alimentaires. Ainsi, le fait pour ces populations de subvenir à leurs moyens et de faire preuve d’une autosuffisance alimentaire apparait comme l’un des enjeux principal du territoire. Le situation actuelle de Loumbila fait en revanche face à un problème sur lequel il est impossible de lutter directement, qui est celui de la sécheresse. En effet, cette dernière constitue un frein pour la gestion des ressources naturelles qui en sont pleinement impactées, et dans l’assurance d’une autosuffisance alimentaire certaine. Pour preuve, Loumbila a perdu 2/3 de ses terres depuis 50 ans à cause des conditions climatiques.

                Une exploitation irréfléchie ou une surexploitation de la terre conduisent à des conséquences graves telles que la pollution et la dégradation de l’environnement ou encore des déficits en eau importants ; et Loumbila est directement confrontée à ces problèmes environnementaux.  En effet, en raison de l’expansion démesurée et de la construction de nouvelles zones d’habitations; de l’utilisation du bois (qui est par ailleurs la première ressource  en énergie) pour le chauffage ; du besoin de nouvelles terres pour l’agriculture ; de la pollution et dans un même temps de l’épuisement de l’eau, la forêt et l’environnement global de Loumbila est fortement en déclin. De ce fait, la préservation  de l’environnement constitue elle-aussi un enjeu majeur pour la pérennité du territoire.

                L’un des autres problèmes de Loumbila concerne le secteur de la santé. Celui-ci est expliqué par la difficulté d’accès à l’eau, de la pollution de surface et de l’eau, de l’insuffisance alimentaire et de la mauvaise gestion des déchets. Ainsi, les maladies d’origine hydrique constituent la première cause de maladie à Loumbila. De plus, ce déficit sanitaire se traduit par un accès aux services de santé minimes sans la présence de dispensaires, ni des médecins sur Loumbila et les villages alentours. Enfin, il existe un fléau important qui est celui de la falsification des médicaments, qui résume d’une inaccessibilité quasi-totale aux médicaments. Ainsi, l’accès aux services de santé et la qualité de santé sont des enjeux très importants pour Loumbila.

                Concernant les services publics, les problèmes concernent principalement la distribution de l’électricité et de l’eau potable. L’accès durable à l’électricité et à l’eau potable pour l’ensemble de la population est un enjeu majeur du territoire. Parallèlement à cet enjeu, vient celui de l’assainissement de l’eau. De nets progrès ont été réalisés depuis 2012, avec l’instauration dans la commune de Loumbila et ses villages alentours d’un système d’alimentation en eau potable qui intègre le réseau de l’Office National de l’Eau et de l’Assainissement (ONEA). Ce système, financé à 95% par la Belgique, dessert les zones concernées et augmente la qualité de service d’eau notamment pour l’agriculture. Enfin, cela permet de meilleures conditions d’hygiène et d’assainissement ce qui va dans l’objectif final d’augmenter le taux d’accès à l’eau potable pour les populations locales.

                Loumbila étant le chef-lieu du département, les infrastructures de transports et les moyens de communication avec Ouagadougou ont été considérablement développés depuis 20 ans. En revanche,  ce n’est pas le cas pour ce qui est de la liaison entre Loumbila et les territoires voisins, où le manque d’infrastructures est certain. Ainsi, cela ne fait que maintenir des coûts de transport élevés en ce qui concerne les produits agricoles par exemple. L’enjeu suivant est donc le développement des transport et des moyens de communication pour éviter que les habitants ne soient obligés (comme c’est le cas aujourd’hui) de se déplacer en ville pour chercher leurs pitances quotidiennes, les produits agricoles, etc.

                L’avant dernier enjeu concerne l’éducation. Les politiques publiques n’étant pas suffisamment axées en matière d’éducation dans les villes, c’est d’autant plus le cas dans les zones rurbaines. Il en résulte ici une forme de «bricolage» institutionnel qui dynamise le développement des écoles privées. Cette situation risque d’accentuer les disparités entre les écoles du centre-ville destinées aux élites et les écoles nouvellement créées pour les habitants pauvres des couronnes périurbaines. Il est donc nécessaire d’améliorer les politiques d’éducations afin de faciliter l’accès aux savoirs pour les enfants des zones périurbaines.

                Enfin le dernier enjeu est celui de l’égalité homme-femme au niveau du travail et de la rémunération. La situation des femmes en Afrique est préoccupante et Loumbila n’échappe pas à la règle. La plupart des femmes ne travaillent pas et pour celles qui travaillent, elles sont principalement rattachées au secteur agricole et sont victimes de différences de rémunération avec les hommes. Enfin, elles subissent toujours un traitement discriminatoire dans la vie familiale et active.

Schéma fonctionnel Acteurs / Enjeux / Ressources



Ressources considérées - Modèle des acteurs - rôles - Modèle des actions

TABLEAU-ACTIONS.xlsx


Structure du modèle et du jeu

Le plateau est organisé en zones :

  • ·          Ville capitale (Ouagadougou)
  • ·          local et espace du commerçant,
  • ·         terrain de l’agriculteur,
  • ·          réserve d’eau et barrage,
  • ·         zone touristique proche de l’eau,
  • ·         forêts substituées par habitations,
  • ·         des routes qui joignent ces différentes zones. 
Ensuite, las acteurs sont en possession de cartes "actions" sur lesquelles sont écrites les différentes actions que peut entreprendre les acteurs. 
Ils sont également en possession de la grille de ressources des actions. 

Scénarios

Trois scénarios pourront intervenir dans ce jeu.

Le premier est un scenario dit « normal » dans lequel le niveau de précipitations sur le territoire de Loumbila est dans la moyenne des précipitations générale depuis 20ans.

Un deuxième scénario est un scénario dit de sécheresse. Les températures sont extrêmement élevées et il ne pleut pas du tout pendant l’année. Cela entraînera donc beaucoup de problèmes, car un des enjeux de ce territoire est l’accès à l’eau, et l’assainissement de l’eau.

Un troisième scenario est un scénario de pluie abondante. La saison des pluies est généreuse, toute l’eau accumulée dans le barrage permet le maraîchage mais attention à la pollution due aux pesticides, qui ruisselle dans les sous-sols et les réserves d’eau.

Calibration

Quatre acteurs, et donc quatre joueurs, participent au jeu. Chaque acteur se voit attribuer des ressources comme suit :

 

Ressource Humaine

Argent

Energie

Terre

Etat

10

10

10

10

ONG

10

8

1

0

Agriculteur

1

3

2

4

Commerçant

1

5

2

2

 

L’eau est bien évidemment une ressource essentielle à la mise en œuvre des actions des acteurs, néanmoins nous avons décidé de ne pas l’attribuer aux acteurs. Effectivement, c’est à ces derniers de prendre en compte le niveau d’eau total qui est puisable lorsqu’ils réaliseront leurs actions. Ainsi une coopération dans la gestion de cette ressource rare est importante.

Le stock d’eau est donc au milieu du plateau de jeu. Il est de 8 billes (rouges car l’eau est polluée) dans le scenario de pluie abondante, de 6 billes (rouges et bleues) dans le scenario « normal » et de 4 billes (rouges et bleues) dans le scenario dit de sécheresse.

 

LEGENDE DES RESSOURCES (permet aux acteurs de savoir à quoi correspondent les billes qu'ils utilisent pendant le jeu)

Règles spécifiques du jeu

Il y a quatre acteurs et, comme précisé dans la calibration, les ressources sont allouées à chaque acteur. De plus, l’Autorité Traditionnelle est présente dans ce jeu, mais n’apparaît pas comme un acteur. Un tirage de dés modélise son intervention. A chaque fois qu’un acteur choisira de faire une action, il devra tirer le dès. Si le résultat de ce dernier est pair, l’Autorité Traditionnelle donne son accord pour la réalisation de l’action. Si le résultat du dès est impair, l’Autorité Traditionnelle est contre la réalisation de l’action et l’acteur, s’il désire négocier avec l’AT pour que celle-ci accepte, devra rajouter 1E de plus au prix initial de l’action.

Chaque joueur choisit donc l’acteur qu’il voudra représenter pendant le jeu. Une fois les rôles attribués, c’est à l’acteur Etat de commencer. Il choisit de réaliser une des  actions qui est en sa possession, et pour cela doit donner les ressources que nécessitent cette action, et qui sont inscrites dans sa grille actions/ressources.

Après avoir joué son action, le joueur récupère les outputs. S’il s’agit d’une action marchande, il reçoit de l’argent en retour (la somme est indiquée sur la carte action), s’il s’agit d’une action non marchande il reçoit des petits pions signalant le bien-être. De plus, si la carte action qu’il entreprend indique que l’action dégrade l’environnement, le joueur devra mettre au centre de la table le nombre de billes polluantes qui s’y réfère. Cela affecte donc tous les joueurs !

 (Attention, l’eau utilisée pour la réalisation des actions doit être utilisée en toute conscience par les joueurs car c’est une ressource rare.)

Les quatre acteurs réalisent à tour de rôle une action, en ayant l’accord de l’Autorité Traditionnelle comme vu précédemment.

A la fin d’un tour, les joueurs doivent compter le nombre de billes polluantes au centre du plateau. S’il y a entre 1 et 5 billes les acteurs doivent payer 1, s’il y a entre 6 et 10 billes les acteurs doivent payer 2 et s’il y a entre 11 et 15 billes les acteurs doivent payer 3, et ceci même si leurs actions n’ont pas pollué ! Cela permet aux acteurs de coopérer encore plus.

Si un acteur a besoin de ressources qu’il n’a pas, ou que simplement il veut entreprendre une action collective, des partenariats entre  acteurs sont possibles. Pour ce faire, l’acteur qui détient l’initiative d’un partenariat doit convaincre oralement son possible partenaire de l’associer à l’action. Si ce dernier accepte, il devra apporter la moitié des ressources nécessaires à la bonne réalisation de l’action. Ainsi, les bénéfices et/ou les pertes dues à la réalisation seront divisés entre les deux partenaires.

Une partie est composée de quatre tours, donc au maximum de 16 actions, car il est possible qu'un acteur ne joue pas. 

La réussite du jeu est une réussite commune. A la fin de la partie il doit rester de l'eau dans le barrage ainsi que des ressources à l'acteur. Ceci montre que les acteurs, en coopérant et discutant, peuvent réaliser des actions qui bénéficient à tout le monde et peuvent gérer des ressources rares et essentielles telle que l'eau par exemple. 

CARTES ACTIONS, RESSOURCES, AUTORITE TRADITIONNELLE, ET PLATEAU DE JEU



PLATEAU DE JEU 

Résultats du test

Le jeu a dans l'ensemble bien fonctionné. Les joueurs ont compris les règles facilement, et ont pu faire plusieurs tours. 
Néanmoins, les actions que nous avons affecté aux acteurs étaient peut-être un peu ambitieuses au niveau des ressources qu'elles nécessitaient. 
En effet, la calibration nous a été difficile, surtout au niveau de l'Etat car les actions qu'il peut mettre en oeuvre sont très chères, et le budget dont il dispose est rapidement réduit. De plus, il faut également faire attention à la ressource "eau" qui est rare et qu'il faut utiliser à bon escient. 

Plus nous avons travaillé sur ce territoire, ses enjeux, ses acteurs, et ses ressources plus il nous est apparu intéressant mais complexe. Ainsi, nous pensons que le jeu que nous avons conçu pourrait très bien fonctionné avec une autre allocation des ressources. 

Les personnes qui ont joué à ce jeu l'ont trouvé intéressant et réaliste. De plus, à l'issue de la partie, ils nous ont posé des questions auxquelles nous avons réfléchi par la suite, et cela nous a permis d'améliorer le jeu.

Actions stratégiques complémentaires

Les actions stratégiques complémentaires sont des actions orientées vers le social et des actions orientées vers l'économie, même si ces deux stratégies sont complémentaires. 

Les actions sociales sont des actions comme la création d'un espace de cinéma dans lequel le commerçant pourrait projeter des documentaires, la télévision, ou des films et qui serait ouvert à toute la population. Nous avons également pensé à des ateliers-débats sur des sujets divers et variés, ou bien des réunions entre acteurs pour une meilleure coopération.

Les actions que nous pensons plus économiques sont des actions telles que de l'agrotourisme qui amènera une certaine prospérité économique à l'agriculteur, ou bien une stratégie de communication pour montrer les atouts de Loumbila, ou bien encore la création d'une petite manufacture proche de Loumbila, ce qui favoriserait  la création d'emplois. De plus, des bénévoles (issus d'ONG ou de la ville) pourraient venir apporter des conseils au commerçant et à l'agriculteur pour maximiser leurs ventes ou l'utilisation de leurs produits.

Proposition de stratégie COOPLAN (ES)

COPLAN LOUMBILA.xlsx


Testabilité COOPLAN dans le modèle / Jeu

On a identifié deux types de stratégies pour améliorer la situation de Loumbila en Afrique : une stratégie sociale et une stratégie économique à différentes échelles d’intervention : spatiale (locale, régionale, nationale), et temporelle (court terme et long terme).

On essaye de mettre en œuvre plusieurs catégories d’activités en prenant toujours en compte le type et la quantité des ressources disponibles (ressources humaines, eau, argent, terre, énergie) pour que la réalisation de ces activités soit possible dans de bonnes conditions.

Concernant la stratégie sociale nous avons fait le test et avons obtenu des résultats satisfaisants pour la réalisation de ces activités. Par exemple, nous avons observé des chiffres très faibles d’utilisation de certaines ressources. En ce qui concerne l’utilisation de l’eau, qui constitue un très bon indice car l’eau dans la ville étudiée (Lombila) est une ressource rare, celle-ci est à la fois rare et difficile d’accès. Ainsi que Madame la géographe nous l’a expliqué. En revanche, l’utilisation la plus importante concerne les ressources humaines. Les habitants de Loumbila sont largement concernés par la création et la mise en œuvre de ces activités mais aussi les bénévoles que les ONG peuvent fournir.

En ce qui concerne la stratégie économique,nous avons aussi envisagé différentes activités. Par exemple, l’agro tourisme et la vente de produits agricoles (notamment bio) qui peuvent se faire au niveau individuel sur le court terme ; le dépistage de maladies ou encore l’effort de communication sur l’image de la ville pourraient attirer des gens à Loumbila. Cette stratégie peut être élaborée au niveau régional sur le court comme sur le long terme.

Dans cette stratégie économique, nous avons obtenu des chiffres élevés de consommation d’argent et de ressources humaines. Le chiffre est faible en ce qui concerne l’utilisation de l’eau et de l’énergie. Dans ces deux cas, il faut faire attention car pour la réalisation de certaines de nos activités économiques, l’eau est une ressource indispensable et malheureusement épuisable.        

Stratégie participative PRE-PAR

PLAN DE participation.doc


Bilan

1- Sur le plan personnel, cette expérience de modélisation nous a permis de nous rendre mieux compte des enjeux sur un territoire rurbain d'Afrique Subsaharienne comme l'est Loumbila. Nous nous sommes rendu compte qu'il était primordial dans un tel territoire que les acteurs coopèrent pour accéder à des besoins qui sont de première nécessité.

2- Ainsi, le jeu  nous a permis de conceptualiser la situation, et les joueurs ont très vite compris quels étaient les enjeux de Loumbila. Les joueurs ont trouvé la calibration des ressources pertinente, ainsi que la rareté de la ressource "eau" étant donné le contexte. De plus, l'intégration des trois scénarios "année de sécheresse", "année normale" et "saison des pluies" ont été une plus-value pour nos joueurs, qui ont pu et su adapter leurs actions en fonction de l'année.

3- Le jeu à en règle générale bien fonctionné, mis à part que nous sommes arrivés au tour 3 (parfois 4) avec un manque de ressources, notamment en argent et en eau.

Pour finir, nous pouvons dire que nos activités ont été trop énergivores et on aurait pu tabler sur des activités plus simples, afin que le jeu dure plus longtemps.

Pour conclure, ce jeu nous a permis de comprendre comment poser tous les éléments d'un territoire ou d'une situation, à prime abord inconnue, et de nous rapprocher le plus possible d'une certaine réalité. Ainsi, nous pourrons à l'avenir ré-itérer l'expérience dans nos futurs projets.

Documents supports (types)

- carte générale
- usages du sol
- hydrographie
- données hydro / pluvio
- distrib de populations
- activités économiques
- productivité des activités agricoles
- données tourisme quand c'est le cas
- données conso urbaine (type SONEDE) si dispo
- tous rapports sur le cas
- des photos éventuellement
Comments