M2 Durance

Participants

Encadrant

Noël Piton
Marie Estienne

Membres du groupe de travail

  • Loïc PLANTIER
  • Denise CACERES
  • Efrain ALAS MORAN

Cartes de jeu disponibles ici.

                                                                    Photos disponibles ici.

Présentation générale

        La Durance prend sa source au col de Montgenèvre et se rejette dans le Rhône, 305 km en aval. Son bassin versant représente une surface d’environ 14 280 km², soit la moitié de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), et s’étend sur les six  départements de la région ainsi que sur une petite partie du département de la Drôme.


        C’est un cours d'eau alpin en pays méditerranéen (la plus grande rivière provençale), caractérisée par un système en tresse et un chariage très important. Dans ce contexte, ses débits au printemps et en début d’été, alimentés entre autres par la fonte de la neige en amont du bassin, compensent depuis longtemps le manque (ou carence) de cette ressource en eau dans des territoires déficitaires pendant cette période de l’année. En effet, la Durance constitue aujourd’hui la principale ressource en eau de la région pour satisfaire les besoins des secteurs primaires, secondaires et tertiaires (agriculture, industries, prélèvements domestiques). Le paysage “durancien” est ainsi façonné par de nombreux ouvrages hydrauliques (barrages, canaux, filioles, etc.) assurant ainsi les prélèvements et le transport de la ressource en eau pour son utilisation à l’échelle régionale.


        Aujourd’hui, il existe différentes méthodes pour représenter le fonctionnement d’un bassin versant en terme de gestion de l’eau. Un outil relativement récent est “What-A-Game” (WAG). Sa méthodologie est basée sur des simulations participatives de la gestion de l’eau à l’échelle d’un bassin, par le moyen de jeux de rôles, dans lesquelles les différents acteurs de la gestion de l’eau sont représentés. Les participants peuvent décider entre différentes actions ou stratégies pour eux-mêmes et la communauté, avec des conséquences sur leur économie, leur satisfaction, les syndicats et -bien sûr- les écosystèmes et la ressource en eau, d'un point de vue quantitatif mais aussi qualitatif.  

        Dans le cadre de cette étude, on peut se poser les questions suivantes: comment peut-on se servir de cet outil pour réaliser une représentation simplifiée mais cohérente du bassin versant de la Durance, axée sur les usages de la ressource en eau ? Comment peut-on, à travers son utilisation, formuler des propositions pour améliorer la gestion et le partage de l'eau entre les différents usagers ?

        Cette étude consiste en la mise en œuvre de la méthodologie de l’outil WAG à l’échelle du bassin versant de la Durance, afin d’identifier des possibles actions à mettre en œuvre pour améliorer la gestion de l’eau à court terme et à long terme, et de les tester par le moyen du jeu, selon différents scénarios de disponibilité de la ressource.


            Autres éléments expliquant la problématique quantitative et l'importance du système hydroélectrique Durance-Verdon :

        La Durance possède une dizaine d'affluents de type méditerranéen, qui sont souvent "à sec" (déficitaires dans le SDAGE RMC en cours). Le débit n'est pas contrôlé sur certains, et notamment sur des tronçons non-sécurisés (0% sur la Bléone, 30% sur le Buech).

        La première contrainte est le changement climatique. Les sécheresses importantes de 1982/1989/1991 puis 2003/2007 ont entraîné des restrictions sur les affluents non-sécurisés et la mise en place de moyens exceptionnels sur la Durance. On estime que d'ici 20 à 30 ans, la Durance ne serait plus sécurisée (or, le canal EDF a été construit afin de sécuriser la ressource car les châteaux gravitaires construits auparavant près du cours d'eau étaient abimés par les crues). D'ailleurs, quand cette dernière ne suffisait plus, il était fréquent de prélever de l'eau d'affluents non sécurisés. Bien que le SMAVD met l'amélioration du partage de la ressource en eau au cœur de ses missions, cet axe de développement doit encore être amélioré. De plus, dans la réalité, un syndicat ne peut pas gérer seul et de manière efficace la gestion de l'eau sur un bassin si complexe.

        Au niveau des affluents, les pressions croissantes par l'agriculture et l'AEP posent la question de quelles solutions, sur quels affluents et pour quels besoins. Ces pressions sont sources de crispation des particuliers, et de conflits d'intérêts. De plus, pour les petits acteurs, l'agriculture reste le domaine prélevant la plus grande quantité d'eau, pour autant ce n'est pas celui qui rapporte plus de bénéfices!

        De nombreuses d'AOC et d'AOP demandent toujours plus d'alimentation en eau d'irrigation; dans le même temps, la population globale augmente, ce qui tend à accroître les besoins agricoles, mais le besoin de laisser de l'eau dans le système naturel augmente également d'où un risque de désamorçage du système de plus en plus fort.

        Sur l'ensemble du bassin, nos encadrants nous ont affirmé que les prélèvements annuels étaient supérieurs à 1,2 milliards de mètres cubes d'eau pour l'ensemble des activités anthropiques, notamment en Basse-Durance avec la présence de canaux imposants.

        L'intérêt d'un système gravitaire d'un point de vue urbain est l'alimentation aisée de grandes villes, or le gravitaire est très développé sur notre bassin.

        On dénombrait sur le bassin une cinquantaine de canaux d'irrigation gravitaire auparavant, on en trouve aujourd'hui 20 majoritaires, pouvant prélever le double de la rivière Durance (en additionnant le total de tous ces canaux). Les pertes en eau pourraient être reprises par évaporation ou réalimenter la nappe; cependant, un recyclage avec la "reproduction" des eaux et la nappe de la Durance lors de la saison d'été permet de réalimenter le système.

        Un problème majeur sur notre bassin est le non-respect du débit réservé : depuis 2014, EDF se voit obliger d'augmenter son débit réservé afin de répondre aux exigences et aux normes réglementaires. Aux environs de Digne-les-Bains, les très nombreux points de prélèvements (415?) font passer les eaux sous le seuil de débit réservé. La commune d'environ 16 000 habitants entraîne une consommation en eau massive (40 m3/an/hab à minima). Les 900 jardins arrosés autour de la commune posent la notion d'un usage social non négligeable. Par ailleurs, les ASA (associations syndicales autorisées), forces d'établissements publics, sont très répandues et très puissantes en termes d'autorisation de prélèvements (faisant l'objet d'un statut d'utilité publique). Compte-tenu des conditions climatiques, il devrait être exigé d'informer au mieux ces ASA des stocks neigeux et de la baisse réglementaire des débits de prélèvements pour faciliter un peu plus la gestion de l'eau à l'échelle du bassin versant.




Carte de référence


Bassin Versant de la Durance (source : SMAVD)
                                                                        Source : Site internet du SMAVD.

Schéma spatial
        Voici présenté ci-dessous le schéma spatial du bassin versant de la Durance, jugé le plus pertinent pour l'interaction entre les différents acteurs, les scénarios choisis, la jouabilité de WAG et la facilité d'utilisation. 

        Note : Goutte(s) bleue(s) = débit réservé fixé après calibration (au moins une unité en aval proche du Barrage de Serre-Poncon, une demi/unité dans le Verdon et au moins 3 unités WAG en aval, au niveau de sa confluence avec le Rhône).

Nb : Goutte rose # qualité de l'eau !!! Dans notre jeu, une goutte rose = une demie-goutte bleue (pour représenter plus aisément les écarts réels de prélèvement entre chaque secteur "consommateur" d'eau).

cf photos du jeu.

Analyse des enjeux

        La gestion des ressources en eau du bassin versant de la Durance répond aujourd’hui à une importante diversité d’usages, incorporés dans divers enjeux. Ainsi, différents enjeux font l’objet du partage des eaux du bassin. Le rapport de la mission Balland de 1994 a fournit des éléments essentiels aux volumes prélevables sur la Durance, en tenant compte d'usages émergents tels que le tourisme, et de la réglementation naturelle (zone Natura 2000). Il met en avant les risques de désamorçage du système. Bien que les précipitations aient peu évoluées au cours du temps, on constate une décroissance des cumuls neigeux et donc de la fonte des neiges en dépit d'une augmentation de plus de 10% des besoins en eau sur les dernières décennies.


        Les eaux du bassin de la Durance font l'objet d'importants transferts à l'échelle de la région PACA, afin de satisfaire des besoins en alimentation des villes en eau potable (exemple du canal de Marseille et de Provence, ce dernier connecté directement aux eaux du Verdon), en agriculture irriguée et le maintien d’activités à caractère industriel et touristique.


        Si l’on considère maintenant les usages internes au bassin, les principaux enjeux de la ressource en eau sont l’agriculture irriguée, l’alimentation des villes en eau potable et surtout la production d’hydroélectricité : en ce qui concerne ce dernier enjeu, la production d'hydroélectricité est sous la conduite du groupe EDF. La Durance ayant un grand potentiel hydro-énergétique, on estimait en 2002 que la production d’énergie qui en ressortait était équivalente à 20% de la consommation énergétique régionale. Plus récemment, et d'après les chiffres du syndicat d'aménagement du lac de Serre-Ponçon, la chaîne hydroélectrique Durance - Verdon affiche un potentiel de production de 7 milliards de kWh, correspondant à 10% de la production hydraulique française, 40 à 60% de la production d'électricité de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et 15 à 20% de la consommation de la région Provence-Alpes Côte d'Azur (production indispensable pour la région qui consomme aujourd'hui deux fois plus d'électricité qu'elle n'en produit).


        Les systèmes irriguées sont répartis principalement dans les territoires de la Moyenne et de la Basse-Durance, ainsi que sur les territoires riverains des affluents. En termes de répartition des habitants du bassin, il existe, de façon très simplifiée, des agglomérations moyennement importantes à l'échelle française telles que Gap, Avignon et Briançon (affluence touristique saisonnière considérable), ainsi que des concentrations urbaines moins densément peuplées et moins remarquables, telles que Serre-Ponçon, Saint Lazare et Cadarache (voir carte de référence n°2).  

     

        Il existe également des enjeux à caractère industriel ou touristique au sein du bassin. Les canaux de prélèvement des eaux comme ceux de la CED, à destination de Marseille, ou de l'Etang de Berre desservent des dizaines de milliers d'entreprises. Le tourisme consiste essentiellement au développement d’activités nautiques en amont du bassin, qui bénéficient surtout de la création des plans d’eau résultants de la construction des barrages de Serre-Ponçon (sur la Durance), retenue initialement à usage agricole unique, et celui sur le lac de Sainte-Croix-du-Verdon (sur le Verdon), moins important néanmoins. Au niveau de Serre-Ponçon, l'activité touristique représente 50% de l'économie des Alpes.


        Des enjeux plus récents, axés sur la protection des biens naturels, matériels et humains, sont aussi à noter. Ils touchent les domaines de la gestion des risques hydrologiques, fortement axées sur le risque inondation, la protection du patrimoine naturel, l'entretien des cours d'eau et la gestion des différents usages, selon certaines limites. Actuellement, le Syndicat Mixte d’Aménagement de la Vallée de la Durance (SMAVD) a la quasi-entière responsabilité des ces derniers enjeux, à travers le développement d’actions qui seront détaillées par la suite.


        Le partage des ressources en eau du bassin de la Durance répond donc à des enjeux de portée régionale, régis par un certain nombre d’acteurs, présentés ci-dessous.


        

Analyse sociale et politique - Acteurs

        Le bassin versant de la Durance est un système ouvert dans la mesure où les usages de l'eau ne concernent pas uniquement des acteurs internes (agriculteurs, villes, etc.), mais également des acteurs externes (90% de l'eau de la Durance finit par sortir du bassin) qui sont à l'origine d'importants transferts d'eau en dehors du bassin.

        Dans le cadre de cette étude, cette dimension de système ouvert a été prise en compte. Deux catégories d'acteurs ont ainsi été définies ; ceux qui opèrent des transferts d'eau internes au bassin et ceux dont les transferts d'eau sont externes à ce dernier. Cela dit, un certain nombre d'acteurs a été identifié dans chacune des deux catégories.

        En ce qui concerne la première catégorie mentionnée ci-dessus, on peut distinguer cinq acteurs : les agriculteurs des terres irriguées du bassin, les usagers du réseau d'eau potable des villes présentes sur le bassin, les acteurs en lien avec les activités touristiques développées sur la Durance et certains de ses affluents (en particulier le Verdon), le Syndicat Mixte d'Aménagement de la Vallée de la Durance (SMAVD) et enfin le groupe EDF.

        De façon simplifiée, les agriculteurs qui développent leurs cultures en système irrigué sont localisés sur des territoires proches des affluents, ainsi que sur une partie des terres de la Moyenne-Durance.

        Les usagers du réseau d'eau potable sont répartis dans les collectivités présentes en Haute, Moyenne et Masse-Durance, ainsi que dans les collectivités riveraines des affluents de la Durance (Gap, Digne, etc.).

        Le secteur touristique du bassin est développé majoritairement en amont du système, avec des activités de loisirs et notamment celles à caractère nautique (mais également les activités culturelles, patrimoniales et historiques et sportives).

        Le SMAVD, quant à lui, fut créé en 1976, et regroupe, entre autres, 78 communes et communautés de communes riveraines de la Durance entre Serre-Ponçon et le Rhône. Depuis 1982, il détient le titre de Concessionnaire de la gestion du domaine public fluvial de la Durance, ce qui lui permet d'intervenir en matière de gestion des crues, amélioration de la sécurité, gestion du transport solide, préservation et gestion du patrimoine naturel ainsi que gestion des différents usages.

        EDF constitue un des groupes leaders en énergie, en terme de production d'électricité, en France. Il fut créé en 1946 en tant qu’Établissement Public à caractère Industriel et Commercial (EPIC), suite à l'instauration de la loi de nationalisation des 1450 entreprises françaises de production, transport et distribution d'électricité et de gaz. A l'échelle du bassin d'étude, cette société profite du potentiel hydro-énergétique de la Durance à travers un canal qui prend son eau dans le barrage de Serre-Ponçon, et qui est turbinée afin de produire de l'hydroélectricité. Il faut noter l'importance de la part de l'énergie produite à l'échelle de la région ; comme cité plus haut et selon l'état des lieux du bassin délivrée en 2002, une production de 6500 GWh par an était estimée, ce qui correspondrait à plus de 20 % de la consommation énergétique régionale à l'époque.

        Le long de ce canal EDF, ce sont en fait 15 centrales hydroélectriques qui turbinent successivement l’eau pour la transformer en électricité. Outre la production d’électricité, il achemine l’eau sur le territoire, pour les besoins en eau potable (plus de 1,5 millions de  clients), industrielle et agricole (irrigation de 150 000 hectares de terre à minima).

         Au sein de la catégorie restante (transfert d'eau inter-bassins), deux acteurs principaux peuvent être discernés : la Société du Canal de Provence (SCP) et la Commission Exécutive de la Durance (CED).

        La CED fut créée par la Loi du 11 juillet 1907, sous la IIIème République, en tant que commission souveraine chargée de remédier aux conflits inhérents aux pénuries d'eau récurrentes sur la Durance. C'est un organisme régalien local chargé par la loi d'exercer l'administration publique de toutes les prises d'eau de la Basse-Durance, existantes ou à l'état de projet. C'est à la CED que revient la prise de décision des mesures à prendre en situation de pénurie, pour satisfaire au mieux les besoins en eau d'un point de vue réglementaire. Elle est par ailleurs chargée de prévenir tout détournement illicite des eaux dans la zone réglementée et sécurisée. De nos jours, elle gère la répartition des eaux de la Basse-Durance, à l'aval du pont de Mirabeau, entre les quatorze prises historiques concédées sur les départements du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône. Une très grande part de l'agriculture irriguée au sein de ces départements est ainsi assurée. Une autre rôle de la CED est la vérification du non-épuisement de la réserve de 200 millions de m3 théoriquement disponibles chaque année à être régulés dans ses canaux.

        La SCP fut constituée officiellement en 1957, sous le statut de Société d'Aménagement Régional (SAR). En 1963, elle devient attributaire des droits d'eau du Verdon et fut chargée par concession d’État de la réalisation et la gestion du Canal de Provence et des autres ouvrages nécessaires à l'alimentation en eau de la Provence orientale et côtière. Aujourd'hui, elle n'est plus concessionnaire de l’État mais de la région PACA, qui lui confère les droits et responsabilités de la construction, l'exploitation et l'entretien de l'ensemble des ouvrages du Canal de Provence. Ses actions permettent d'assurer, en grande partie, l'irrigation et l'alimentation en eau pour les usages domestiques, agricoles et industriels des territoires concernés (Bouches-du-Rhône, Var...). Le canal SCP permet donc l'irrigation de 80 000 hectares, l'alimentation de grandes villes et la prépondérance du secteur secondaire.

        Si l'on considère maintenant le poids des acteurs les uns par rapport aux autres, on peut, encore une fois, définir deux grandes catégories:

  •        La première concerne les trois principaux acteurs du bassin : EDF, la SCP et la CED. Ces derniers, du fait de leur droit d'eau historique et des intérêts à l'échelle régionale de leurs activités, représentent les volumes d'eau prélevés les plus considérables au sein du système.
  •         Dans la deuxième catégorie, on voit apparaître les agriculteurs, les usagers du réseau d'eau potable et le secteur du tourisme qui, eux, représentent des prélèvements d'eau beaucoup moins importants. Ils rassemblent les usagers à l'échelle, plus locale, du bassin d'étude et, de façon générale, leurs activités ne s'inscrivent pas dans l'intérêt régional.

Schéma fonctionnel Acteurs / Enjeux / Ressources


Ressources considérées

        Deux ressources ont été considérées pour la suite du projet : l'eau propre et l'argent.
        Nous précisons bien "eau propre" car, contrairement aux autres groupes, nous avons fait le choix de ne pas utiliser la ressource "qualité" (pollution) car, à long terme, les principaux problèmes concerneront avant tout les volumes prélevables sur le bassin versant de la Durance.

Modèle des acteurs - rôles

ou au format PDF ici.

Note: ne pas prendre en compte les réponses enregistrées dans le tableau "WAG Acteurs-analyse (réponses)" (tableau partagé avec les résultats de tous les projets) : erreurs de saisie dans la feuille de calcul depuis qu'il a été complété pendant la semaine réservée à la GIRE.
--> Pour le groupe M2 Durance, seules certaines actions ont été listées et font partie uniquement des "innovations" et non pas des activités actuelles. Cette partie a pour seul but de présenter un "modèle" dans lequel les acteurs et actions ont été mis en relation afin d'attribuer l'ordre de grandeur des bénéfices et investissements ainsi que sur l'impact de la ressource considérée.

Modèle des actions

Cartes disponibles ici.

    Nous avons fait en sorte d'arriver à terme à un système "gagant-gagnant" (sur le long terme), c'est-à-dire que les acteurs puissent être prêts à investir dans de nouvelles techniques, bien que celles-ci ne soient pas forcément rentables dès le court terme.

    Avant de détailler chaque action, voici quelques éléments qui permettront de faciliter la compréhension des cartes :

  • Chacun des 7 acteurs peut posséder plusieurs actions, mais chaque action est propre à un acteur (hormis l'extension du canal SCP prévue dans les innovations),
  • Pour chaque carte, en noir gras et souligné, on trouve le nom de l'acteur ayant la responsabilité de l'action proposée,
  • Le titre de l'action figure en encadré bleu (action actuelle) ou orange (action proposée à l'avenir),
  • Les gouttes d'eau à gauche de la flèche rouge représentent les prélèvements de l'action visée en l'état actuel, et les unités monétaires à gauche de la flèche bleue la quantité de WAG que l'acteur doit investir pour que l'action se maintienne pour le tour de jeu en question,
  • Les gouttes d'eau à droite de la flèche rouge représentent la part de l'eau "relâchée" dans le système (rendue au cours d'eau), avec l'hypothèse que cette eau est toujours de bonne qualité (malgré certains rejets pouvant impacter la qualité de l'eau). Les unités monétaires à droite de la flèche bleue représentent les bénéfices tirés si l'action a été réalisée pendant le jeu. Aucun bénéfice n'est tiré si l'argent n'est investi ou si les résultats finaux du tour montrent un échec d'un point de vue quantitatif.
  • La présence d'une flèche verte en haut à droite de la carte indique que l'action actuelle considérée se substituera à une action de type amélioration proposée dans les innovations (flèche violette), exemple : dans le document PDF (voir sous Modèle des actions" ci-dessus), la cinquième carte concerne les prélèvements actuels de la CED par les canaux, et notamment celui de Marseille --> présence d'une flèche verte en haut à droite. En "achetant" la 8ème action (Régulation des canaux par la CED, dans l'ordre de publication des cartes sur le PDF), avec cette fois une flèche violette, cela signifie que l'action actuelle ne fonctionne plus et que la carte pour laquelle le joueur poursuivra le jeu est celle avec le cadre orange (amélioration), qui tient compte des paramètres de l'ancienne carte jouée (avec la flèche verte).


Description des actions (vert = actuel; orange = innovation) :


Villes - Réseaux AEP dans le bassin versant - Apports d'eau actuels depuis la Durance :

        Cette action s’applique à l’ensemble des gestionnaires des villes qui puisent leur eau (ou une partie de leur eau) dans la Durance, ou plus précisément dans le canal Durance-Verdon (canal usinier de EDF). Le développement de l'urbanisme (expansion démographique des collectivités) pose le problème de la suffisance des réseaux de distribution d'eau potable.

HYPOTHÈSE SIMPLIFICATRICE : on estime, d’une part, que les investissements faits pour acheminer l’eau sont couverts par les bénéfices engrangés (carte incluant donc les paramètres tels que taxes sur l’eau, factures d’eau…). Une partie de l’eau est rejetée dans le cours d’eau, notamment celle utilisée pour l’arrosage des espaces verts ou les décorations urbaines. La qualité de l’eau étant satisfaisante sur ce bassin versant, et en accord avec nos encadrants, la qualité de l’eau ne sera pas prise en compte, on considère donc une eau « propre » en sortie (on ne base que sur l’aspect quantitatif); en effet, la multiplicité des acteurs et les écarts trop importants en prélèvements d'eau de ces derniers sur le bassin ne nous a pas permis de se focaliser sur l’aspect qualitatif (installations de STEP, indices de pollution…). Le schéma de jeu aurait en outre perdu en crédibilité et en pertinence.


Villes - Amélioration de l’ensemble des réseaux d’eau potable sur le bassin versant :

        Une méthode d’amélioration des modes d’irrigation étant déjà proposée, cette action se réfère surtout aux gestionnaires des réseaux urbains. Cependant, elle reste limitée puisque le gain en eau par rapport aux modules naturels de la Durance serait peu représentatif, alors que les travaux de rénovation sont souvent coûteux. Par ailleurs, cette action ne semble pas prioritaire, même si elle peut s’appliquer à court terme, puisque l’on recense peu de pertes en eau (moins de 20% de pertes dans les réseaux AEP -25% tout au plus- alors que certaines villes de France dépasse les 70%) sur ce territoire.


Agriculteurs - Irrigation gravitaire : irrigation de surface, s’appliquant sur l’ensemble du bassin. Cette technique, la plus ancienne en agriculture, utilise un canal à ciel ouvert pour apporter de l'eau par gravité (grâce à la pente naturelle) à des canaux de plus en plus petits, jusqu’au bord et à l’intérieur des parcelles cultivées.

Bien que cette technique soit de loin la plus utilisée, elle devra être remplacée, à terme, par d’autres méthodes moins consommatrices en eau. En effet, l’irrigation gravitaire utilise énormément d'eau pour pouvoir la répartir sans énergie sur les parcelles, avec un débit d’attaque de 1 à 2 l/s/ha et nécessite une organisation collective au « tour d’eau » sur les zones « dominées » par les rivières et canaux, ainsi qu’un « droit d’eau » important à la prise de tente du canal collectif., De plus, une grande partie se perd par évaporation dans les canaux (80 à 90% de l'eau peut ne pas être consommée par la plante!).

 

Agriculteurs et Villes - Bassins de rétention pour les gestionnaires des villes et les agriculteurs :

Deux actions sont envisagées :

  • Une carte de jeu pour la création de bassins de rétention agricoles (un volumineux ou plusieurs petits/retenus collinaires),
  • Une carte de jeu pour la création de systèmes récupérateurs d’eau de pluie, et de distribution vers les arrosages.

        La première se focaliserait essentiellement sur les petits affluents de la Durance (partie amont de la Durance), non-sécurisés et dont les agriculteurs sont à la Mercie des précipitations. L’aménagement de bassins de rétentions ou d’impluviums permettrait de réduire les prélèvements directs depuis la rivière, de répartir plus équitablement les cultures saisonnières et les besoins en eau en fonction des saisonnalités et des conditions climatiques, voire de constituer un « stock de secours » pour substituer (pendant une période très limitée seulement) les prélèvements en eau de la rivière en cas de pollution aigüe.

        La seconde consisterait à équiper les villes de citernes (cuves aériennes ou enterrées) ou plus globalement de tout système capable de stocker une eau issue de précipitations solides ou liquides. Sachant que tout raccordement, qu’il soit temporaire ou permanent, du réseau d’eau de pluie avec le réseau de distribution d’eau destinée à la consommation humaine est interdit, cette eau stockée pourrait cependant se substituer à celle puisée dans la rivière pour tout ce qui concerne les arrosages publics et les décorations urbaines (ronds-points, fontaines …) ou certaines activités domestiques (nettoyage de véhicule, potagers…).


Agriculteurs - Évolution des méthodes agricoles - passage à la micro-irrigation :

        Cette technique fait partie d’une des innovations les plus importantes dans le domaine de  l'agriculture depuis l'invention des asperseurs dans les années 1930,  à l’époque où ces derniers commençaient déjà à se substituer aux méthodes agricoles « basiques »  nécessitant trop d'eau (ex: irrigation gravitaire).

        Le goutte-à-goutte permet d'économiser de l'eau, mais aussi de l'azote (méthode d'irrigation réduisant au minimum l'utilisation d'eau et d’engrais). Il convient parfaitement à l’irrigation fertilisante (ou fertigation) et peut également favoriser l'enracinement des plantes (source : IRSTEA, Agriculture : économiser et recycler l'eau en irrigation).

        Le principe est simple : l'eau s'égoutte lentement vers la zone racinaire en coulant à la surface du sol (si l’eau égouttée lentement vers la zone racinaire vient irriguer directement la rhizosphère –zone proche de la racine et des plantes par un système de tuyaux, on parlera de goutte-à-goutte enterré).

        L’avantage reste la limitation du taux d’évaporation (la majeure partie de la surface du sol est sèche, l’eau issue du système venant former un « bulbe humide » sous la surface), d’où une consommation en eau plus faible car moins de pertes.

        Si l’installation se fait sans contraintes, et que le système est vérifié régulièrement, le goutte-à-goutte peut permettre à l’exploitant d'importantes économies d'eau par la réduction de l'évaporation. En outre, un autre avantage du goutte-à-goutte est la limitation du contact de l’eau avec le feuillage (puisque le système est à-même le sol) à l’origine de nombreuses maladies. Cette caractéristique fait de la micro-irrigation un couplage "augmentation de production/restriction d'eau (quantité d’eau consommée jamais supérieure à celle de l’agriculture classique)" parfait.

        Cette action inclue également, pour les agriculteurs qui le souhaitent, le passage à la micro-aspersion via l’installation de têtes de micro-vaporisation, dispositifs prometteur pulvérisant de l’eau sur une zone limitée (conseillé pour la viticulture et les  parcelles avec présence de vergers puisque ce sont des cultures à zone racinaire plus large).

        La modification du type d'irrigation peut par ailleurs favoriser le développement économique à plus large échelle.

Contraintes :

  • Les agriculteurs, qui attendent évidemment un retour sur investissement après cette évolution dans le mode d’irrigation, doivent contrôler régulièrement la qualité de l’eau acheminée pour leurs cultures, car les règlementations interdisent généralement la pulvérisation d’eau non potable.
  • Bien que le goutte-à-goutte est indépendant des autres actions mises en place sur la parcelle et met en œuvre des équipements légers, il nécessite un investissement non-négligeable puisqu’il impose dans la plupart des cas une fréquence et un fractionnement accrus des apports en eau, d’où une automatisation du système.
  • Ils doivent se résoudre à obtenir leur gain à long terme seulement (retour sur investissement tardif mais justifié).


SCP - Prélèvements actuels : 

        De manière très simplifiée, on considère que la prise d'eau pour le canal se situe au niveau du Lac de Sainte-Croix, sur le principal affluent de la Durance, c'est-à-dire le Verdon (en réalité au niveau du Barrage de Gréoux, plus en aval).

        L'eau mobilisée par la Société du Canal de Provence dessert notamment de grandes agglomérations des Bouches-du-Rhône (Aix-en-Provence, proximité de Marseille...) ainsi que du Var (Brignoles, Toulon ou encore Draguignan et Sainte-Maxime), soit un total de plus de 2 millions d'habitants concernés. Outre l'usage domestique, ce canal sert aussi à des intérêts industriels et à moindre mesure agricoles.

        La SCP possède un droit d'eau historique qui lui permettrait d'augmenter le débit du canal et donc les volumes d'eau à destination des communes du Var et des Bouches-du-Rhône. Dans notre jeu, nous considérons que ce droit d'eau n'est actuellement par surexploité et que l'offre actuelle satisfait parfaitement la demande. La côte d'eau du barrage du Lac de Sainte-Croix traduit dans le même temps ce droit d'eau puisqu'elle ne doit pas descendre sous un certain seuil (fixé dans les conditions un peu plus bas) pour garantir le maintien des activités -notamment touristiques- sur ce secteur.


SCP - Extension du canal :

        A long terme, la raréfaction de la ressource en eau aura un impact sur les prélèvements des "petits acteurs" en premier lieu. Cette action peut être une solution pour le maintien des activités économiques –et notamment soutenir les agriculteurs . Elle consiste à construire un canal de dérivation depuis le barrage de Sainte-Croix-du-Verdon, et acheminer l’eau par gravité (disposition de châteaux d’eau le long du canal) vers la Moyenne-Durance en particulier.

        Les villes auront également la lourde tâche de satisfaire les populations en AEP et autres (arrosages des jardins, loisirs…) surtout pendant la période saisonnière où la pression touristique est très importante (juin à septembre).

2 PARTICULARITES POUR CETTE ACTION :

  • Au niveau de l’investissement : cette innovation devant satisfaire à la fois les gestionnaires des villes, les agriculteurs et la SCP (ce dernier acteur ne permettra la construction du canal seulement s’il en tire des bénéfices assez conséquents), ces 3 acteurs doivent décider communément du moment où ils envisageront la construction du canal.
            Sur le jeu, cela se traduit de la sorte : les 3 acteurs peuvent exprimer quand ils le souhaitent la construction du canal             en posant la carte sur le plateau. Cependant, le "paiement" ne sera effectué qu’au moment où les 3 acteurs auront                 posé leur carte respective de construction du canal sur le jeu. Le partage des investissements est à titre indicatif,                 calibré en fonction des besoins et des bénéfices à court et long terme de chacun des 3 acteurs.

        Si le gestionnaire des villes ou l’acteur agriculture refuse de "construire" sa carte, c'est-à-dire s'il ne souhaite pas béneficier de la construction du canal, seul l’autre sera bénéficiaire du canal  avec la SCP (la SCP doit obligatoirement avoir posé sa carte pour permettre la construction du canal). Cependant, les  investissements d’un de ces deux acteurs sera logiquement plus important si l’autre se rétracte... mais les bénéfices à long terme aussi!

  • La SCP possède un droit d’eau historique sur la retenue de Sainte-Croix-du-Verdon. Actuellement, elle n’atteint pas le quota  maximal pour satisfaire les besoins via son canal actuel. En construisant le canal, elle devra utiliser son quota maximal, avec la même quantité d'eau qui part dans le canal SCP (impossible de diminuer l'offre au vu de la demande excessive et des pressions fortes par les agglomérations au Sud telles qu'Aix-en-Provence ou Toulon), et la différence « Droit d’eau historique de prélèvement – prélèvements du canal SCP » transitera vers le Nord via le canal de dérivation et la pose de châteaux d'eau pour l'écoulement gravitaire. Ce canal de dérivation ne sera pas prioritaire sur le canal SCP actuel, la société devant avant tout garantir un apport d’eau suffisant vers Aix-Toulon.


EDF - Production d’électricité :

        Tout au long du canal EDF, ont été disposées des centrales hydroélectriques (en plus du barrage de Serre-Ponçon) qui constituent la richesse majeure du bassin versant en terme de retombées économiques. L’investissement est faible car c’est une action déjà mise en place, il reste donc seulement l’entretien et les frais de production à mettre dans la catégorie Dépenses. Le gain monétaire est quant à lui le plus élevé du jeu. Cette carte s'applique donc au niveau de l'aménagement hydroélectrique Durance-Verdon, et "compile" les prélèvements et bénéfices de toutes les usines hydroélectriques à la fois sur la Durance et sur ses affluents.

 

EDF - Colmatage et amélioration du transport solide :

        Cette action concerne uniquement l’acteur EDF, et se focalise uniquement sur le barrage de Serre-Ponçon et, à l’aval, sur le canal EDF.

        Petite précision, le colmatage est déjà à l’ordre du jour puisque ce sont des actions régulières mandatées par EDF. Cependant, une multiplicité de la fréquence des colmatages (ou un ré-épaississement du barrage de Serre-Ponçon) pourrait être envisagée pour réduire les infiltrations et les pertes en eau de l'amont à l’aval du barrage. Le transport solide consiste simplement, par des travaux d’entretien, à conserver voire améliorer l’hydraulicité dans le canal. Cela permettrait un faible gain en eau qui se traduit par un soutien au débit réservé de la Durance. Le gain est égal à la dépense, puisque les actions de colmatage et d’amélioration de l’hydraulicité apporteront un gain en eau supplémentaire permettant une production très légèrement supérieure en électricité.


EDF - Stations de Transfert d’Énergie par Pompage (STEP) :

        De manière simplifiée, les STEP sont un type particulier d'installations hydroélectriques. Ce sont des centrales possédant chacune deux bassins situés à des altitudes différentes; en période creuse, l'eau de la rivière est pompée vers le réservoir supérieur puis, en période "pleine" (pic de consommation), cette eau est précipitée dans des turbines pour produire de l'électricité. Le stockage d'énergie par pompage est le moyen de stockage d'énergie le plus utilisé dans le monde puisque la capacité mondiale installée des usines de stockage par pompage était déjà de 140 000 MW en 2010. Par ailleurs, en France, on ne dénombre "que" 6 STEP implantées par EDF.

        Cette action permettrait de relarguer un stock d'eau plus important en période estivale et de soutenir le débit réservé tous les jours de l'année à long terme. Elle permettrait plus généralement une meilleure répartition et gestion de la ressource en eau à un pas de temps horaire à annuel !

        Cependant, Il est fort probable que cette innovation ne puisse être jouée, car les STEP nécessitent tout d'abord un investissement très lourd pour la construction de ces centrales et de réservoirs capables de stocker des volumes d'eau importants; or, les bénéfices actuels d'EDF ne justifieraient pas à eux seuls la réalisation de tels ouvrages, dont le retour sur investissement ne pourrait se faire qu'à long terme. De plus, pour des raisons évidentes d'acceptation sociale, les autorisations pour obtenir le permis de construire seraient assez difficiles à obtenir dans la réalité.


CED - Prélèvements d'eau de la Durance vers Marseille, l'étang de Berre et ses environs :

        Schématiquement, la CED (Commission Exécutive de la Durance) récupère l’eau du canal EDF pour assurer un apport en eau vers Marseille, par un système de multiples canaux, dont le principal en termes de volume et d'importance est celui de Marseille.

        Dans la réalité, la prise d’eau de la CED se situe directement dans la Durance, près de Pertuis (tout à l’aval de notre plateau de jeu). Cependant, la CED est fonction de la quantité d’eau que « laisse passer » EDF dans son canal, nous avons donc trouvé plus judicieux dans le jeu de prolonger le canal EDF pour l’acteur CED.

 

CED - Régulation des prélèvements / canaux :

        Le but de la régulation du canal de Marseille et des canaux annexes est de trouver l’équilibre entre les prélèvements du canal et la satisfaction des besoins de la population desservie, avec l’objectif de satisfaire la demande dans le délai le plus court possible. Cette action nécessite la formation de nouveaux techniciens aux méthodes élaborées, et nécessite un avis politique par les tributaires de cette ressource en eau : les secteurs primaires, secondaires et tertiaires seront tous 3 concernés par cette action, qui ne constitue pas une « restriction » en eau mais plutôt une « adaptation » face aux besoins en eau, également fonction des saisons. A long terme, cette action peut également permettre de relâcher une partie excédentaire de l’eau dans le canal (après les installations hydroélectriques) directement dans la Durance, de manière à conforter le débit réservé. De plus, bien qu’on ne se penche pas sur l’aspect qualitatif, un apport en eau supplémentaire au débit naturel (module) du cours d’eau permet une meilleure oxygénation de la rivière et un pouvoir accru en auto-épuration d’éventuels polluants.

 

Tourisme - Prélèvements actuels :

        Cette action est indispensable dès le début du jeu. Elle se base essentiellement sur la Haute-Durance (barrage de Serre-Ponçon) et sur la retenue du lac de Sainte-Croix-du-Verdon. Le tourisme est un acteur économique important dans ces zones, et permet le maintien économique de nombreuses activités (nautisme, hôtellerie …). Cependant, le tourisme joue donc également sur l’accroissement des apports en eau potable durant la haute-saison. Une première carte est allouée au tourisme au niveau de Serre-Ponçon, une deuxième à celui au niveau des gorges du Verdon et du lac de Sainte-Croix.

        Concernant la carte "Prélèvements actuels dans les Gorges du Verdon", les paramètres pris en compte concernent également les activités au niveau de Gréoux, du lac de Saint-Cassien ainsi que des petits affluents minoritaires.


Tourisme - Sensibilisation :

        La rareté de l'eau dans les contrées méditerranéennes vient se confronter au secteur du tourisme, gros consommateur de cette denrée. La conciliation de ces deux antagonismes s'avère cependant indispensable.

        La possibilité de mettre en place cette action permet de remplacer par substitution la précédente action. Le gain sera le même (1 WAG), avec une dépense moins importante et un retour d’investissement plus faible du fait que cette action repose sur la pédagogie (éviter le gaspillage d’eau, sensibiliser aux problèmes de la ressource en eau via des méthodes de communication simples types panneaux et tracts, …) et la reconversion d’un tourisme de masse vers un tourisme plus "vert" (développement des randonnées pédestres, activités culturelles et historiques plutôt que nautique) ; cela passerait notamment par le développement d’un d'agro-tourisme plus diversifié et plus axé sur la jeunesse, la science et la culture.
    

        Une carte est allouée au tourisme au niveau de Serre-Ponçon, une deuxième au niveau des gorges du Verdon et du lac de Sainte-Croix.

 

SMAVD - Amélioration de la dynamique fluviale - Nouvelles modalités d’essartement de la rivière Durance :

        Morphologiquement, la Durance est composée schématiquement d’une bande active (bras en eaux et iscles peu végétalisés) et de la ripisylve (appelée également forêt alluviale). Aujourd’hui, la “bande active” a diminué de 40% alors qu’au contraire, les ripisylves ont gagné 30% de superficie. La Durance n’ayant plus une mobilité suffisante pour assurer elle-même cet essartement via l’entretien du lit, ni maintenir la diversité habituelle des rivières en tresse (caractéristiques du bassin versant de la Durance), seule une action humaine portant sur l’essartement du cours d’eau permettrait d’éviter une réduction excessive de la bande active. Ajouté au curage du fond de la rivière et des berges (zones mortes via l’accumulation de sédiments, branchages, etc…), cette action portée par le SMAVD (légitimité pour travailler à l'échelle du bassin versant) pourrait garantir une amélioration de l’écoulement hydraulique de la Durance et garantir un mince (mais non négligeable!) apport supplémentaire pour les populations à l’aval.

        Cette action rentre également dans le cadre de deux des missions à la charge du SMAVD, celles de la préservation et la gestion du patrimoine naturel, ainsi que la lutte contre les inondations.


Structure du modèle et du jeu

- Plateau de jeu
- Cartes (actions)
- Dés (x2) pour déterminer l'acteur joué par chaque participant en début de partie
- Gouttes bleues = 1 Unité d'eau
- Gouttes roses = 1/2 Unité d'eau (et non pas eau polluée !!)
- WAG (couleur jaune) = Unité(s) d'argent
- "Étiquettes" de jeu : représentation des barrages, de la côte, des "branchements"/connections à la rivière (canaux, prises d'eau...)
- Jetons de satisfaction/mécontentement distribués par le gestionnaire

Scénarios - Configuration à court et long terme

        Les simulations ont été réalisées sous trois scénarios distincts. Ils sont disponibles ici.

        Le premier scénario représente la situation actuelle en termes de disponibilité de la ressource en eau. Dans cette configuration, la ressource en eau (propre) est disponible en quantité suffisante pour satisfaire les besoins de tous les acteurs concernés.

        Le deuxième scénario simule une année très sèche, conséquence du changement climatique à long terme, caractérisée par des niveaux d'eau dans les barrages plus bas que ceux du scénario précédent. Dans cette configuration, la ressource est quantitativement insuffisante pour satisfaire les besoins en eau de l'ensemble des acteurs, comme présentés en situation actuelle (premier scénarii). Ce scénario vise à simuler les conflits entre différents usages pouvant avoir lieu dans un contexte de rareté de la ressource.

        En
ce qui concerne le troisième et dernier scénario, la disponibilité en eau est la même que celle du deuxième scénario. En revanche, ce qui différencie ce scénario du deuxième est la prise en considération d'actions innovatrices ("cartes innovations" achetées entre le deuxième et le troisième tour) pouvant être mises en œuvre dans le cadre de la gestion de l'eau, selon les différents acteurs concernés.

        La définition du pas temporel est essentielle : on définit la période d'occupation des sols de manière pertinente à partir de 8 ans, nous avons donc choisi une échelle à long terme de 10 années hydrologiques, assez représentatives de l'évolution significative de la gestion de l'eau à l'échelle du bassin versant.

Court terme : échelle = une année hydrologique (bilan positif actuellement sauf pour quelques affluents non sécurisés)
Long terme : échelle = 8 à 10 ans.
    

Calibration

            En raison du manque de données officielles dont nous avons pu disposer, et de la carence concernant la variabilité des sources, cette partie aura sans doute été la plus longue et la plus compliquée à résoudre.

            Après discussion avec les encadrants, il s'est avéré plus judicieux de ne pas considérer la qualité de l'eau comme un problème à gérer mais seulement un problème d'un point de vue quantitatif (débit/volume). En effet, en l'état actuel, on ne distingue pas de problèmes majeurs de gestion de l’eau, malgré la forte pression sur l'eau dans cette région et son importance capitale. C'est en se projetant à long terme (cf partie scénarios) que l'on pourra modéliser une meilleure gestion de l'eau puisque, les ressources en eau diminuant (facteurs anthropiques ET forçages naturels), il sera important de répartir de manière plus homogène les prélèvements par secteurs, qui est l’intérêt fondamental de ce projet. Par ailleurs, la variabilité inter-saisonnière de la Durance a complexifié énormément la calibration du jeu et mis en avant la nécessité d'une échelle temporelle justifiée (débits supérieurs à 100 m3/s pouvant descendre sous le seuil de 40 m3/s en période d'étiage sévère).

            Une des hypothèses fortes émise a donc été de considérer la ressource quantitative comme seul enjeu (bien qu'une diminution des ressources en eau d'un point de vue quantitatif diminue très généralement la qualité de l'eau). De même, le SMAVD et la région PACA s'attelant déjà à réguler les crues sur ce cours d'eau, la fréquence de ces dernières et leur importance étaient trop compliquées à représenter et auraient surtout affaibli la pertinence du jeu.

NB :  "La qualité de l’eau distribuée aux consommateurs satisfait pleinement aux exigences de qualité définies par le ministère de la Santé. Elle est rigoureusement contrôlée par la DDASS, le service municipal d’hygiène de Marseille et par le Laboratoire agréé du Groupe des Eaux de Marseille[…]. Leur teneur en calcium et en magnésium leur procure, en outre, une qualité bénéfique pour la santé. […] Leur dureté moyenne, enfin, tout à fait compatible avec un usage domestique, ne nécessite pas de traitement d’adoucissement à domicile" (source : Marseille et la Provence, vitrines d'une gestion exemplaire de l'eau, Groupe Eaux de Marseille, 2008).

             Par ailleurs, il a été nécessaire de redéfinir le territoire (en premier lieu 5 : le Verdon, les affluents, la Basse-Durance, la Moyenne-Durance et la Haute-Durance), trop complexe et contrasté pour représenter le jeu de manière fiable. Ces territoires présentent des demandes en eau très variables. Nous nous sommes donc finalement ramenés aux 3 derniers territoires précédemment cités, afin de justifier la cohérence amont/aval et rendre les plus faibles consommateurs dépendant des secteurs plus "gourmands" en eau, afin d'améliorer l'interaction et la discussion entre les différents participants du jeu.

            Comme nous l’avions déjà précisé, les ressources en eau étant très inégalement réparties selon la source des prélèvements, la principale particularité de ce jeu dans la calibration consiste à représenter les gouttelettes roses (d'habitude considérées comme un critère de mauvaise qualité ou de tolérance à une pollution) comme étant équivalentes à 1/2 goutte d'eau bleue. Cette "demi-unité" permet donc de se rapprocher plus facilement de la réalité (ex: les gros prélèvements EDF contrastent avec les faibles volumes en eau utilisés par l'acteur Tourisme, trop compliqués à représenter uniquement avec des unités d'eau bleue d'où l’intérêt des gouttelettes roses).

            Autre hypothèse : Notre groupe s’est penché uniquement sur les prélèvements directs depuis la Durance ; nous nereprésenterons que les prélèvements superficiels et non pas ceux souterrains (très importants pour l’approvisionnement en eau potable et en eau « verte »). Les nappes alluvionnaires de la Durance, qui alimentent donc les villes et les terrains irriguées, expliquent donc les faibles (ou plutôt limités) ratios attribuées aux villes et aux agriculteurs en terme de prélèvements.

            Vous pouvez par ailleurs retrouver l'impact de chaque acteur par action directement sur les cartes de jeu élaborées ci-dessus.

            Le débit de la Durance est de 188 m3/s, soit environ 5,93.10^8 m3/an, en sachant que la majorité des prélèvements se fait en période estivale. Cependant, ce chiffre correspond à son module naturel et contraste avec le débit d’équipement du canal qui est de 250 m3/s dans son tronçon terminal en Basse-Durance (la majeure partie de la Durance s'écoule dans ce canal depuis la réserve de Serre-Ponçon), soit 7.9.10^9 m3/an (le débit du canal usinier EDF est, d’après d'autres recherches bibliographiques, équivalent à 220 m3/s, c’est-à-dire 6.94.10^9 m3/an, nous pourrons donc garder 7,42.10^m3/an) . Il varie également de manière très marquée au pas de temps saisonnier.

            Avec la construction de l'aménagement hydroélectrique Durance-Verdon, les prises d’eau pour l’irrigation et l’alimentation en eau potable qui existaient dans le lit de la Durance ont été reconstituées sur le canal EDF, permettant ainsi à ces dernières de ne plus être vulnérables face aux crues. En Basse-Durance, la dotation en eau pour assurer ces besoins (en partie garantis par Serre-Ponçon en période estivale), peut atteindre pendant les mois de plein arrosage 114 m3/s (soit 3.63.10^9 m3/s à l'année mais ce chiffre n'est pas pertinent compte-tenu de l'impact de la période estivale face à la période "creuse"), avec notamment une recharge en eau par la fonte des neiges des Pré-Alpes. Au total, ce sont chaque année 1,5 milliards de m3 d’eau qui sont prélevés pour l’irrigation en Basse-Durance et 230 millions de m3 pour alimenter en eau potable Marseille et sa région.        

            Le barrage de Serre-Ponçon, à l'origine utilisé comme réservoir agricole (mais aujourd’hui l’hydroélectricité est sa vocation principale), possède une capacité équivalente à 1,27 milliards de m3 d'eau, dont une certaine quantité ne peut être déstockée. Environ 900 millions de m3 constituent la réserve utile, laissant donc 370 millions de m3 d'eau dans le barrage.

            Le barrage du Lac de Sainte-Croix (2182 ha), beaucoup plus modeste, possède une réserve de 761 millions de m3. Sa vocation principale est la production d’hydroélectricité.

            Le canal de Provence, long de 270 km, alimente 116 communes des Bouches-du-Rhône et du Var pour un total de 3 000 000 d’habitants, ainsi que 80 000 ha de terrains agricoles et 8000 sites industriels.

            La CED exploite une quinzaine de canaux dont le plus important, celui de Marseille, possède un débit de 10 m3/s mais peut assurer un apport à l’aval jusqu’à 950 000 m3/jour.

                         

                        Calibration au niveau des côtes des barrages et droits d’eau historiques :

                        La gestion actuelle des eaux du système Durance – Verdon repose sur des textes législatifs et réglementaires spécifiques, parus pour les principaux entre 1907 et 1988.  Ces derniers décrivent les dotations existantes par secteur hydrographique et décrivent également l’ensemble des infrastructures hydrauliques (ex : canaux de la CED ou de la SCP).

            Pour la Basse-Durance, la dotation globale maximale des 15 canaux compris dans le périmètre de la CED est égale à 114 m3/s entre le 1er mai et le 31 août (elle varie de 37 à 94 m3/s pour les autres mois de l’année). Il est cependant impossible de déterminer précisément ces prélèvements sur une année hydrologique, en raison des variations trop importantes à l’échelle inter-annuelle. Cette dotation correspond à un volume conventionnel dérivable de 2,3 milliards de m3/an ; elle est garantie par la réserve de 200 Mm3 constituée à Serre-Ponçon. Depuis le début du 21ème siècle, le volume effectif prélevé par les canaux de la CED est nettement inférieur, aux alentours de 1,5 milliards de m3/an.

            Les prélèvements du CEA Cadarache et de Saint-Paul-Les-Durance, possibles grâce à leur droit d’eau, ne sont pas considérés ici car pas assez important au vu de l’ensemble du bassin.

            De par leur nature, les retenues sur le bassin (dans notre cas Serre-Ponçon et Sainte-Croix-du-Verdon uniquement) sont soumises à des variations de niveau saisonnières (stockage et déstockage des retenues en fonction des besoins énergétiques et de l’alimentation en eau), mais sont également tributaires des conditions hydrologiques souvent très contraignantes et propres au secteur méditerranéen. De ce fait, les « besoins » en terme d’activités nautiques peuvent ne pas être garantis en toutes circonstances.

                        Les cotes de compatibilité touristique ont été définies sur tous ces plans d’eau (la gestion de ces derniers est conduite par EDF avec l’objectif que ces cotes soient dépassées avec une probabilité de 9/10 sur l’année en cours) comme suit (nous ne donnerons que les valeurs de Serre-Ponçon et Sainte-Croix-du-Verdon, les autres retenues étant négligeables sur notre jeu):

                        Serre- Ponçon : 775 m NGF au 20 août ;

                        Sainte Croix : 471,5 m NGF au 31 août ;

            Sur la Moyenne-Durance, entre Serre-Ponçon et Cadarache, la dotation globale s’élève à 21 m3/s. Sur ce linéaire, les prises d’eau sur le canal EDF sont nombreuses (environ 65), de tailles plus modestes qu’en Basse-Durance et le recensement des droits d’eau est plus difficile à établir avec précision.  Les prises d’eau du canal de la Brillanne (4 m3/s), de Manosque (3 m3/s), et de l’ASA de Ventavon (1,8 m3/s) ont dû être prises en compte dans la calibration.

            En Haute-Durance, en amont de Serre-Ponçon, les mêmes difficultés existent quant à la connaissance des prélèvements ; d’après EDF, le total des débits maximum autorisés s’élève à environ 1 m3/s pour les prélèvements dans les ouvrages EDF uniquement.    

                        En ce qui concerne les affluents, et plus particulièrement le Verdon, les dotations existantes sont essentiellement exploitées par la SCP (débit maximum dérivable en pointe de 40 m3/s). D’autres prélèvements sont effectués au titre de l’article 50, à hauteur d’environ 500 l/s. En outre, le SIVOM du plateau de Valensole effectue un prélèvement de 940 l/s dans la retenue de Sainte-Croix-du-Verdon.  

            La dotation globale gérée par la SCP s’élève à 21 m3/s, correspondant à un volume annuel dérivable de 660 Mm3. Elle est garantie par les réserves de 250 Mm3 constituées sur les 3 réservoirs du Verdon (Castillon, Sainte-Croix-du-Verdon et Bimont). La SCP ne mobilise en moyenne chaque année qu’un tiers de la dotation globale, soit 200 à 220 Mm3 ; ce volume se répartit approximativement par tiers entre les 3 usages principaux : rural (irrigation agricole et non agricole, cette dernière pesant assez peu en volume), urbain et industriel. La SCP n’utilise en moyenne que 30 à 50 Mm3 des 250 Mm3 de la réserve « agricole ».

            Les prélèvements de la SCP (1,75 m3/s et 4 m3/s en pointe), sont comptabilisés dans la dotation globale sur le Verdon exploitée par la SCP.

            Pour estimer les besoins AEP, nous nous sommes basés sur les données de populations INSEE, en multipliant ces données de populations permanentes par un ratio volume/temps par habitant que nous avons fixé à 167 l/s (consommation domestique française moyenne). Une des limites du calcul a été de n’estimer ces valeurs que sur une année hydrologique, or il aurait été plus judicieux (mais trop complexe) de réaliser ces calculs à différents pas de temps (comme les pics mensuels ou les périodes estivales qui sont très sensibles). Rappelons que ces besoins couvrent à la fois les usages de l’eau intérieurs (gros électroménager, sanitaires…) et extérieurs (piscines, arrosages privés…). Nous avons aussi fait le choix de tenir compte des usages municipaux (arrosage des espaces verts, nettoyage de rues, fontaines). Pour plus de précision et de rigueur, il aurait été préférable d’utiliser des ratios différents en fonction des types d’habitat, et de prendre en compte l’augmentation estivale liée aux arrosages et aux piscines, ce qui n’est pas envisageable dans le cadre de notre étude, en raison du manque de données et des paramètres pris en compte par la calibration.

            Pour évaluer les besoins des populations touristiques, la seule donnée disponible et suffisamment pertinente est la capacité d’accueil touristique ; elle permet d’estimer la population touristique maximale en estimant le nombre de lits par commune. Les ratios suivants ont été utilisés pour exprimer les nombres d’emplacements (campings) et nombres de lits par chambres (hôtels) : on considère que chaque hôtel possède 2,5 lits par chambre en moyenne, et que les campings accueillent 3 personnes/emplacement, de même que les résidences secondaires. Cependant ces chiffres ne sont que des approximations et ces valeurs diffèrent d’un département à l’autre (or notre bassin versant est globalement à cheval sur 6 départements!), d’une année à l’autre et en fonction des types d’hébergements proposés par les communes.

            Le besoin en eau d’irrigation correspond au besoin en eau théorique total de la plante, auquel on soustrait l’eau apportée par la réserve utile du sol et par les pluies. Le besoin en eau d’irrigation varie donc en fonction des cultures, des caractéristiques du sol (géologie, couvert végétal, pente…) ainsi que du climat. L’estimation  des besoins annuels en eau d’irrigation des cultures sur le bassin nécessite le recours à deux types de données : les surfaces irriguées par type de culture, et les ratios de besoins annuels en eau « verte » par culture. Le bassin versant est localisé à 99% sur la région Provence-Alpes-Cote-d’Azur, or les types d’irrigation à l’échelle régionale,  se répartissent de la façon suivante : 52 % en gravitaire, 37% en aspersion et 10% en micro-irrigation (cette « innovation » est donc déjà développé, mais la nuance par rapport à notre carte est que nous souhaitons la développer massivement dans le jeu).

        Il est important de rappeler l’importance des activités de loisirs liées à l’eau : la création des grandes retenues à usage hydroélectrique sur la Durance (Serre-Ponçon), le Verdon ainsi que sur certains lacs (ex : Lac de Saint-Cassien, 450 ha mais non représenté dans le jeu) ont favorisé le développement d’activités touristiques variées. Le lac de Serre-Ponçon et ses 3000 ha en eaux navigables propose par exemple des activités de voile, une quinzaine de bases nautiques, un club d’aviron, deux sites de ski nautique, des randonnées en bateau (pédalo), et plusieurs zones de baignade aménagées et surveillées. Le canoë-kayak est très développé dans les départements des Hautes-Alpes, des Alpes de Haute-Provence (ex : gorges du Verdon) et des Alpes-Maritimes.         Ces plans d’eaux artificiels sont ainsi devenus au fil des ans des hauts lieux touristiques de la région PACA : on considère par exemple que le lac de Serre-Ponçon représenterait aujourd’hui près de 40 % de la fréquentation touristique du département des Hautes-Alpes, et 12 % des revenus touristiques de ce département. Dans ces mêmes départements, l’activité se développe essentiellement sur les tronçons non court-circuités par les aménagements hydroélectriques, mais des conditions de lâchers d’eau pour des manifestations sportives sont possibles, prescrites dans des conventions nationales avec EDF. Par exemple, sur le Verdon, les lâchers concernant les évènements sportifs sont compris entre 22 et 50 m3/s ; pour les activités encadrées (raft, kayak, nage en eaux vives), les lâchers (2 jours par semaine en période estivale) sont compris entre 10 m3/s et 13 m3/s entre Chaudanne et Sainte-Croix-du-Verdon, dans les gorges à écoulement torrentiel. Or, sur une année hydrologique, il est impossible de simuler dans un tour de jeu tous ces impacts ! L’activité tourisme se réfère donc notamment à la période estivale de l’année hydrologique dans les 3 tours de jeu.

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        La prise en compte de ces données s'est faite en compilant toutes ces valeurs dans un tableau Excel et sur plusieurs jours afin de répartir au mieux les unités d'eau ainsi que les WAG pour chacune des cartes actions.

        De nombreuses limites ont complexifié notre tâche et augmenté les sources d'erreur possibles.

        Pour exemple, afin d'estimer la demande en eau potable domestique sur le bassin (Villes), nous avons tout d'abord estimé le nombre d'habitants en tenant compte de la superficie du bassin (14 280 km²), des bases de données de l'INSEE concernant la densité de population de chaque département concerné, et en fonction de sa représentativité dans le bassin. Une autre méthode d'estimation, plus précise mais plus laborieuse, a été de dénombrer sur les 467 communes du bassin versant la population totale. Ces deux résultats possèdent un écart relativement important, nous avons donc fait l'hypothèse que le juste milieu était de prendre la moyenne des valeurs obtenues par ces deux méthodes, et de multiplier cela par la demande domestique journalière moyenne en France (167 l/s), convertie en une année hydrologique, nous obtenons donc environ 5.10^12 m3/an. Cependant, ce résultat paraît relativement grand, il faudrait don re-considérer l'origine des prélèvements, la fluctuation saisonnière et le type d'activités par zonage pour une estimation plus fiable !

        Nos résultats sont disponibles dans la partie "Scénarios" ou "Résultats"; pour résumer, concernant le 1er tour, nous avons donc fixé à 15 gouttes d'eau le stock d'eau à Serre-Ponçon et 11 à Sainte-Croix-du-Verdon. Ces valeurs sont ramenées respectivement à 11 et 9,5 pour les scénarios de sécheresse à 10 ans (tours 2 et 3), afin de simuler la raréfaction de la ressource en eau et solliciter la collaboration de chaque acteur pour utiliser les bonnes solutions afin de revenir à un état stable.

        Dernière précision à ce sujet, le débit réservé doit être maintenu à 3 gouttes d'eau bleue à l'exutoire du modèle pour maintenir l'écosystème, et les barrages de Serre-Ponçon et Sainte-Croix ne peuvent descendre sous la côte respective de 5 et 3 gouttes d'eau (nuance : cette valeur simule une hauteur en mètres alors que les autres gouttelettes simulent une valeur de débit en m3/an). Ainsi, au premier tour, le barrage de Sainte-Croix-du-Verdon est autorisé à déstocker 8 (=11-3) gouttelettes bleues au maximum. Le déstockage des barrages, à la fin des tours de jeu, et seulement si le seuil critique de la côte minimale n'est pas atteint, peut permettre de renforcer voir combler un déficit dans le débit réservé afin que le tour soit validé.


    Ci-joint un exemple de calcul pour la calibration : estimation des besoins en eau domestiques.

 

Règles spécifiques du jeu

  • L’ordre de jeu est le suivant :
    1. Tourisme,
    2. EDF,
    3. Agriculteurs,
    4. CED,
    5. Villes,
    6. SCP,
    7. SMAVD

        Un des joueurs (préférablement l'acteur SMAVD), sinon une tierce personne, sera désignée comme gestionnaire de bassin : elle organisera les processus de décisions, surveillera et contrôlera les actions engagées par chacun et le « paiement » des actions, et conduira à la mise en œuvre de la décision.

        Afin que tous les acteurs se rendent compte de leur impact sur la ressource en eau, nous avons jugé préférable de déterminer cette ordre en fonction de l’amont vers l’aval et par cohérence avec le schéma spatial, plutôt qu’en terme hiérarchique et économique.
  • Simulation hydrologique : on tient compte de la pluviométrie uniquement au temps actuel, à t+1 nous nous baserons sur une année sèche (scénarios 2 et 3) pour montrer les impacts des prélèvements en eau sur chaque acteur hors période humide.
  • Afin d'augmenter la diversité des rôles et des acteurs, la calibration des ressources pour les cartes à destination des gestionnaires des villes s'est faite en incluant le processus de tarification (prix de l'eau) pour amortir les investissements.
  • On ne tient pas vraiment compte des masses d’eau souterraines (Nappe de la Durance-Molleges, alluvions du Rhône de la confluence de la Durance…) : plus exactement, les actions du jeu n’agissent pas sur celles-ci, cependant on admet qu’une partie des prélèvements des villes et des petits agriculteurs en Moyenne-Durance utilisent cette ressource comme une source de prélèvement. Cela rend plus cohérent la calibration et simplifie le jeu focalisé sur la Durance, pour pouvoir jouer avec des acteurs non formés à la complexité du partage de la ressource en eau (vulgarisation de WAG et plus généralement de la GIRE).
  • On estime qu’au 1er tour, tous les acteurs ont assez d’unité d’argent pour investir dans leur activité. Ils sont donc obligés d'investir leur activité au 1er tour. Cependant, pour les scénarios 2 et 3 notamment, un acteur ne peut pas stopper son activité 2 tours de suite sous peine d’une taxe reversée au gestionnaire pour relancer d’activité. Il se verra distribuer un « jeton » de mécontentement.
  • Nous avons été obligé de dépasser la limite de 4 unités WAG pour l'investissement ou les bénéfices des acteurs aux impacts les plus marqués (ex: EDF), pour pouvoir représenter aussi bien ceux-là que les acteurs aux prélèvements bien plus faibles mais dépendant directement de la ressource en eau, pour maintenir une activité prépondérante sur le bassin versant (ex: agriculture).
  • A la fin du jeu, le débit réservé doit toujours être conservé à l'amont comme à l'aval de même que sur l'affluent du Verdon. Si cela n’est pas le cas, et que tous les acteurs ont maintenu leur activités, on considère quand même que le tour est un échec et une taxe peut leur être demandé. Pour chaque tour suivant, on reprend l’état final du débit réservé du précédent tour.
  • Le débit réservé est fixé à 3 unités d’eau en sortie de bassin (on considère l’exutoire à la confluence avec le Rhône). Sur certaines zones de jeu à l’amont, des points rouges représentent l’unité d’eau à allouer au débit réservé. Par exemple, si le débit réservé est atteint simplement en déstockant le barrage de Sainte-Croix-du-Verdon, plus à l’aval, le tour n’est pas un succès car les bras d’eau à l’amont n’auront pas forcément un débit réservé maintenu sur ce tronçon.
  • En cas de non-respect du débit, une taxe peut être appliquée par le gestionnaire à ceux qu’ils considèrent comme principaux responsables de l’échec (retrait d’une unité WAG ou une demi-unité WAG), proportionnelles au nombre de tour où l’acteur ne fait pas de « concessions ».
  • Le jeu dispose notamment de petites « perles » bleues et rouges (unités). En temps normal, les bleues représentent le volume d’eau prélevé, les rouges la (mauvaise) qualité de cette eau (ou bien la tolérance à la pollution). Dans notre cas, en accord avec les participants externes et au vue de la situation actuelle, il n’était pas nécessaire de représenter cette ressource qualitative, puisque pour un scénario avec des précipitations pluvio-neigeuses à l’amont en net recul, c’est surtout un problème de partage équitable de l’eau qui s’impose entre les différents acteurs. C’est donc une des hypothèse majeurs du jeu : l’eau est « PROPRE » et les éventuels polluants rejetées notamment par les agriculteurs sont éliminées grâce à l’auto-oxygénation de la rivière (débits assez important même à l’étiage) le long du tronçon de cours d'eau de la Durance et au caractère d’auto-épuration de la rivière et des sols. Cependant, le paramètre quantitatif pourrait être développé par la suite pour une représentation encore plus réaliste (cf Bilan).
  • Les gouttelettes ne représentent pas directement des précipitations, mais les stocks en eau des deux barrages représentés sur le plateau de jeu (issus de la fonte des précipitations neigeuses en amont, conditions plutôt montagnardes).
            Nous avons choisi d’exploiter ces perles rouges autrement : les volumes d’eau prélevés étant si différents en fonction des acteurs (petits agriculteurs vs EDF, …), elles correspondent à une ½ goutte d’eau bleue. Cela permet de répartir plus logiquement les volumes d’eau prélevées et relâchées. Ainsi, 1 unité bleue = 2 unités rouges.

 

Règles de jeu spécifiques à chaque acteur:

  • EDF : la société prélève la totalité de son eau à partir du canal de la Durance « connecté » directement au barrage de Serre-Ponçon. Les unités d’eau sont prises depuis la retenue du barrage et déposées en amont de la carte acteur EDF. Les unités d’eau en sortie (rejetées) sont déposées en aval. Une approximation a été faite pour simplifier l’action de l’acteur : en effet, l’ensemble des centrales hydroélectriques qui se répartissent dans la réalité sur l’aménagement Durance-Verdon ont été regroupées en une seule carte EDF "Production d’hydroélectricité" ; cette dernière se compose donc de la quantité d’eau totale prélevée et rejetée par ces centrales, de même que les bénéfices engendrés.
  • CED : La CED est tributaire du canal EDF et de ce dernier acteur : elle récupère l’eau du canal qu’EDF relâche pour sa production d’électricité (c'est une hypothèse de jeu, ce n’est pas exactement ce qui se passe dans la réalité).
  • Tourisme : pas de règles spécifiques. Seule particularité, l'acteur "Tourisme" dispose dès le 1er tour de deux cartes "Prélèvements actuels" : une qui s'applique au niveau du Barrage de Serre-Ponçon, l'autre au niveau du Lac de Sainte-Croix-du-Verdon et de ses gorges très fréquentées en haute-saison. Le tourisme est donc concentré dans ces deux zones mais l'impact et les bénéfices sont différents selon l'une ou l'autre des zones (partage réalisé en partant d'un constat général en fonction de la fréquence touristique et des aménagements actuellement présents, mais toujours de manière à ce que les investissements, gains, prélèvements et relargages d'eau de ces deux cartes suivent la tendance globale du tourisme sur la Durance).
  • Agriculteurs et Villes : les ressources en eau sont puisées à partir du canal EDF uniquement. La provenance peut aussi être d’origine souterraine (nappe), mais cette source n’a pas été représentée dans le schéma par souci de jouabilité après avoir effectué les tests.
  • SCP : la société prélève son eau à partir de la retenue de Sainte-Croix-du-Verdon.

Comme on peut le voir sur sa carte, elle prélève 4 unités d’eau dans la retenue de Sainte-Croix pour assurer un apport d’eau suffisant vers les villes en aval. LA SCP DISPOSE D’UN DROIT D’EAU HISTORIQUE, elle peut exploiter jusqu’à 6 unités d’eau. Comme expliqué un peu plus haut, cette différence sera celle qu’on attribue au volume d’eau alloué à un futur canal de dérivation du Verdon.

  • SMAVD : Par défaut, on attribue le rôle du gestionnaire à celui du SMVAD (la personne jouant ce rôle collecte également les dépenses et répartit les gains entre les différents acteurs). Sa seule action dans le jeu consiste essentiellement à l’aménagement du lit mineur.

Résultats du test

        Pour chaque tour du jeu, nous avons noté les principaux résultats en lien avec les 3 scénarios. Ils sont disponibles ici.

        Pour le 1er tour de jeu, c'est-à-dire la situation actuelle, le débit réservé est respecté autant en amont qu'en aval, autant sur la Durance que sur le Verdon et les autres affluents. L'ensemble des actions a pu être joué, tous les acteurs sont satisfaits.Par ailleurs, il reste assez d'eau dans les retenues pour maintenir une côte suffisante. Il n'y a aucun problème de partage et de déséquilibre entre l'amont et l'aval.

        Pour le 2ème tour de jeu, sans les actions innovantes, et pour des prélèvements similaires à l'actuelle mais sur une échelle à long terme (raréfaction de la ressource en eau), tous les acteurs n'ont pas pu maintenir leur activité (les petits acteurs sont encore plus impactés). A défaut d'un acteur qui préfèrerait se retirer dès le début du tour, les acteurs ne peuvent donc pas récupérer leur investissement. La côte minimale d'au moins un des deux barrages n'est pas atteinte.
        Ce tour est important car, en mettant en avant les difficultés futures, il permet une conciliation des acteurs en matière de gestion intégrée de la ressource en eau et des choix plus pertinents au profit d'un raisonnement indépendant par acteur qui n'a pas lieu d'être.

        Pour le 3ème tour de jeu, en jouant certaines innovations (hormis un des bassins de rétention ni les STEP, cf vidéo), chaque acteur y trouve son compte : son investissement sera au moins amorti à long terme, la plupart peuvent donc en tirer des bénéfices. Par ailleurs, le débit réservé et la côte minimale des barrages sont respectés.

        Pour prendre exemple d'une des actions innovantes mises en place, on sait que dans la réalité, EDF ne turbine que l'eau à destination des canaux de la CED pour conserver une côte touristique suffisante. Cette condition est vérifiée pour les scénarios 1 et 3 sans contrainte(s) de fonctionnement ou de perturbation de l'activité.

Actions stratégiques complémentaires

        Peu envisageables (coût et acceptation sociale) malgré de grosses économies d'eau en perspectives : Les STEP (Les stations de transfert d'énergie par pompage) par l'acteur EDF. Voir le descriptif de l'action et la carte de jeu plus haut.

Proposition de stratégie COOPLAN (ES)

        Afin de répondre aux besoins des populations quant à la ressource en eau (croissance démographique et raréfaction de la ressource), les actions "innovantes" ont été proposées. Dans ce tableau, vous pourrez consulter nos propositions pour chaque acteur et par action à court et long terme, avec le besoin estimé de chacun de ces actions (indice de 0 à 5), l'échelle d'application de cette action innovante, et leur impact (en terme socio-économique, environnemental, politique ie gouvernance et la satisfaction des usagers et gestionnaires).


Test COOPLAN dans le jeu

        Comme cité plus haut, ce test semble être assez pertinent, notamment parce qu'il permet de résoudre théoriquement les futurs problèmes de gestion de l'eau d'un point de vue quantitatif (uniquement).
        En outre, les actions qui peuvent s'appliquer à court terme semblent assez faciles à jouer, mais elles ne peuvent pas suffire à assurer une gestion concertée de la ressource en eau en satisfaisant autant la population que l'écosystème en lui-même.
        Pour cette raison, il est nécessaire de jouer les innovations à long terme (l'échelle d'une dizaines d'années hydrologiques au minimum), pour pouvoir garantir des conditions de jeu optimales en conservant un débit réservé et une côte des barrages suffisante, ainsi que pour le maintien des activités de tous les acteurs. Cependant, l'action EDF "STEP" est difficile à pouvoir jouer, notamment par ses demandes en terme de WAG mais surtout de gestion cohérente des stocks d'eau pompés et relargués pendant un même tour. Par ailleurs, rappelons que l'extension du canal de Provence est indispensable mais nécessite la participation collaborative de la SCP, des agriculteurs et des gestionnaires des villes (réseaux AEP).
   
        Les valeurs choisies devaient tenir compte au mieux de deux facteurs d'incertitude majeurs, à savoir le climat et l'adaptation/la prévision des actions des autres joueurs (ce que font les autres).
        En effet, en ce qui concerne le climat, on se doute qu'une diminution des précipitations neigeuses sur les montagnes est à prévoir dans le futur, mais la diminution de la fonte des neiges, essentielles pour l'alimentation du système, est difficile à quantifier de manière précise, d'où un problème de gestion quantitative à long terme que nous avons du résoudre. Des années plus sèches à l'avenir entrainerait le non-remplissage des barrages, d'où une calibration encore plus importante à ce niveau pour simuler les volumes d'eau possiblement déstockés.

Bilan

        L'objectif de l'UE de GIRE était d'utiliser un outil de modélisation participative par la gestion des socio-hydrosystèmes, en utilisant différents outils du jeu What-A-Game (WAG) et ses différents modules (INI-WAG, CREA-WAG, COOPLAN...) et en les appliquant à un cas d'étude, en concevant un modèle et un processus de jeu; le protocole CREA-WAG nous a par ailleurs permis d'appréhender la notion de cadrage méthodologique.

        Ce projet nous a donc permis de découvrir un nouvel outil prometteur et innovant dans le cadre dans la gestion intégrée de la ressource en eau : l'outil WAG dans son ensemble. Nous avons pu comprendre l'importance de chacune des étapes, de la compréhension de la problématique à la version finale du jeu sur le bassin versant de la Durance (dans notre cas), en passant par des étapes de concertation, de calibration, de spécifications du jeu ou encore de discussion de stratégie COOPLAN (planification participative). La stratégie choisie, c'est-à-dire l'ensemble des actions où l'on apporte une réponse aux questions "qui, quoi, où, comment, quand, pourquoi" semble la plus pertinente et allie une certaine cohérence, efficience et faisabilité (la majeure partie des actions est largement envisageable à mettre en place). Les conditions de partage ont pu être déterminées par l'intermédiaire de l'outil "Just-A-Grid", et une part importante du travail s'est axée sur la planification participative, le cadrage sociale (justice et équité) et l'évaluation sur la mesure des effets produits par une réflexion approfondie.

        Le bassin de la Durance a été très intéressant à étudier, notamment par son poids économique important et indispensable à la région et au territoire français. L'hydroéléctricité est en effet produite à des taux très forts, via l'aménagement "Durance-Verdon" et une chaîne hydroelectrique de 15 barrages, dont certains très imposants (ex: Serre-Ponçon). Ces atouts font de ce bassin la zone la plus autonome de la région. Ce territoire est donc précieux, à l'échelle régionale comme nationale (le système fournit jusqu'à 80% de l'eau douce en région PACA et cette ressource transformée par les centrales fournit 40% de l'énergie régionale) : le poids économique a été une raison principale du choix du bassin d'étude pour le projet.

        Mais en considérant le changement climatique, la région viendra à rencontrer des problèmes économiques et environnementaux d'ici 8-10 ans (échelle du long terme), il faudra donc repenser à un partage plus équitable de la ressource en eau et les actions innovantes vont dans ce sens.

        Le test du jeu réalisé pendant la semaine de GIRE a été très efficace, en permettant de faire remonter les principaux défauts qui depuis ont été améliorés du mieux possible : le problème de projection du changement climatique, les spécificités du jeu, le stockage des barrages qui n'a pas été directement prise en compte (ressource initialement oubliée au début du jeu : la côte touristique des barrages), l'absence de restrictions d'eau (améliorées par la calibration des cartes de gestionnaires des villes et la calibration sur les prélèvements vis-à-vis des données existantes). Ces tests nous ont par ailleurs permis de caler l'allocation initiale aux stocks des barrages dans les différents scénarios établis, et de restructurer nos tours de conception (chacun recrée ou modifie une ou plusieurs cartes d'activités et les joue, en mettant dans une table régulièrement mise à jour les ressources consommées et produites ou restituées).

        Malgré le fait que le modèle semble marcher convenablement, il serait judicieux, pour les prochaines promotions, d'y apporter des nouveautés, par exemple inclure l'action STEP (Stations de pompage EDF) plus spécifiquement ou bien les prélèvements souterrains par les nappes alluviales.

        Surtout, il serait judicieux de revoir la calibration afin d'y ajouter la ressource "eau polluée" (principale lacune du jeu selon nous), notamment par la représentation des rejets urbains et l'implantation de Stations d'épuration (STEPs ou STEU). Pour complexifier le jeu, bien que le nombre de joueurs soit déjà important, il serait amusant de rajouter un représentant des mairies et des habitants du bassin versant dans leur rôle d’avenant/proposant/communication, échange ou refus/acceptation de la réalisation d’une action (chercheur = analystes, vulgarisation, faciliter/accompagner, progresser), ou plutôt des conditions imposées par ces personnes pour durcir les règles du jeu.

        Le manque de données concernant les débits (variables le long du tronçon de cours d'eau) -en dissociant les débits dans les canaux de l'aménagement hydroélectrique Durance-Verdon et le module naturel de la Durance en plusieurs points- et selon l'échelle temporelle (variations saisonnières fortes), ne nous ont pas permis de développer le jeu de manière encore aussi fiable et approfondie qu'espérée. Cependant, la version proposée, dans ces derniers essais de jeu, présentait une certaine représentativité des difficultés futures rencontrées par les acteurs sur le bassin versant et l'importance primordiale d'une conciliation à court terme pour des impacts positifs à long terme sur les activités économiques, le mode de vie et sur la ressource en eau.

        Par ailleurs, l'étape de Just-A-Grid a été, avec la calibration, une des plus longues à réaliser, puisque chacun avait sa propre idée des bénéfices, investissements et importance de chacune des actions pour les différents acteurs (consensus eau/argent). Elle aura justement permis de souligner la notion de concertation et de stratégie participative, par son principe de non-neutralité des choix primaires et la facilité de poser la question (à l'intention des acteurs) du partage indépendamment des choix techniques. Les principaux domaines d'affectation sont l'industrie, l'agriculture et le développement urbain (AEP).

        En somme, le jeu doit matérialiser les activités, l'eau, l'argent et la pollution. Cette dernière "ressource" n'a pas été considérée dans le jeu, pour des raisons évidentes de faisabilité, d'enjeux actuels et futurs et de jouabilité. L'interaction entre les acteurs reste cependant très satisfaisante.

        Au-delà du jeu, et face aux risques de raréfaction de la ressource en eau, il est évident que les gestionnaires devront se tourner vers l'éducation et l'information, afin de faire prendre conscience par la population de ces risques et de la nécessité de devoir produire autant voire plus en consommation moins...d'eau !

       L'eau est à la fois un facteur de production et un patrimoine à préserver. Les démarches que suivent la GIRE ou plus spécifiquement Just-A-Grid vont dans ce sens, en évaluant les préférences des acteurs tout en tenant compte des changements de perspective. Cela permet une prise de conscience des problèmes locaux et globaux, la compréhension des enjeux amont/aval (parfois différents) et l'interaction entre les différents acteurs. Ils permettent également une approche pour et par le grand public par des processus de sensibilisation, de compréhension et d'exploration des problématiques (approche de transactions, de coopération, de compétences opérationnelles envisageables) en suivant une dynamique de changement, par un apprentissage mutuel (travail "main dans la main"), une hiérarchisation des préférences et le partage des centres d’intérêts.

        Repenser le partage de l'eau passe donc par la prospection de nouvelles sources d'économie et la modification des conditions de partage de l'eau.

Documents supports (types)

- lien internet site syndicat mixte :
http://www.smavd.org/,
http://www.canal-de-provence.com,
http://www.smadesep.com,

www.irrigation-ced-durance.fr/,
www.ahp.chambagri.fr
http://www.smavd.org/spip.php?rubrique8
http://www.letangnouveau.org/durance.html
http://www.edf-prod-mediterranee-infodebits.fr/fr/index.php
http://www.noves.com/environnement/durance.php
http://www.isiimm.agropolis.org/index.php?iddoc=397&page=abstract&pglanguage=fr
http://www.atelierphilippemadec.fr/urbanisme/amenagement-du-territoire/developpement-durable-a-la-tres-grande-echelle-du-val-de-durance.html
http://www.sierm.eaurmc.fr
http://www.larousse.fr/encyclopedie/riviere-lac/la_Durance/117449
http://contratdecanalcrausudalpilles.over-blog.com/article-article-sans-titre-55823744.html
http://energie.edf.com/fichiers/fckeditor/Commun/En_Direct_Centrales/Hydraulique/Centres/Mediterranee/documents/plaquettes/Fiche_DuranceVerdon.pdf
http://www.observatoire-eau-paca.org/bassin_versant/durance-129.html (Observatoire Régional Eau et Milieux Aquatiques en Provence-Alpes-Côte d'Azur
http://www.canal-de-provence.com
http://www.smadesep.com

*  Site de l'INSEE : statistiques par départements
* Projet d’EPRI du Bassin Rhône-Méditerranée soumise à concertation, Partie 10 "Unité de Présentation Durance"
* Colloque international, Université de Provence-Marseille, 20-21 janvier 2011 –Usages écologiques, économiques et sociaux de l’eau agricole en Méditerranée : quels enjeux pour quels services ? – Atelier n°2 par Baudequin Denis, Long Robert, Sarnette Yvon, Grangier Jérome & Seillan Jean-Marie : la r&glementation des pr&levements d’eau sur la durance amenagee, un exemple d’organisme unique de gestion concertee de tous les usages en basse durance : la ced

*Colloque international, Université de Provence-Marseille, 20-21 janvier 2011 – Usages écologiques, économiques et sociaux de l’eau agricole en Méditerranée : quels enjeux pour quels services ? – Atelier n°2 par Julien Frayssignes  et Jean-Paul Pellissier (CIHEAM) : Formes de gestion collective de l'eau en Méditerranée et rôle des Régions : pour l'affirmations des spécificités méditerranéennes.
*Diagnostic de la gestion quantitative de la ressource en eau de la region PACA, DREAL PACA & Agence de l’eau RMC
*La poursuite de l'aménagement de la Durance : la chute d'Oraison, Jean Nicod, 1960, Volume 1

*Reportage télévisé "Nous - La France de l'eau - Mardi 16 Décembre"(France 2, Mardi 16 Décembre, présenté par Marie Drucker)

- carte générale

- usages du sol
- hydrographie
- données hydro / pluvio
- distrib de populations
- activités économiques
- productivité des activités agricoles
- données tourisme quand c'est le cas
- données conso urbaine (type SONEDE) si dispo
- tous rapports sur le cas
- des photos éventuellement            
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