M2 Drôme


Participants

  • Encadrants

- Sabine GIRARD, IRSTEA

- Chrystel FERMOND

Responsable pôle technique

Syndicat Mixte de la Rivière Drôme

Place Maurice Faure

26 340 SAILLANS

Tel : 04 75 21 85 85

  • Membres du groupe de travail

ALLIES Aubin, DURAND Maixent, SUSPENE Hélène


Présentation générale

    Contexte géographique et anthropique

Le bassin versant de la Drôme, situé en région Rhône-Alpes, couvre une superficie totale de 1640 km². Il est encerclé par trois massifs montagneux: les haut plateaux du Vercors au nord, le massif du Diois au sud-est, les Baronnies au sud. 

La Drôme se jette dans le Rhône à l'ouest du bassin. C'est dans cette région que se trouve la majeure partie des zones urbanisées et des activités. L'amont regroupe des villages ruraux avec un faible taux d'urbanisation à l'exception des villes de Die et Luc-en-Diois.

Figure 1 : Localisation du bassin versant de la Drôme (Bohan, 2014)

Concernant les activités humaines, le bassin versant de la Drôme est largement tourné vers l'agriculture qui occupe 25% de la surface du bassin. Néanmoins, les espaces forestiers restent dominants avec plus de 50% de couverture du bassin. C'est la partie aval du bassin qui regroupe les exploitations agricoles les plus conséquentes.

L'aval du bassin regroupe également la majorité des pôles urbains du territoire, et concentre ainsi l'essentiel des activités industrielles et de services. 

En termes d'activités, la zone amont est dominée par la viniculture, et concentre ainsi un nombre important de coopératives agricoles.

Le tourisme joue, sur le plan économique, un rôle prépondérant au cœur du territoire. En effet les activités d'eau vive (baignade, sports nautiques, pêche, etc.) représentent une manne financière importante pour le territoire et constituent sa principale source d'attraction. Cet enjeu touristique exige en parallèle une gestion quantitative et qualitative des masses d'eau irréprochable.

    Contexte hydrologique

De la Bâtie-des-fonds, sa source, à son exutoire entre Livron-sur-Drôme et Loriol-sur-Drôme, la rivière Drôme s'étend sur un linéaire de 111 km. La pluviométrie moyenne annuelle est de 900 mm et le régime est pluvio-nival. Comme l'illustre la figure 2, les principaux affluents de la Drôme sont de l'amont vers l'aval : Le Bez, la Sure, la Roanne, la Gervanne, la Sye et la Grenette. Les influences péri-alpine et méditerranéenne apportent des débits soutenus de Mars à Avril, suivi d'une période d'étiage parfois sévère, conduisant à l'assèchement possible de certaines portions de la Drôme ou de ses affluents.


Figure 2 : Cartographie des affluents de la Drôme et des sous-bassins correspondants (Syndicat mixte de la rivière Drôme et de ses affluents SAGE, 2013)

    Carte de référence


Figure 3 : Le bassin versant de la Drôme (www.riviere-drome.fr)

    Schéma spatial


   Figure 4 : Schéma spatial du bassin versant de la rivière Drôme

    Analyse des enjeux

L'enjeu principal sur ce bassin est un enjeu quantitatif. En effet, durant les mois d'étiage (juin, juillet, août), le débit réservé (nécessaire au bon fonctionnement synécologique des cours d'eau) n'est pas atteint sur la section aval de la Drôme. Ce déficit récurent en eau pose un problème écologique.Celui-ci se doit par ailleurs d'être réglé pour respecter les exigences de la Directive Cadre Européenne sur l'eau (DCE). 

La notion qualitative n'est par contre pas une problématique importante sur le site. Malgré l’implantation de grandes exploitations agricoles en aval du bassin versant, les problèmes de qualité (comparativement aux normes de la DCE) sont extrêmement rares, y compris en période d'étiage, ou alors très localisés et donc connus. C'est pourquoi nous avons choisi de ne pas traiter de l'aspect qualitatif dans ce projet. 

    Analyse sociale et politique - Acteurs

Eau et collectivités
  • AEP : la production d'eau potable sur le territoire Drôme se fait uniquement à partir d'eaux souterraines : forages ou captages de source ou de résurgence (pour des soucis de jouabilité, l'eau pour l'AEP sera, dans le jeu, prélevée dans la Drôme).
  • Assainissement
    • Bilan de l'assainissement collectif : Actuellement, les 2/3 des communes du territoire sont équipées ou raccordées à un équipement d'assainissement collectif, pour une capacité de traitement totale de 94 000 EH. La pollution collectée est de l'ordre de 52 300 EH et la pollution sortante de 5 800 EH. Les plus gros rejets sont produits par 4 stations : Allex-Grâne, Crest, Die et Livron, qui totalisent 60 % des rejets, mais ces unités ont des rendements très bons, entre 91 % et 94 %.
    • Bilan de l'assainissement non collectif : 18 communes du bassin ont un syndicat porteur d'un SPANC. Il apparaît que près de 80 % des installations existantes ne sont pas conformes avec la réglementation actuellement en vigueur. Néanmoins, 30 % d'entre elles, bien qu'étant classées non conformes, ne présentent pas de dysfonctionnement majeur pouvant entraîner une pollution ou une atteinte à la salubrité publique.
Eau et agriculture 
  • Irrigation : Le bassin de la Drôme, en aval de Saillans, a été classé en zone de répartition des eaux. Depuis une dizaine d'années, les périmètres irrigués de la Drôme sont confrontés à des problèmes de sécheresse pendant la période estivale mettant en cause la viabilité des systèmes irrigués et les conflits par les différents usagers. L'augmentation du déficit en eau est due principalement à la variabilité du climat, aux assolements qui privilégient la culture du maïs et à l'augmentation des superficies irriguées. Les périmètres irrigués se subdivisent en trois syndicats d'irrigation (SI) : SI ALLEX MONTOISON, SI CREST NORD et SI CREST SUD. Les activités agricoles sont assez diversifiées : vergers, vignes, maïs, systèmes culturaux complexes...
  • Elevage : Les activités d'élevage concernent principalement des élevages de volailles, de porcs et d'ovins.
  • Pisciculture : 2 piscicultures sont installées sur le bassin versant; leurs rejets sont conformes grâce à l'installation de systèmes de traitements internes : 
    • la pisciculture de Font Rome sur la Gervanne à Beaufort-sur-Gervanne
    • la pisciculture sur l'Archiane à Treschenu-Creyers
  • Pollutions agricoles : Les principales pollutions d'origine agricole sont dues aux nitrates qui affectent les eaux souterraines et les aquifères de la basse vallée de la Drôme. Les autres sources de pollution sont les rejets d'activités ou de nettoyages de cuves : abattoirs, caves, piscicultures ainsi que les distilleries de plantes aromatiques et médicinales. En 2005, 13 communes sont classées en zone vulnérable nitrates. Globalement on constate une inversion favorable de la courbe vers une diminution de la production de nitrates. Actuellement, une seule commune (Autichamp) est au-dessus de la norme de 50mg/l et devrait être en règle d'ici deux ou trois ans.
Eau et industrie
  • Les caves : L'activité vinicole est une composante importante de la production agricole locale. En 2009, on recensait 19 caves viticoles faisant l'objet d'une déclaration Installation Classée Pour l'Environnement (IPCE) dont deux coopératives à Die et Loriol-sur-Drôme.
  • Laiteries et fromageries : Deux laiteries et fromageries industrielles sont recensées sur le bassin de la Drôme. Une quarantaine de petites fromageries existent parallèlement sur le territoire.
  • Les autres industries : Les prélèvements pour l'industrie concernent donc principalement les activités agroalimentaires. HERO fruit, fabricant de compotes de fruits à Allex est le principal consommateur. La plus grosse activité est en été et nécessite une très forte consommation d'eau. La société dispose d'un forage dans la Zone de Répartition des Eaux et n'a jamais manqué d'eau, même en été.
  • L'hydroéléctricité : D'une manière générale, la rivière Drôme ne possède pas de barrage (de type EDF), elle n'a donc aucun ouvrage structurant modifiant son parcours et son régime hydrologique torrentiel de type méditerranéen.
Eau et tourisme

L'activité tourisme et loisirs est au cœur des orientations de développement de la vallée de la Drôme. En termes d'équipements de tourisme ayant un impact sur la rivière (direct ou indirect), on recense : 
  • 1 stade d'eau vive non-praticable
  • 8 bases de canoës
  • 54 campings
  • 11 sites de baignade non aménagés et 2 en projet
  • 1 site de baignade aménagé.
La préservation de la ressource en eau, en quantité et en qualité pour les activités d'eau vive, la baignade et la pêche, est un élément fondamental pour le développement de ces activités, tout comme la préservation des zones humide et des sites naturels remarquables.

    Schéma fonctionnel Acteurs / Enjeux / Ressources

Description et fonctionnement du jeu

    Ressources considérées

Dans ce jeu, deux ressources sont considérées :

- L'unité "eau" : Cette ressource correspond à une quantité d'eau présente dans la rivière. Les différents acteurs prélèvent un nombre d'unités "eau" pour le fonctionnement de leurs activité. Cette ressource est la plus importante car elle correspond à l'enjeu principal de ce bassin versant, c'est à dire garder un nombre de 16 unités "eau" à l'aval du bassin pour respecter le débit écologique de la rivière en été.

- L'unité "argent" : Cette ressource correspond au coût de fonctionnement des différentes activités de chacun des acteurs du bassin versant mais également aux gains que rapportent ces mêmes activités pour l'acteur. L'enjeu principal pour chacun des joueurs est de toujours posséder des unités "argent" pour ne pas s'endetter.

    Modèle des acteurs - Rôles


    Modèle des actions

Présentation sans titre


    Structure du modèle et du jeu

Le jeu comprend :

  • Un plateau de jeu représentant le bassin versant de la Drôme (Cliquez ici pour visualiser le plateau de jeu)
  • 15 cartes actions (Cliquez ici pour visualiser les cartes actions) :
    • 5 cartes actions classiques (cordons rouge vert et jaune + acronyme A)
    • 4 cartes création innovantes (cordons orange + acronyme CI
    • 4 cartes fonctionnement des créations (cordons bleu + acronyme FC)
    • 2 cartes innovations fonctionnelles (cordons rose + acronyme IF = correspond à sensibilisation et diminution des fuites AEP)
  • 1 carte événement à jouer par le gestionnaire (cordon violet + acronyme E)
    • réduction des prélèvement des agriculteurs dans la Drôme de 25 %
  • Deux sacs de perles pour les deux ressources du jeu :
    • un sac de perles bleu pour la ressource "eau"
    • un sac de perles jaunes pour la ressource "argent"
  • 3 gobelets :
    • 1 pour l'eau disponible dans la Drôme
    • 1 pour l'eau disponible dans la nappe
    • 1 pour l'eau disponible depuis le réservoir

    Scénarios

Le premier tour du jeu représente un premier scénario qui correspond à la situation actuelle du bassin versant. Les actions des différents acteurs sont imposés. Ce premier scénario permet de faire prendre conscience aux joueurs du problème de quantité d'eau dans la Drôme lors de la saison d'étiage.

Différents scénarios s'ouvrent ensuite au bon vouloir des différents acteurs :

- Un statut-quo, voire même une augmentation des prélèvements dans la Drôme pour augmenter leurs activités et donc leurs entrées d'argent. Cependant ce scénario possède un coût : Le débit écologique ne pouvant être atteint, les acteurs doivent payer une taxe au gestionnaire du bassin versant qui augmente à chaque tour si le débit n'est pas respecté.

- Une diminution des prélèvements dans la Drôme des agriculteurs. Pour cela ils doivent se tourner vers de nouvelles ressources (nappe, réservoir) mais doivent débourser plus d'unité argent pour faire fonctionner leurs activités, et donc faire moins de bénéfices. 

- Une diminution des prélèvements en eau des collectivités locales avec la possibilité de sensibiliser les habitants, ou encore diminuer les fuites dans le réseau AEP.

Cependant ces scénarios sont théoriques, il est possible que les joueurs aient une très bonne entente et qu'ils puissent atteindre le débit écologique tout en maintenant une expansion de leurs activités. A eux d'être créatifs.

    Calibration

Deux calibrations différentes ont été réalisées pour chacune des ressources :

- Une calibration quantitative pour la ressource "eau". Cette calibration a été possible à l'aide des différents documents du site www.riviere-drome.fr. Il renseigne sur les prélèvements effectués par les acteurs lors de la saison d'étiage, du débit s'écoulant dans la rivière lors de cette même période et du débit écologique qui doit s'écouler tout le long de la rivière pour maintenir un haut niveau de biodiversité dans la Drôme.

Calibration


- Une calibration qualitative pour la ressource "argent". Les sorties et les entrées d'argent pour chacune des cartes actions ont été calibrées de manière abstraite mais objective.

    Règles spécifiques du jeu

Ressource "eau"
  • Simulation de l’eau : on ne tient pas compte de la pluviométrie car on joue l’été. L’eau utilisée est donc celle du système hydrologique souterrain (nappe) et du système superficiel (rivière).
  • Au début de chaque tour, la rivière met à disposition des joueurs 42 unités "eau" qu'on place de manière égale sur le cours d'eau principal les 2 principaux affluents (14 unités par cours d'eau)
  • La nappe contient 40 unités d'eau maximum et se recharge de 4 unités maximum à chaque tour. La nappe met également 4 unités d'eau à disposition de la rivière, en aval des zones cultivées. Le niveau minimal réglementaire de la nappe est de 30 unités d'eau. Si ce chiffre est dépassé les acteurs ne peuvent pas prélever dans la nappe avant qu'elle atteigne de nouveau un niveau maximal.
  • La Drôme recharge la nappe à hauteur de 4 unités d'eau maximum, si la nappe n'est pas pleine (moins de 40 unités d'eau dans la nappe), et ce en amont des zones cultivées.
  • Le réservoir peut être entièrement vidé à chaque mais il ne contient que 4 unités d'eau. Il se recharge à chaque tour.
Actions, innovations et événements 
  • Lors du premier tour, les actions des différents acteurs sont imposées :
    • "AEP niveau 1" pour la ville amont (correspondant à Die)
    • "AEP niveau 2" pour les villes aval (correspondant à Crest et Livron-sur-Drôme)
    • "Agriculture irriguée niveau 1" pour le terrain agricole amont
    • "Agriculture irriguée niveau 2" pour les trois terrains agricoles aval
    • "Activités nautiques" pour l'acteur événement qui ne dispose que d'un seul terrain au début du jeu. Pour débloquer les deux autres terrains, l'acteur Tourisme doit payer une taxe de 2 unités d'argent par terrain.
  • Carte événement : le gestionnaire peut imposer à l'agriculteur de réduire sa consommation de 25% sur chaque parcelle (- 2 unités d'eau sur les cartes de niveau 2 et -1 sur les cartes de niveau 1). En contrepartie, il est obligé de financer à 50% une carte création (forage ou raccordement au réservoir).
  • Les cartes "complexe hôtelier" et "parc aquatique" ne peuvent être utilisées par l'acteur tourisme qu'avec l'accord de l'acteur collectivités. 
  • Chaque activité (exceptées celles de l'acteur Collectivité) peut être démantelée mais ce démantèlement coûte 2 unités d'argent à l'acteur concerné. 
Taxes et pénalités
  • A chaque tour, les acteurs paient une taxe de fonctionnement d'une unité d'argent au gestionnaire.
  • Il doit rester 16 unités d'eau à l'exutoire du bassin versant à chaque fin de tour. En cas de non respect, les acteurs (excepté le gestionnaire) se voient infliger une pénalité de 1 unité d'argent. Cette taxe augmente d'une unité d'argent les tours suivants si la règle n'est toujours pas respectée.
  • La mise en fonctionnement du parc aquatique coûte à l'acteur Tourisme une taxe de une unité d'argent au profit de l'acteur Collectivités et une unité d'argent au profit du Gestionnaire. L'acteur Collectivités est obligé de réinvestir cette taxe dans une carte innovation fonctionnelle "Diminution des fuites du réseau AEP" ou "Sensibilisation".

    Résultats du test

Le test croisé des jeux a permis de souligner différents point de notre jeu. Ce dernier présente une bonne clarté et une bonne jouabilité. Au départ le jeu incluait l'aspect qualitatif de l'eau via une troisième ressource "pollution", le test croisé nous a permis de trancher quant à la suppression de cet aspect qui complexifie le jeu et ne présente pas vraiment d'intérêt majeur sur le bassin versant. Par ailleurs le nombre et la pertinence des innovations semblent convenables. De même, les solutions pour résoudre les problèmes d'ordre quantitatif de la ressource sont clairement exposés. En revanche certains joueurs ont pu souligner le manque de possibilités d'actions pour l'acteur tourisme. Le test COOPLAN nous a permis de répondre à se problème en proposant des actions supplémentaire à l'acteur tourisme. 

Après calibration, les acteurs ne respecte pas la consigne du débit réservé dès le premier tour, et ce comme souhaité. Imposer les actions des acteurs au premier tour, permet de les mettre face à la situation réelle du bassin versant, où en période estival le débit réservé de la Drôme n'est pas respecté. Cela oblige donc les acteurs à imaginer des solutions, et à en sélectionner parmi celle qui leur sont proposées dans le jeu. Globalement, les actions visant à augmenter les sources de ressource "eau" permettent de résoudre les problèmes de quantifier. En revanche l'exploitation de la nappe révèle aux acteurs, et tout particulièrement à l'acteur Agriculteurs, la nécessité d'une bonne gestion des prélèvements. 

Par ailleurs la création du parc aquatique est très impactant sur la ressource, et nécessite pour être viable de nombreux efforts aux autres acteurs.

Actions stratégiques complémentaires

    Proposition de stratégie COOPLAN (ES)

Tableau COOPLAN_Drôme.xlsx


    Test COOPLAN dans le jeu : bilan et perspectives

Les diverses stratégies mise en place dans le modèle COOPLAN permettent de proposer des actions de planification coopérative pour la gestion intégrée et concertée de la ressource en eau sur le bassin versant étudié. La diversité des actions proposées et des acteurs qu'elles concernent illustre les intérêts divergents des acteurs mais également leur intérêt commun à pérenniser la ressource en eau sur le bassin. La mise en place dans le jeu des stratégies proposées par les acteurs permet de leur montrer de façon concrète l'impact plus ou moins positif de ces actions sur la ressource. Le test COOPLAN dans le jeu permet aussi de donner des idées de stratégies supplémentaires à mettre en oeuvre ou bien des pistes d'amélioration des stratégies déjà testées sur le jeu WAT A GAME. Le test des stratégies a permis l'instauration d'un dialogue constructif et d’interactions bénéfiques entre les différents acteurs.

C'est à l'acteur agriculteurs que les efforts les plus importants sont demandés, ce qui fait que les stratégies proposées le concernant sont souvent mal acceptées par cet acteur. Pourtant, la diminution de 30% de ses prélèvements dans la Drôme permet, en l'absence de changements sur le bassin versant, d'atteindre les objectifs fixés par le gestionnaire et correspondant à l'application de la réglementation de la DCE (débit réservé). La possibilité pour le gestionnaire de financer à 50% la construction d'un forage dans la nappe alluviale ou le raccordement au réservoir permet de mieux faire accepter cette stratégie aux agriculteurs, stratégie à laquelle les autres acteurs sont évidemment favorables. Néanmoins, cette stratégie reste coûteuse pour l'acteur agriculteurs, mais les solutions qui lui sont proposées pour compenser ses prélèvements amoindris dans la Drôme sont durables et lui permettent de pérenniser son accès à la ressource à condition de bien la gérer. En effet la mise en place de cette stratégie a soulevé une nouvelle problématique à travers l'exploitation de la nappe. La pérennisation de la ressource dépend de la capacité de l'agriculteur à trouver le bon équilibre entre les diverses sources de prélèvement dont il dispose, car l'équilibre de la nappe peut devenir fragile en cas d'exploitation non raisonnée. Le raccordement au Rhône, bien que très coûteux, semble une solution viable aux problématiques quantitatives liées à l'eau sur le bassin. Néanmoins, dans le jeu, les intérêts des bassins versants adjacents et de leurs propres acteurs ne sont pas pris en compte, et il est évident que des prélèvements dans le Rhône seraient défavorables aux bassins situés plus à l'aval. Par ailleurs cette stratégie fait craindre que les acteurs en disposant ne soient pas entrain à mieux gérer leur consommation, ce qui fait que l'acteur gestionnaire est plutôt défavorable à cette action.

L'acteur collectivité à également un rôle important à jouer dans la gestion de la ressource en eau. En effet l'action de réduction des fuites du réseau AEP est très coûteuse mais permet d'améliorer de façon conséquente la disponibilité de la ressource. Là encore, la possibilité pour le gestionnaire de financer à 50 % cette action permet de faciliter sa mise en oeuvre. Les actions de sensibilisation ne sont bénéfiques qu'à long terme mais leur faible coût en fait un outil intéressant pour la gestion de la ressource. Nous soulignons une fois de plus le rôle prépondérant du gestionnaire dans sa gestion de la ressource. En effet sa capacité à financer telle ou telle innovation, en fait l'un des principaux acteurs de la bonne gestion de l'eau à l'échelle du bassin. Les axes de développement qu'il favorise à travers ses choix,en concertation avec les autres acteurs lui permettent de placer le bassin dans des situations de confort ou au contraire de vulnérabilité face à la ressource en eau.

Il apparaît assez clairement que peu d'efforts sont consentis par l'acteur Tourisme, dont le développement économique est même favorisé, au travers de la création d'un parc aquatique, au détriment de la gestion de la ressource. La mise en place de cette action est bien vue par les collectivités du fait de l'élan économique qu'elle génère sur le bassin. Néanmoins, elle apparaît comme une injustice vis-à-vis de l'acteur Agriculteurs auquel beaucoup d'efforts sont demandés et qui se sent donc lésé. La mise en place de cette action est par ailleurs très coûteuse et ne peut se faire que tardivement dans le jeu. Cependant sa mise en oeuvre pose de réels problèmes sur la ressource et nécessite des actions compensatoires auxquelles malheureusement, l'acteur Tourisme ne participe pas. Il apparaît donc ici la faiblesse majeure des stratégies proposées. C'est pourquoi les divers acteurs ont décidé après concertation que la mise en fonctionnement du parc aquatique nécessitait le paiement d'une taxe de 1 unité d'argent à l'acteur collectivité, taxe qui doit obligatoirement être réinvestie dans une carte innovation de diminution des fuites AEP ou de campagne de sensibilisation; et d'une taxe de 1 unité d'argent au gestionnaire dont le choix du réinvestissement lui appartient après concertation avec les différents acteurs.

Bilan

  • La calibration de la ressource en eau reposant sur des données concrètes que nous avons pu glaner dans divers documents a été relativement aisée. En revanche, ne disposant d'aucunes informations chiffrées précises concernant l'aspect économique, la calibration de la ressource "argent" s'est cantonnée à une calibration qualitative. Cet aspect devra donc être complété en fonction des études futures et des informations qui peuvent en émerger.
  • Le rôle du gestionnaire apparaît assez particulier, car il ne prend pas part au jeu au travers de l'exploitation de terrain, mais son rôle reste néanmoins capital dans la bonne gestion de la ressource en eau.
  • L’éventail d'actions et d'innovations proposé et joué par les différents acteurs est conséquent, cependant il est clair qu'il n'est pas exhaustif et d'autres propositions peuvent voir le jour au fur à mesure du jeu et ce d'autant plus selon les joueurs.
  • Le jeu en lui-même est assez ludique et permet de confronter les points de vue divergents des différents acteurs et de faire ainsi ressortir les conflits d'intérêts existant sur le bassin versant. Il permet aussi de mettre en lumière l'intérêt commun aux acteurs de pérenniser la ressource sur l'ensemble du bassin afin de répondre à leur besoin et ce à long terme. Le jeu permet donc de faciliter la discussion entre les acteurs, et faire ainsi émerger de cette concertation des solutions qui satisfont le plus grand nombre.
  • La complexité relative des règles du jeu et des contraintes liées au jeu le rend peut-être plus difficilement accessible au monde scolaire, mais il était pour nous nécessaire de rester proche des réalités du terrain pour satisfaire aux besoins des acteurs réels du bassin versant.

Documents supports (types)

http://www.ladrome.fr/sites/default/files/rapport-schema-directeur-irrigation_web.pdf


- carte générale
- usages du sol
- hydrographie
- données hydro / pluvio
- distrib de populations
- activités économiques
- productivité des activités agricoles
- données tourisme quand c'est le cas
- données conso urbaine (type SONEDE) si dispo
- tous rapports sur le cas
- des photos éventuellement
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