G8 Escault B

Participants

Encadrant

Emeline HASSENFORDER

Membres du groupe de travail

Bob SAINT FLEUR
Céres EBO
Lou GILETTO
Alisée COTTET
Tatianah RAHERIZATOVO


Présentation générale 

La Belgique est un pays européen qui, du point de vue hydrographique, est subdivisé en 6 grands bassins versants. Ces derniers, à leur tour subdivisés en sous bassins, sont gérés par des contrats de rivières.

La figure ci-dessous présente les limites des différents bassins présents en Belgique.

Figure 1 : Bassins versants présents en Belgique (source : SEGEFA 2006)

     L'Escaut est l'un des fleuves qui parcourt la Belgique. D'une longueur de 355 kilomètres, il est situé à une altitude de 97 mètres. Il prend sa source dans l'Aisne en France, au pied de l'abbaye du Mont Saint Martin. Il traverse la France, la Belgique et les Pays-Bas avant de se jeter dans la Mer du Nord. Avec son régime pluvial océanique et un débit moyen de 104 m3/s, il draine et irrigue un territoire habité par 11 millions d'Européens. Ses principaux affluents sont la Dendre, la Haine, la Sensée, la Scarpe, le Rupel et la Lys.  Le Bassin Versant de l'Escaut est subdivisé en sous-bassins hydrographiques conformément à la Directive Cadre sur l'Eau. Il s'étend sur 22 000 km2 environ et les 61 % de cette superficie sont concentrés en Belgique. 

     Dans l'ensemble du bassin, les principaux secteurs sont l'agro-alimentaire, la métallurgie, la chimie et le textile.

     La zone d'étude correspond au périmètre des contrats de rivière de la Haine, d'Escaut-Lys et du sous bassin flamand Bovenschelde.


  •         Contrat de rivière Escaut-Lys
   Le contrat de rivière Escaut-Lys a été créé le 18 Mars 2011 lors d'une assemblée constitutive. 14 communes y ont adhéré à savoir : Antoing, Beloeil, Bernissart, Brunehaut, Celles, Comines-Warneton, Estaimpuis, Frasnes-lez-Anvaing, Mont-de-l’Enclus, Mouscron, Pecq, Péruwelz, Rumes et Tournai .  Le territoire couvert par le contrat est celui des sous-bassins versant de l’Escaut et de la Lys.
Imbriqué entre la Flandre et la France, ce territoire parcouru par 1535 km d'eau, a une superficie de 770 km². Il compte une population  d' environs  220000  habitants d'une densité de 285 hab /km².
Le  sous-bassin  Escaut-Lys  se caractérise par une prédominance de cultures et de zones urbaines dont les plus urbanisées sont aux alentours de Tournai.
Chapeautés par une équipe de coordination, les différents acteurs de l'eau (communes, intercommunalités, services publics, autorités de gestion des parcs naturels, associations et wateringues) œuvrent tous ensemble pour :
  • Lutter contre les atteintes et les nuisances liées aux cours d'eau.
  • Favoriser l'écologie des milieux aquatiques
  • Redécouvrir la notion et le fonctionnement d'un cours d'eau
  • Faciliter la mise en oeuvre des plans de gestion
  • Favoriser la concertation et les échanges transfrontaliers

       La figure suivante présente le territoire du Contrat de Rivière Escaut-Lys.

Territoire contrat de rivière

Figure 2 : Territoire du Contrat de Rivière Escaut-Lys (source : www.crescautlys.be - 2011)
              
                   

  •         Contrat de rivière Haine

       En Mai 2006, une Association Sans But Lucratif (ABSL) à été créée pour la gestion du contrat de rivière. Les 16 communes  qui ont adhéré au contrat de rivière sont : Anderlues, Binche, Colfontaine, Dour, Erquelinnes, Estinnes, Frameries, Hensies, Honnelles, La Louvière, Mons, Morlanwelz, Quévy, Quiévrain, Soignies et Saint-Ghislain. Le territoire couvert par le contrat de rivière Haine est celui de la Haine et ses affluents. Parcouru par près de 1500 km de cours d'eau, ce territoire a une superficie de 801.4 km².

En 2009, la population s'y élevait à 409 926 habitants avec une densité de population de 511 hab/km².

Le sous-bassin de la Haine se caractérise par une prédominance de cultures et de prairies. La pédologie  y est essentiellement constituée de sols sablo-limoneux.

Ici, les acteurs impliqués dans la gestion du contrat de rivière sont soient des politiques, soient des associations, soient des scientifiques ou encore des utilisateurs des cours d'eau.

 Avec le soutien d'une multitude de partenaires, leur but est de  :

  • Réaliser l’inventaire des dégradations et points d’intérêt sur les cours d’eau
  • Favoriser l’information et la concertation entre les différents usagers de la rivière
  • Participer à la mise en place de la Directive Cadre sur l’Eau (DCE) et donc favoriser la concertation transfrontalière

        La figure que voici présente le territoire du Contrat de rivière Haine.



 Figure 3 : Territoire du Contrat de Rivière Haine (source SPW, 2012)                                           


  •         Sous bassin flamand Bovenschelde

    Erpe-Mere Bovenschelde (ou le Molenbeek)  est un ruisseau et affluent de l'Escaut. D'une longueur de 22 km, il prend sa source à Grotenberge et se jette dans l'Escaut à Wichelen. 

D'une superficie de 52,76 km², son bassin situé dans la province de Flandre-Orientale passe par les communes de Wichelen, Herzele, Lede, Erpe-Mere, Hautem-Saint-Liévin et Zottegem.

    La figure ci-contre présente la Flandre orientale et les communes du bassin du Molenbeek


Flandre-Orientale, en couleur les communes du basin du Molenbeek.

Figure 4 :  Flandre orientale et les communes du bassin du Molenbeek (source : fr.wikipédia.org)                                                           

Carte de référence

Notre zone d'étude concerne le cours principal de l'Escaut côté Belge avant la confluence avec la Lys à Gent, comme le montre la carte ci-dessous.


Schéma spatial



Analyse des enjeux

     Les principaux enjeux du bassin tournent autour de la conciliation entre le développement des activités industrielles et touristiques, ainsi que le maintien d'une qualité d'eau convenable afin de préserver la biodiversité et la santé des populations.

En effet, le bassin de l'Escaut est l'un des bassins les plus pollués d'Europe. La pollution drainée par les cours d'eau affecte même la mer du Nord dont l'état se détériore.

    Les industries sont la principale cause de la pollution du bassin versant, notamment les industries chimiques, textiles et agroalimentaires. Le problème est que 96% des eaux usées de ces industries sont rejetées dans les égouts, sans traitement préalable. Seulement 4% de ces eaux sont reliées à une station d'épuration.  

       En plus de l'industrie, l'agriculture intensive est très développée et élaborée sur l'ensemble du bassin. Elle tente de répondre aux besoins d'une région densément peuplée. Mais l'utilisation massive de produits phytosanitaires et d'engrais abîme les sols et les cours d'eau. Egalement, une forte présence de déchets d'origine domestique, agricole ou industrielle est constatée dans le lit et les berges des cours d'eau. 

    Tous ces facteurs font que le taux de pollution de l'Escaut et de ses nombreux affluents dépasse le seuil de pollution autorisé par les normes européennes concernant les eaux de surfaces. Le taux d'azote et de phosphore  de l'eau est beaucoup trop élevé, et celui de l'oxygène trop faible et trop variant. Les matières en suspension d'origine métalliques (cuivre, le zinc, le mercure et cadmium essentiellement) contaminent non seulement les eaux mais aussi les sédiments et le sol environnant.  A titre d'exemple, des sédiments prélevés ont présentés 4 fois plus de zinc que la limite autorisée. 

    Pour compléter le bilan, le débit des cours d'eau est très faible, dû à un relief relativement plat, les polluants ne peuvent donc pas être évacués rapidement et stagnent. Même si nous étions en région montagneuse, le problème se poserait car les eaux du bassin se déversant dans la mer du Nord, ce ne serait que se décharger de ces responsabilités.

     Les conséquences de l’altération de eaux du bassin sont nombreuses.  Au niveau écologique les conséquences sont désastreuses. En effet, le phosphore et l'azote entraînent l'eutrophisation du milieu. C'est à dire, qu'ils favorisent le développement d'algues qui enrichissent le milieu en matière organique et l'asphyxie (baisse du taux d'oxygène). Ce phénomène entraîne la mort de nombreux animaux et végétaux aquatiques. Ainsi, une forte diminution du nombre d'espèces de poisson est constatée. La biodiversité est donc considérablement réduite.  

Cette baisse de biodiversité crée des problèmes au sein des activités humaines. Les pêcheurs n'ont plus rien à pêcher, et des poissons d'élevage doivent alors être relâchés. En outre, les secteurs du tourisme et des loisirs stagnent. En effet, la population n'a plus confiance en la qualité de l'eau et les acteurs d'activités nautiques en pâtissent.  Quant à la baignade, elle est sans aucun doute la dernière activité envisageable lors des moments de détente. 

        Les rôles et les enjeux du bassin sont tout aussi diversifiés que contradictoires.  C'est un lieu largement anthropisé. Il possède un très vaste réseau de voies de navigation agrémenté d'un grand nombre de barrages et d’écluses. Il doit assurer les attentes de la populations comme celles des industriels et professionnels de l'agroalimentaire. Les cours d'eau sont aussi chargés d'évacuer les eaux résiduaires, et de fournir des eaux de refroidissement pour l'industrie, et de l'eau potable pour les habitants.  Cependant, la vitesse de dégradation des eaux ne permet la durabilité de ce système . Les ressources biotiques s'appauvrissent, les eaux souterraines finiront par être polluées. Quelles eaux pourront alors subvenir aux besoins en eau potable de la population?

        Pour essayer de répondre à tous ces problèmes, en 1994 l'accord de protection de l'Escaut est contracté par la France, les Pays Bas, la Wallonie, la Flandre et Bruxelles, afin d'améliorer la qualité de des eaux du bassin l'Escaut tout en prenant en compte les intérêts communs des différentes parties contractantes. La CIPE (coopération internationale pour la protection de l'Escaut) est créée pour appliquer cet accord.Il s'agit d'une coopération transfrontalière portant un plan de gestion commun de l'Escaut. Ce plan de sauvegarde prend en compte le district hydrographique en entier, c'est à dire les eaux de surface et souterraines, mais aussi les eaux côtières associées au bassin. 

La CIPE appuie sur les points suivants : 

  • L'exécution de la politique intégrée de l'eau par la réelle exécution de mesure, la rédaction de rapport suite à analyse, l’augmentation des connaissance du bassin dans son ensemble
  • La réduction des pollutions et des risques concernant les eaux de surfaces et souterraines notamment par une bonne collecte  et un bon traitement des eaux usées au niveau local et industriel.
  • La protection des écosystèmes
  • La gestion durable des ressources en eaux de pluie, de surface et souterraines
  • La gestion de l'érosion et de l'assainissement des sédiments
  • Le développement durable des installations et des voies de navigation
  • La sensibilisation du public et un développement durable des loisirs et agréments humains
  • La protection contre les inondations (10% d'habitation maximum en zone inondable)
La  CIPE représente un autre enjeu important en plus des précédents.  En effet, cet accord est transfrontalier entre régions qui ont un passé commun plutôt houleux. Une bonne application de toutes les mesures édictées sera un travail difficile à obtenir. Une communication transfrontalière sera nécessaire ainsi qu'un accord et un échange des inventaires, des données et des conclusions tirées.
La bonnes entente entre tous les acteurs de toutes nationalités, et les politiques des différentes régions est la base d'une réussite concernant le bassin.

Analyse sociale et politique - Acteurs

Le tableau ci-après présente l'analyse socio-politique des différents acteurs.

   Agriculteurs  Industries  collectivité  Etat/ politique  Habitants   contrat de rivières  CIPE
 Agriculteurs  L'agriculture, suivi de l'élevage  sont les secteurs les plus développés dans le bassin de l'Escaut. 
L'agriculture est essentiellement intensive (Céréales, fourrage, betterave, maïs...)
 Les industries se situent plutôt près des villes et généralement le long des cours d'eau alors que les activités agricoles sont rependues sur le reste du territoire. Ces 2 secteurs sont très polluants.
Toutefois les agriculteurs doivent exploiter l'eau polluée des industriels
 Collectivités soutiennent les agriculteurs mais essayent de développer l'agriculture biologique sous la pression de la CIPE.  Etat instaure des lois   Les agriculteurs participent aux besoins alimentaires des habitants. Les agriculteurs piochent également parmi les habitants la main d'oeuvre nécessaire pour  les activités diverses


 Les agriculteurs se regroupent avec d'autres acteurs dans les contrats de rivières  coopération transfrontalière pour la préservation de l'Escaut. instaure des mesures, et des échéances que tous les acteurs se doivent d'appliquer pour la gestion durable et  préservation de l'environnement 
 Industries   Les industries se situent plutôt près des villes et généralement le long des cours d'eau alors que les activités agricoles sont rependues sur le reste du territoire. Ces 2 secteurs sont très polluants. 
Industrie souille l'eau dont ce sert l'agriculture
  Seule 4 % de la charge polluante qu'elles génèrent abouti à une station d'épuration publique et 96 % des eaux usées produites sont rejetées en égouts non raccordés à une station d épuration ou directement en eau de surface.
Les industries sont certainement le secteur qui polluent le plus.
Collectivité appliquent les lois de l'Etat mais ont besoin des industries pour assurer leur développement de la région. un certain nombre d'industries sont redevables de la taxe sur le déversement des eaux usées industrielles (Décret instituant une taxe sur le déversement des eaux industrielles et domestiques du 30 avril 1990)   industries nuit à la qualité de vie des habitants en ville. La pollution pose des problèmes sanitaire et environnementaux.
Mais c'est également une activité qui recrute énormément et crée de l'emploi aux autochtones.

  le contrat de rivière réunit les acteurs publics et privés dans le but de créer un programme d'action de restauration et revalorisation des cours d'eaux et de leurs abords. les industries font partis des acteurs.   coopération transfrontalière pour la préservation de l'Escaut. instaure des mesures, et des échéances que tous les acteurs se doivent d'appliquer pour la gestion durable et  préservation de l'environnement 
 collectivité  Collectivités soutiennent les agriculteurs mais essayent de développer l'agriculture biologique sous la pression de la CIPE. L' industrie dégrade l'eau des villes.  collectivités doivent fournir un gros travail  d'assainissement et de potabilisation   Les collectivtés  respectent et appliquent les lois del'Etat. Les collectivités essayent d'assurer le bien être de ses habitants. Cadre de vie agréable, emploi, loisirs, appliques les lois d’imposition de l'Etat  contrat de rivières englobent les collectivités   coopération transfrontalière pour la préservation de l'Escaut. instaure des mesures, et des échéances que tous les acteurs se doivent d'appliquer pour la gestion durable et  préservation de l'environnement 
 Etat/ politique L'Etat a instauré un  système de taxe et subvention vis à vis des afgriculteurs  L'Etat a instauré un système de taxe auquel doivent se conformer les industries  L'Etat édicte des lois que doivent appliquer  les collectivités. L'Etat se conforme aux directives européennes et à celle de la CIPE.   L'Etat a instauré un système d’impôts et de subvention  ne fait pas parti du contrat de rivière   coopération transfrontalière pour la préservation de l'Escaut. instaure des mesures, et des échéances que tous les acteurs se doivent d'appliquer pour la gestion durable et  préservation de l'environnement 
 Habitants Grâce à l'agriculture, les habitants ont de se nourrir . Les habitants ont besoin d'une eau potable mais les les rejets industriels leurs sont nocifs pour la santé. Les habitants respectent es mesures des collecivités    Les habitants respectent les lois et mesuresde l'Etat Les habitants se servent de l'eau à des fins diverses :
- loisirs
- activités ménagères
- ... 
 Font parti du contrat de rivière   coopération transfrontalière pour la préservation de l'Escaut. instaure des mesures, et des échéances que tous les acteurs se doivent d'appliquer pour la gestion durable et  préservation de l'environnement 
 contrat de rivières  regroupent les agriculteurs  regroupent les industriels  regroupent les représentant de collectivités  ne regroupe pas l'Etat. Niveau local  Regroupent les  habitants Les contrat de rivière regroupent tous les différents acteurs. Leur mission est de  favoriser l'information et la concertation entre les différents usagers de la rivières.  coopération transfrontalière pour la préservation de l'Escaut. instaure des mesures, et des échéances que tous les acteurs se doivent d'appliquer pour la gestion durable et  préservation de l'environnement 


Schéma fonctionnel Acteurs / Enjeux / Ressources


Ressources considérée

L'eau est la principale source de vie dans notre bassin versant. Pour construire notre jeu qui simulera différentes situations rencontrées dans la zone d'étude, nous considérons les quatre ressources suivantes :

  • Eau propre : issue de l'ensemble des nappes d'eau souterraines et des écoulements de surface de notre bassin versant, elle est nécessaire au bon fonctionnement des différentes activités. Elle est également indispensable au maintien de la biodiversité.
  • Eau polluée : correspond à l'ensemble des eaux rejetées par les activités du bassin. La France située en amont du bassin rejette également de l'eau polluée. Ainsi, il est difficile que l'eau soit 100% propre même au point le plus en amont de la Belgique. C'est un indicateur de la qualité de l'eau du bassin versant. 

  • Argent : permet le développement des activités et des infrastructures. Les acteurs privés investissent de l'argent dans leurs activités et en tirent des bénéfices. Quant aux autorités publiques, elles investissent au nom de l'intérêt général.

  • La main d'oeuvre : nécessaire pour le fonctionnement des activités, 1 main d'oeuvre = 1$

Modèle des acteurs - rôles

Notre jeu est composé de 4 acteurs différents : une industrie, un habitant, un agriculteur et une institution politique. 


                      Agriculteur
Description  Vous représentez un agriculteur propriétaire dans la région de l'Escaut. Vous pouvez vous implanter où vous le souhaitez sur les endroits prévus à cet effet.
 Objectif  Vous voulez produire le plus possible afin de subvenir aux besoins de la population et tirer un maximum de profits. Vous devez tout de même préserver l'environnement afin de ne pas épuiser vos sols
 Argent Vous disposez de 10$ au début de la partie. A la fin du tour, vous avez vendu vos produits et vous recevez de l'argent 
 Activités   Vous pouvez choisir votre culture : maïs, blé, orge, cultures fourragères, betteraves sucrières ou pommes de terre. Mais attention, certaines d'entre elles nécessitent plus de produits phytosanitaires et d'engrais. A chaque tour vous pouvez déplacer votre culture, la modifier ou en rajouter une. 


                     Industrie
Description Vous représentez une grosse industrie de la région de l'Escaut. Vous pouvez vous implanter où vous le souhaitez sur les zones prévues à cet effet
 Objectif  Vous voulez produire le plus possible
 Argent Vous disposez de 20$ au début de la partie. A la fin du tour vous avez vendu vos produits et vous recevez de l'argent.
 Activités  Vous pouvez choisir votre type d'industrie : textile, chimique, agroalimentaire ou sidérurgique. Mais attention, certaines polluent davantage. A chaque tour vous pouvez déplacer votre industrie, la modifier ou en rajouter une


                    

Habitant

Description

Vous représentez un ménage de la région de l'Escaut. Vous pouvez vous implanter dans la zone urbaine que vous souhaitez

 Objectif 

Vous voulez un accès à de l'eau de qualité pour votre santé et celle de votre famille

 Argent

Vous disposez de 7$ au début de la partie et recevez un salaire de 5$ à la fin de chaque tour

 Activités 

Vous pouvez utiliser l'eau pour vos loisirs, votre jardinage ou encore vos usages domestiques


Pour faciliter le jeu, l'ensemble des institutions politiques sont regroupées en un seul et même acteur. L'acteur autorité publique peut alors aussi bien prendre des décisions à l'échelle nationale que locale.

                     Autorité publique
Description  Vous représentez le maire de votre commune, le préfet de région ou encore le chef de l'Etat selon votre échelle d'action
 Objectif  Vous souhaitez satisfaire votre population en garantissant un accès à l'eau de qualité pour tous et diminuer la pollution. Vous voulez également apaiser les conflits entre les acteurs
 Argent Vous disposez de 30$ au début de la partie. Vous investissez dans des infrastructures et recevez les cotisations de la population à chaque fin de tour
 Activités  Vous avez une multitude d'actions à votre disposition. Vous pouvez créer des stations d'épuration, instaurer des taxes, obliger les industries ou agriculteurs à devenir plus respectueux de l'environnement, fermer des activités.


Modèle des actions

Des modèles d'actions ont été inventé en se positionnant dans plusieurs situations que nous supposons susceptibles de se produire dans la réalité. L'autorité publique possède 7 actions.

        Voici les cartes d'actions de l'agriculteur.

Voici les cartes d'actions de l'industriel : 

Enfin, les actions effectuées par l'habitant sont les suivantes :

Structure du modèle et du jeu

1 plateau représentant notre bassin versant 
5 cartes acteurs 
20 cartes actions 
5 gobelets : 1 pour l'eau en provenance de la Haine, 1 pour l'eau en provenance de la Lys, 1 pour l'eau en provenance de l'Escaut, 1 pour l'argent, 1 pour l'eau sale
Haricots blancs : eau propre 
Haricots rouge : eau sale 
Noix : argent 

Calibration

     Premièrement, lorsque nous avons testé notre jeu pour la première fois, nous avons constaté un certain déséquilibre entre l'argent disponible pour chaque acteur ainsi que le montant des taxes. Par exemple, le joueur habitant devait payer une taxe égale au tiers de son salaire. De plus, l'agriculteur et l'industrie disposaient du même montant d'argent disponible. Nous avons modifié ces données. Désormais, le joueur habitant possède un salaire plus important (5$) afin que le montant de la taxe ne paraisse pas trop élevé. Nous avons également fait en sorte que l'industrie et la collectivité possèdent beaucoup plus d'argent que les autres acteurs afin de refléter au mieux la réalité. 

    Deuxièmement, nous avons eu quelques difficultés à définir une quantité d'eau disponible au départ. En effet, il a été complexe pour nous de faire ressortir le risque de pollution malgré une quantité d'eau non limitante. La pollution trop diluée n’apparaissait pas. Nous avons essayé de définir une quantité d'eau sans qu'elle soit pour autant limitante dans le jeu. Pour cela nous avons adapté la quantité d'eau demandée par chaque activité afin qu'elle ne dépasse pas la quantité d'eau disponible.

Nous avions décider de tester le jeu par des étudiants d'autres facultés pour ainsi finaliser la calibration.

Scénarios/ Règles spécifiques du jeu

    L'objectif de ce jeu est de faire prendre conscience de l'importance de la qualité de l'eau sur un bassin versant. Le but est donc d'obtenir le moins d'unité de pollution possible à la fin du tour de jeu. 

Le jeu nécessite 4 à 5 joueurs et 3 à 4 tours. Un tour représentant un pas de temps de 3 ans.

    En début de jeu, chaque joueur tire au sort pour déterminer son rôle. Ensuite, les joueurs se positionnent où ils le souhaitent sur le bassin versant. Les cartes actions sont distribuées. Les joueurs reçoivent une somme d'argent en fonction de leur acteur (7$ pour l'habitant, 20$ pour l'industrie, 10$ pour l'agriculteur, et 30$ pour l'autorité publique). 

Le joueur qui se situe le plus amont commence, l'ordre de passage des autres joueurs suit le cours de la rivière, excepté pour l'acteur politique intervient à la fin du jeu, lors du constat de la quantité de pollution. 


  • Premier tour

    L'eau qui transite dans notre zone d'étude, en Belgique, provient de la France. Sa qualité dépend directement de ses activités. Pour ce premier tour, on considère que 100% de l'eau provenant de la France est propre. 

On dispose de 40 unités d'eau, dont 10 en provenance de la Haine, 10 en provenance de la Lys et 20 en provenance de l'Escaut France. Les joueurs choisissent une action. Ils donnent à l'animateur (ou le maître) du jeu l'argent dont ils ont besoin pour réaliser cette action.  Ils piochent la quantité d'eau dont ils ont besoin dans le gobelet.

Exemple : Le joueur agriculteur souhaite cultiver du maïs. Cette action coûte 4$ et demande 4 unités d'eau propre. L'agriculteur donne 4$ à l'animateur du jeu, et pioche 4 unités d'eau dans le gobelet. 

Le joueur regarde ensuite quelle quantité d'eau propre et d'eau polluée ils rejettent et  les entrepose dans le verre avec les unités d'eau. 

Exemple : La culture de maïs a consommé 4 unités d'eau propre et en rejette 2 polluées et 1 propre. Le joueur place 2 unités d'eau polluée dans le gobelet. 

Chaque joueur procède la même manière. Lorsque l'agriculteur, l'industrie et l'habitant ont joué, on compte les unités d'eau propre et d'eau sale dans le gobelet. Si l'acteur industrie ou agriculteur tire plus d'eau polluée que le seuil toléré pour exercer son activité, il ne pourra pas la mettre en place, et ne touchera donc pas les bénéfices. Si plus de la moitié de l'eau du gobelet est polluée ou si l'habitant reçoit de l'eau de mauvaise qualité, le joueur autorité publique a le droit d'intervenir. Si non, on passe au deuxième tour. 

Dans le cas où l'autorité publique peut intervenir, elle peut mettre en place le nombre et le type d'actions qu'elle souhaite. Elles seront valables pour le prochaine tour.


Exemple : L'autorité décide de créer une station d'épuration en aval du  bassin, de taxer les joueurs polluant plus de la moitié de ce qu'ils consomment et oblige un agriculteur à se reconvertir à l'agriculture biologique.

Chaque joueur touche ensuite les bénéfices tirés de leur activités, sauf le joueur habitant qui touche un salaire. 

Exemple : L'agriculteur touche 7$ pour le vente de son maïs
  • Deuxième tour

Pour ce deuxième tour, on considère que l'eau provenant de la France est à 25% polluée. On met 30 unités d'eau propre et 10 sales dans le gobelet. 3 unités d'eau polluée arrivent de la Lys et 7 de l'Escaut France. 

Les joueurs jouent de la même façon qu'au tour précédent. Les joueurs peuvent ajouter ou non une activité, la déplacer,  la modifier ou ne rien changer. A la fin du tour, les actions prises par l'autorité publique sont comptabilisées. 

Si plus de la moitié de l'eau est polluée, le politique peut mettre des (nouvelles) actions en place. 

  • Troisième tour 
Pour ce dernier tour, on considère que 50% de l'eau est polluée. On pose 20 unités d'eau propre et 20 d'eau polluée dans le gobelet. 5 unités d'eau polluée arrivent de la Lys et 15 de l’Escaut France.

Le jeu se déroule comme dans le tour précédent. 

Le  quatrième tour se joue dans les mêmes conditions que le troisième tour.

Résultats du test

Nous pouvons constater que sans infrastructure de dépollution, il est quasiment impossible de garantir de l'eau de qualité pour l'ensemble des acteurs. Il s'agit de la mesure avec le plus d'effets notables. Ce serait donc sur ce point qu'il faut investir au niveau national. 

Nous nous sommes également aperçus que la qualité de l'eau de notre bassin versant dépend essentiellement de celle en provenance de la France. Ainsi, si nous n'intégrons pas un seuil de pollution maximal en provenance de la France, les investissements au sein de la Belgique sont nombreux et coûteux. La coopération internationale est donc cruciale dans le bassin versant de l'Escaut, chaque pays ne peut pas agir indépendamment. 

Actions stratégiques complémentaires

En  testant notre jeu, nous nous sommes aperçus que des actions étaient à rajouter. Par exemple, il est inacceptable que l'habitant obtienne une eau polluée pour ses usages domestiques. Nous avons dû rajouter une action de création d'une station de dépollution et de potabilisation spécialement pour les habitants. Ainsi, ils auront la certitude d'avoir une eau de qualité. 

Proposition de stratégie COOPLAN (ES)


Voici notre première stratégie : 



Voici notre seconde stratégie : 



Les 2 stratégies du COOPLAN reposent sur une variation d'échelle spatiale. La première stratégie est basée sur une succession d'actions à l'échelle locale et communale alors que la deuxième s'adapte au niveau communal et national.
Description des actions:
  • Favoriser les cultures plus adaptées à l'environnement et au climat du pays pour limiter les cultures sur-consommatrices en eau, énergie et intrants.
  • Création d'un mini- cycle  de l'eau industriel: chaque industrie doit avoir sa propre station d'épuration pour réutiliser ses eaux autant que possible et ensuite les assainir avant de les rejeter dans le milieu.
  • Inciter la réutilisation pour les activités qui sont peu ou pas sensibles à la qualité de l'eau puis traitement des eaux usées avant de les réintroduire dans le milieu. Création de station d'épuration.
  • Mettre en place une agriculture raisonnée. Imposer aux agriculteurs de réduire leur utilisation d'intrants au strict nécessaire et non à l'épandage excessif.
  • Installer des bassins de phytoremédiation au niveau de l'estuaire et et autour des berges non habitées.
  • Irriguer avec les eaux domestiques usées.
  • Plus de Jachère. Laisser le sol se reconstituer naturellement afin d'être plus fertile et d'éviter l'érosion.
  • Intérêts généraux verts :  réinsertion  passant par des travaux proches de la nature. Aide au compost commun, aux agriculteurs et éleveurs par exemple.
  • Réintroduire la nature en ville en créant des parcs et espaces naturels, des murs et toits végétaux, de l'agriculture urbaine.
  • Recensement de la biodiversité afin d'établir un suivi et pouvoir observer une évolution.
  • Transition obligatoire à l'agriculture biologique et subvention pour la permaculture
  • Campagne de sensibilisation de la population sur les effets de la pollution.
  • Créer un composte commun dans chaque commune où les  entreprises et les habitants peuvent ramener leur déchets et utiliser le terreaux produit en libre accès.
  • Création d'association entre agriculteurs et éleveurs  afin d'échanger les excréments d'animaux  pour le compost contre les invendus de fruits, légumes.. pour nourrir les bêtes. Le but est de réduire les intrants.
  • Dons et crowfunding pour l'environnement.
  • Taxes pollueur-payeur basées sur des directive de la DCE.
  • Mettre en place une structure d'évaluation du degré de pollution de la rivière à l'entrée et  à la sortie du territoire.
  • Favoriser la recherche sur  des alternatives moins polluantes.

Test COOPLAN dans le jeu

   
       Nos stratégies COOPLAN repose sur une articulation d'échelles d'actions différentes. Elles consistent à mettre en oeuvre des actions localement et à les adapter à une échelle plus grande si elles sont efficaces. 

La première stratégie, à l'échelle locale demande une très forte coopération des acteurs du bassin versant. En effet, sans directive nationale ou financement, les actions ne reposent que sur la volonté des acteurs. Néanmoins, si certaines actions sont inefficaces, cela permet de ne pas faire d'erreur en les mettant en place à l'échelle nationale. 

La seconde stratégie, à l'échelle régionale ou nationale, permet de financer les actions efficaces et de sensibiliser la population. La ressource monétaire est davantage sollicitée et peur s'avérer complexe. 

Finalement, la priorité dans notre bassin versant doit être l'arrêt du rejet des eaux usées industrielles dans le milieu. 96% de ces eaux sont rejetées sans traitement. Cette action fait partie des plus coûteu, mais il est crucial que des mesures soient prises à l'échelle nationale pour faire appliquer cette directive. Les industries doivent traiter leurs eaux ou ne pas les réinjecter dans le milieu naturel. Pour le bon état écologique du bassin versant de l'Escaut, la politique doit imposer ce traitement des eaux. L'impulsion politique est ce qu'il y a de plus important, sans cela aucune décision ne sera prise. 



Suivi - Évaluation

    L'objectif du suivi - évaluation est d'évaluer les impacts de l'entente entre les acteurs de la France et de la Belgique sur le taux de pollution de l'Escaut. Pour cela, tout commence par une prise de conscience générale sur l'état des cours d'eau à proximité des aires urbaines. La pollution est devenue tellement importante que les autorités ne peuvent plus fermer les yeux sur ce problème qui menace non seulement la biodiversité mais aussi la santé des citoyens. 

Tout d'abord, les politiques consultent des experts pour relever le taux de pollution des cours d'eau. Ensuite, les scientifiques établissent des seuils de pollution à ne pas dépasser, ces seuils seront ensuite adoptés par les textes officiels et rendus publics. A ce stade nous commençons à inclure les autres acteurs dans les projets de réduction de pollution.

Une concertation entre tous les acteurs est établie pour leur expliquer le but d'un contrat de rivière. Les acteurs se regroupent sous des contrats de rivière pour prendre des décisions communes afin de protéger les cours d'eau contre la pollution. 

Les autorités publiques doivent avertir et sensibiliser les différents acteurs (citoyens, agriculteurs, industriels, tourisme) aux enjeux et conséquences de la pollution. Ensuite, grâce aux mesures  scientifiques préalables, on fixe des normes propres à chaque acteur, qu'il doit respecter.

Durant une concertation préalable, les différents acteurs donnent leur opinion sur la faisabilité des mesures et sur le temps que pourrait prendre la transformation des pratiques de chacun. En s'appuyant sur les avis de tous, les autorités prennent des mesures à différentes échelles. Toutes les mesures de taxation, de redevances et de subventions doivent être préalablement explicitées au public une première fois. Une phase de contestation suit cette première publication. Ensemble, tous les acteurs réajustent les taux et les laps de temps qui leur ont été accordé afin qu'ils s'adaptent aux nouvelles mesures. Puis ils se réunissent pour réajuster les écrits. Les nouvelles mesures sont votées par tous. 

Quelques mois après la mise en place des mesures, une enquête publique est réalisée pour prendre en compte le vécu de chaque acteur.

Prenons maintenant des exemples pour chaque acteurs afin de voir comment le projet se construit sur la base de l'échange entre parties.

Afin de réduire la pollution, les agriculteurs sont dans un premier temps chargés d'utiliser les intrants et produits phytopharmaceutiques de manière raisonnée, pour ensuite passer à l'agriculture biologique, et idéalement à la permaculture ou à l'agro écologie. Cependant, cette transition représente un coût énorme pour les agriculteurs. Les agriculteurs et les autorités doivent décider ensemble d'un temps pour effectuer la transition et éventuellement d'aides ou de subventions. Le public pourrait suivre les différentes étapes de transformation des parcelles en "direct" grâce à un journal régulier.  Bien évidement, il faut aussi prendre en compte la quantité et la nature de la pollution générée par les acteurs ainsi que leur revenu,  la taille de leur entreprise, etc, afin de prendre des mesures adaptées. 

C'est pour cela que les autorités doivent rassembler tous les acteurs et voir comment ceux ci coopèrent (ou pas) entre eux, pour  pouvoir ensuite essayer d'établir une politique se rapprochant le plus possible du cas par cas. Toutes les décisions doivent être exposées au grand jour et accessibles par tous pour ne pas créer de tensions supplémentaires (du fait d'un manque d'information).

Un médiateur ayant connaissance des enjeux du bassin doit servir d'intermédiaire entre les différents acteurs si les échanges deviennent tumultueux.

Il est aussi nécessaire d'établir une communication entre pays afin d'accorder certaines normes. La CIPE doit réunir les acteurs des différents secteurs, mais aussi des différents pays pour comparer leurs difficultés et se faire une idée de la perception qu'ils ont les uns envers les autres. Établir le dialogue à chaque étape d'une prise de décision, lever les préjugés, les à priori et la rancœur que chaque acteur et chaque pays ont les uns envers les autres est un point essentiel à la réussite et à l'amélioration de l'Etat du Bassin transfrontalier.


Bilan


        Cette étude est un cas parmi tant d'autres mais elle illustre bien la complexité de la GIRE. Bien souvent, lorsque des problèmes sont soulevés depuis de nombreuses années, les changements n'opèrent que bien plus tard. Les décisions politiques sont complexes à prendre pour réussir à mettre en place des mesures justes, réalisables et efficaces. La mise en jeu du problème est une initiative ludique et originale de modélisation des interactions entres les différents acteurs. Bien que le travail soit fictif et que les solutions trouvées ne soient pas encore bien fondées, elles pourraient tout à fait être discutables dans la réalité pour en tirer de véritables mesures.


 

Documents supports (types)

  • carte générale
  • usages du sol
  • hydrographie
  • distribution de populations
  • activités économiques
  • productivité des activités agricoles
  • tous rapports sur le cas
  • des photos éventuellement

Bibliographie

  • http://www.enseignement.be/index.php?page=23827&do_id=3161&do_check=
  • http://contratderiviere-escaut-lys.over-blog.com/pages/Le_Contrat_de_riviere_EscautLys-5509072.html
  • http://www.terretous.com/interview-de-mme-kapompole-presidente-du-contrat-riviere-haine/
  • https://fr.wikipedia.org/wiki/Molenbeek_(Erpe-Mere_Bovenschelde)
  • www.contratrivierehaine.com/
  • http://www.crescautlys.be
  • http://www.integraalwaterbeleid.be/fr
  • http://docplayer.fr/5347331-Programme-d-actions-2014-2016-du-contrat-de-riviere-escaut-lys.html
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