G12 Haut Jourdain




Participants

Encadrant

Emeline Hassenforder Irstea 
  
Membres du groupe de travail  
  • Corentin Piccoli 
  • Florian Moscatello
  • Thiméo Albertin
  • Thomas Gendron 
  • Tonye Nliba Rose 

Présentation générale

    Dans certains pays ou régions du monde, l'eau constitue une ressource vitale qui doit être gérée efficacement pour permettre un développement global et éviter toutes formes de conflit d’usage. C'est le cas de notre zone d'étude, avec le bassin du Jourdain qui crée des conflits entre les différents pays qu'il borde. Emblématique et légendaire, le fleuve constitue également l’unique source d'eau pour ces  pays qui en font grand usage.


    Depuis le Mont Hermon qui est sa source, le Jourdain parcourt 21 km sur le territoire Libanais. Il traverse alors la frontière Israélienne, et arrive à l’emplacement du lac asséché Houleh. 3 affluents que sont le Hasbani de source Libanaise, le Banias  de source Syrienne, et le Nahr Leddan communément appelé Dan de source Israélienne convergent pour former le haut Jourdain. Morphologiquement, le bassin a une longueur de 93 km environ, et une superficie égale à 18 300 km2 selon Ayeb (1993, p. 48), il s’écoule en direction du Sud pour se jeter dans le lac Tibériade. Il parcourt une dizaine de kilomètres après pour recevoir les eaux de son affluent principal, le Yarmouk. En plus du Jourdain comme source, le lac Tibériade reçoit également  des eaux provenant de nombreux autres cours d’eau, notamment ceux du Golan. Celui-ci est un territoire Syrien annexé par l’Etat d’Israël après la guerre de 6 Jours. Sous un débit théorique estimé en moyenne à 1400 millions de mètre cube par an (Mm3/an), le fleuve parcourt une distance d'environ 360 km avant d’atteindre son embouchure final qui est la Mer Morte. Suite à de nombreux prélèvements que subissent la ressource le long de son parcours, le débit observé  à l'exutoire n’est plus que de 160 Mm3/an. Ces prélèvements s’expliquent au travers des constructions d’ouvrages qui ont été réalisées autrefois.


    Parmi elles, nous pouvons évoquer la construction du National Water Carrier (NWC) en 1964 par l’Etat d’Israël. Le NWC permet d'alimenter ses villes et l'irrigation dans le désert du Néguev. Nous pouvons également citer la construction par l’état Syrien de nombreux barrages sur l'amont du Yarmouk, et la construction, par l’état de la Jordanie, du canal le King Abdullah, afin de dériver les eaux en avals du Yarmouk dans son pays (cf Carte de référence). En plus de cela une quantité très importante d'eau s'évapore, et représenterai environ 300 MCM rien que pour le lac Tibériade.

    Par ailleurs les conditions climatiques sur l’ensemble du bassin versant sont assez variables selon le pays et la position géographique. Ainsi on note une pluviométrie moyenne égale à 380 mm/an sur l’ensemble du bassin. Les valeurs sont estimées à 1400 mm/an pour la région du Nord, et 100 mm/an pour la région du Sud. Ces différences de pluviométrie sont en partie dues à l'altitude des territoires.Celle ci est élevée en zone Nord et en dessous du niveau de référence en zone Sud (-200 m d'altitude).
    Cependant, notre étude étant centrée sur la partie du Haut-Jourdain, les analyse que nous ferons par la suite prendront essentiellement les acteurs concernés dans cette zone d’étude. Nous savons pertinemment que les enjeux de l’eau dans la partie du Bas Jourdain sont fortement liés à la gestion du bassin supérieur (2/3 du débit total du fleuve). Avec ces informations à portée de main, nous pourrons par la suite comprendre les enjeux qui peuvent peser sur cette région et les conflits d'intérêts entre les différents pays.


Tableau récapitulatif de données du bassin du Jourdain :


Riparian countries

Israel , Jordanie , Liban , Syrie , Palestine

Basin Areas Shares

Is 10% , jordan 40 % , Lebanon 4 % , Palestine 9 % Syria 37 %

Basin Area

18 285 km²

River Length

223 km

Mean Annual Flow volume

Natural conditions (1950s)

Current conditions

Upper Jordan River

605 MCM/Y

616 MCM/Y

Lac Tiberias à l'exutoire

600 – 700 MCM/Y

50 - 100 MCM/Y

Yarmouk River

450-500 MCM/Y

83-99 MCM/Y

Lower Jordan River

1.300 MCM/Y

20-200 MCM/Y

Main Dams

45 (FCS ~ 390 MCM)

Basin Population

7.18 million

(MCM : Million cube meter ; FSC : Full Storage Capacity)

Carte de référence

    La carte suivante fait état du découpage administratif dans la partie du Moyen Orient , et délimite également le bassin du Jourdain. 


Source : L’eau de surface en Palestine - http://www.passia.org/

Schéma spatial

Analyse des enjeux

    Le Moyen-Orient est dans sa presque totalité, situé dans une zone aride, où les pluies sont rares et l'évaporation intense. La région a connu ces dernières années, notamment de 1989 à 1991 et depuis 1999, des périodes de sécheresse particulièrement importantes et préjudiciables à l’agriculture.

    L’eau est intimement liée à l’historique de la région, du fait qu’elle constituait déjà dans les années antérieures un enjeu majeurs des conflits. Cela pouvait être perçu au travers du discours prononcé par Chaïm Waizmann le leader de l’Organisation sioniste mondiale en 1919 lorsqu’il adressa au Premier ministre anglais Loyd George la lettre suivante : « Tout l'avenir économique de la Palestine dépend de son approvisionnement en eau...». Ce fait valable en 1919 l'est encore plus aujourd'hui étant donnée l'évolution de la région.


    « De moins en moins d'eau mais toujours plus de demande » résume bien la situation de la région. Le Jourdain qui constitue le principal réservoir d'eau de la région présente plusieurs inconvénients :

- Son cours n'est pas navigable car son niveau est actuellement trop bas. Ce ne fut peut être pas toujours le cas, cependant il y a peu de chance que cela change.

- Il est difficilement aménageable

- Ses eaux sont polluées par les rejets agricoles et les rejets domestiques. La région n'est presque pas dotée d'usine pour traiter les eaux souillées, ce qui engendre des dégâts considérables dans l'environnement.

- A force de pomper dans les aquifères de la région , des mélanges d'eaux douces et salées, auparavant distinctes, entraînent une salinisation des aquifères exploités. Cela a pour     conséquence d'augmenter le prix de l'eau, car, en plus de devoir l'extraire des aquifères, il faut aussi la désaliniser.  

    La problématique de l’eau dans cette région tient essentiellement à la convergence de certaines contraintes particulièrement fortes :   

→ Un déficit global des ressources chaque année. La région utilise plus qu'elle ne reçoit chaque année. Elle tient le coup grâce à des aquifères profonds et « peu » renouvelables. Il est important de noter que la moyenne sur le bassin n'a que peu de sens car la différence entre les bassins supérieurs et inférieurs est très importante. Tandis que le bassins supérieur semble à l'équilibre, le bassin inférieur est en déficit. Cela est partiellement lié aux dérivations par les canaux Israéliens dans la partie supérieur.

→ Une démographie dont la croissance entraîne une forte augmentation de la demande en eau.

→ Un fleuve de plus en plus pollué dans le temps et le long de son cours. Ceci est notamment dû à l'agriculture ou aux rejets sauvages dans l'environnement des villes et des usines.

→ La complexité des structures géologiques et des systèmes hydriques.

→ Le changement climatique pousse les pays à se projeter dans les décennies à venir la gestion de l'eau.

→ Une inégalité des pays dans l'accès à la ressource disponible. Cela s'explique notamment par une différence de développement économique. Les coûts pour dessaler l'eau, pour une irrigation performante ou ceux pour un  réseau limitant les pertes aux maximum ne sont pas à la portée de tout pays.

→ Des types de consommations très différents. Les Jordaniens économisent leur eau de manière drastique via des rationnements importants. Les Israéliens lavent leur voiture, construisent des centres aquatiques ou, plus simplement, ont parfois l'eau courante. Ils n'empêchent que malgré cette impression d'abondance d'eau , la région entière est considérée comme en stress hydrique définie par le seuil de 1000 m³/hab/an par la FAO. Israël étant à 282 m³/hab/an et la Palestine à 79 m³/hab/an

        De nombreux changements ont eu lieu et de nombreux risquent d'avoir lieu dans les années à venir : augmentation de la population, des besoins, épuisement des réserves, changement climatique etc … De nombreuses solutions sont donc à trouver et à appliquer pour éviter que la voie militaire règle les conflits, en supposant que cela n'aggrave pas le tout.

        Le principal enjeu de l’eau dans la région est celui du contrôle des ressources hydrauliques.  Rappelons que la première opération commando de la branche armée du Fatah de Yasser Arafat fut dirigée, dans la nuit du 31 décembre 1964 au 1er janvier 1965, contre la canalisation qui va du lac de Tibériade au désert du Néguev. Cependant depuis sa création en 1948 , l'Israël s'est agrandie à plusieurs reprises et a ainsi mis la main plus ou moins sur tout le Haut Jourdain. La figure X présente l'évolution du contrôle sur la ressource durant le dernier demi-siècle.

source : Hydro-­‐political Baseline of the Upper Jordan River, The Association of the Friends of Ibrahim Abd el Al Mark Zeitoun, Karim Eid-­‐Sabbagh, Muna Dajani, and Michael Talhami.

Analyse sociale et politique - Acteurs

analyse sociale et politique.xlsx.xlsx

Schéma fonctionnel Acteurs / Enjeux / Ressources

    Schémas des acteurs :

https://drive.google.com/file/d/0B8LJm1NkZeTueXJXazlRNHpaQzQ/view?usp=sharing


    Schémas des ressources :

https://drive.google.com/open?id=0B8LJm1NkZeTuekw1Tm5QMUFydWs


Ressources considérées

    Pour la réalisation de notre jeu, nous avons opté pour les ressources suivantes.

Quantité d’eau:

La quantité d’eau est un paramètre essentiel qui représente la quantité d’eau disponible dans les fleuves et dans le lac de Tibériade. Cette eau est indispensable pour le quotidien des habitants, pour les cultures irriguées ainsi que pour les diverses industries. La quantité de cette eau diminue depuis de nombreuses années, alors que celle ci reste essentielle à l’ensemble des acteurs du jeu.

Cette ressource sera représenté sous la forme de

La quantité d’eau impacte également sur sa qualité. En effet , par phénomène de dilution, lorsque la quantité d’eau diminue, la pollution de ce celle ci risque d’être plus importante.


Qualité d’eau:

La qualité de l’eau est dépendante de ses paramètre chimiques. si la pollution rejetée dans l’eau est trop importante, la qualité de l’eau sera moindre.


La qualité de cette ressource impacte l’ensemble des acteurs.

Par exemple, l’utilisation d’une eau de faible qualité peut engendrer des produits agricoles ou manufacturés impropres à la consommation / l’utilisation  ou à l’export.

Cette eau de mauvaise qualité peut également être néfaste pour l’organisme, impactant directement les populations et le tourisme.


L'eau pure sera représentée dans notre jeu sous la forme de graines de haricot blanc.

L'eau salée sera représentée sous forme de grains de maïs.

L'eau polluée sera représentée sous forme de graines de haricot rouge.

Là encore, au début du jeu, la quantité d’argent sera réparti proportionnellement à la richesse du pays.
Cette ressource est représentée sous forme de haricot rouge dans notre jeu.

Savoir et technicité :

“Le savoir c’est le pouvoir” selon la citation bien connue dans Titanicus. Dans notre cas de figure, cette ressource correspond au niveau de savoir et de technique que maîtrise un acteur. Les différents pays présents dans notre jeu ne commencent pas avec le même niveau de technicité. En effet, certains utilisent déjà des techniques que d’autres ne connaissent ou ne maîtrisent pas.


Conscience collective de l’eau:

Nous avons considéré cette ressource subjective. Nous la définissons comme indicateur de connaissance des populations vis à vis de la bonne gestion des ressources en eau. Elle diffère pour chaque individu et est dépendante de la culture, des croyances, du vécu et du ressenti.

Cette ressource permet d’améliorer l’acceptabilité d’actions impopulaires à l’échelle individuelle pour le bien commun.

Dans le cadre de notre jeu, nous considérerons une conscience collective différente selon les pays.


Argent : L’argent étant le nerf de la guerre, nous l’utiliserons dans notre jeu. Cet argent permet d’acheter et d’entretenir des infrastructures, de développer de nouvelles techniques, de réaliser diverses actions.

Modèle des acteurs - rôles

Dans le cadre du jeu, nous avons considérés différents acteurs. Le nombre d’acteurs peut être adapté au nombre de joueurs effectifs.


Les Etats : L’ensemble des joueurs est réparti selon trois pays différents. Ils doivent interagir. Au sein du même pays, il doivent se répartir les emplacements ainsi que l’argent récupéré à chaque tour.

Afin de correspondre au mieux à la réalité, le Liban, l’Israël et la Syrie commencent avec une répartition des ressources différentes, plus représentative de la situation actuelle.

But : Assurer et pérenniser le développement économique du pays et le bien être des populations tout en respectant le droit d’accès à l’eau des autres pays. L’impact du pays sur la ressource en eau doit donc être modérée, que ce soit sur la qualité de l’eau (pollution, salinisation faible) ou en terme de quantité.

Dans le jeu, ces contraintes s’illustrent par l’intervention possible de l’ONU dans le cas d’un différend, ou par l’arrêt du jeu si la quantité d’eau dans le lac Tibériade est trop faible.


-Israël : Pays dont le développement économique est important, et où les infrastructures sont déjà mises en place. Le pays possède des connaissances techniques dans le domaine de l’eau plus importantes que ses voisins. Il possède un accès au lac Tibériade.

Celui-ci a également une contrainte supplémentaire par rapport à ses voisins. En effet, un de ses objectifs est de pouvoir faire fonctionner le NWC. Si ceci n’est pas respecté, il y a pénalité financière pour l’Israël.

-Syrie : Pays avec un développement économique plus faible que l’Israël, il souhaite développer économiquement ses activités industrielles, touristiques et agricole grâce à l’apport en eau du fleuve Jourdain et de son affluent, le Banias. Dans le cas de notre plateau de jeu, il est représenté par la région du Golan. Il possède un accès au Lac Tibériade.

L’objectif est de développer la région du Golan, actuellement vierge d’infrastructure, tout en respectant les prérogatives de l’ONU.

-Liban : Pays ayant également un développement économique moindre que l’Israël, il cherche à développer la région du Haut Jourdain, grâce à l’apport en eau du Hasbani, affluent du Jourdain. Tout comme la région du Golan, la région du Haut Jourdain est vierge d’infrastructure. Elle doit être développée par le Liban en respectant les prérogatives de l’ONU.


Au sein de chaque pays, il est possible d’ajouter 1 acteur qui comprend 3 activités (industrielle/touristique/agricole). Lorsqu’il y a plus de 3 joueurs, il nous semble judicieux de commencer par répartir les joueurs de façon à ce que l’Israël soit joué par plusieurs acteurs.

Dans le cas de 2 joueurs par pays, l’un d’entre eux aura la tâche de développer les infrastructures économiques et l’autre aura en charge le développement de la recherche et des infrastructure d’exploitation/traitement de l’eau. Par défaut, la répartition des richesses du pays sera de 50/50. Il est possible que les joueurs répartissent leur richesse différemment, si les deux sont en accord.


Modèle des actions

    Comme dit précédemment, nous avons deux acteurs par pays. Il y a l’Etat, en charge des activités de dépollution, des centres de recherche,et des infrastructures alimentant en eaux les autres activités. L’autre acteur, appelé Economiste, incarne l’économie du pays et va devoir gérer l’agriculture, l’industrie et le tourisme.


Le tableau suivant présente les diverses activités utilisables par acteur :

Acteur :         


Nom de l’activité :

Besoin :

Revenu :

Remarque

Etat

NWC

8 richesses

8 gouttes (indifférenciées)

12 richesses

Doit être utilisé à chaque tour (taxe en contre partie)

Station de traitement

2 richesses

3 gouttes (salée exclus)

3 gouttes pures

Echec activité si goutte salée sélectionnée

Usine Dessalement

4 richesses

3 gouttes (indifférenciées)

3 gouttes pures


Pompage dans les nappes

2 richesses

3 gouttes (aléatoires)


Récupérateur rosée/pluie

1 richesse

2 gouttes pures

Année sèche: 1 goutte

Centre de recherche

4 richesses

2 savoirs


Réseau de distribution

2 richesses

4 gouttes (indifférenciées)


Economiste

Culture A

Avoir 1 de savoir

1 richesse

3 gouttes (salée exclues)

3 richesses

2 gouttes polluées

Echec activité si goutte salée sélectionnée

Culture B

Avoir 4 de savoir

2 richesses

2 gouttes (salée exclues)

3 richesses

1 goutte polluée

Echec activité si goutte salée sélectionnée

Culture C

Avoir 8 de savoir

2 richesses

1 goutte (salée exclues)

3 richesses

Echec activité si goutte salée sélectionnée

Industrie A

Avoir 1 de savoir

1 richesse

3 gouttes (salée exclues)

3 richesses

2 gouttes polluées

Echec activité si goutte salée sélectionnée

Industrie B

Avoir 4 de savoir

2 richesses

2 gouttes (salée exclues)

3 richesses

1 goutte polluée

Echec activité si goutte salée sélectionnée

Industrie C

Avoir 8 de savoir

2 richesses

1 goutte (salée exclues)

5 richesses

Echec activité si goutte salée sélectionnée

Camping

1 richesse

2 gouttes pures

2 richesses

1 goutte polluée


Hôtel

2 richesses

2 gouttes pures

5 richesses

2 gouttes polluées



Structure du modèle et du jeu

Le modèle de jeu que nous avons conçu s’apparente à une réalité qui existe actuellement sur la partie du haut Jourdain. Il prend en compte les acteurs des Etats de la Syrie, du Liban et d’Israël. Il illustre les différents scénarii de gestion de la ressource qu’il pourrait y avoir sur le fleuve,en saison sèche, normale ou humide.  Ce jeu a été construit à l’aide de matériaux provisoires tels que des cartons, des haricots, des graines de maïs, pouvant faciliter sa mise en œuvre. Ainsi pour le cas du bassin du Haut Jourdain, le jeu comprend les parties suivantes:

    Un plateau de jeu : Il présente le fleuve Jourdain en sa partie supérieure jusqu’au Lac Tibériade, et ses affluents.  Nous pouvons notamment distinguer le canal NWC qui est une dérivation actuel du Jourdain faite par l’Etat d’Israël dans le cadre de son ambitieux projet de création d’une ville verte au désert du Néguev. Des cases noires définissent des emplacements pour des installations d’infrastructures tels que des récupérateurs de rosée, ou des stations de pompage dans
    

    Une fiche d’activités : Les activités sont au choix pour chacun des acteurs au début des parties. Nous avons considéré qu’au premier tour, l’Etat d’Israël démarrera avec des activités déjà installées (cf Règles Spécifiques du Jeu).
Quant aux deux autres Etats, ils commencent la  partie sans aucune activité en place sur leur territoire mais avec un savoir de recherche de 2pour le développement des cultures de type A (technique par aspersion).

Comme règle préétablie nous avons décidé que pour toute activité non fonctionnelle pendant deux années successives, cela conduirait à un arrêt de l’activité.

La monnaie : Elle est matérialisée à travers des graines de haricots rouges. Au début de la chaque partie, les joueurs pourront choisir librement d’investir dans des activités de leur choix.


Trois petits sacs : Les acteurs pourront collecter leur richesse à la fin de chaque partie, et les communiquer au maître du jeu qui est chargé de faire des arbitrages.

Trois sachets de plastique : Les sachets matérialisent la quantité d’eau dans la rivière, dans la nappe phréatique et celle dans le lac Tibériade.

Les gouttes d’eaux pures : Elles sont symbolisées par des graines de haricots blancs

Les gouttes d’eau polluées : Elles sont symbolisées par des graines de haricots de couleur noires

Les gouttes d’eau salées : Elles sont caractérisées par des graines de maïs de couleur jaune.

Notons que ces gouttes d’eau sont choisies de manière aléatoire par les acteurs du jeu.
Dans ces sachets on distingue des gouttes d’eau pures, des gouttes d’eau polluées, et des gouttes d’eau salées.

    Une casserole de couleur noire : Elle remplit la fonction de cagnotte.Le maître du jeu s’en servira afin de collecter de l’argent investi dans la mise en place ou le fonctionnement des activités par les acteurs. Il l’utilisera aussi pour la collecte des taxes auprès des acteurs, au cas où l’eau à la sortie du lac serait à moitié polluée.



Un dé à six faces : Le dé ne sera lancé qu'à partir du deuxième tour afin de préciser la nature de la saison de l’année en cours (humide/normale/sèche).

Lancé dé

1 point

Lancé dé

2 points

Lancé dé

3 points

Lancé dé

04 points

Lancé dé

05 points

Lancé dé

06 points








         Le même dé sera utilisé afin d’évaluer le montant de la subvention à allouer aux Etats par l’ONU (cf Règles Spécifiques du Jeu). Le montant minimum étant de 6 et le maximum de 12.

Scénarios

Notre jeu se place dans un contexte où la paix a été ramenée dans la région du Jourdain. Suite à la signature d’une charte de “bonne conduite”, la région du Golan a été restituée à la Syrie. Le développement de la zone est issue d’une gestion commune des ressources pour le bien commun.

L’explication qui suit est un exemple parmis d’autres de partie possible (indépendantes de la vidéo).

Le premier tour et le deuxième tour sont des années climatiques normales. Israël commence avec diverses activités sur son terrain. (Plus de détail : cf. Règles Spécifiques du Jeu)

Premier tour : (Année normale)

  • Les acteurs du Liban et de la Syrie (min 1, max 2 par pays) commence par choisir une activité de leur choix dans leur domaines. Cette première activité est offerte par le maître du jeu (ONU) comme aide au développement. (Liban prend récupérateur d’eau de pluie/rosée et la Syrie prend une station de pompage dans la nappe).

  • L’Israël a décidé de n’acheter aucune nouvelle activité ce tour-ci pour faire fonctionner toutes ces activités.

  • Le Liban et la Syrie ont décidés d’investir respectivement dans deux cultures A (coût total  : 6 ) et dans deux Industries A (coût total: 6).

  • Une fois les investissements effectués par les acteurs, il décide quelles activités faire fonctionner durant le tour à venir. Ils décident de tout faire fonctionner.

  • A la fin des investissements, plus aucun pays n’a d’argent. Ce qui est risqué en cas d’amende pour mauvais état écologique.

  • On suppose que tout ce passe bien , chaque activité a fonctionné. La qualité de l’eau en sortie du lac Tibériade a respecté les normes environnementales. Les joueurs gagnent l’argent que leurs activités leur rapportent.


Bilan premier tour:

  • Israël n’a pas gagné d’argent, comme prévu, dans le cas de figure où elle active toutes ses activités initiales.

  • Liban et Syrie ont gagné un peu d’argent (6 chacun , 3 par activités rémunératrices).

  • La quantité et la qualité du lac n’a pas varié significativement et la nappe ne s’est pas salinisée.

  • Aucun conflit sur la ressource n’a eu lieu.


Deuxième tour :

  • En tout premier, instauration de la subvention internationale pour le développement du Liban et de la Syrie. A l’aide d’un dé, nous avons déterminé que la subvention sera de 6 richesses par pays. (cf. Règles Spécifiques du Jeu).

  • Investissement dans de nouvelles activités et mise en fonctionnement des activités souhaitées par les acteurs. La Syrie et le Liban investissent dans la recherche grâce aux subventions. Israël délaisse la recherche pour installer un Hôtel.

  • Le déroulement du second tour se passe sans affrontement et sans pertes significatives. La qualité du lac et de la nappe est stable, le Bas-Jourdain est en bon état écologique.


Bilan deuxième tour :

  • Liban et Syrie débloque le niveau 4 de recherche, accèdent donc à la culture B et à l’industrie B.

  • Certaines activités n’ont pas fonctionné ce tour ci, ou ont été en échec. Au tour prochain si elles ne fonctionnent pas elles seront détruites.


Tour trois et suite possible :

  • L’israël commence à recevoir des subventions comme la Syrie et le Liban.

  • La troisième année est une année sèche. Cependant la pression sur la ressource en eau est plus forte car les pays ont investi dans des activités alimentées par les nappes phréatiques et qu’il a peu d’eau. Ainsi la nappe et le lac se salinisent, le niveau du lac diminue. Certaines activités sont en échec. Par chance, aucune activité n’est détruite.

  • Des conflits ont eu lieu durant ce tour mais se sont réglés pacifiquement pour minimiser les pertes de chaque côté.

  • Dans les tours suivants, des négociations ont eu lieu pour partager la ressource entre les différents acteurs en fonction de ce qui était vital pour le maintien de leur activité économique. Il y eu des moments difficiles mais grâce au développement de la recherche et du dialogue, des innovations technologiques ont permis le développement des pays tout en respectant leurs voisins et leur environnement.

Calibration

Les quantités d’eau de chaque tronçon (Hasbani , Dan , Banias , Bassin Versant , Canal du Yarmouk, NWC ) ont été calibré pour correspondre aux débits réels. Nous avons donné à chaque tronçon un pourcentage de part d’eau qui dépend de la quantité réelle présente. Pourcentage que nous appliquons ensuite à la quantité d’eau totale en fonction des aléas climatiques pour distribuer l’eau sur le plateau.

    Pour rendre compte de la salinisation, nous avons calibré l’apport de sel dans la nappe en fonction du type de climat durant le tour. Une année sèche salinise la nappe plus qu’une année humide.

    La quantité d’eau présente dans le lac, sur le plateau et dans la nappe a été calibrée en fonction des difficultés rencontrées dans nos parties. Nous avons par exemple décidé de diviser par deux la quantité d’eau total sur le bassin car nous ne rencontrions pas assez de tension entre les acteurs.

Dans le même but, nous avons revu nos aléas climatiques, nous avions autant de chance d’avoir chaque type de climat. Dorénavant, nous avons plus de chances d’avoir des années sèches , un peu moins de normales et  peu d’années humides.

    L’argent du Liban et Syrie a été calibré pour permettre un développement économique moyen et de la recherche en parallèle. C’est pour cela que les joueurs ont en moyenne plus de 10 de richesse.

L’argent a été calibré pour Israël pour lui permettre de faire fonctionner toutes ces activités. Celles-ci nous semblaient obligatoires dans un pays avec un niveau économique plus important que ses voisins.

Les subventions sont là afin de permettre le développement du Liban et de la Syrie. C’est pour cela que leur montant a été calibré afin de leur permettre au minimum un petit investissement ou une recherche ( coût : 4 de richesse).

La quantité de savoir donnée par chaque centre de recherche a été doublé ( de 1 à 2 ) pour permettre un accès plus rapide au nouvelles technologies. A condition d’avoir investi dans la recherche à chaque tour, l’Israël peut alors débloquer les activités de type C au quatrième tour, le Liban et la Syrie au cinquième.

Règles spécifiques du jeu

Modalités :

Le jeu peut se jouer de 3 à 7 personnes:

  • un maître de jeu

  • un joueur incarnant l'État Libanais

  • un joueur incarnant l’activité industrielle/touristique/agricole libanaise

  • un joueur incarnant l'État Syrien

  • un joueur incarnant l’activité industrielle/touristique/agricole syrienne

  • un joueur incarnant l'État d’Israël

  • un joueur incarnant l’activité industrielle/touristique/agricole israélienne

    Les interactions entre joueurs sont autorisées dans la mesure de la pertinence et du raisonnable (concertation, prêt d’argent, arrangement quelconque). Il appartient au maître de jeu de décider de la pertinence de l'interaction.

    Si le nombre de joueur est inférieur à 7, s’assurer que tous les pays sont représentés au moins par un joueur et qu’un joueur soit le maître de jeu. Il est conseillé au maître de jeu d’avoir suivi une formation préalable pour assurer correctement son rôle durant la partie. Si le nombre de joueurs disponibles le permet, il est conseillé de commencer par affecter en priorité 2 joueurs à Israël avant d’affecter 2 joueurs aux autres pays. En effet Israël est le pays le plus complexe à gérer au départ.


Règles cadres :


Activité/richesse

  • Chaque pays possède l’activité Recherche par défaut

  • Activités par défaut d’Israël => 1 station d’épuration, 1 hôtel, 1 usine de dessalement, 1 pompage dans la nappe, 2 culture B, 1 installation de pompes, le canal NWC

  • Le Liban et la Syrie ne commencent avec aucune autre activité. Au début du tour 1, pour chacun des 2 pays, à le choix d’une activité gratuite quelle qu’elle soit

  • Le coût d’installation d’une activité est de 3 de richesses

  • Si une activité est en échec quelque soit la raison, l’eau passe à travers cette activité et retourne dans la rivière ou le lac.

  • Toute activité qui est en échec durant 2 tours est démantelée sans gain d’argent

  • Toute activité qui n’est pas utilisée durant 2 tours est démantelée sans gain d’argent

  • On ne peut pas installer d’activité le long des affluents, sauf exception accordée par le maître du jeu

  • Démanteler/déplacer un activité => 1 de richesse

  • Richesses de départ pour les pays => Israël (26), liban (10) et syrie (10)

  • Recherche de départ pour les pays => Israël (4), liban (2) et syrie (2)

  • Si le canal NWC n’est pas utilisé lors d’un tour, Israël paie 6 de richesse

  • Des subventions internationales (d’une institution internationale) interviennent à partir du tour 2 pour le Liban et la Syrie. Le montant minimum (de base) de ces subventions est de 6 et le maximum 12. Un jet de dé pour déterminer le montant supplémentaire que l’on ajoute au montant minimum. Lorsque le nombre total de subvention à partager entre les acteurs n’est pas divisible par 2 (ce même nombre d’acteur), on arrondit au nombre supérieur (ex : jet de dé = 3, 6+3 = 9, 9 pas divisible par 2 => 10/2 = 5, donc on donne 5 de richesses aux pays concernés). Ainsi chaque acteur peut gagner entre 4 et 6 de richesses.

  • Des subventions internationales (d’une institution internationale) interviennent à partir du tours 3 pour Israël selon les même modalités que pour les 2 autres pays. Seulement on ajoute 6 de richesses aux subventions, elles vont de 12 à 18. Au lieux de diviser les richesses en 2 nous les divisons en 3, les joueurs ont toujours les mêmes possibilités de gain (4 à 6 de richesses).


Ressource en eau (en gouttes d’eau)
  • Eau de départ (année normale) => Hasbani 2, Dan 3, Banias 2, BV 4, canal Yarmouk 2

  • Eau de départ (année sèche) => Hasbani 1, Dan 2, Banias 1, BV 3, canal Yarmouk 1

  • Eau de départ (année humide) => Hasbani 4, Dan 5, Banias 3, BV 6, canal Yarmouk 3

  • La première année (tour 1) est une année normale

  • Détermination année sèche/normale/humide à partir du 2ème tour avec un jet de dé => sèche (1 à 3), normale (4 à 5), humide (6)

  • Il n’est pas possible d’avoir 2 années humides consécutives. Jet de dé pour déterminer si c’est une année sèche/normale => sèche (1 à 3), normale (4 à 6)

  • Les ressources de départ dans la nappe sont de 12 gouttes pures, 3 gouttes salées

  • Lors d’un pompage dans la nappe, on recharge immédiatement de 3 gouttes comme suit => 1 goutte pure/2 gouttes salées (année sèche), 2 gouttes pures/1 goutte salée (année normale), 3 gouttes pures (année humide)

  • Les ressources en eau initiale dans le lac Tibériade sont de 24 gouttes pures, 6 gouttes polluées, 6 gouttes salées

  • Un débit de sortie du lac Tibériade doit être maintenu chaque tour. Pour cela le maître de jeu pioche 6 gouttes d’eau dans la réserves du lac qui sortent du jeu

  • Si le débit de sortie du lac Tibériade est inférieur à 6 gouttes (quelque soit sa qualité), on assiste à une catastrophe écologique => Le jeu sera alors perdu pour l’ensemble des joueurs

  • Si plus de 3 gouttes d’eau sortant du lac sont polluées/salées, chaque pays paie une taxe de 1 de richesse.


Précisions :

  • Sur les cartes activités : gouttes bleues = gouttes d’eau propres, gouttes vertes = gouttes d’eau polluées (salée), gouttes rouge = gouttes d’eau salée,

  • Activité pompage dans la nappe : On fait d’abord les activités avec l’eau issue du pompage que l’on peut distribuer comme on veut parmi les activités auxquelles ceux-ci sont liés. Si des activités sont en échec par manque d’eau alors on compense avec l’eau provenant de la rivière que l’on pioche aléatoirement dans le sachet “Réserve” de celle-ci.

Résultats du test

    Trois différentes phases de test ont été mises en place lors de la conception du jeu, (chronologiquement) la phase de tests croisés, la phase de tests au sein de l’équipe et la phase de tests avec joueurs lambda. Il est intéressant d’observer que les problèmes/axes de travail diminuent dans le temps et que leur nature change.


Phase de tests croisés

    Cette phase s’est déroulée lors des différents workshops en classe organisés par l’équipe pédagogique. Pour rappel, 1 membre de notre groupe devait faire jouer notre jeu 4 à 5 membres d’autres groupes. Le jeu n’était alors qu’une esquisse et cette étape a principalement permis de déterminer les aspects positifs/négatifs du jeu:


Critères

Jouabilité, facilité, clarté générale / playability

Support matériel du jeu, éléments, graphisme / material elements, graphism

Qualité de l’animation, respect du temps / animation, time management

Amusement, intérêt, attractivité, « fun » / FUN, attractivity

Qualité et pertinence de la modélisation / quality or relevance of modeling

Pédagogie sur le cas représenté, éducatif / education capacity, pedagogy

Créativité, originalité, innovation / creativity, innovative

Suscite la créativité, l’invention d’actions / induce creativity, invention of actions

Suscite la discussion, l’échange entre joueurs / fosters discussion, exchange among players

Utilité pour de « vrais » acteurs, « vraie » situation / useful for real actors

note moyenne

2.375

1.875

1.5

2.5

2.5

2

1.75

1.5

2

1.125


    2 aspects positifs qui ressortent semblent être “Amusement, intérêt, attractivité, « fun »” et “Qualité et pertinence de la modélisation”. Un aspect négatif mis en évidence est “Utilité pour de « vrais » acteurs, « vraie » situation”. Ces résultats ont influencé le développement du jeu par la suite.

Cette étape a également permis de déterminer de grands axes de développement et d’amélioration.

Quelques principaux axes de travail et d’amélioration :

  • l’utilisation de pions similaires pour ne pas pouvoir faire de différence tactilement lorsque l’on pioche dans les sachets de réserve d’eau

  • manque d’objectifs clairs de jeu, les joueurs ne comprennent pas clairement vers quoi le jeu les emmènent (peut-être parce que le jeu était trop facile)

  • quels scénarios font gagner/perdre?

  • trop de pions à gérer sur le plateau. La quantité de ressource mise en jeu en jeu au même moment posait des problèmes d’ordre pratique

  • dessiner sur la base des emplacements pour installer les activités

  • ajouter de l'interaction entre les acteurs/joueurs

  • éliminer les apports en eau des affluents car peu d'impact sur la dynamique du jeu

Quelques points positifs :

  • Grande participation de l'acteur international qui a incité la Syrie à parler avec Israël. A ce stade du développement, un acteur “international” existait en plus des autres acteurs. Lors des tours il n’agissait que très peu. Cependant son rôle de médiateur étant extrêmement important, le rôle de cet acteur a été intégré dans celui du maître de jeu

  • jeu intéressant et jouable

  • bonne compréhension du déroulement du jeu


Phase de tests au sein de l’équipe

Cette phase s’est déroulé durant la majeure partie du développement du jeu. Dès que nous avons estimé le jeu assez complet pour être jouable, nous avons adopté une démarche d’amélioration par l’essai. Pour faire simple, au fur et à mesure du développement du projet, des éléments ont été ajoutés, calibrés, supprimés suivant des réflexions et concertations construites sur la bases de bilans collectifs.

Voici les principaux axes de travail, suivi du levier d’action pour tenter de résoudre le problème :

  • difficulté du jeu trop faible, pas assez de problèmes liés à la pollution, de conflits d’usages, de problèmes liés au manque de ressources (richesses ou ressource en eau), les tensions n’arrivaient pas assez vite => calibration des ressources de départ, modification des règles de départ

  • pas assez de dialogue/concertation entre les acteurs des différents pays => augmentation des problèmes/pressions durant le jeu

  • problèmes de cohérence liés à l’activité pompage dans la nappe. L’eau pompée était ajoutée dans la rivière donc un autre acteur pouvait utiliser l’eau pour son activité => création de cases dans les terres (non accolées au cours du Jourdain) destinées aux activités de captage d’eau, reliées à certaines activités

  • la problématique de salinisation de la nappe et du Jourdain n’arrive pas ou met trop de temps à arriver. Cela vient du fait que les acteurs des différents pays n’utilisent pas cette eau => calibrage des ressources de départ, augmentation de la pression sur la ressource en eau


Phase de tests avec joueurs lambda


Cette phase s’est déroulée durant la dernière partie du développement du jeu, lorsque le groupe a collectivement estimé que le jeu était suffisamment complet et calibré pour permettre à des joueurs extérieurs de jouer. Ces joueurs étaient extérieurs du point de vue du groupe, de la formation de Master Eau et du domaine d’étude des sciences de l’eau.

Ces joueurs, de part leur expérience, ont porté un jugement et une critique de valeur sur le jeu.

Ci-dessous certaines points mis en relief par les joueurs extérieurs :

  • problème de fluidité et de clarté dans le déroulement des activités durant la 2ème phase (Écoulement de l’eau/Déroulement des activités) => annotation de nombres à côté des case d’activité indiquant l’ordre de déroulement de celle-ci

  • phases de jeu parfois trop longues => calibrage des ressources de manière quantitative (quantité des éléments de ressource revu à la baisse de manière générale), calibrage des quantité de ressources demandées par les activités

Vidéo de présentation du jeu

Video de presentation du jeu - Haut-Jourdain


Proposition de stratégie COOPLAN (ES)

COOPLAN


Test COOPLAN dans le jeu

            La seconde stratégie nécessite l’arrivée d’une nouvelle ressource, la conscience collective (cf Présentation des ressources). Cette conscience augmente grâce à des activités particulières que nous verrons ensuite. Cette ressource permet d’établir de bonne relation avec ces voisins. L’idée part du principe que des peuples éclairés permettent des relations pacifiques. Ces bonnes relations débloquent des activités communes entre les différents acteurs. Ils peuvent payer ensemble des activités onéreuses comme de grand projet de dessalement ou de stockage d’eau.  

La mise au point de nos stratégies COOPLAN nous a permis de mieux comprendre les difficultés que pouvait engendrer des processus participatifs dans un contexte tendu politiquement.

Nous avons déterminé 2 stratégies. La première est d’ordre technologique et demande peu de dialogue entre les pays. La seconde est plus exigeante en terme de relation diplomatique. La première est utilisé pour le WATAGAME tandis que la seconde, étant trop compliquée à mettre en place dans le temps qui nous était impartie, sera présentée dans cette partie.


Les cafés débats : (Acteur : Etat)

    Les citoyens organisent d’eux même des réunions d’information sur la situation hydropolitique de la région avec des experts ayant un avis extérieur.

Cette activités coûte 1 de richesse et donne 1 de conscience collective.


La sensibilisation dans les écoles : (Acteur : Etat)

    Des bénévoles formées sur les enjeux de la région et de la pacification , sensibilise à ses questions les jeunes élèves des collèges et lycées dans les différents pays. Nous pensons que le futur d’un pays dépend des nouvelles générations. Elles ne doivent pas entretenir des conflits et des rancoeurs que leur parents leur ont cédé.

    Cette activité coûte 3 de richesse et rapporte 5 de conscience collective.


Multiple barrages de petite taille : (Acteur : Etat et Industrielle)

    Cette activité n’est accessible que pour un niveau de conscience collective de 15, elle n’est utilisable que si deux acteurs ont au moins ce niveau de conscience. Les deux pays se mettent d’accord pour le partage du financement. Le but est de favoriser l’infiltration lors des pluies en minimisant l’évaporation. Cette activité se place au Nord du pays, là où les températures sont moins importantes et les pluies plus abondantes.

    Cette activité coûte 25 de richesse et rapporte 5 goutte d’eau pures à la rivière à chaque tour.

Bilan

La réalisation de ce projet, notamment du jeu, pour la gestion intégrée des ressources en eau, nous a permis de nous rendre compte des contraintes et difficultés de chaque acteur du territoire.

Parler des ressources en eau dans la région du Haut Jourdain est sensible et cristallise les tensions. La plus grande difficulté rencontrée a été de minimiser cet aspect polémique tout en instaurant un aspect proche de la réalité, à l’échelle de plusieurs Etats. Pour ce faire, nous avons notamment dû imaginer une ratification des 3 pays ainsi que l’intervention dans le jeu d’un régulateur international (ONU).

Cette réalisation du jeu, ainsi que le fait d’y jouer, permet la prise de conscience quant aux besoins de chaque acteur. En effet, chaque acteur (industriel, agriculteur, population, etc…) cherche à s’assurer un développement économique tout en étant contraint par l’aspect quantitatif et qualitatif de l’eau. De ce fait, il est nécessaire que les différents usagers de l’eau puissent discuter de leurs point de vue et de leurs contraintes respectives. C’est ce que permet (à une échelle certe modeste) notre jeu.

C’est également un outil intéressant pour amener les différents protagonistes à discuter entre eux avec de moindres tensions.

Le travail présenté n’est qu’un outil à disposition pour faire avancer la gestion de l’eau dans cette région. Le mettre en situation avec des acteurs des différents états , sera, là encore, un élément enrichissant mais difficile au vu de la situation actuelle.


De manière purement personnelle, ce travail fut complexe mais non moins intéressant. Tout d’abord par la complexité du projet, dans un territoire où parler d’eau est rapidement polémique. Ensuite, par l’échange de connaissance et d’expériences entre les différents membres de notre équipe. Et, pour finir, par le travail que nous avons eu à réaliser pour identifier et s’identifier aux différents acteurs, et comprendre leurs enjeux respectifs.


[EDIT DU 23/12/12] Résolution 2334 votée à l'ONU. Cette résolution demande l'arrêt de la colonisation israëlienne sur les territoires palestiniens. Cette résolution a été présentée par le Sénégal, la Nouvelle Zélande et le Vénézuela au Conseil de l'ONU. La non utilisation du droit de véto par les Etats-Unis (utilisé 30 fois précédemment sur la même question) a permis de faire passer cette résolution à l'ONU.

Bibliographie

BILAN DES RESSOURCES EN EAU AU SEIN DU BASSIN VERSANT DU JOURDAIN EN JORDANIE ÉVOLUTIONS ET PROSPECTIVES SUR LA PÉRIODE 1950- 2025; COURCIER REMY& VENOT JEAN-PHILIPPE; http://www.iwmi.cgiar.org/assessment/files/word/ProjectDocuments/Jordan/Bilan%20des%20ressources%20en%20eau%20du%20bassin%20du%20Jourdain%20COURCIER.pdf?galog=no; 2004

LE SECTEUR DE L’EAU EN JORDANIE : ENJEUX ET ENSEIGNEMENTS; Agence Française de Développement; http://www.afd.fr/jahia/webdav/site/afd/shared/PORTAILS/SECTEURS/EAU_ET_ASSAINISSEMENT/pdf/Actions%20AFD%20Eau%20en%20Jordanie.pdf; consult. 27/10/2016

EAU ET CONFLITS DANS LE BASSIN DU JOURDAIN; Hervé Amiot; http://www.lesclesdumoyenorient.com/Eau-et-conflits-dans-le-bassin-du-Jourdain.html; 12/12/2013; consult. 29/10/2016

Jordan Basin; Food and Agriculture Organization of the United Nations; http://www.fao.org/nr/water/aquastat/basins/jordan/index.stm; 2009; consult. 26/10/2016

Israël - Palestine, la guerre de l'eau; Arte; https://www.youtube.com/watch?v=TraIaxdFSBw; 17/03/2010; consult. 28/10/2016


Documents supports (types)

- carte générale
- usages du sol
- hydrographie
- données hydro / pluvio
- distrib de populations
- activités économiques
- productivité des activités agricoles
- données tourisme quand c'est le cas
- données conso urbaine (type SONEDE) si dispo
- tous rapports sur le cas
- des photos éventuellement
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