G13 Sénégal

Participants

Encadrant

    • Nils FERRAND à Irstea fr
    • L Raspaud (AFD)

Membres du groupe de travail

ALIX Alexandre
HIRTZ Malaïka
LEGER Marie
REYNAUD Léo
TOURE Makorah

A consulter

Présentation générale

a) Contexte de l'étude

La gestion et l’exploitation des ressources du fleuve Sénégal remontent au IXe siècle, où des actions sont menées dans le but de mettre en valeur le fleuve Sénégal. L’étude partielle de la navigabilité du fleuve Sénégal en 1908 ou encore le Projet de l’Union Hydroélectrique Africaine 1927 sont des exemples de ces actions.

A l’époque coloniale (XV au XXe siècle), elle a été caractérisée par la mise en place de projets successifs comme la Mission d’Étude et d’Aménagement du fleuve Sénégal (MEAF) en 1934 ou La Mission d’Aménagement du fleuve Sénégal (MAS) en 1938. 

Dans les années 60, de nombreuses colonies françaises ont obtenu leur indépendance, dont le Sénégal. Cela entraina la création de plusieurs conventions internationales relatives à l’aménagement général du Fleuve ou au Statut général de l’Organisation des États Riverains du Sénégal.

En 1972, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal constatent la non productivité des cultures sous pluie, l’épuisement des ressources naturelles, un cycle persistant de sécheresses et une remontée de la lagune salée vers les cultures. Ces problèmes entrainent l’appauvrissement des populations. Pour y faire face, ces républiques mettent en place l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS). Quelques années plus tard, la Guinée adhère à son tour à l’organisation.

Afin de renforcer l’intégration régionale des quatre pays riverains du bassin versant et d’améliorer les conditions de vie des populations, l’OMVS instaure en 2007 un Projet de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (PGIRE) pour une période de 10 ans. Le projet, estimé à 220 millions de dollars, fut scindé en deux phases quinquennales. Il a pour objectifs de :

  • Moderniser les institutions intervenant dans la gestion du bassin du fleuve Sénégal
  • Planifier, gérer et mettre en valeur des ressources au niveau régional
  • Étendre les ouvrages hydrauliques
  • Atténuer les effets sanitaires induits par ces ouvrages
  • Promouvoir la croissance économique à travers des activités connexes de développement du secteur de l'eau tout en améliorant les conditions sociales et environnementales du bassin

    La première phase (PGIRE I) s’est déroulée de 2007 à 2013, et 110 millions de dollars ont été mobilisés grâce au concours de la Banque mondiale (IDA), de l’Agence Française de Développement (AFD), et de la Banque Africaine de Développement. De nombreuses actions ont été effectuées, notamment dans l’agriculture, la pêche et la lutte contre les maladies hydriques.

   La deuxième phase (PGIRE II) qui a débuté en 2014 et se terminera en 2021, a pour but de continuer le programme engagé, de préparer les prochaines infrastructures comme des barrages, d’élaborer un Plan Directeur et une Politique Énergétique Commune, ainsi que de formuler un Schéma Directeur d'Aménagement et de Gestion du bassin (SDAGE) pour les 25 prochaines années. Ce PGIRE II est mis en œuvre par les Gouvernements de la République de Guinée, du Mali, du Sénégal et de la République Islamique de Mauritanie, avec l’appui de l’IDA, du Fonds Mondial pour l’Environnement (GEF) et du Trust Funds du Royaume des Pays Bas (TF).

b) Bassin du fleuve Sénégal

 Avec une superficie totale de 289 000 km², le Bassin versant du Sénégal s’étend sur 4 pays : le Sénégal sur 10%, la Mauritanie sur 26%, le Mali sur 54% et la Guinée sur les 11% restant. Il est compartimenté en 3 régions:

o   Le Haut-Bassin est une zone relativement humide dont les précipitations annuelles varient de 700 à 2000 mm. Les fortes précipitations entre Avril et Octobre sur la partie montagneuse de l’extrême sud du Bassin provoquent la crue annuelle du fleuve qui a lieu entre juillet et octobre.

o   La Vallée est une plaine alluviale encadrée par des régions semi-désertiques. Le fleuve Sénégal est connu pour ses irrégularités inter-annuelles. En période de fortes crues, des inondations provoquent des dégâts importants ; alors qu’en période d’étiage, la sécheresse crée des insuffisances de production agricole ainsi que des intrusions salines dans les nappes superficielles. En période de hautes eaux, des dépôts d’argile permettent une fertilisation de cette zone agricole.

o   Enfin, le Delta, partie terminale du fleuve, est une vaste zone complètement plate, envahie par les eaux salées de l’Océan Atlantique pendant la saison sèche.

La population du bassin est d’environ 3 500 000 habitants, dont 85% vivent à proximité du fleuve Sénégal. Les activités économiques majeures sont l’agriculture (dans le Haut Bassin), l’élevage et la pêche (dans la Vallée et le Delta), notamment au niveau des lacs de retenues des barrages de Diama et surtout de Manantali. Cependant, ces secteurs ont des influences néfastes sur la santé des populations et sur l’environnement au sein de ce bassin.

Concernant le régime hydrologique, le fleuve est en hautes eaux de Juillet à Octobre et en basses eaux de Novembre à Mai ou Juin. Il a un débit moyen annuel de 676 m3/s soit 24 milliards de m3 et atteint un débit maximum de 3320 m3/s en Septembre et un débit minimum de 9 m3/s en Mai.

Carte de référence

La carte ci-dessous représente le bassin versant du fleuve Sénégal, ses activités, ainsi que les frontières des quatre pays le possédant.


Source: https://www.researchgate.net/figure/264037009_fig1_Figure-1-Bassin-du-fleuve-Senegal-reseau-hydrographique-stations-hydrometriques-et

Schéma spatial

Analyse des enjeux

En 2007, un projet de gestion intégrée de la ressource en eau est signé entre le Sénégal, le Mali, la Guinée et la Mauritanie. En effet, le climat devient défavorable à l’agriculture et entraîne un appauvrissement des populations ainsi qu’une forte émigration des jeunes générations. La population est confrontée à différents problèmes :

  • La pollution des eaux et des sols du milieu à cause de l’irrigation.
  • La perturbation de la biodiversité au niveau du bassin par la mise en place des ouvrages hydro-agricoles (principalement les barrages de Diama et de Manantali) au cours des années 1980, en modifiant les caractéristiques physico-chimiques de l’eau du fleuve.
  • La prolifération d’algues et la détérioration de la faune et de la flore du fait de ces ouvrages hydro-agricoles.
  • La manifestation des effets néfastes des aménagements agro-hydrauliques sur la santé des populations vivant à proximité.

L’OMVS a donc pour enjeu une meilleure gestion de la disponibilité de l’eau ainsi qu’une exploitation de la ressource plus rationnelle. Pour cela, plusieurs objectifs sont dessinés dans les domaines sociaux, économiques et environnementaux. Tout d’abord, les principaux enjeux sociaux sont d’atteindre l’autosuffisance alimentaire pour la population du bassin versant ainsi que d’améliorer les revenus de ces populations. Sur le plan économique, l’OMVS cherche à fortifier les économies des pays membres pour permettre une meilleure gestion des aléas, climatiques ou autres ; mais aussi à améliorer leur développement économique. Dans le secteur de l’environnement, cette organisation a également pour but la préservation de l’environnement et des écosystèmes.

Les quatre pays sont motivés par une volonté de solidarité, de partage, d’équité et de paix pour la gestion de la ressource en eau sur le bassin versant du Sénégal. Ils tentent également de valoriser les nouvelles technologies en termes d’information et de communication.

Analyse sociale et politique - Acteurs

Liens entre acteurs
OMVS, Etat
ONG - Organismes InternationauxCollectivités locales, Associations Agriculteurs
Industries (Mines, Textiles, Agro-alimentaire, Transport)Pêcheurs
Éleveurs
OMVS, Etat
- Gestion et exploitation rationnelle de la ressource en eau sur le bassin versant du Fleuve Sénégal
- Autosuffisance alimentaire et amélioration des revenus des populations
- Gestion des aléas climatiques
- Préservation de l’environnement et des écosystèmes
- Finance ses projets de développement
Finance les projets de développement de l’OMVS :
- Système Intégré de Transport Multimodal (SITRAM)
- Projet de Gestion Intégrée des Ressources en eau (PGIRE I et II)
- Schéma Directeur d'Aménagement et de Gestion du bassin (SDAGE)
- GEF/Bassin du Sénégal
-  HYCOS
Participation des usagers nationaux, régionaux et locaux à la gestion du bassinAugmenter leur pouvoir d’achatTraiter les pollutions issues de l’activité minière- Développer la pisciculture
- Barrage hydraulique facilitant la vie des pêcheurs
- Approvisionnement en eau par la maitrise des ouvrages hydro-agricoles (barrages, irrigation...)
- Sélection des meilleures espèces bovines
- Résoudre les problèmes de santé des bovins
- Promouvoir l'élevage intensif
ONG - Organismes InternationauxFinance les projets de développement de l’OMVS :
- Système Intégré de Transport Multimodal (SITRAM)
- Projet de Gestion Intégrée des Ressources en eau (PGIRE I et II)
- Schéma Directeur d'Aménagement et de Gestion du bassin (SDAGE)
- GEF/Bassin du Sénégal
-  HYCOS
- Financent des projets de développement dans plusieurs secteurs économiques
- Financent les projets de développement des infrastructures au Sénégal et dans le monde

- Témoignent des problèmes environnementaux dont ils ont été victimes sur le bassin
- Témoignent des besoins vitaux, matériels et moraux pour les populations vivant sur le bassin
Financent les projets de développement de l'agriculture :
- Projet d'amélioration de la Sécurité Alimentaire et de l'appui à la Mise en Marché dans la région de Matam (ASAMM)
- Projet d'Appui à l'Agriculture Irriguée et au Développement économique de Podor (AIDEP-PODOR)
- Projet de Promotion du Partenariat dans le Delta du fleuve Sénégal (3PRD)
- Programme d'appui à la sécurité alimentaire et à l'élevage (PASAEL)
Financent directement ou indirectement la mise en fonctionnement de ces différentes activités au travers des projets de développement
Financent directement ou indirectement la mise en fonctionnement de ces différentes activités au travers des projets de développementFinancent directement ou indirectement la mise en fonctionnement de ces différentes activités au travers des projets de développement
Collectivités locales, associations
Participation des usagers nationaux, régionaux et locaux à la gestion du bassin
- Témoignent des besoins vitaux, matériels et moraux des populations vivant sur le bassin
- Témoignent des problèmes environnementaux dont ils ont été victimes sur le bassin
Témoignent des impacts négatifs des grandes infrastructures et industries sur les ressources en eau, l'environnement et l'humain au sein du bassin
Recueille les opinions et problèmes des agriculteurs
- Secteurs employant la majorité des populations locales
- Sont les portes-paroles des mauvais traitements, problèmes moraux, physiques ou financiers encourus par les locaux sénégalais
Porte-parole des pêcheurs auprès des autorités de l’État ainsi que des industriesPorte-parole des éleveurs auprès des autorités de l’État ainsi que des industries
Agriculteurs Augmenter leur pouvoir d'achat
Financent les projets de développement de l'agriculture :
- Projet d'amélioration de la Sécurité Alimentaire et de
l'appui à la Mise en Marché dans la région de Matam (ASAMM)
- Projet d'Appui à l'Agriculture Irriguée et au Développement économique de Podor (AIDEP-PODOR)
- Projet de Promotion du Partenariat dans le Delta du fleuve Sénégal (3PRD)
- Programme d'appui à la sécurité alimentaire et à l'élevage (PASAEL)
Recueille les opinions, problèmes des agriculteurs
Produits maraichers locaux (riz, mais, mil, sorgho, tomates, aubergines...)
Fournissent les matières premières agricoles : sucre, riz, tomates
Polluent les cours d'eau par les apports d'intrants agricoles et impactent négativement la pêche- Fourni le pâturage et l'eau nécessaires pour les bovins
- L'élevage fournit des fertilisants pour les sols agricoles
Industries (Mines, Textiles, Agro-alimentaire, Transport)Traiter les pollutions issues de l'activité minière
Financent directement ou indirectement la mise en fonctionnement de ces différentes activités
- Secteurs employant la majorité des populations locales
- Sont les portes-paroles des mauvais traitements, problèmes moraux, physiques ou financiers encourus par les locaux sénégalais
Fournissent les matières premières agricoles : sucre, riz, tomates- Exploitation artisanale de minerai d'or, de fer et de phosphates
- Production de sucre pour la Compagnie Sucrière Sénégalaise
- Transformation de la tomate
- Décorticage du riz
Polluent les cours d'eau par les rejets des effluents industriels
et impactent négativement le rendement des pêcheurs
Fournissent la matière première : viande pour les industries
 Pêcheurs- Développer la pisciculture
- Barrage hydraulique facilitant la vie des pêcheurs
Financent directement ou indirectement la mise en fonctionnement de ces différentes activités au travers des projets de développement
Porte-parole des pêcheurs auprès des autorités de l’État ainsi que des industries
Polluent les cours d'eau par les apports d'intrants agricoles et impactent négativement la pêche
Polluent les cours d'eau par les rejets des effluents industriels et impactent négativement le rendement des pêcheurs
Pêche des poissons dans les lacs des barrages de Diama et Manantali
 
Éleveurs
- Approvisionnement en eau par la maitrise des ouvrages hydro-agricoles (barrages, irrigation...)
- Sélection des meilleures espèces bovines
- Résoudre les problèmes de santé des bovins
- Promouvoir l'élevage intensif
Financent directement ou indirectement la mise en fonctionnement de ces différentes activités au travers des projets de développementPorte-parole des éleveurs auprès des autorités de l’État ainsi que des industries- Fourni le pâturage et l'eau nécessaires pour les bovins
- L'élevage fournit des fertilisants pour les sols agricoles
Fournissent la matière première : viande pour les industries
 Élevage intensif de bovins, ovins et caprins

Quelques précisions concernant les différents acteurs inscrits dans le tableau ci-dessus :

 Acteurs de l’État Sénégalais :

  • Le Programme d'Eau Potable et d'Assainissement du Millénaire ou PEPAM est le cadre unifié des interventions mis en place par le Gouvernement du Sénégal pour la réalisation en 2015 des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) dans le secteur de l'eau potable et de l'assainissement en milieu urbain et en milieu rural au Sénégal.
  • L’Office National de l’Assainissement du Sénégal ou l'ONAS est un établissement public à caractère industriel et commercial chargé de la gestion du secteur de l’assainissement au Sénégal. 
  • Le Ministère de l’hydraulique et de l’assainissement
  • OFOR ou Office des Forages Ruraux crées en 2014. C'est un établissement public à caractère industriel et commercial sénégalais financé par Ps Eau.
  • Les Associations d’Usagers de forages (ASUFORS) ont pour fonction la gestion, la  commercialisation et l'exploitation des forages
  • A la pointe des sciences fondamentales et expérimentales, en prise directe avec les enjeux et les besoins de la société, l’Université Assane SECK de Ziguinchor est un espace de découverte qui interroge le présent autant qu’il construit l’avenir.

 Associations et Collectivités Locales sénégalaises :

  • Association des Maitres du Sénégal : Maitres d’ouvrages hydrauliques entre autre.
  • Associations d’Usagers de forages (ASUFORS) à fonction de gestion, commercialisation et exploitation des forages
  • La brigade de puits qui vérifie l'état des puits installés sur le bassin versant.
  • Les Comités de bassin dans lesquels on retrouve tous les types d'usagers de la ressource en eau (régionale)
  • Une Commission Permanente des Eaux (CPE) ayant instance technique de concertation au niveau régional auprès des populations.
  • 4 Comités Nationaux de Coordination CNC (un par état membre) qui assurent la coordination des activités dans le pays et qui jouent aussi un rôle d’interface.
  • 28 Comités Locaux de Coordination qui assurent la mobilisation de l’ensemble des acteurs locaux afin de les impliquer au processus de prise de décisions et facilitent la mise en œuvre des programmes de l’OMVS dans le bassin.

 

Les financeurs des projets de développement au Sénégal :

  •  L'Agence Française de Développement (AFD), la Banque Africaine de Développement (BAD) financent les projets PDGIR, 3PRD, ASAMM.
  • Fonds de l’Environnement Mondial financent le projet GEF. 
  •  L'Organisation Météorologique Mondiale (OMM), AFD, Compagnie Nationale du Rhône (CNR) qui financent le projet HYCOS.
  • L'Union Européenne finance le projet 3PRD.
  • La Banque Mondiale finance les projet PASAEL et PEPAM-BAD.
  •  Le Programme Solidarité Eau (Ps EAU) : Pouvoir Public Français qui à pour but d'accroître et d'améliorer les actions en faveur de l'accès à l'eau potable et à l'assainissement dans les pays en développement notamment au Sénégal.
  • La Société Nationale des Eaux du Sénégal (SONES) : Chargée de gérer le patrimoine de l’hydraulique urbaine et de contrôler l’exploitation de l’eau au Sénégal.
  • L'Appui aux Initiatives des Collectivités locales en matière d’Hydraulique et d’Assainissement au Sénégal (AICHA).

 

Schéma fonctionnel Acteurs / Enjeux / Ressources


Ressources considérées

    Pour la création du jeu nous avons considéré 2 ressources, l’argent et l’eau, présentées ci-dessous:

    L’argent est une ressource économique, représentée sous forme de perles jaunes dans le jeu. Elle permet à chacun de faire des investissements, comme de payer les coûts de fonctionnements de leurs activités ou d’acheter un terrain ou une nouvelle activité. Dans cette ressource se trouve le budget public correspondant aux investissements de chaque acteur permettant le bon fonctionnement de chaque action. Il existe aussi un budget fourni par l’état, établi en fonction des besoins généraux du fleuve et des acteurs alentours. L’argent permet l’amélioration et assure le bon développement des activités du fleuve Sénégal.

    La ressource en eau se base sur deux paramètres : la qualité et la quantité. En termes de qualité, deux types d’eau sont présents dans notre jeu : l’eau saine et l’eau polluée.

    Les unités d’eau saines sont représentées par des perles bleues et vertes. La ressource d’eau saine sert au bon fonctionnement des actions agricoles, industrielles et d’élevage. Elle est constituée par l'eau disponible dans la rivière, dans ses affluents, et aussi l'eau disponible dans la nappe alluviale (extraite lors des pompages). Cette eau propre est disponible pour toutes les activités présentes sur le modèle de jeu.

    Les unités d’eau polluées, quant à elles, sont représentées par des perles roses et violettes. La ressource en eau polluée est émise par les rejets dus au fonctionnement des activités le long du fleuve. Chaque activité a ses propres rejets, qui peuvent parfois ne pas être polluants. Cette ressource permet d’effectuer un suivi qualitatif de l’eau à la fin de chaque saison (pluviale ou sèche).

    La quantité d'eau représente l’eau dans la rivière à la fin de chaque partie il faut toujours qu’il reste au moins une goutte d’eau saine ainsi qu'une goutte d'eau polluée dans la rivière. Cette eau est nécessaire à la vie des habitants, à l'irrigation des cultures, aux industries, aux pêcheurs. La quantité d'eau est nécessaire au bon fonctionnement et à la pérennité des activités.

    En fonction des bilans qualitatifs et quantitatifs, il peut être nécessaire de mettre en place certaines mesures.

Modèle des acteurs - rôles

    Les 4 acteurs présents (agriculteurs - OMVS - éleveurs - industriels) ne prendront pas toutes les cartes associées à leurs activités. Seule une carte leur correspondant leur sera délivrée afin qu'ils puissent s'identifier dans le jeu et voir ce que leur(s) agissement(s) a/ont comme impact(s), ainsi que les différentes solutions proposées. Cela signifie qu'ils auront majoritairement des cartes des autres pôles d'activités en leur possession, dans le but de les sensibiliser sur la quantité et la qualité de l'eau nécessaire au bon fonctionnement de ces derniers.

    Par exemple : Un industriel qui consomme une quantité importante d'eau du fleuve, en rejette une quantité moindre et de mauvaise qualité. Ceci n'arrange pas les éleveurs en aval qui prélèvent de l'eau pour leur bétail. Ainsi, l'industriel pourra voir l'impact direct qu'il a sur le fleuve et pourra réfléchir à une production plus éco-responsable limitant les effets nocifs sur l'environnement.

Modèle des actions

Chaque carte vise une action particulière. L’action est marquée au centre de chaque carte. Les actions possibles sur le fleuve du Sénégal sont :

  • Les activités industrielles avec : l’industrie de la canne à sucre, l’industrie de la tomate avec intrants et l’industrie de la tomate sans intrant.
  •  Les activités d’élevage avec les élevages de bovins et les élevages d’ovins
  • Les activités agricoles avec : l’agriculture pluviale individuelle ou collective, l’agriculture de décrue, l’agriculture irriguée avec intrants ou sans intrant.

L'eau saine est représentée par une goutte d’eau vide, l’eau polluée par une goutte d’eau pleine et l'argent par le signe euro (€).

Chaque carte a un carré de couleur permettant de savoir le terrain visé sur le plateau de jeux.

Les gains et mises sont rédigés en noir pour les saisons humides et en vert pour les saisons sèches.

    Sur chaque carte d’action, on peut voir en haut le besoin en eau et la mise nécessaire pour faire en sorte que la carte action fonctionne (le nécessaire à fournir pour qu’une action fonctionne). En bas de la carte se trouve le gain d’argent que l’acteur obtient si l’action n’est pas en faillite ainsi que la quantité et la qualité d'eau rejetée si l'action est réalisée.

Exemple de fonctionnement de la carte action agriculture de décrue : 

Pour que cette carte apporte un gain à la fin de la partie il faut suivre les étapes suivantes :

  1. Payer les frais de fonctionnement : une pièce en saison humide et deux pièces en saison sèche.
  2. Prélever dans la rivière l’eau nécessaire au bon fonctionnement de l’action : une unité d’eau propre en saison humide et trois unités d’eau propre en saison sèche (si une unité d’eau polluée est piochée dans la rivière et que l’action n’accepte pas d’eau polluée pour la mise en fonction alors l’action sera en faillites pour la partie visée).
  3. Reverser les impacts de l’action au sein de la rivière : une unité d’eau polluée pour la saison humide et une unité d’eau propre plus une unité d’eau polluée pour la saison sèche.
  4. Récupérer son gain à la fin du tour : trois pièces (saison humide et sèche).

 

Structure du modèle et du jeu

Le Sénégame est composé de : 

  • 1 plateau de jeu. Une structure en carton a été choisie afin de pouvoir modeler le paysage et reproduire une topographie pouvant illustrer les différentes parties du bassin (Haut-Bassin, Vallée, Delta). Sur cette plateforme est visible : le fleuve Sénégal, la délimitation hachurée des parcelles pouvant posséder leurs activités (orange: élevages, vert clair: cultures de décrues, vert foncé: cultures irriguées, violet: industries, bleu: cultures pluviales) et quelques accessoires illustrant les différentes activités présentes sur le bassin (une pirogue, une industrie, une mine).

  • 4 cagnottes. Chaque joueur possèdera sa propre cagnotte, où il disposera son argent.

  • 1 dé à six faces. Il servira au début du jeu pour distribuer un supplément d'argent à la cagnotte initiale de chaque joueur. Le dé répartira donc de façon aléatoire un surplus allant de 1 à 6, ce qui permettra d'avoir différentes classes sociales durant la partie.
  • 1 verre jaune. Il s'agit de la banque. Elle récolte les fonds pour la mise en marche saisonnière des activités et distribue les gains en fin de saison.

    • Perles jaunes et oranges : monnaie du jeu.

  • 1 verre rouge. Il s'agit de la réserve en eau polluée. Elles seront utilisées lorsqu'une activité déverse un ou des polluant(s) dans le fleuve.

    • Perles roses et violettes : eau polluée.

  • 1 bol. Il s'agit de la réserve en eau potable, permettant par exemple l'alimentation du fleuve à chaque début de saison, ou la restitution de l'eau propre après utilisation par les activités.

    • Perles bleues et vertes : eau non polluée.

  • 1 verre bleu. Il est associé à l'eau du fleuve, et servira de pioche pour alimenter en eau les activités du bassin.

  • Cartes d'activités présentes sur le bassin (culture irriguée avec intrants, élevage bovins, élevage ovins, culture pluviale individuelle, culture de décrue, industrie de tomates avec intrants, industrie de canne à sucre).

  • Cartes d'activités alternatives éco-environnementales (culture irriguée sans intrant, culture pluviale collective, industrie de tomate sans intrant).

  • 16 jetons. Le jeu se joue à 4 joueurs, et chaque joueur possèdera 4 exemplaires de jetons afin de les placer sur ses activités. Les 4 jetons auront pour motifs : soleil / lune / fleur / anneau rose.

Scénarios / Règles spécifiques du jeu

    Le jeu se déroule avec quatre joueurs. Ces joueurs ne représentent pas un acteur en particulier mais tous à la fois, de façon à ce qu’ils comprennent les enjeux de chaque acteur sur le bassin versant. Chaque tour représente une saison et une année est composée de deux saisons : une humide puis une sèche.

    Au début du jeu, les cartes disponibles sont les cartes qui représentent les choix dont les acteurs disposent actuellement sur le bassin versant, c’est-à-dire toutes les cartes sauf les cultures sans intrants et gérées collectivement. Ils vont d’abord jouer une année qui est représentative de la situation actuelle.

     Chaque joueur a droit au départ à 5€, et tire le dé une fois pour déterminer l’argent en plus dont il disposera. Trois cartes sont distribuées à chaque joueur de façon à ce qu’ils soient à la place de plusieurs acteurs. Les joueurs placent leurs cartes sur les emplacements prévus à cet effet.

 Règles spécifiques :

    Pour maintenir l’activité de la pêche sur le bassin versant, le fleuve doit toujours comporter 2 unités d’eau. Ces 2 unités peuvent être composées soit de 2 unités d’eau saine, soit d’une unité d’eau saine et une unité d’eau polluée

    Au passage du fleuve près de la mine, trois unités d’eau saines doivent se trouver dans la rivière pour permettre le bon fonctionnement de la mine. Il sera considéré dans le jeu que la mine possède son propre système d’épuration des eaux et rejettent la même quantité d’eau avec la même qualité qu’elle prélève

 1er tour :

    Le jeu commence avec une saison humide. Le fleuve est rempli avec 24 unités d’eau. Chaque joueur paye le prix de ses cartes pour les faire fonctionner. Les joueurs jouent alors chacun leur tour dans le sens d’écoulement du fleuve. Quand vient le tour d’un joueur, il prélève la quantité d’eau indiquée sur sa carte pour l’utiliser, et rejette la quantité indiquée dans le fleuve. Si un joueur ne pioche pas les unités d’eau adéquates pour faire fonctionner sa carte, l’activité est considérée en échec et le joueur retourne son pion pour le signifier. A la fin du tour, lorsque tous les joueurs ont joué, les unités d’eau saines et polluées sont comptées et notées. Les joueurs sont payés pour les activités qui ont fonctionné.

2ème tour :

    Le deuxième tour représente une saison sèche, le fleuve n’est rempli que de 18 unités d’eau. Chaque joueur paye de nouveau le prix de ses activités. Puis les joueurs jouent chacun leur tour. A la fin du tour, les unités d’eau saines et polluées sont comptées et additionnées à celles de la saison humide puis notées. Les joueurs sont payés pour les activités qui ont fonctionné.

    En saison sèche, il est remarqué que la quantité d’eau saine n’est pas suffisante pour faire fonctionner toutes les activités, et que la proportion d’eau polluée rejetée en mer est bien au-dessus de la quantité d’eau saine.

    Après le bilan négatif de cette première année, l’OMVS décide de donner des subventions aux acteurs du bassin versant pour les aider dans deux domaines. Premièrement sur le plan économique : faire en sorte que le plus d’activités possibles fonctionnent. Deuxièmement sur le plan écologique : permettre d’utiliser de l’eau saine pour les cultures et éviter une trop forte pollution de la mer. Avec cet argent, les acteurs ont deux possibilités : installer une station d’épuration et installer des pompages. L’OMVS donne 15€ la première année.

Règles spécifiques :

    Une station d’épuration vaut 6€ à l’achat et 2€ pour la faire fonctionner chaque année. Elle permet de dépolluer 4 unités d’eau à chaque saison. Une seule station d’épuration peut être installée sur le bassin versant.

    Un pompage coûte 3€ à l’achat et 1€ pour le fonctionnement. Il peut pomper 3 unités d’eau saines par an.

    Ces infrastructures ne sont utilisables qu’une fois dans l’année. Les joueurs doivent donc décider à quelle saison les faire fonctionner.

    L’OMVS décide aussi de ne subventionner le bassin versant que lorsque l’eau rejetée dans la mer est de bonne qualité, c’est-à-dire avec un minimum de 60% d’eau saine sur l’année, donc en additionnant les deux saisons successives : humide puis sèche. Si ce quota est atteint, l’OMVS donne 5€z à la fin de l’année, sinon elle ne donne rien.

    Avant que la deuxième année ne commence, les joueurs se concertent pour implanter ou non les infrastructures disponibles.

3ème tour :

    Le troisième tour commence avec une saison humide. Le fleuve dispose de 22 unités d’eau. Chaque joueur paye ses activités et ils décident ensemble de faire fonctionner les infrastructures construites. Le tour se déroule comme précédemment, puis les joueurs sont payés et les unités d’eau saines et polluées sont comptées et notées.

4ème tour :

    Le quatrième tour, qui est une saison sèche, se déroule avec 16 unités d’eau dans le fleuve au commencement. En fin de tour, les joueurs sont payés et les unités d’eau sont comptées et additionnées aux unités d’eau de la saison précédente, puis notées. La proportion d’eau saine et polluée est calculée et l’OMVS décide de subventionner ou non en fonction du résultat.

    Après cette deuxième année, le gouvernement, à travers l’OMVS, propose d’autres formes d’activités : moins polluantes et plus responsables. Les joueurs peuvent alors choisir de nouvelles cartes : des cultures et des industries sans intrant, ainsi qu’une agriculture pluviale collective.

Règles spécifiques :

    L’achat d’une nouvelle parcelle coûte 4€. Une fois la parcelle achetée, le joueur pose sa nouvelle carte dessus et paye le prix de fonctionnement en début de tour comme d’habitude.

    Si un joueur souhaite modifier l’activité présente sur une parcelle, il doit payer 2€.

    Si un joueur est en difficulté financière et souhaite se débarrasser d’une parcelle, l’État lui rachète son terrain 3€.

     Avant de commencer la troisième année, les joueurs font leurs achats ou ventes et décident s’ils veulent installer de nouvelles infrastructures.

 5ème et 6ème tours :

    La nouvelle saison humide commence avec 23 unités d’eau présentes dans le fleuve. Le tour se déroule comme précédemment, les joueurs sont payés et les unités d’eau rejetées dans la mer sont comptées et notées. Puis la saison sèche débute avec 17 unités d’eau dans le fleuve. Le tour se déroule, les joueurs sont payés et les unités d’eau rejetées en mer sont comptées, additionnées aux unités d’eau de la saison humide et notées. La proportion d’unités d’eau saines et polluées est calculée et l’OMVS donne ou non sa subvention annuelle.

Video Senegame


Calibration

Dans ce jeu, nous avons différentes activités réparties dans différents secteurs :

  •     L'élevage de bovins et d'ovins
  •     Les cultures de décrues
  •     Les cultures irriguées sans intrant et avec intrants
  •     Les industries de cannes à sucre et de tomates
  •     Les cultures pluviales collectives et individuelles

    Nous avons défini de manière logique et arbitraire l'investissement, le gain et le coût de fonctionnement de chaque activité tout en se basant sur des exemples de la vie réelle.

Les activités éco-environnementales regroupent  :

  •     les cultures irriguées sans intrant
  •     les cultures pluviales collectives
  •     les industries de tomates sans intrant

    Ces activités sont bénéfiques pour la préservation de l'environnement mais elles sont moins rentables. En saison pluvieuse, l'investissement pour les activités concernées par cette saison est presque égale au bénéfice à une ou deux unités d'argent près.

    Le bilan de pollution des activités éco-environnementales est quasiment nul. Dans l'ensemble, elles consomment et rejettent respectivement pas plus de deux et trois unités d'eau. Il n'y a que les industries de tomates sans intrant qui polluent mais avec une seule unité d'eau polluée en saison humide.

    Les cultures pluviales collectives fonctionnent à la fois en saison sèche et humide. Selon les informations relevées sur le site de l'OMVS, ces cultures sont plus rentables en saison sèche qu'en saison humide. Nous avons donc calibré le coût d'investissement de ces cultures de sorte à ce qu'il soit plus élevé à une unité d'argent près en saison sèche (2€) qu'en saison humide (1€).

    Les autres activités ont été uniquement calibrées sur le fait qu'elles fonctionnent en saison humide et/ou pluvieuse. Nous avons également considéré l'utilisation ou non d'intrants dans les cultures.

    Les agricultures de décrue et les agricultures pluviales individuelles marchent en saison sèche et humide. Nous avons considéré que les cultures pluviales individuelles ne rapportent pas plus que le coût d'investissement en saison humide vu que ce sont des cultures qui ne nécessitent pas d'irrigation. Il n'y a pas besoin d'eau pour faire fonctionner cet activité à part l'eau de pluie. En saison sèche, nous avons fait le choix de 3€ d'investissement pour cette activité (la saison n'est pas adéquate pour ce type de culture) et 4€ pour le gain. Concernant la ressource en eau, nous avons évidement considéré qu'il fallait plus d'eau en saison sèche qu'en humide et que cette activité consommait plus d'eau en saison sèche. Que ce soit en saison sèche ou humide, nous avons considéré que cette activité relâchait la même quantité d'eau saine utilisée sans polluer.

    Concernant les cultures de décrue, nous avons logiquement considéré qu'elles sont plus coûteuses en investissement en saison sèche (2€) qu'en saison humide (1€). Mais le gain est le même pour les deux saisons. Nous avons considéré qu'il fallait moins d'eau en saison humide (1 unité d'eau) qu'en saison sèche (3 unités d'eau). Par rapport aux rejets, en saison humide nous avons considéré que la culture relâchait moins d'eau (1 unité d'eau polluée) qu'en saison sèche (deux unités d'eau dont une polluée). Les cultures de décrue ici ne sont pas biologiques. Rien n'est spécifié sur l'utilisation ou non de pesticides ou d'intrants. Nous avons donc considéré que l'eau relâchée était polluée en toute saison.

    Les activités d'élevage de bovins, en se référant aux dires de l'OMVS, rapportent deux fois plus d'argent que l'élevage d'ovins (2€ pour 4€). Les proportions en investissement sont les mêmes : 1€ en ovins et 2€ en bovins. Les bovins consomment plus d'eau que les ovins. Et que ce soit chez les ovins ou les bovins, la quantité d'eau utilisée diminue et est forcement polluée après utilisation. Nous avons donc établi qu'il fallait deux unités d'eau (saine et polluée) pour les ovins et 4 unités d'eau saine pour les bovins au départ. Les ovins n'ont pas besoin de boire uniquement de l'eau potable pour vivre contrairement aux bovins. Et vu que l'élevage des bovins est plus lucratif que l'élevage d'ovins, nous avons trouvé qu'il était plus logique de mettre plus d'eau saine pour cette activité afin que les bovins augmentent en nombre.

Les industries de canne à sucre et de tomates avec intrants et les cultures irriguées avec intrants ont le même rapport couts (3€)/bénéfices (5€). Il faut beaucoup d'intrants pour produire en grande quantité des tomates. L'eau issue de cette production est donc deux fois plus polluée qu'une culture sans intrant. Nous avons considéré que les cultures irriguées et les industries de tomates avec intrants avaient les mêmes proportions en eau pour le fonctionnement (trois unités d'eau dont une polluée) et le rejet (deux unités d'eau polluée). L'industrie de la canne à sucre consomme plus d'eau que celle des tomates avec intrants. Elle en pollue cependant moins. Nous avons donc établi qu'il fallait 4 unités d'eau dont une polluée pour le fonctionnement. L'usine rejette ainsi 1 unité d'eau saine et 1 polluée.

 Les activités fonctionnant avec au départ de l'eau saine et de l'eau polluée peuvent bien évidement fonctionner avec seulement de l'eau saine si le joueur ne pioche que de l'eau saine.


Résultats du test

    A l'issu de la première année, quelques activités peuvent être en échec et l'eau rejetée en mer est majoritairement polluée. Les acteurs se rendent compte de la forte pollution ainsi que du manque d'eau pour les activités en aval du fleuve. Dans l'objectif d'acquérir les aides offertes par l'OMVS, les acteurs sont donc dans l'obligation de se concerter pour atteindre les objectifs fixés.

    A la fin de la deuxième année, malgré les aides de l'OMVS, plusieurs activités sont encore en échec. Cependant, la quantité d'eau polluée dans la rivière a nettement diminué. Les acteurs peuvent donc se rendre compte de l'intérêt des nouvelles activités écoresponsables proposées par l'OMVS. En effet, elles permettraient de diminuer les pollutions en aval du fleuve, et ainsi d'obtenir des subventions de plus en plus importantes. 

    Durant la troisième année, l'impact des nouvelles activités est enfin visible. Grâce aux alternatives proposées par l'OMVS, la proportion d'eau polluée est presque nulle. Les acteurs comprennent donc la nécessité de réduire leurs pollutions et leur consommation d'eau.

    Sur le long terme, les acteurs comprennent qu'il est préférable de transformer leurs activités polluantes en activités écoresponsables, car elles permettent une meilleure gestion du fleuve.

Actions stratégiques complémentaires

    L’OMVS a pour objectif de garantir une qualité et une quantité suffisante d’eau tout au long du fleuve Sénégal. A la fin du bilan négatif de la première année, où l’on remarque une faible quantité et une mauvaise qualité de l’eau, nous avons pensé qu’il serait profitable pour les acteurs du bassin versant de dépolluer l’eau et de bénéficier de plus d’eau. Pour cela, l’OMVS propose d’implanter deux types d’infrastructures garantissant une qualité et une quantité d’eau convenable à l’aval du fleuve. Afin de dépolluer les eaux, une station d’épuration pourra être instaurée. Et pour pallier au manque d’eau, des pompages pourront être placés tout au long du fleuve.

    A la fin de la deuxième année, nous remarquons que ces infrastructures ne suffisent pas à combler le manque d’eau, ni à diminuer la pollution. Par conséquent, l’OMVS propose à ses acteurs des formations visant à opter pour des activités écoresponsables, réduisant les rejets de pollution et diminuant la consommation d’eau. Les joueurs pourront donc acquérir ces nouvelles activités à partir de la troisième année.

    Afin d’améliorer notre jeu, et de le rendre plus réaliste, nous aurions pu mieux développer nos idées. Cependant, dans le temps imparti nous n’avons pas réussi à mettre en place toutes nos idées. Par exemple, nous avons considéré que la mine était autogérée, qu’elle possédait un système de traitement des eaux interne et qu’elle consommait autant qu’elle rejetait. De plus, les pêcheurs ne sont pas considérés comme des acteurs à part entière car, selon nous, ils n’ont pas d’impacts directs sur la qualité et la quantité de  l’eau, mais leur activité en dépend. C’est pourquoi, nous les avons juste pris en compte dans les actions appliquées sur le bassin, sans les impliquer dans les décisions. Par ailleurs, de nombreux réseaux d’assainissements sont actuellement en cours de développement au sein des villes de grandes et moyennes envergures. Il est donc difficile de quantifier les pollutions provenant des centres urbanisés, ce qui nous a conduit à ne pas les considérer comme acteur majeur. Enfin, nous n'avons pas pris en compte l'apport possible du barrage de Manantali en amont.

Proposition de stratégie COOPLAN (ES)

    Le COOPLAN (ou corporative planning) est une méthode utilisée pour accompagner tous les niveaux d’acteurs dans la réflexion et l’élaboration de stratégies de gestion intégrées (planification participative multi-niveaux).

    Lors d’une séance de concertation publique, les différents acteurs sont invités à venir dresser un état des lieux de leur situation et des problèmes les concernant. Après cette étape de débat, les participants doivent individuellement proposer des actions visant à améliorer leurs conditions de vie, chaque action doit comporter une analyse des besoins nécessaires à sa réalisation et des impacts produits.

    Ensuite, une phase de mise en commun permet aux acteurs d'évaluer la cohérence, la faisabilité et l'efficience des actions proposées afin de les représenter au sein d’une matrice.

    A terme, la matrice sera utilisée pour établir des stratégies à différentes échelles spatiales (locale, régionale, nationale) et temporelles (court ou long terme). Sur le fleuve Sénégal, 2 stratégies ont été élaborées.

COOPLAN SENEGAL



        Stratégie 1 :

    La première stratégie vise à mettre rapidement en place des actions permettant d’améliorer la qualité de vie des acteurs (notamment au niveau de la qualité de l’eau). Sur une échelle de temps courte, cette stratégie donne priorités aux solutions faciles à mettre en place et respectueuses de l’environnement. De plus, les actions à réaliser dans un premier temps sont relativement peu onéreuses et permettent souvent une amélioration des revenus (à l’échelle de l'exploitation). Par contre, les actions visant à un développement économique très fort du pays (tel que le développement de l’agriculture irriguée) sont prévues pour des échelles de temps plus longues car le bon état écologique demeure prioritaire.

        Stratégie 2 :

    Cette stratégie, vise davantage à un développement économique du pays. Plus d’actions sont envisagées pour améliorer l’efficience des exploitations et attirer des investisseurs étrangers. Cependant, la question de la qualité de l’eau ne peut être négligée sur le Sénégal, c’est pourquoi des mesures ayant une portée écologique doivent être engagées de concert sur une échelle de temps courte afin de limiter au maximum les effets néfastes du développement économique sur l’environnement (mise en place d’une taxe pollueur-payeur et contrôle de la qualité de l’eau en sortie des mines...).

    Les actions prévues sur le long terme visent en général à mieux intégrer ce développement économique dans un cadre écologique (optimisation des consommations, réduction des apports en intrants etc..) afin de rattraper le retard accumulé.

    Cette stratégie demande beaucoup plus de moyens (financiers et techniques) pour être mise en place.

Test COOPLAN dans le jeu

    Dans le but de tester les deux stratégies, certaines règles sont changées. En effet, selon la stratégie testée, le maître du jeu distribue aux joueurs certaines cartes dès le début tandis que d’autres sont écartées. Certaines seront disponibles à partir du troisième tour sous la forme de carte “innovation”. Ces cartes innovations peuvent être jouées sur des terrains déjà occupés par des exploitations et correspondent à des modifications apportées à l’exploitation moyennant un “coût de transformation”.

    La première stratégie consiste à distribuer en premier aux joueurs des actions respectueuses de l’environnement et des populations locales, puis, au fil des tours, des techniques de plus en plus performantes et efficientes d’un point de vue économique sont mises à disposition.

    La seconde stratégie incite les joueurs à investir très rapidement dans des projets permettant le développement économique de chacun (et du pays), pour dans un second temps optimiser les industries et exploitations d’un point de vue écologique. Néanmoins, les préoccupations environnementales doivent impérativement être prises en compte à toutes les échelles temporelles afin de ne pas détruire irrémédiablement l’écosystème. Ainsi, ces considérations doivent s’exprimer sous la forme de politiques de gestion formulées par les joueurs eux-mêmes et par la mise en place de normes environnementales (qui peuvent correspondre à de nouvelles règles du jeu établies par le maître du jeu).

Bilan

    L'élaboration du plateau de jeu Sénégame, basé sur la gestion intégrée des ressources en eau du bassin du fleuve du Sénégal, nous a permis de mieux appréhender les diverses problématiques auxquelles sont confrontés les acteurs qui dépendent du fleuve. Chaque acteur souhaite se développer économiquement grâce à ses actions respectives tout en essayant de garder un environnement sain en termes de qualité et de quantité d'eau. C'est pourquoi les acteurs doivent communiquer entre eux afin que les impacts sur la ressource en eau soient moindres et que leur développement économique soit meilleur.

    Ce plateau de jeu permet de gérer un sujet sérieux grâce à une approche ludique. Il permet à chaque acteur de se rendre compte qu'il doit consulter les autres acteurs avant de prendre des décisions sur la mise en place de nouvelles actions, d'un pompage ou encore d'une station d'épuration de manière à ce que le développement économique de chacun soit équivalent et surtout que la ressource en eau du fleuve à la fin d'une saison soit en bonne état qualitatif et quantitatif. La création du jeu Sénégame nous a permit à tous de partager nos connaissances et nos avis respectifs. Pour cela nous avons dû nous mettre à la place de chaque acteur pour arriver au meilleur scénario possible amenant un bon développement économique et une gestion durable des ressources en eau du fleuve du Sénégal.


 Documents supports (types)

- carte générale
- usages du sol
- hydrographie
- données hydro / pluvio
- distrib de populations
- activités économiques
- productivité des activités agricoles
- données tourisme quand c'est le cas
- données conso urbaine (type SONEDE) si dispo
- tous rapports sur le cas
- des photos éventuellement
Comments