Mozambique2

Participants

Encadrant

Raphaèle Ducrot

Nils Ferrand 

Membres du groupe de travail

Taha Amine El Waqoudi
Charles de La Teyssonnière
Antoine Le Guillou
Ugo Objois

Documents travail


Lien vers le fichier drive du Groupe Moz2 :

Dossier Google Drive


Présentation générale

L’Etude se situe au Mozambique, un pays de la côté sud-est africaine. Le régime climatique est marqué par deux saisons distinctes (une saison chaude et humide, de novembre à mars, et une saison fraîche et sèche, d’avril à octobre). 

La province administrative de Gaza, au sud, a des taux de précipitation élevés sur sa zone côtière. En revanche, ces taux sont moindres dans les terres. On constate que les masses d’air sont particulièrement irrégulières et masquent donc les deux régimes saisonniers. Il est observé une irrégularité des précipitations sur la zone.

Cette même province est subdivisée en quatre districts. L’un d’eux, le Chókwè, qui porte le nom de sa ville administrative, est situé dans le sud-ouest de la région. En bordure de ce district, la rivière Limpopo, l’une des grandes rivières du continent, constitue la principale réserve en eau de la région. On note aussi la présence de la rivière Mazimechopes, une frontière naturelle et une autre source.

Le Chókwè s’adonne essentiellement à l’agriculture, une grande quantité d’eau est donc importante pour l’activité. Le district a une superficie agricole de près de 80 000ha. Seulement,  les niveaux de précipitations qui ont été enregistrés sont insuffisants sur la région et ne peuvent donc pas satisfaire les besoins de l’activité.

L’irrigation est donc une obligation. Elle se développe durant la période coloniale pour devenir aujourd’hui le plus vaste périmètre irrigué du pays. Soit envion 35 000ha.

L’intention de développer l’agriculture dans la région dans les années 50, a engendré la création de ce grand périmètre d’irrigation. Il existe hiérarchiquement des canaux principaux, secondaires, tertiaires voir quaternaires. A la genèse du projet, il était prévu de produire du riz. Mais on retrouve aussi aujourd’hui d’autres productions telles que le manioc, la patate douce, le maïs, les haricots ou encore du maraîchage.

L’HICEP (Chókwè Hydraulic Public Company) assure l’exploitation du réseau, les relations entre l’alimentation ainsi que la maintenance des ouvrages et l’organisation des prélèvements des usagers. Ce gestionnaire entretien donc les canaux principaux et secondaires et contrôle la maintenance opérée par les associations d'irrigants qui s’occupent des canaux tertiaires et quaternaires.

Le périmètre irrigué se divise en trois sections distinctes :

  • Le secteur Sud (Sector Sul) de 18946 ha
  • Le secteur Rivière (Sector Rio) de 8738 ha
  • Le Secteur Amont (Sector Montante) de 6164 ha

Les exploitants sont répartis eux aussi en trois secteurs, selon la taille de leur production :

  • Le secteur Agrobusiness (Sector Empresarial) de 16 à 100ha
  • Le secteur Privé (Sector Privado) de 2 à 12ha
  • Le secteur Familial (Sector Familliar) moins de 2ha

 Les usagers sont plus nombreux dans le secteur de la rivière, qui est spécifiquement exposé à des inondations récurrentes qui mettent en péril les productions.

On constate qu’il y a de réels problèmes de gestion et de maintenance.

Des solutions sont donc cherchées sur ce risque inondation afin de préserver les populations et les productions locales.


Carte de localisation de la région de Chokwé :

Source : CHOKWE - COMPETIR, p19

Carte de référence

La carte ci-dessous représente le réseau de l’HICEP dans son intégralité. On observe trois zones distinctes :

Schéma du PIC :

Tableau d'information sur les Aires, le nombre d'usagers et d'associations

Sources : PROMPAC irrigation and water management, App.6-24

Schéma spatial

Source : Photothèque Groupe Moz2

Analyse des enjeux

Le pays a donc un climat semi-aride avec des saisons sèches et humides, ajouté à de fortes précipitations ayant pour conséquence des crues exceptionnelles. Les décharges de barrages en amont peuvent être aussi à l’origine de dégâts importants.

Sur les 40 dernières années, trois crues majeures sont ressorties dans les années 1977, 2000 et 2013. La géomorphologie de la zone en est en partie responsable car le sol a des pentes inférieures à 0,5 % ainsi que quelques dépressions qui permettent non seulement l’expansion mais aussi la retenue des eaux.

Pour les contraintes engendrées par les conditions climatiques et géographiques, on note de réels enjeux financiers car le Mozambique est inscrit parmi les Pays les Moins Avancés (PMA). L’IDH faible n’est pas très attractif pour les investisseurs étrangers.

Enjeux Agricoles :

Le secteur agricole est la principale production économique, il assure des revenus, du travail et l’alimentation. Le manque de moyens financiers limite grandement la motorisation du travail, qui est toujours physique à l’heure actuelle.

Les cultures sont essentiellement vivrières. On observe un manque de semences et cela réduit nettement les rendements. Les statistiques illustrent que 40% des petits agriculteurs s’assurent une sécurité alimentaire par leurs productions de riz. De même, le système d’irrigation construit dans les années 50 est vital pour 15% de la population.

L’accès à l’eau est compliqué par le mauvais état des canaux et le mauvais drainage, et cela malgré les restaurations. Donc, lorsque les cultures sont inondées, elles sont soit perdues, soit à replanter.

Enjeux Humains :

On note que régulièrement, les crues sont mortelles. La protection des populations est donc un enjeu important et est prise en compte par les autorités politiques.

L’exode se fait ressentir, les populations migrent vers des pays voisins. Des hommes s’installent en Afrique du sud, les agricultrices sont donc plus nombreuses dans le district.

Enjeux de l’eau :

C’est L’HICEP, entreprise d’Etat qui gère le PIC (Périmètre Irrigué du Chókwè). Elle s’occupe des ouvrages hydrauliques et opère à leur maintenance.

Cependant, des financements sont indispensables pour mettre en œuvre la politique de restauration. Or, les revenus de l’HICEP sont amoindris et il est difficile d’atteindre les objectifs.

Analyse sociale et politique - Acteurs

Description à retrouver dans le document : Mémoire MR 2, p20

L’HICEP:

Il s’agît d’une entreprise d’Etat chargée de la gestion du PIC (Périmètre irrigué du Chókwè). Elle est sous la tutelle du Ministère de l’agriculture (le MINAG). Elle gère aussi les relations contractuelles avec l’ARA-Sul7, pour le service d’eau en amont du périmètre. De plus, sa responsabilité s’étend aussi à l’exploitation et à l’entretien des infrastructures ainsi qu’à l’organisation des usagers.

Son conseil d’administration est composé de sept membres ayant un mandat de trois ans.

  •  une direction de maintenance
  •  une direction de l’observation
  •  un service administratif

Les secteurs hydrauliques font partie du pôle opérationnel de l’HICEP et les différentes fonctions sont classées en trois catégories :

  •  opération, le suivi des cultures et la définition de tours d’eau
  • administration, la facturation des redevances aux usagers
  • maintenance, l’entretien et renouvellement des infrastructures

Des cantonniers sont missionnés pour faire le contrôle et la saisie du niveau d’eau dans les canaux, ainsi que des manœuvres sur les prises d’eau pour l’alimentation du réseau secondaire, et le relevé des besoins de maintenance sur le canal primaire. De même, pour les canaux secondaires, des cantonniers sont responsables de la réalisation des tours d’eau. Ces tours sont définis en accord avec l’association regroupant tout les usagers des tertiaires alimentés par ces canaux. Selon le besoin des cultures, on établit un calendrier dans lequel n’est pas pris en compte le bon respect de la redevance irrigation.

Cela ne concerne pas les agrobusiness qui s’autogèrent avec leurs moyens humains sans cantonniers.

Les agriculteurs: 

Les petits agriculteurs sont pour la grande majorité de la profession et contrôlent le tiers de la surface irriguée. Ils pratiquent une agriculture de subsistance sur des surfaces de moins de 2ha. Ces exploitations de famille ont des capacités d’investissement limitées caractériser par peu de moyens motorisés pour la préparation de la terre, pour la fertilisation du sol et un recours à la main d’œuvre familiale.

En opposition aux grands agriculteurs, qui représentent moins de 1% du total des agriculteurs. Ces derniers cultivent aussi un tiers du PI mais sur des surfaces de 16 à 100 ha. Leurs moyens sont plus importants, avec une meilleure productivité de leurs cultures. Néanmoins, leurs gains sont limités en raison de la difficulté d’écoulement de leurs produits.

Le dernier tiers du PI est exploité par des agriculteurs moyens qui cultivent des surfaces allant de 2 à 12 ha.

Les Associations d’irrigants :

Les usagers se regroupent en associations d’irrigants (AR) sur un même canal distributeur. Dans l’ensemble, ont note qu’elles regroupent environ 12 400 usagers (HICEP, 2003)

La première activité de ces associations est la maintenance et la gestion des infrastructures d’irrigations secondaires et tertiaires. Mais aussi, la collecte d’une taxe d’irrigation directement perçue par l’HICEP comme prévu dans les statuts.

On dénombre 36 AR, donc 33 sont légalisées.

Il y a deux types d’associations :

  • Les AR qui font partie de l’UNAR (União Nacional das Associações de Regantes)
  • Les associations de petits producteurs du sector familiar. Soutenus par l’UNAC (União Nacional dos Camponeses) et représentés par la UCAC (União das Cooperativas Agrícolas de Chókwè)

On note qu’aucune mention n’est faite de la taxe sur l’eau, qui constitue une mesure de lutte contre les mauvais payeurs et de participation à la maintenance. Ces associations sont constituées de « petits agriculteurs » (pequenos agricultores) et d’«agriculteurs moyens » (agricultures medios).


Schéma fonctionnel Acteurs / Enjeux / Ressources

Ressources considérées

Notre modèle utilise trois ressources fondamentales. 
Tout d'abord l'eau qui est au coeur de la problématique traitée. Représentée par des billes bleues, l'enjeu est sa bonne circulation depuis les canaux jusqu'aux drains en passant par l'exploitation, sans accumulation excessive. Les entrées en eau sur les exploitations sont justifiées par les apports pour l'irrigation et par les précipitations formant une crue selon l'intensité.
Vient ensuite l'argent, représenté par des billes jaunes. Il permet l'amélioration de l'exploitation et l'entretien des drains et canaux pour maintenir l'activité agricole à flots. La dotation en argent des différents acteurs est très variable selon leur rôle.
L'argent est une ressource utile mais doit toujours être complétée par le travail, représenté par des billes de bois. Ce travail trouve toute sa place dans le modèle car la plupart des agriculteurs doivent fournir eux-mêmes la main d'oeuvre et le temps nécessaire à l'entretien des infrastructures. Cependant tous les acteurs de la région n'ont pas le même mode de fonctionnement. En effet les grandes exploitations utilisent aussi des machines et l'entretien des canaux se fait également avec des engins de chantier. Dans cette optique, la ressource travail mise en place englobe aussi bien le travail humain que le capital fixe ou les compétences intellectuelles.

Modèle des acteurs - rôles

   
Sources : https://images.google.fr/imgres

Modèle des actions
Cartes actions pour les différents acteurs :
Cartes améliorations :

Structure du modèle et du jeu

Le modèle créé prend en compte, sous forme simplifiée, la totalité du périmètre irrigué de Chokwè. La distribution globale de la SAU selon le type d'agriculture est respectée. Sur le plateau apparaissent également les principales infrastructures hydrauliques, les canaux et la rivière Limpopo. Ainsi les participants reconnaissent et identifient les éléments essentiels structurant le territoire.
Le jeu se déroule par tours représentant une année. Chaque année a ses priorités et ses caractéristiques propres: les infrastructures à entretenir ne sont pas les mêmes deux ans d'affilés, les gains personnels des joueurs s'accumulent tout comme leur capital fixe ainsi que les aménagements effectués pourvu qu'une inondation n'intervienne pas. La pluviométrie varie également aléatoirement faisant varier le risque de crue et d'inondation. La situation doit être stabilisée au bout d'un certain nombre d'année que l'on peut fixer selon l'âge des joueurs et leur compréhension des enjeux (il faudra plus de temps pour saisir les enjeux pour des enfants ou des personnes étrangères à la gestion d'une ressource limitée par plusieurs acteurs légitimes).

Scénarios

Une multitude de scénarios sont envisageables. Dans certains cas les joueurs peuvent se contenter d'optimiser leurs gains personnels, ils chercheront alors à échanger leurs ressources au meilleur prix, voire se refuseront à collaborer avec les autres participants ou prendront des risques en n'entretenant que peu leurs drains bien que cela augment le risque d'inondation pour l'année suivante. Ils économisent ainsi l'argent et la force de travail dont ils disposent. Ils peuvent s'en sortir tant que les précipitations restent en deçà d'une certaine intensité mais au moment d'une crue plus importante, et surtout s'ils n'ont pas investi dans des cartes actions pour protéger leur activité, ils seront impactés par l'inondation. De même si l'entretien des canaux d'irrigation n'est pas assuré, ils verront leurs rendements fortement diminués à cause de l'apport irrégulier en eau. Il s'agit donc d'une stratégie limitée.

A l'inverse, si les joueurs font le choix de s'entraider dès le lancement de la partie, ils investiront pour la sécurité de leurs gains futurs en facilitant les échanges de ressources. Chacun saura qu'il peut compter sur ses voisins et concentrera ses investissements sur des améliorations qui optimisent son niveau de vie plutôt que sur des assurances en cas d'inondation, car il se sait en capacité d'entretenir son réseau. Il sera plus vite indépendant et le prix d'entretien des canaux et drains pèsera de moins en moins sur son activité. Cependant ce scénario est difficile à envisager avec des joueurs qui ne se connaissent pas et qui jouent pour la première fois.
Entre ces deux cas de figure il existe d'autres scénarios possibles mais pas tous descriptibles car dépendants des choix personnels des joueurs.

Enfin, lors de l’élaboration du jeu, nous avons choisi de laisser le dé définir un scénario pour chaque tour. C’est les uns après les autres que les joueurs lancent le dé pour définir le nombre de billes qui vont arriver sur toutes leurs parcelles. Lorsqu’une seule bille (soit face 1 du dé) est entrée dans la parcelle, alors le risque inondation est minime. Pour une entrée de six billes, cela équivaut à une crue à risques. La situation représentée est donc aléatoire et modélise bien la réalité. Car elle est imprévisible.

Calibration

La calibration de ce jeu a été réalisée lors de son lancement. Au commencement, on a donné des valeurs arbitraires pour essayer d’effectuer un premier puis un deuxième tour. Cela a permis de créer les cartes action. Les ressources ont été distribuées en fonction du rôle de chacun.

Pour quantifier les ressources nécessaires, chacun a donné ses impressions en fonction de ses connaissances sur l’acteur et estimé comment approcher au mieux la réalité sur le rapport d’échelle avec les autres joueurs.

Quand les cartes action ont été fixées, nous avons vérifié en jouant, que les valeurs collent bien à la problématique de la zone.

On a donc constaté que le débat était obligé entre les acteurs. Un point positif qui a été recherché et qui est acquis.

Les ressources eau et capital étaient trop nombreuses lors du premier test. Les billes en circulation étaient trop nombreuses, on les a donc réduites par la suite.

La question du capital départ s’est posée. Combien chaque acteur bénéficie-il en début de partie ? Nous avons donc décidé qu’il devait y avoir une bourse proportionnelle à leur 1er gain, pour nous rapprocher des réelles inégalités économiques des acteurs. C’est pourquoi chacun commence avec les gains de son activité ainsi qu’un plus de départ pour le lancement dans le jeu. Il est nécessaire que les personnes qui seront amenées à jouer puissent passer le premier tour satisfaites pour qu’elles commencent positivement mais aussi pour qu’elles pensent à la facilité et prennent des risques formateurs.

Pour les essais suivants,  nous avons décidé de faire entrer un dé dans le jeu, ce qui permet de donner de manière aléatoire l’intensité des précipitations et donc faire varier le risque de crue.

Discussion lors de la phase de calibration

Source : Photothèque Groupe Moz2

Règles spécifiques du jeu

Le Plateau : Divisé en 3 zones correspondant aux secteurs du PIC de Chokwè, chacune est approvisionnée en eau par un canal. Chaque zone est constituée de 3 emplacements réservés aux Agrobusiness, aux exploitations commerciales ou aux exploitations familiales d’agriculture vivrière. Chaque joueur, selon son rôle, se place sur un emplacement afin de constituer des “équipes” par secteur. L’entretien du canal concerne en priorité les joueurs qu’il alimente en eau. Ils seront aidés marginalement par les autres joueurs si ceux ci le peuvent et le veulent.

Photo du plateau de Jeu

Source : Photothèque Groupe Moz2

L’eau : pour l’irrigation des parcelles chaque acteur a besoin de deux ressources en eau pour assurer sa production. Ces unités d’eau représentent l’eau représente dans les canaux, les drains et dans le sol. Aussi, l’entrée d’eau sur l’exploitation est augmentée des précipitations de l’année. Celles ci sont définies aléatoirement par le score du dé lancé au début du tour (maximum 6). Si l’exploitation contient dix ou plus unités d’eau elle est inondée et le joueur perçoit moins de ressources pour sa récolte.


Entretien des drains : Afin d’évacuer l’eau le joueur doit entretenir ses drains. L’entretien des drains coûte de l’argent (1 unité) et du travail (1 unité), chaque entretien de drain permet d’évacuer 5 unités d’eau au maximum. Le joueur peut entretenir plusieurs drains par tour. Attention, le joueur doit toujours garder une unité d’eau sur son exploitation entre chaque tour. L’entretien des drains peut se faire à tout moment. L’eau entrante sur l’exploitation est de 8 unités au maximum (6 au dé + 2 pour la production) ce qui, ajouté à l’unité d’eau minimale nécessaire entre 2 années (1) fait 9 unité d’eau. Au minimum le joueur accumule 4 unités d’eau sur son exploitation lors de la période la plus humide (1 de pluie au dé + 2 pour la production + 1 nécessaire entre deux années)

L’entretien régulier des drains permet donc d’éviter l’inondation et le manque à gagner associé.


Entretien des canaux : permet d’assurer l’entrée en eau provenant du canal principal sur l’exploitation et donc la production. Cet entretien incombe aux joueurs eux-mêmes. Si un canal n’est pas entretenu l’eau ne circule pas et les exploitations concernées ne disposeront pas de l’eau nécessaire à la production et produisent moins au tour suivant. Si le canal amont n’est pas entretenu se sont toutes les exploitations en jeu qui sont touchées par la manque d’eau dans les canaux. Le prix de cet entretien varie avec le nombre de joueurs:

2nb de joueurs total (argent) + nb de joueurs total (travail)

A chaque tour sauf au premier un canal doit être entretenu. Chaque canal doit être à nouveau entretenu tous les trois ans (soit tous les trois tours).

 

Les acteurs : trois rôles différents seront joués. L’agrobusiness est un producteur commercial, situé en amont du plateau. Sa production, en plus des deux unités d’eau nécessaires, nécessite 1 unité de travail qui représente autant le travail humain que le capital mécanique et humain. Si l’exploitation n’est pas inondée sa production lui rapporte 7 unités monétaires. Si l’exploitation est inondée ou non alimentée en eau son gain descend à 4 unités monétaires que le joueur reçoit sous condition de dépenser 2 unités de travail à cause des dégâts matériels engendrés par l’inondation.

Le leader syndical de exploitations privées représente des agriculteurs et dispose des ressources représentatives des moyennes exploitations. Sa production nécessite les deux unités d’eau et lui rapporte trois unités monétaires et une unité de travail lorsque l’exploitation n’est pas inondée. Si elle est inondée ou non alimentée en eau son gain diminue de 2 unités monétaires (soit 1 unités de travail et 1 unité monétaire)

Le leader syndical des petites exploitations. Comme précédemment mais son gain est de 3 unités de travail et une unité d’argent en année normale. En cas d’inondation ou de non alimentation en eau il s’abaisse à 2 unités de travail (il perd le gain monétaire)


Comment une production est-elle diminuée ? Lors d’un tour elle peut être inondée pour l’année en cours si elle reçoit trop d’eau au début du tour (plus de dix unités). Cette inondation est individuelle, elle dépend de l’entretien des drains de l’exploitation.

Pour l’année suivante (n+1), si le canal n’est pas remis en état à la fin de l’année en cours (n) alors les joueurs concernés par ce canal ne reçoivent pas les deux unités d’eau nécessaire à la production et gagnent moins au tour suivant (apport en eau mal réparti ne permet pas d’optimiser la production).


L’HICEP : acteur majeur dans l’organisation générale du jeu. Il aide les petits et moyens exploitants qui adhèrent à son service. Afin de recevoir l’aide financière de l’HICEP, les petits et moyens exploitants peuvent adhérer en payant 2 unités monétaires. Ils reçoivent ensuite dès le tour suivant 1 unité d’argent par tour jusqu’à la fin de la partie. Cette aide est garantie quelque soit l’état de l’exploitation.

 

Mise en place : au début de la partie chaque joueur, selon son rôle, choisi un emplacement sur un secteur. Chaque territoire doit contenir au moins 1 joueur afin que l’entretien du canal ait lieu. 3 joueurs minimum, 9 maximum. Les rôles sont définis au hasard (carte activité piochée dans un sachet opaque)

Chaque joueur reçoit le gain associé à son rôle augmenté de deux unités de travail. Au premier tour aucun canal ne doit être entretenu. Seuls les drains seront surveillés. Chaque exploitation a 1 unités d’eau dans ses canaux au début de la partie. La partie se déroule en 7 tours. Le premier canal qui doit être entretenu (au tour 2) est celui situé en amont. Il est entretenu aux tours 2 et 5. Le suivant aux tours 3 et 6, le dernier aux tours 4 et 7.

 

le CPG: il s’agit d’un moment, la phase de dialogue correspondant à l’accord entre acteurs en vue d’entretenir le canal (à la fin du tour). Tous les acteurs participent. Les joueurs qui aident à entretenir un autre canal que le leur (donc une autre zone du plateau) reçoivent ensuite une unité de travail, à condition de fournir au moins une unité de travail ou deux d’argent.

 

Cartes action: à tout moment un joueur peut acheter et bénéficier d’une amélioration de son exploitation. Il s’agit des cartes actions dont les effets portent sur les quantités d’eau drainées, le gain monétaire, la force de travail, la diminution des pertes en cas d’inondation … certaines de ces améliorations sont détruites avec les inondations. Certaines sont communes à tous les joueurs d’un territoire (comme une campagne de sensibilisation), d’autres sont individuelles (comme la surélévation du matériel pour les agrobusiness).

 

Déroulement d’un tour : On lance le dé pour savoir la quantité d’eau des précipitations qui formera la crue et entrera dans les canaux. En plus de l’eau restante du tour précédent, le score du dé est augmenté de deux pour les joueurs qui sont sur une zone où le canal est entretenu. Chaque joueur connait donc la quantité d’eau présente sur son exploitation ou les exploitations qu’il représente. Si cette quantité atteint ou dépasse 10, il est inondé et gagnera moins de ressources pour ce tour. Puis les joueurs du canal amont reçoivent le gain associé à leur production (ne pas oublier l’aide de l’HICEP pour ceux qui sont concernés). Ils peuvent ensuite drainer leur eau. Si un joueur a besoin d’argent ou de travail il peut en échanger avec les autres, y compris ceux de son territoire. Puis vient ensuite le tour des joueurs du territoire suivant etc … à la fin du tour (sauf au premier) il faut réhabiliter un canal, c’est la période de CPG.

 

Fin de partie : une fois le septième tour terminé on compte combien de fois les acteurs de chaque territoire ont été inondés. L’équipe qui a été la moins inondée remporte la partie. Attention, il faut entretenir le canal au septième tour afin que chaque équipe ait entretenu deux fois son canal.

 

Durée : très variable selon le nombre de joueurs: de 20 à 60 minutes

Résultats du test

Nous avons effectué des tests sur deux publics différents.

Le premier test a été réalisé sur un groupe concerné par le module de participation à la GIRE. Et le deuxième sur un public lambda. Avec leurs connaissances sur la gestion intégrée, le premier groupe a plus facilement compris les intérêts du jeu ainsi que les stratégies à adopter.

1 - Analyse sur le test réalisé avec des élèves internes au Master

Lors du premier tour, il n’y a aucun événement particulier et chacun s’adapte à la situation en vigueur et n’anticipe pas le risque de crue sur le tour suivant. Le fait qu’il y a une aide au départ, certains pensent être éloignés du risque de par leur capital (Argent et Travail). Chacun a commencé avec (1 bille d’eau, 2 capacités de travail, et les gains de production sur un an = gain d’un tour)

C’est dès le deuxième tour qu’ils comprennent que le dialogue est important pour financer la restauration des canaux du secteur amont. Ils élaborent donc une stratégie de concertation, seulement la personne jouant le rôle de l’agriculteur agrobusiness n’a pas souhaité participer au financement après le débat. Ces financements ont du s’additionner au troisième tour, à de nouveau travaux de maintenance sur le secteur sud. Certains n’ont pas effectué l’entretien de leurs drains, et on subi des inondations.

C’est donc à cause de fortes dépenses qu’il y a eu une conscience collective sur l’intérêt d’anticiper sur plus d’un tour les futurs investissements. Il a donc fallu à chacun participer à la stratégie commune, mais aussi élaborer une stratégie personnelle pour se mettre a l’abri du risque inondation ou du manque de ressources.

Au tour six, les anticipations était très fructueuses et les joueurs maîtrisaient très bien le jeu.

Par ailleurs, le groupe a reçu de nombreuses billes de capacité de travail pour leur esprit collaboratif. Cela leur a permis à tous de trouver une certaine rentabilité dans les investissements communs. Ils ont compris l’intérêt des cartes amélioration. 

Source : Photothèque Groupe Moz2

2 - Analyse sur le test réalisé avec des personnes externes à la formation

Lors d’une deuxième session, nous avons effectué un autre test sur les personnes non concernées par le module et qui ne connaissaient pas l’intérêt de la GIRE. Ce public, bien que dans la même tranche d’âge, a donné des résultats bien différents de ceux du premier test.

Des le deuxième tour, peu de propositions ont été faites lors de la phase débat, mais les investissements ont été faits. Les tours suivants aussi. Cela a pris plus de temps avant de voir émerger une collaboration entre les joueurs.

On a donc un autre phénomène qui s’est produit. Les joueurs ont cherché dans un premier temps à jouer de leur côté, très personnellement. Les investissements communs n’ont pas été tellement discutés, cela s’est fait au bon vouloir de certains.

Cependant, tour après tour, et avec plus de difficultés, des stratégies d’anticipation ont émergé, et les résultats ont été vus pour tous. On constate plus d’inondations que le premier groupe, ainsi que moins de collaborations, donc moins de capacités de travail distribuées.


Globalement, ces deux tests ont été révélateurs pour nous. En effet, notre jeu a permis, dans les deux cas, l’émergence de stratégie commune par le débat. Les joueurs ont compris l’intérêt commun de créer des stratégies pour éviter les inondations au tour suivant.Bien évidemment, le groupe ayant suivi le module a eu plus de succès, car les anticipations ont été comprises plus vite, l’intérêt de construire ensemble leur a permis d’être plus fort et plus efficace face au risque.Nous avons donc bien compris l’importance d’une logique de gestion commune. L’intérêt collectif a primé sur le premier groupe. La conciliation a limité les impacts des crues.Le dé est un bon système pour modéliser la probabilité de subir une crue et la proportion que peut prendre celle-ci. Chaque acteur, sans savoir ce qui allait se passer au tour suivant, a pris les devants pour faire face a un éventuel risque.

Actions stratégiques complémentaires

L'une des stratégies dans notre modèle est de considérer ses intérêts à plusieurs échelles. Le joueur va comprendre que ses intérêts personnels sont semblables à ceux de ses voisins malgré la différence de dotation en ressource. De ce déséquilibre va naître une conscience de groupe et de complémentarité. Se débrouiller seul ou concevoir ses voisins comme des adversaires pendant toute la partie n'est pas viable et même si cela peut fonctionner un temps, les gains seront limités. Les joueurs peuvent donc raisonner par secteur et concevoir les forces des autres comme ses forces potentielles. Pour cela il faut une prise de conscience mutuelle qui peut passer par la parole afin de profiter des ressources des autres tout en les laissant profiter des siennes. A terme, les économies faites sur un secteur grâce à la facilitation des échanges pourront profiter à tous ses membres, à conditions de voir au-delà de ses propres intérêts. Le modèle appuie les arguments en faveur de l'entraide et de ses avantages pour chacun. Il permet aussi de mieux comprendre les obligations et limites des autres acteurs et d'accepter leurs choix.
Les joueurs d'un même secteur peuvent également coordonner leurs efforts pour améliorer la capacité de  résilience du secteur tout entier en acquérant des innovations dont l'effet est bénéfique pour tous les membres du secteur sans exception, et pas uniquement pour leur seule exploitation.

Proposition de stratégie COOPLAN (ES)

Nous avons chacun proposé 6 actions cooplan. Parmi les 24 actions, nous avons réussi à retranscrire près de la moitié dans notre jeu. Au moment de les analyser nous avons constaté que de nombreuses ressources étaient nécessaires à leur mise en oeuvre, en particulier l'argent, le travail et le capital fixe. Aussi, les impacts de chaque action sont multiples et nous avons noté que certaines aidaient à réduire le risque d'inondations et surtout à gommer la fracture sociale sur le territoire. Ces deux objectifs peuvent être considérés comme les plus bénéfiques en ce qui concerne la région de Chokwè.
Nos actions cooplan permettent diverses stratégies car chacune correspond à un cas de figure précis. Les actions ont un impact à une échelle différente et nous avons tout d'abord classé celles qui modifient la région dans son ensemble, puis chaque secteur et enfin l'exploitation où elle est mise en place. A l'intérieur de cette hiérarchie une autre différenciation est possible. Certaines actions permettent d'améliorer son mode de vie (comme la diversification d'une exploitation à l'élevage qui peut augmenter son revenu); d'autres limiter les dégâts en cas d'inondation (comme la surrélavation du matériel ou une campagne de sensibilisation); ou enfin de diminuer le risque d'inondations sur les exploitations (comme l'amélioration des drains ou la création d'une zone inondable). Compte tenu de ces particularités, chaque acteur devra arbitrer des actions les plus intéressantes suivant le cas de figure, et défendre son choix. L'objectif final de la participation sur le PIC de Chokwè serait celui de mettre en place une solution qui nécessite l'expertise de chacun, c'est-à-dire une modification à l'échelle régionale diminuant le risque d'inondation pour tous, ce qui demande beaucoup de moyens mais augmenterait durablement la capacité de résilience du PIC face aux crues.

COOPLAN.xlsx


Plan de participation PrePar

Le plan de participation vise à mettre sur la table les étapes de la mise en place d'une solution durable pour le territoire, définie et réalisée avec les citoyens et autres acteurs de la région (représentants de l'Etat, du ministère de l'agriculture, de l'HICEP ...). Pour notre étude de cas, nous pouvons imaginer la création d'un bureau de concertation entre la multiplicité des acteurs concernés. Une telle structure d'échange n'existe pas sur le territoire et sa création, motivée par les intérêts politiques d'une stabilisation du PIC par les pouvoirs publics, permettrait la représentation de chacun en facilitant les échanges, l'information, et donc l'avancée du projet choisi. Le degré de participation de chacun devra être fixé à l'avance par ses créateurs (probablement l'administration locale). Une fois un tel outil créé et le dialogue facilité, le diagnostic du territoire; le choix puis d'application d'une solution durable sera accéléré et plus efficace car chacun pourra faire part de ses besoins et contraintes, tout en faisant remonter les limites du territoire. De cette façon la solution choisie sera probablement plus efficace et le scénario sans effets pervers à posteriori.

prepar.xlsx


Protocole de suivi évaluation

Avant la création d'un bureau de concertation, pendant les diagnostics, les scénarios envisagés, les solutions envisagées, il faut informer les citoyens de l'avancée du projet. L'intérêt du bureau est alors double, car chacun saura vers qui se tourner pour avoir les informations. Des réunions d'informations publiques peuvent également être mises en place pour les grandes étapes du plan (présentation du bureau et son fonctionnement, choix des solutions ...).
L'évaluation de l'efficacité de la (ou des) solution(s) mise(s) en place peut passer par un nouvel état des lieux du territoire en allant sur le terrain écouter les témoignages des habitants. On peut également enquêter les citoyens les plus vulnérables auparavant afin de savoir si les effets positifs attendus sont bel et bien acquis. Un nouveau diagnostic du territoire peut être mené, qu'il faudra comparer avec celui à priori. Les écoles peuvent jouer un rôle majeur avec la perception des enfants, on peut leur demander de décrire leur perception de la vie de leur famille, avant et après l'application d'une solution, sous forme de dessins, de poèmes ... selon leur âge.

Bilan

Cette étude a donc été effectuée sur le PIC de l’HICEP dans le district de Chokwé au Mozambique. Le territoire est particulièrement voué à l’activité agricole. Le risque inondation et la difficulté pour avoir de bons rendements entraînent un exode rural des hommes, ce qui implique une féminisation de la profession. Il se crée un déséquilibre démographique. De plus, ces inondations s’avèrent mortelles et créent des dommages économiques importants. Certaines familles ont une agriculture vivrière.

Nous avons donc essayé au mieux, dans notre enquête, de prendre en compte les intérêts de chacun. Ainsi, nous avons cherché quelques solutions envisageables, pour sécuriser la population et la production.Lors de la conception de notre jeu, c’est le problème de bonne circulation de l’eau qui est ressorti. L’entretien des canaux et des drains permet d’éviter le stockage et le risque de laisser trop longtemps les terres sous les eaux (salinisation…). Les joueurs doivent donc faire attention à l’aménagement du territoire et à l’entretien de celui-ci. Notamment, en adoptant de bonnes pratiques de gestion.

La méthode participative permet à travers ce jeu, d’inciter au dialogue, à la cohésion et à la conciliation entre les acteurs. Les décisions collectives sont d’intérêt général. Leurs gestions personnelles (à la parcelle) sont aussi mises en jeu. Cela permet à chaque joueur de prendre conscience des impacts que suscite leur activité sur le risque. Le jeu est facile à comprendre mais aussi facile à jouer. Les joueurs le prennent vite en main. Les stratégies et les situations peuvent être abordées différemment. Les cartes innovations montrent des moyens concrets de lutte contre les inondations. Les pratiques décrites permettent au joueur d’apprendre sur la lutte contre le risque.

Enfin, pour nous, l’élaboration de ce jeu nous a permis de cibler les problématiques de chaque acteur sur le PIC et d’essayer de répondre à leurs besoins. On a développé l’idée de la création d’une nouvelle organisation qui aura pour mission d’accompagner des plans d’actions et la programmation d’activités dans la lutte contre le risque.

L’objectif est de proposer au gouvernement de mener un débat public sur la zone qui sera régie par les institutions politiques locales. Le but étant de faire participer l’ensemble des acteurs de la zone (car il sont tous concernés) afin de faire évoluer la structure de gouvernance. Par ce débat, on souhaite inciter tous les acteurs à participer à la création d’une nouvelle institution. Pour les réfractaires, comme l’HICEP, qui peut ne pas voir ces intérêts dans le projet, un soutien par subventions peut aider à la participation de tous.Ce jeu constitue donc un bon moyen d’accompagnement des acteurs dans la réalisation des décisions communes à prendre pour la sécurisation de la zone. Ainsi que de l’utilité de tous dans la participation pour la GIRE.

Proposition de film introductif :

Film introductif.mp4

Source musiques : 
Carl Orff - O Fortuna - Carmina Burana / Pokémon Soundtrack - Red Version & Blue Version
Source Images : 
https://coracaoafricano2532014.files.wordpress.com/2015/05/mapa_gaza.png
PROMPAC irrigation and water management, App.6-24

Présentation orale :

Soutenance Mozambique 2.pptx


Documents supports (types)

- carte générale
- usages du sol
- hydrographie
- données hydro / pluvio
- distrib de populations
- activités économiques
- productivité des activités agricoles
- données tourisme quand c'est le cas
- données conso urbaine (type SONEDE) si dispo
- tous rapports sur le cas
- des photos éventuellement
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