VKP 2015

Participants

Encadrant

Atelier : Nils Ferrand

En Nouvelle-Calédonie :

Membres du groupe de travail

  • Bazi Anaïs
  • Cherkaoui Sonia
  • Joanany Thomas
  • Moudar Roxane
  • Nevreux Zoé

Docs et liens initiaux

https://echogeo.revues.org/11612

Présentation de la zone VKP




Presentation courte du jeu

  

Video présentation du jeu en entier.mp4




Présentation générale

La Nouvelle Calédonie est un archipel de l’Océan Pacifique, situé entre l’Australie et la Nouvelle Zélande, soit à plus de vingt mille kilomètres de la métropole. Composée de nombreuses iles et ilots, sa superficie est de 19 000 km² et sa population s’élève à 213 679 habitants (densité : 11,5 hab/km²). La Nouvelle Calédonie est le 5ème pays le plus riche du monde en terme de biodiversité.

Découverte par un britannique en 1774, c’est en 1853 que la France annexe ce territoire, pour devenir une colonie pénitentiaire. En 1946, l’archipel devient un Territoire d’Outre Mer, aujourd’hui la Nouvelle Calédonie dispose d’un autre statut qui lui accorde encore plus d’autonomie.

Ainsi, le Gouvernement de la Nouvelle Calédonie se voit confier la législation, l’exploitation et gestion de l’eau. Actuellement, aucun système de régie n’est implanté, le gouvernement rencontre donc des difficultés à la gestion, à la quantification des besoins et rejets. De plus, aucun système public de gestion d’eau n’est pérenne, puisqu’une grande partie de la population refuse de payer sa facture d'eau. L’eau potable provient à 66% des eaux superficielles, à 22% des eaux souterraines, et à 12% des barrages.

Nous travaillons sur le bassin versant comprenant les villes de Voh, Koné et Pouembout. Sur ce territoire, nous trouvons trois différentes rivières (Voh, Koné et Pouembout), une agriculture commerciale très développée et intensive ainsi que des industries minières et métallurgiques. Cette industrie minière (usine du nord) a permis le développement économique de toute la Province Nord en offrant des emplois à une majorité des habitants. En lien avec l'accroissement économique de la région, une forte extension démographique accentuée par un exode rural est apparue. Cela a engendré une augmentation du besoin en eau pour la population mais aussi pour l'agriculture, pour l'industrie et pour les aires coutumières.

La région VKP se situe sur la côte ouest de "la grande île" néocalédonienne c'est à dire sur le versant sous le vent de la chaine de montagne centrale. Elle est soumise à l'effet de foehn : des masses d'air chaud prennent de l'altitude en approchant des reliefs. La diminution de la température de ces masses provoque des précipitations. Ainsi la pluviométrie est très variable de la partie littorale (moins de 1000 mm) à la partie montagneuse (plus de 2250 mm). A cette répartition spatiale inégale de la ressource en eau s'ajoute la répartition temporelle variable des précipitations. Le climat est tropical : une saison chaude de novembre à avril et une saison fraîche de juin à septembre. Le mois d'octobre est la période critique de l'année où on observe simultanément une évapotranspiration potentielle importante (environ 160 mm) et de faibles précipitations (environ 35 mm).

 A partir des documents étudiés, nous avons décidé d'étudier 3 problématiques pour la zone VKP :

  • La quantité d'eau

  • La qualité des ressources en eau

  • La politique de gestion de l'eau


Carte de référence

[source : https://vertigo.revues.org/13297?lang=pt]




Schéma spatial


Analyse des enjeux

        Après une étude approfondie du contexte de la zone VKP, la gestion de la ressource en eau, qu’elle soit qualitative ou quantitative, est le principal enjeu de cette zone. Le but optimum de ce jeu est de faire comprendre aux différents acteurs l’importance de ces enjeux et de mettre en place différentes stratégies pour les protéger et les conserver. Pour répondre à l’objectif de notre problématique nous nous sommes concentrés sur trois enjeux que nous allons vous décrire :


    Tout d’abord la Quantité, en effet la répartition de la ressource n'est pas équitable, et sa mauvaise gestion entraine des pénuries pour différents acteurs (agriculteurs, habitants et industriels). On peut observer différentes situations :


  Aujourd’hui dans cette région aucune information n’est disponible sur la quantité de la ressource. De nombreux prélèvements sont effectués par les différents acteurs dans les nappes et cours d'eau, sans connaître les débits et sans limiter ces prélèvements. Il n'y a donc pas d'équilibre entre les débits entrant et sortant.


  Beaucoup d'usagers n'ont pas de compteur d’eau, on ne peut donc pas quantifier leurs consommations, et donc aucune gestion ne peut être mise en place pour limiter le volume de consommations.


  Il existe une consommation inégale, et « sauvage » par différents acteurs. Par exemple, des agriculteurs peuvent exploiter des forages privés, non déclarés. Ce qui accentue le fait qu’il soit impossible de quantifier leurs prélèvements et donc leurs consommations.



    Dans un second temps la Qualité: le manque de législation, et d'infrastructure permettant le traitement des eaux, entraine des répercutions sur la qualité de l'eau. On peut noter différentes situations :


  l'épuration est peu efficace car peu implantée dans les zones urbaines. Les eaux usées sont rejetées directement au milieu naturel car peu d’habitations ont mis en place des systèmes de raccordement aux stations d’épuration existantes. Ce qui engendre une dégradation de la qualité de l'eau.


  Les points de captages d'eau potable ne sont pas protégés par des périmètres de protection, on explique cela par des problèmes de territoire : les tribus n'acceptent pas l'implantation de délimitation sur leurs terres.


  De par la mauvaise gestion de la ressource, nous observons des biseaux d'eau salée (= remontée d'eau de mer dans les nappes phréatiques, par effet de capillarité) et des intrusions d'eau saline dans les cours d'eau. Ce problème est pris très au sérieux notamment par les agriculteurs qui sont les plus impactés sur leurs terres agricoles.


  L'utilisation de pesticides/phytosanitaires par les agriculteurs cause également des problèmes de pollution.



    Enfin la Politique : la Nouvelle Calédonie, ancienne colonie française bénéficie d'un statut particulier et connait actuellement des difficultés au niveau de la gestion des territoires. En effet, en matière de gestion de l'eau, le gouvernement est novice.


  Il manque des textes législatifs et des lois imposant des normes à respecter, aussi bien en quantité des prélèvements, qu'en norme de rejets des eaux usées. Depuis 1979, il n’y a eu aucune évolution des textes concernant la potabilité de l’eau.


-       Le gouvernement rencontre des difficultés avec la population, puisque celle-ci n'accepte pas, et ne comprend pas l'importance de payer un service public de l'eau, si bien que beaucoup ne payent pas leur consommation.



    A ce jour les conflits autour de la ressource en eau sont principalement concentrés sur l’aspect quantitatif. La forte implantation de grandes exploitations et d’une industrie fortement développée dans la zone explique la grande demande en eau. De plus avec le développement économique de la province grâce à l’industrie, on observe une augmentation de la population citadine. Cette augmentation démographique est importante à prendre en compte dans la gestion de la ressource en eau puisqu’elle va accentuer les enjeux.

Objectif du processus / problématique

    Comme nous l'avons précisé lors de l'énonciation des enjeux, la situation de la zone Voh-Koné-Pouembout est soumise à différentes problématiques.

    Dans un premier temps la problématique de la Quantité de l'eau nous semble être la plus importante dans la situation actuelle. Avec les différentes activités mises en place sur la zone, on observe des pénuries d'eau, ce qui met en compétition les différents acteurs.

    Dans un second temps nous avons évoqué la problématique de la Qualité de l'eau. Un grand nombre de contaminants sont retrouvés dans des échantillons d'eau ce qui pose un problème de santé publique. De plus, la zone VKP se situe au cœur d'un environnement riche en biodiversité touché par la mauvaise qualité de l'eau et en retour affecte les territoires des agriculteurs par la pénétration de biseaux d'eau salée.

    Enfin, la dernière problématique comprend la gestion de la Politique de l'eau sur la zone. Comme cité auparavant, le gouvernement est novice dans la gestion de l'eau. Il manque notamment un cadre législatif pour pouvoir assurer une politique de l'eau afin de subvenir aux besoins de chacun des acteurs de façon durable.

    Donc le rôle d'ensemble du dispositif que nous allons vous présenter permettra aux différents acteurs de comprendre tout d'abord leur implication dans la gestion de l'eau mais aussi de connaitre les conséquences de leurs actions sur le bassin. Ce dispositif pourra permettre la collaboration de tous les acteurs pour discuter d'un plan d'action concret et permettre d'ouvrir de nouvelles pistes pour une meilleure gestion des ressources.

Suivi-évaluation

Le suivi évaluation nous permet de nous interroger et de prendre du recul sur ce que nous faisons, tout le long de notre travail. Cela consiste à se poser un certain nombre de questions pendant notre réflexion afin de s’auto-évaluer et de s’assurer que nous nous dirigeons dans la bonne direction concernant la problématique et les enjeux que nous avons choisi d’exploiter.

Il existe plusieurs échelles, plusieurs pas de temps sur lesquels nous pouvons nous concentrer. Au début de notre réflexion, il s’agit plutôt d’un questionnement général pour orienter nos recherches et choisir une stratégie. Pendant le développement, nous nous interrogeons sur des points plus spécifiques relatifs à l’évolution de la stratégie. Sur un pas de temps beaucoup plus court, nous nous intéressons aux paramètres qui permettent de mettre en place cette stratégie.

Les modalités de suivi se décomposent en six catégories différentes. La première catégorie est relative à l’externe, c'est-à-dire à l’effet sur l’environnement. Nous nous interrogerons ici quant à la possibilité que notre projet soit appliqué au niveau de la Province Nord ou au niveau d’une des communes. Est-ce que notre travail sera utile aux néo-calédoniens ? Leur permettra-il de compléter leur première approche du jeu ? Nous ne connaitrons ce potentiel effet sur l’externe qu’après avoir terminé et partagé notre travail et nous pourrons alors juger de son impact sur la région néo-calédonienne.

La deuxième catégorie s’intéresse au normatif, à l’évolution de nos valeurs et préférences et à leur éventuel changement. Est-ce que nous avons changé notre vision des choses, sommes-nous plus conscients des problèmes qui nous entourent ? Étudiants dans l’environnement, nous sommes évidemment conscients de l’existence des problématiques liées à la ressource en eau. Cependant, ce projet a permis de nous sensibiliser davantage à ce type de problèmes, et de nous faire prendre conscience des solutions possibles à chaque niveau de la société.

La troisième catégorie représente le cognitif, ce qu’on sait, ce qu’on voit et ce qu’on va apprendre grâce à ce travail de réflexion. Avons-nous amélioré notre connaissance du sujet ? Est-ce que nous avons acquis assez de connaissances pour analyser et interpréter les données relatives à notre problématique, c'est-à-dire principalement aux problèmes de maitrise de quantité et qualité de l’eau en Nouvelle Calédonie ? Au début de notre travail, nous nous sommes beaucoup informés sur la situation actuelle en Nouvelle Calédonie, sur les mesures mises en place pour pallier aux problèmes de ressource en eau ainsi que sur la politique actuelle. Pourtant, nous nous sommes rendu compte plus tard, en milieu de travail, que nous ne connaissions pas assez précisément notre sujet. Nous avions encore des connaissances à acquérir sur le sujet. Finalement, ce travail de réflexion nous a permis de découvrir un certain nombre de méthodes et d’outils pour la gestion de la ressource en eau.

La quatrième catégorie correspond à l’opérationnel, ce qu’on fait vraiment. Quelles habitudes allons-nous changer grâce à la prise de conscience des problèmes de ressource en eau ? Qu’allons-nous tirer de notre cognitif ? Nous pouvons maintenant mettre en pratique ce que nous avons appris, par exemple en changeant nos habitudes de consommation d’eau ou en allant plus loin dans la gestion intégrée de la ressource en eau.

La cinquième catégorie représente le relationnel. Elle comprend toutes les relations avec les membres du groupe. Est-ce que notre groupe a une bonne cohésion et quelle est l’implication de chacun au sein du groupe ? Est-ce que la communication du groupe est satisfaisante pour mener à bien notre travail ? Enfin, est-ce que ce travail nous permettra de créer des relations professionnelles avec l’équipe sur le terrain ? La communication de notre groupe a toujours été efficace et satisfaisante. Plusieurs fois, nous avons dû nous interroger sur le rôle de chacun, afin de ne pas confondre nos acteurs. Concernant nos implications, certains se sont plus placés dans une position de leader alors que d’autres étaient plus passifs. Néanmoins, chacun a participé et s’est impliqué de façon nécessaire.

Enfin, la sixième et dernière catégorie est l’équité. Elle nous permet de s’interroger sur la justice sociale. Comment a évolué la notion d’équité pour chacun des membres du groupe ? Nous avons su partager notre travail, chacun avait une part équitable du travail à faire.

Analyse sociale et politique - Acteurs

  IndustrieDAVAR
 Élus Province Nord
 Habitants citadins Zone Coutumière
 Grands agriculteurs commerciaux
Industrie
 Crée le besoin de main d’œuvre, aide les citadins
Conflits
sur la pollution
Dialogue/conflit sur les taxes 
 Coalition : aide à l'emploi, produit de l'argent contre main d’œuvre
 Concurrence
DAVAR
 Surveillance qualité
 Évaluer et suivre les aspects qualitatifs et quantitatifs de l'eau
 CoopérationContrôle qualité et quantité de l'eau potable
Contrôle qualité et quantité de l'eau potable
Contrôle qualité et quantité de l'eau
Élus Province
Nord
Dialogue/conflit sur les impôts
Coopération
Créer gestion durable de l'eau (quantité et tarification)
Dialogue/conflit sur les taxes 
 Dialogue/conflit sur les taxes  Subventionne
 Habitants
 citadins
 Coalition : offre main d’œuvre contre argent
 Dialogue/conflit sur les taxes   Offre de main d’œuvre
 Entre-aide Coalition: aide à l'emploi, production d'argent contre main d'oeuvre
 Zone Coutumière 
  Dialogue/conflit sur les taxes Entre-aide
 Concurrence
 Grands
agriculteurs commerciaux
Concurrence
Dialogue sur la gestion de l'eau
Coopération grâce aux subventions
Dialogue/conflit sur les taxes
Crée le besoin de main d’œuvre, aide les citadins
Concurrence
crée le besoin de main d’œuvre, aide les citadins

Schéma fonctionnel Acteurs / Enjeux / Ressources

Le schéma fonctionnel suivant résume les différentes interactions entre les acteurs, les enjeux et les ressources considérés.
Nous avons représenté en gris nos six acteurs. Chacune des ressources que nous avons choisi de modéliser ainsi que les relations associées aux acteurs sont représentées par une couleur.


Ressources considérées

Pour la mise en place de notre modèle de jeu, nous avons choisi de prendre en compte les quatre ressources suivantes, nécessaires aux acteurs  pour leurs actions.

> Eau (à partir des rivières et des nappes) : seule source d'eau de l'île, donc ressource principale du jeu qui engendre des conflits d'usages parmi les acteurs.

> Argent : Suite aux problèmes de tarification cette ressource permettra de mieux gérer l'aspect quantitatif de l'eau. De plus, elle donnera un aspect économique à la situation des habitants.

> Main d’œuvre : Ressource produite par la population locale et utilisée par l'industrie et l'agriculture commerciale.

> Pollution : Ressource produite par les rejets d'eau des industries, de l'agriculture et de la population. Cette ressource va définir l'aspect qualitatif dans le jeu.

Modèle des acteurs - rôles


Modèle des actions



Structure du modèle et du jeu

Le plateau de jeu représente la zone VKP avec un cours d’eau se jetant à la mer. Différentes zones y sont représentées associés à des acteurs :

    - une zone minière et une zone industrielle en rose contrôlée par les industriels

    - des parcelles agricoles en vert destinées aux agriculteurs commerciaux

    - des villes au centre accueillant les citadins

    - un village de coutumiers représenté par des triangles jaunes où vivent les coutumiers

La DAVAR et les élus quant à eux n’ont pas de zones et interviennent dans le jeu sans elles.

Le principe du jeu consistera à développer les activités de chacun des acteurs grâce à différentes ressources tout en préservant la ressource en eau tout au long du cours d’eau en qualité et en quantité afin de sauvegarder la biodiversité marine.

Le jeu comprend

    - Un plateau de jeu

    - Des billes jaunes représentant l’argent

    - Des billes bleues représentant une eau « propre »

    - Des billes rouges représentant une eau « sale »

    - Des perles représentant de la main d’œuvre

    - Des cartes actions pour chaque acteur

    - Des cartes innovations pour chaque acteur

    - Un pot opaque représentant la ressource en eau disponible

    - Des cartes représentant les espèces marines

    -Une carte événement "barrage"

Scénarios

Dans l'optique de rendre le processus au plus près de la réalité nous avons crée plusieurs scénarios:
            - Scénario d'un climat favorable et d'une qualité de l'eau optimale: cela permettra aux joueurs de faire plusieurs tours de jeu et de poser leurs actions.

            - Scénario d'un climat de sécheresse et d'une qualité de l'eau optimale: cela permettra de créer une pénurie d'eau de d'observer le comportement de chacun pour les faire réfléchir à leurs consommations.

            - Scénario d'un climat favorable et d'une eau polluée: cela permettra de créer un problème de qualité de l'eau et d'observer les actions mises en place ou non pour protéger la biodiversité.

Calibration

    Après la session de tests croisés, nous avons pu rééquilibrer notre jeu pour qu’il soit plus compréhensible et plus adapté à la situation en calibrant chaque ressource. Pour obtenir une large possibilité d’actions au premier tour, nous avons choisi d’attribuer une somme d'argent plus importante aux agriculteurs et à l’usine du Nord au début du jeu. Nous avons défini la nouvelle somme à 8Wag. Cette somme de base permet aux deux acteurs d'avoir le choix dans leurs cartes actions afin de les jouer et de payer leur fonctionnement ainsi que la main d’œuvre associée.

 De plus lors des tests croisés, nous avons remarqué la nécessité de mettre un immeuble dès le début, pour le premier tour, afin que tous les acteurs puissent jouer sans rencontrer aucune difficulté notamment face à la ressource main d’œuvre. 

Après plusieurs tours de jeu, il a été remarqué que l’acteur zone coutumière n’interagissait pas assez avec les autres. A partir de cela, nous avons changé les cartes actions en y incluant de la ressource argent pour que cet acteur puisse plus interagir avec les autres et se sente plus impliqué dans le modèle de jeu. 

Pour définir la quantité d’eau de base dans les ressources inconnues, plusieurs essais ont été nécessaires pour éviter d’avoir, dès les premiers tours de jeu, des problèmes quantitatifs.

Règles spécifiques du jeu

Début du jeu :

Notre jeu comportant six acteurs et un animateur, il peut se jouer par six ou sept personnes, l’animateur pouvant jouer le rôle d’un acteur. Chaque joueur choisit un acteur parmi ceux que nous avons défini (représentant des maires et élus, ingénieur de la DAVAR, agriculteur commercial, zone coutumière, citadin ou industriel). Une fois l’acteur choisi, tous les joueurs disposent d’une fiche acteur leur permettant de comprendre leur rôle et de connaitre leurs objectifs individuels vis-à-vis du jeu.

Devant eux, les joueurs ont également trois types de cartes actions et trois types de cartes innovations. Lors du premier tour, les joueurs ne joueront qu'avec les cartes actions. Ils piocheront donc trois cartes au hasard parmi les cartes actions. Pour le deuxième et troisième tour, les joueurs pourront mettre en place les cartes innovations. Ils pourront alors piocher au hasard deux cartes supplémentaires parmi l'ensemble des cartes.

Salaire/paie :

Au début du jeu, on donne à chaque joueur un budget de départ, réparti comme suit :

-          Industriels et agriculteurs commerciaux : 8 WAG,

-          Citadins, ingénieur de la DAVAR et coutumiers : 6 WAG

Au fil du jeu, les industriels, agriculteurs commerciaux, citadins et coutumiers vont recevoir des WAG grâce à leurs actions. A chaque début de tour, la DAVAR recevra de la banque 3 WAG, correspondant à son budget annuel financé par l’Etat néo-calédonien. Le représentant des maires et élus, qui gère les services d’eau et d’assainissement, est financé par le paiement des factures d’eau. Lorsque les acteurs font fonctionner les cartes actions/innovations, l’argent à payer correspond à la facture d’eau. Hors, comme nous sommes en Nouvelle Calédonie, les joueurs décideront à chaque fin de tour de payer ou non cette somme.

Déroulement du jeu :

Un tour de jeu correspond à une année.

L’ordre des joueurs suit le sens du courant. Les joueurs ayant des terrains en amont de la rivière vont donc jouer en premier. L’ordre des acteurs sera donc le suivant : industriel – habitant de la zone coutumière – citadin – agriculteur commercial – DAVAR – représentant des maires et élus. Le représentant des maires joue en dernier jusqu’à ce qu’il construise un ouvrage (AEP ou STEP) et dès qu’il construit un ouvrage, il s’insère dans l’ordre du courant à l’endroit de l’ouvrage.

Le citadin possède la main d'œuvre et le nombre varie selon les actions/innovations qu’il met en place. Il est payé 1 WAG par unité de main d’œuvre qu’il échange avec les acteurs qui en ont besoin. Lorsque des acteurs ont besoin de main d’œuvre comme ressource, ils doivent négocier avec le citadin.

Au début du jeu, le citadin possède déjà une carte action immeuble avec la main d’œuvre (MO) correspondante (8 MO). Lors du premier tour, le citadin ne jouera qu'avec cette carte action. Les autres acteurs (industriel, coutumier et agriculteur commercial) poseront également une carte action lorsque ce sera à leur tour de jouer. Chaque joueur devra alors payer à la banque 1 WAG pour poser la carte et 1 WAG pour le cout de fonctionnement. Ce cout de fonctionnement sera payé à chaque tour et sera relatif au nombre de cartes action/innovation que le joueur possède sur le plateau. Par exemple, si le joueur dispose de deux cartes actions et une carte innovation sur le plateau, il paiera 3 WAG de cout de fonctionnement.

Puis, à chaque fois que c’est le tour d’un joueur, celui-ci doit rassembler toutes les ressources nécessaires à la carte action/innovation qu’il veut utiliser (WAG, MO, eau propre ou polluée) pour obtenir les ressources indiquées sur la carte. Concernant les ressources nécessaires, une goutte d’eau propre peut remplacer une goutte d’eau polluée mais pas l’inverse !

Le joueur se fait payer tout de suite après avoir fait fonctionner son ou ses activité(s).

Évènement "barrage" :

Nous avons également créé un évènement barrage. Cet évènement peut être demandé par n'importe quel joueur à n'importe quel moment de la partie, par exemple lorsqu'il y a manque d'eau. Cependant, tous les acteurs doivent être d'accord pour mettre en place ce barrage, puisque tout le monde va devoir le financer. Les joueurs vont d'abord devoir déterminer le lieu d'implantation du barrage. Ensuite, en fonction de la position du barrage, les acteurs situés en amont devront payer 3 WAG et ceux placés en aval payeront 2 WAG. Quant aux représentants des maires et élus et à l'ingénieur de la DAVAR, ces derniers financeront le barrage à raison de 2 WAG chacun.

Le stock minimal dans le barrage est de 3 gouttes d'eau propre et il peut contenir jusqu'à 15 gouttes d'eau. Si ce stock minimal n'est pas respecté, chaque acteur jouant sur le plateau (citadin, habitant de la zone coutumière, industriel et agriculteur commercial) devra payer une amende de 2 WAG.

Lors de la construction du barrage, le stock minimal de 3 gouttes d'eau propre est déjà présent.

Circulation de l’eau :

L’eau de la rivière est assimilée à un pot circulant le long de la rivière et représentant la quantité d’eau disponible. A chaque début de tour, l’animateur place discrètement des billes d’eau représentant la recharge des nappes souterraines et annonce aux joueurs la pluviométrie du tour qu’il ajoute au pot. Le pot suivant le sens du courant, il dépend de la consommation et des rejets des joueurs. En effet, à chaque fois qu’un joueur joue, il va se servir dans ce pot pour effectuer ses actions/innovations et y rejeter son eau. La ressource étant très peu étudiée en Nouvelle Calédonie et les niveaux quantitatifs et qualitatifs mal connus, le contenu du pot sera caché et les joueurs piocheront dans le pot la ressource dont ils ont besoin sans savoir ce qu’il reste dans la rivière.

Fin du tour :

Lorsque c’est à l’ingénieur de la DAVAR de jouer, le pot de la rivière est arrivé à l’embouchure de la rivière. L’ingénieur vide alors le pot représentant l’eau de la rivière et doit vérifier si les deux conditions de vie des espaces naturels sont respectées. En effet, ces espaces sont sensibles à la pollution à l’embouchure de la rivière. A la fin d’un tour, les niveaux quantitatifs et qualitatifs de la rivière doivent donc remplir deux conditions pour préserver ces espaces naturels :

-          Il y a au moins une goutte d’eau disponible pour chaque espace naturel

-          Au moins 50% de la ressource en eau est de bonne qualité (non polluée)

Si l’une des deux conditions n’est pas respectée, un des espaces naturels est détruit. Si les deux conditions ne sont pas respectées, deux espaces sont détruits. La DAVAR peut donc intervenir en mettant en place ses actions/innovations. Si une action de protection était déjà en place, un espace naturel est alors épargné mais la protection est détruite. Cependant, lorsqu'un espace naturel est détruit, cela a des conséquences sur les parcelles les plus proches de la mer; En effet, pour chaque espace naturel détruit, une parcelle minière et une parcelle de l’agriculture commerciale sont détruites par des remontées d'eau salée.

Enfin, le représentant des maires et élus peut jouer. Il choisit et paie l’action qu’il veut mettre en place, en fonction du résultat qualitatif et quantitatif du tour. Les stations d’épuration et les adductions d’eau potable peuvent être posées n’importe où, le long de la rivière. Il suffit de définir dans quel ordre elles se situent par rapport aux acteurs.

Toutes les actions/innovations de l’ingénieur de la DAVAR et du représentant des maires et élus prennent effet à partir du tour suivant. Dans le cas d’une demande d’étude de la qualité (donnée en %) ou de la quantité de la ressource en eau de la rivière par l’ingénieur de la DAVAR, celle-ci a lieu en début de tour, après que l’animateur ait placé la recharge des nappes et la pluviométrie dans le pot.

Cas particuliers :

Si un joueur ne réussit à rassembler toutes les ressources dont il a besoin pour faire fonctionner son action/innovation, il ne perçoit pas les bénéfices de la carte. Il a alors un tour pour réussir à re-faire fonctionner son activité et dans le cas contraire, il perdra cette carte action/innovation. Pour le cas des citadins, si le joueur ne peut pas faire fonctionner son habitation par manque d’eau ou pollution de la ressource, la main d’œuvre correspondant à cette habitation n’est donc pas utilisable par les autres joueurs. Comme pour les autres acteurs, le citadin a un tour pour re-faire fonctionner son habitation.

Résultats du test


Grâce à l'évaluation du jeu pendant les tests croisés, nous avons pu prendre en compte les remarques et ainsi améliorer notre jeu.
Les remarques positives concernent principalement la facilité et la jouabilité du jeu. En effet, la plupart des joueurs se sont très bien adaptés à leurs acteurs et ont pu cerner les enjeux de chacun. La qualité du support de jeu ainsi que ses graphismes ont également été remarqués, tout comme la qualité et la pertinence de la modélisation.

Par ailleurs, certains points faibles ont été relevés. Tout d'abord, certains joueurs ont trouvé que le jeu manquait d'attractivité et d'amusement et qu'il n'était pas assez original et créatif. De plus, ce test a permis de relever une petite incohérence concernant le jeu des citadins et la faible implication des habitants de la zone coutumière. Nous avons donc pu faire des modifications en ce sens.

Finalement, notre jeu a été décrit comme "bon dans l'ensemble" et le fait de prendre en compte les conséquences de la pollution sur les écosystèmes marins a été apprécié.

Actions stratégiques complémentaires



    Nous avons ensuite travaillé sur les actions stratégiques complémentaires grâce au tableau ci-dessus. Le but était alors d'étudier les différents liens entre les actions et les actions que nous pouvions mettre en place. Cette réflexion nous a permi de mettre en évidence l'importance, pour les élus et la DAVAR, d'informer les différents acteurs sur les enjeux et études menées. De plus, ce tableau permet d'exprimer clairement les rôles de chacun.

Nous avons également développé des cartes innovations en tant que stratégies complémentaires. En effet, à partir du deuxième tour, les joueurs peuvent utiliser ces cartes pour améliorer leurs actions et permettre de s'adapter aux problèmes rencontrés lors du premier tour. Par exemple, l'industrie métallurgique peut mette en place une usine de dessalement afin d'utiliser l'eau de mer pour son activité. Une autre innovation possible est l'instauration, par les représentants des maires et élus, de normes de rejet en termes de pollution, ou encore la restauration par la DAVAR d'une zone naturelle impactée par la pollution.
Nous avons également crée un événement "barrage". Comme nous l'avons décrit précédemment dans la présentation des règles du jeu, la mise en place de cet événement peut être demandée par n'importe quel acteur, à partir du moment où il considère que la ressource en eau n'est pas assez bien gérée sur le long terme. Ce barrage permettra donc donc stocker de l'eau en prévision de périodes plus sèches.  

Proposition de stratégie COOPLAN (ES)

L'objectif de la stratégie COOPLAN est de définir des stratégies adaptées à la zone VKP. Les acteurs se concertent pour évaluer la cohérence, la faisabilité et l'efficience des actions qu'ils proposent.

Nous avons incarné les différents acteurs pour tenter d'élaborer notre propre modèle de gestion intégrée de la ressource en eau de la zone VKP. Chacun a d'abord défini ses objectifs personnels puis proposé des actions à court et long terme. Le tableau ci-dessous résume ces propositions à l'échelle locale, régionale et nationale.
Test COOPLAN dans le jeu

            La stratégie COOPLAN intègre des actions présentes dans le jeu comme par exemple l’action « construction d’une STEP spécifique à l’usine ». En effet, les actions du jeu reflètent parfois les intérêts des acteurs.

            D’autres actions comme « déforestation » est contraire à la gestion durable du territoire et souhaitée par un seul acteur : les agriculteurs. Cette action du COOPLAN ne faisait donc pas partie du jeu car nous ne la jugeons pas réalisable par les agriculteurs qui se heurtent aux intérêts contraire des autres acteurs.

            Un autre type d’action est une action proposée pour la première fois lors de la réalisation de la stratégie COOPLAN que nous avons ensuite intégrée au jeu comme « construction d’un barrage ». Lors de la conception du jeu nous n’avions pas identifié cette action. La stratégie COOPLAN a permis de révéler cette solution possible à la gestion quantitative de l’eau du bassin versant.

            Nous pouvons classer les actions en trois types : celles inspirées du jeu, celles qui ont permis de l’améliorer et celles qui sont le fruit d’un enjeu individuel (qui ne concernent qu’un acteur). La stratégie COOPLAN est un travail complémentaire à l’élaboration de notre jeu qui nous a permis de mieux comprendre les enjeux des acteurs et de proposer une stratégie plus adaptée au bassin versant VKP.


Bilan

Ce travail de groupe nous a permis, premièrement, d’être confrontés aux difficultés de la  gestion d’un territoire. En effet, nous nous sommes rapidement aperçus que de nombreux acteurs intervenaient dans la zone VKP, et que leurs attentes étaient diverses et pouvant même amener à des conflits entre acteurs.

 Une fois que nous avons identifié les acteurs, nous avons réfléchis aux problématiques de la zone étudiée, elles aussi nombreuses. Nous avons donc dû synthétiser et simplifier les différentes informations que nous avions afin de pouvoir réaliser un jeu simple d’utilisation, et efficace quant à la compréhension des enjeux de notre zone. 

Notre groupe étant constitué de différents parcours du Master Eau, nous avons pu échanger longuement sur nos différentes visions des enjeux, interactions des acteurs etc. Cet avantage a été également un inconvénient pour nous, puisque nos emplois du temps étaient rarement compatibles, et il était difficile de travailler ensemble, mais notre organisation nous a permis d’arriver à un travail de qualité.

Documents supports (types)

- carte générale
- usages du sol
- hydrographie
- données hydro / pluvio
- distrib de populations
- activités économiques
- productivité des activités agricoles
- données tourisme quand c'est le cas
- données conso urbaine (type SONEDE) si dispo
- tous rapports sur le cas
- des photos éventuellement

https://www.dropbox.com/s/8hdett5l9q34hkm/VKP%20info%20septembre%202014.pdf?dl=0


https://www.dropbox.com/s/epbdgbp63csrlem/Etude%20de%20cas%20NC-1.docx?dl=0

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