Zaouit Jedidi 2015

Participants

Encadrant

Table des matières

  1. 1 Participants
    1. 1.1 Encadrant
      1. 1.1.1 Nils FERRANDJean-Emmanuel ROUGIER Membres du groupe de travail
        1. 1.1.1.1  Rindramalala RAZAFIMAMONJ Grégory OBIANG NDONG Nicolas SAVAJOLS Benjamin FAU Bastien GARCIA
      2. 1.1.2 Présentation générale
      3. 1.1.3 Contexte de l’étude:
      4. 1.1.4     Dans le cadre de l’amélioration de la gestion des ressources en eau de la Tunisie, un plan de Gestion Intégré des Ressources en Eau (GIRE) a été mis en place. Ce plan passe par la construction d’infrastructures hydrauliques telles que des barrages, des canaux, et une meilleure gestion en eau des périmètres irrigués existants (80% des ressources en eau consommées). Dans cette étude, nous nous intéresserons spécifiquement à la gestion en eau des périmètres irrigués de Zaouit Jedidi (1040ha) et Beni Khalled, situés dans le gouvernorat de Nabeul, plus précisément dans la délégation de Béni Khalled.
      5. 1.1.5 Carte de référence
      6. 1.1.6 Schéma spatial
      7. 1.1.7 Analyse des enjeux
    2. 1.2 Objectif du processus / problématique
    3. 1.3 Suivi-évaluation
      1. 1.3.1 Analyse sociale et politique - Acteurs
      2. 1.3.2 Schéma fonctionnel Acteurs / Enjeux / Ressources
      3. 1.3.3 Ressources considérées
      4. 1.3.4 Modèle des acteurs - rôles
      5. 1.3.5 Modèle des actions
      6. 1.3.6 Structure du modèle et du jeu
      7. 1.3.7 Scénarios
      8. 1.3.8 Calibration
      9. 1.3.9 Règles spécifiques du jeu
      10. 1.3.10 Résultats du test
      11. 1.3.11 Actions stratégiques complémentaires
      12. 1.3.12 Proposition de stratégie COOPLAN (ES)
      13. 1.3.13 Test COOPLAN dans le jeu
      14. 1.3.14 Bilan
      15. 1.3.15 Documents supports (types)
  2. 2 Bibliographie

Nils FERRAND
Jean-Emmanuel ROUGIER 

Membres du groupe de travail

 Rindramalala RAZAFIMAMONJ
 Grégory OBIANG NDONG
 Nicolas SAVAJOLS
 Benjamin FAU
 Bastien GARCIA

Présentation générale

  • Contexte de l’étude:

    Dans le cadre de l’amélioration de la gestion des ressources en eau de la Tunisie, un plan de Gestion Intégré des Ressources en Eau (GIRE) a été mis en place. Ce plan passe par la construction d’infrastructures hydrauliques telles que des barrages, des canaux, et une meilleure gestion en eau des périmètres irrigués existants (80% des ressources en eau consommées). Dans cette étude, nous nous intéresserons spécifiquement à la gestion en eau des périmètres irrigués de Zaouit Jedidi (1040ha) et Beni Khalled, situés dans le gouvernorat de Nabeul, plus précisément dans la délégation de Béni Khalled.

Afin de subvenir aux besoins en eau d’irrigation des périmètres irrigués de Zaouit Jedidi, et Beni Khalled (rareté physique de l’eau),  un réseau de canaux tertiaires et secondaires a été mis en place dans le but d’acheminer l’eau des barrages de Sidi Salem, Joumine, Sajnene et Sidi Barrek, vers les périmètres agricoles, via un canal primaire : le canal Majarda-Cap-Bon.

  •    Le canal Majarda-Cap-Bon:

    Avec une longueur de 120,165 Km, le canal est conçu pour transporter annuellement 470 millions m3 d'eau provenant des barrages de Sidi Salem, Joumine, Sajnene et Sidi Barrek. Il permet en autre de fournir l’eau pour : la couverture des besoins en eau potable de la ville de Tunis, de Cap-Bon, du Sahel et de la ville de Sfax. Mais aussi d’irriguer les zones agricoles d'El Mghira, Mornag et le Cap-Bon, ainsi que la recharge des nappes de Khlidia, grombalia et du Cap-Bon. La gestion, l'exploitation, l'entretien, la maintenance et la préservation du canal est assurée par la Société d'Exploitation du canal et des Eaux du Nord (SECADENORD), sous tutelle du ministère de l'agriculture.

    Concernant le cas particulier de la couverture des besoins en eau potable de la ville de Tunis, de Cap-Bon, du Sahel et de la ville de Sfax, une entité joue un rôle majeur : la Société Nationale d’Exploitation et de Distribution des Eaux (SONEDE). Elle est chargée de fournir l’eau potable en quantité suffisante et en tout temps à l’ensemble des populations. De ce fait, elle dispose d’un droit prioritaire sur les prises d’eau, et ce malgré sa position en aval du canal et des périmètres irrigués Zaouit Jedidi et Beni Khalled.

    Par ailleurs, L’Etat Tunisien a fait le choix de déléguer la gestion de ces périmètres (périmètres publics irrigués intensifs) aux Groupements de Développement Agricoles (GDA). Ceux-ci assurent la gestion des périmètres irrigués (équipement de base), et s’assurent du recouvrement des taxes (entretiens des périmètres) au près des exploitants que sont les agriculteurs. Les GDA se limitent de fait à une gestion aux niveaux des périmètres, notamment l’entretien des canaux tertiaires (conduites inférieures à 300 mm). Sur chaque parcelle, l’exploitant prend en charge quant à lui,  l’achat et l’entretien de l’équipement d’irrigation. Pour ce qui est du reste du réseau de canaux  (conduites supérieures à 300 mm), leur gestion est assurée par les CRDA.

  •    CRDA:

    Le CRDA (Commissariat Régional au Développement Agricole) est en charge de l’équipement, la maintenance des périmètres irrigués (canaux secondaires), et la perception des redevances au près des GDA.

  •   Interactions des différents acteurs:

L’enjeu de cette étude réside dans les relations qui subsistent entre tous les différents acteurs que sont : les agriculteurs, les GDA, le CRDA et la SONEDE. En effet, la transaction de l’eau s’effectue à trois niveaux : la SECADUNORD vend l’eau au CRDA, qui la revend au GDA, qui la revend pour finir aux agriculteurs (exploitants).

Dans ce schéma de fonctionnement, la SONEDE à travers son droit prioritaire de prise d’eau, sa position en début et en fin du canal,  impose un volume d’eau maximal à prélever en amont du canal. Cette situation a pour effet la non satisfaction totale des besoins en eau d’irrigation des périmètres, notamment ceux situé en fin de chaîne

Outre cet aspect, l’autre difficulté majeure réside dans la détérioration des canaux d’irrigations (problèmes de fuites) due au manque d’entretien par le CRDA, qui  eux pour leur part, se sont désengagés. Cela a pour effet la dégradation de la fourniture en eau d’irrigation au niveau des périmètres. Les agriculteurs en bout de chaîne ne parviennent donc plus à couvrir de manière optimale leurs besoins en eau d’irrigation.

En réponse à ces problèmes de déficit en eau d’irrigation, deux phénomènes sont observables chez les agriculteurs :

-La cessation du payement des taxes nécessaires à la maintenance des réseaux, qui se traduit par des difficultés de recouvrement par les GDA.

-Le prélèvement direct d’eau dans les nappes, à travers la réalisation de forages. Ce qui se traduit par un abaissement considérable de leur niveau (surexploitation).

  •  Enjeux :

- Stopper la spiral de l’endommagement qui a lieu au niveau des Périmètres Irrigués.
- Améliorer le niveau de vie des agriculteurs par une gestion de l’eau efficiente. 
- Réduire l’impact environnemental des forages individuels

Carte de référence


 

Schéma spatial



Analyse des enjeux

    L’évolution de la gestion de l’eau en Tunisie depuis vingt-ans requiert de nouvelles approches. En effet avec l’augmentation de la demande en eau (population, tourisme…), et la vétusté du réseau d’adduction, cela entraîne des conflits entre différents acteurs. 

    La SONEDE qui s’occupe du canal CMCB (Canal Majarda Cap-Bon) impose un volume minimum pour le tourisme et l’AEP. Ce volume étant très important du fait que la SONEDE ne veut pas prendre le risque d’être en pénurie d’eau, ce sont les agriculteurs qui ont des problèmes d’approvisionnement d’eau.

    Ces agriculteurs doivent payer une taxe sur leur consommation d’eau au GDA qui entretien le réseau d’irrigation du périmètre irrigué.  Le GDA reverse les taxes au CRDA qui entretien le réseau d’adduction ainsi que le matériel (pompe, bassin de rétention). Le CRDA partage la ressource entre les différents périmètres. Du fait du manque d’eau, le GDA a mis en place sur chaque périmètre irrigué un système de tour d’eau, c’est-à-dire chaque agriculteur ne peut prélever de l’eau uniquement lorsque c’est son tour. Mais les plus gros agriculteurs ont accès aux bornes et irriguent à tout moment. Ils ne payent plus les taxes car ils disent qu’ils ne peuvent pas avoir accès à l’eau constamment et ils ont des problèmes de pressions. Les petits agriculteurs n’ont plus d’eau pour leurs exploitations, eux non plus  ne payent plus les taxes et font des forages.  

    Le GDA se retrouve en situation critique avec un endettement et ne reverse plus les taxes au CRDA. Le réseau n’est plus entretenu, il y a des problèmes de pressions, les pompes ne fonctionnent plus, les agriculteurs prélèvent de l’eau par leur propre moyen (forage). Cela entraîne une spirale de l’endommagement.

    Ainsi les enjeux sur ce territoire vont être d’ordre social, économique mais aussi environnemental. En effet, l’amélioration de la gestion de l’eau  permettra aux agriculteurs d’accroître leur condition de vie. Cela passe par un volet économique qui sera d’autant plus fort que la gestion de la ressource « eau » sera efficiente. Enfin, d’un point de vue environnement l’enjeu est fort puisqu’il consiste à préserver la ressource en eau souterraine par la réduction des forages individuels et anarchiques. 

Objectif du processus / problématique

    Actuellement, le processus est censé fonctionner de la manière suivante. Tout d’abord, la SONEDE impose le débit dont elle a besoin en aval du canal CMCB. Par la suite, le CRDA capte de l’eau du canal afin de l’acheminée jusqu’à l’entrée du périmètre irrigué. Le CRDA doit également effectuer l’entretien sur le réseau (réparation, remplacement des pompes, des canalisations…) afin d’assurer un apport d’eau suffisant en terme de quantité mais également en terme de pression. Au sein de chaque périmètre irrigué, les GDA se doivent d’assurer la bonne distribution de l’eau au sein des périmètres irrigués. Enfin, les agriculteurs peuvent alimenter en eau leurs parcelles agricoles et doivent en échange payer des taxes à la GDA qui les reversera au CRDA. Cet apport financier permettra de réaliser les travaux d’entretien nécessaire sur tout le réseau.

Les agriculteurs n’étant plus satisfait de l’apport d’eau dont ils bénéficiaient ont cessé de payer les taxes.  Les Services du GDA et du CRDA n’ont donc plus effectué les travaux d’entretien sur le réseau en raison des problèmes financiers dus au non-paiement des taxes. Les réseaux se sont donc dégradés de plus en plus au cours du temps.

- > Afin d’enrayer ce phénomène d’endommagement, il faut rétablir un meilleur système de gestion de la ressource en eau et un dialogue entre les différents acteurs.

- > Comment renouer un dialogue social entre les différents acteurs du territoire afin d’arrêter la spirale de l’endommagement du périmètre irrigué de Zaouit Jedidi ?

Suivi-évaluation

  • Critères d'évolution:

    Les critères d'évolution sont des outils qui nous permettrons de faire un bilan de nos avancés en un instant voulu, cela passe par une série de question:
     Comprenons-nous mieux le territoire ? 
    -  Est-ce que nous avons apporté les réponses aux questions posées ? 

  • Modalités de suivi - questions en chemin --> autoévaluation
    • Externe --> effet sur l'environnement:

      - Est-ce que le projet va faciliter nos rapports entre les membres du groupe, et en dehors du cadre scolaire ?  

      - Parlons-nous de notre projet avec des personnes extérieures au groupe : famille – amis …

      - D’autres personnes sont-elles impliquées dans le projet ? 

    • Normatif:

      - Avons-nous une meilleure connaissance sur les périmètres irrigués ?

      - Nos valeurs vont-elles être changées vis-à-vis de l’irrigation, et du partage de la ressource en eau au sein d’un territoire multi-acteurs ? 

    • Cognitif : 

      -  Qu’est ce que nous allons apprendre sur notre sujet ?
      -  L’organisation d’un groupe ?
      -  Comment illustrer un sujet au travers d’un jeu de rôle ?
      -  Comprendre les relations entre les différents acteurs ? 

    • Opérationnel : 

      - Comment résumer les différentes infos ? Comment créer le jeu de rôle ?

      - Comment mettre en place un jeu qui soit simple à comprendre par autrui et jouable facilement et directement ? 
       
    • Relationnel :

      - Comment évolue l’ambiance de travail ? Communiquons nous bien entre nous ?

      - Tous les membres du groupe peuvent-ils expliquer le jeu de façon claire à des personnes extérieures ?
       
    • Équité : 

      - Est-ce que chacun a pu apporter ses opinions ? Et a été entendu ? Le travail a-t-il bien été réparti ? 

Analyse sociale et politique - Acteurs


Schéma fonctionnel Acteurs / Enjeux / Ressources


Ressources considérées

Pour la réalisation de notre jeu, nous avons opté pour les ressources suivantes :

    - l’eau : elle est au centre du débat, c’est une ressource vitale pour les habitants de la région, et elle régule les activités de notre secteur d’étude. En effet, l’activité agricole ne peut exister que si l’accès à l’eau peut se faire. Cette ressource sera représentée sous la forme de billes bleues. Sa quantité sera déterminée initialement en fonction des différents scénarios.

    - le sol : il représente les parcelles dont les agriculteurs sont propriétaires, c’est-à-dire les terrains d’activités. Durant la partie, les agriculteurs pourront acquérir de nouveaux terrains pour agrandir leurs exploitations.

    - l’argent : cette ressource représente tout d’abord les bénéfices de chacun des acteurs durant la partie. Elle permettra l’acquisition de nouveaux terrains, l’entretien et l’amélioration des équipements. Elle circulera durant la partie sous la forme de billes jaunes.

    - le matériel : ces ressources pourront être installées sur les parcelles (forages, réservoirs), elles pourront également être améliorées durant la partie et se présenterons sous forme de cartes.

Modèle des acteurs - rôles


Modèle des actions



Structure du modèle et du jeu

Plateau du jeu : 



Cartes du jeu : 



Scénarios

  • 1er scénario :

    - Pour ce premier tour, nous commençons la partie avec 30 gouttes d’eau.

    - La ville de Tunis prélève 8 gouttes d’eau.

    - La zone urbaine aura besoin de 8 gouttes d’eau également.

    - La zone naturelle prélèvera 1 seul goutte d’eau.

  • 2ème scénario :

    - Pour ce deuxième tour, nous avons imaginé un prélèvement d’eau moins important de la ville de Tunis et de la zone urbaine suite par exemple à une baisse du tourisme. Nous disposons de 30 gouttes d’eau.

    - La ville de Tunis prélève 7 gouttes d’eau.

    - La zone urbaine aura besoin de 7 gouttes d’eau également.

    - La zone naturelle prélèvera 1 seul goutte d’eau.

  • 3ème scénario :

    - Pour ce troisième tour, nous avons imaginé un développement de la ville de Tunis et de la zone urbaine qui vont donc prélever un peu plus d’eau. Nous disposons de  30 gouttes d’eau.

    - La ville de Tunis prélève 9 gouttes d’eau.

    - La zone urbaine aura besoin de 9 gouttes d’eau également.

    - La zone naturelle prélèvera 1 seul goutte d’eau

 

Ces trois scénarios sont assez similaires. En revanche, les tours ne se ressemblerons pas car cela dépend de l’évolution du jeu (pannes pompes, fuites réservoirs, développement des parcelles,…) qui vont fortement influencer le déroulement du jeu.

Calibration

Pour établir les différentes calibrations du jeu nous nous sommes basés sur les documents fournis par Jean-Emmanuel ROUGIER. Nous avons pu ainsi avoir un ordre de grandeur entre les différents flux d’eau : eau brute canal CMCB (11 m3/s) – eau pour l’irrigation de notre région (4 m3/s) – eau domestique (Tunis + cap bon) (9 m3/s).

Il fut difficile pour nous d’appliquer exactement ces rapports. Pour l’AEP vers Tunis et cap bon les rapports sont respectés puisque la même quantité de bille d’eau y est associée (exemple : 8 billes pour Tunis et 8 pour cap bon). Par contre pour l’eau d’irrigation de nos deux PI, il a fallu faire partir beaucoup plus de billes d’eau afin que le jeu soit jouable par la suite pour les quatre agriculteurs. Par conséquent quand le total des billes sont fixées, nous avons pu fixer la quantité d’eau dans le barrage initial.  

Exemple de scénario : Tunis : 8 billes d’eau – Zone urbaine (cap bon) : 8 billes d’eau – zone naturelle : 1 bille – barrage : 30 billes - eau d’irrigation : 13 billes.

       De plus, au niveau de l’argent entre les différents acteurs. Nous avons attribué les billes d’argent de façon à représenter la différence de richesse inter-acteurs. C’est pourquoi le CRDA commence avec 5 billes d’argent, les grands agriculteurs avec 4 billes et les petits avec 3 billes. Ces chiffres ont été choisis pour que le jeu soit jouable dès le premier tour mais avec des possibilités d’être en difficulté lors des tours suivant à cause d’un manque d’argent. Pour les autres calibrages ils sont choisis de manière à mettre en difficulté les acteurs au bout d’un certain tour qui va être variable en fonction du scénario tiré au départ. 

Règles spécifiques du jeu

Les acteurs  dans la Gestion Intégrée des Ressources en Eau dans le  Zaouit Jedidi sont la SONEDE qui joue le rôle d’animateur dans le jeu ; le CRDA  qui est en charge de l’approvisionnement et de la gestion de l’eau depuis la station de pompage du canal CMCB jusqu’aux Périmètres irrigués de Zaouit Jedidi et de Beni Khaled en passant par le bassin de rétention de Sidi Toumi; Les grands agriculteurs ainsi que les petits agriculteurs dans les périmètres irrigués. Le jeu  fonctionne selon les règles suivantes :

 

  • Conditions préliminaires

    Trois scénarios sont proposés avant de lancer un tour de jeu et dans chaque tour, trente billes d’eau, de couleur bleue, sont nécessaires au départ pour faire fonctionner le jeu. Chaque scénario présente la distribution  des billes d’eau qui servent à alimenter à la fois  la zone urbaine, la ville de Tunis, la zone naturelle ainsi que les périmètres à irriguer, c’est-à-dire Zaouit Jedidi. Dans la zone naturelle, il doit rester, pour chaque tour de jeu,  au minimum trois billes d’eau afin d’assurer le besoin en eau de ce lieu. On vérifie donc à chaque tour que si cette quantité n’est pas observée, des sanctions financières seront imposées aux grands et petits agriculteurs.

En ce qui concerne les ressources financières, chaque acteur possède au départ un certain nombre de billes d’argent, de couleur jaune, pour démarrer son activité. Le CRDA dispose de cinq billes d’argent. Les grands agriculteurs en possèdent quatre tandis que les petits agriculteurs en ont trois. Quant aux parcelles agricoles, les grands agriculteurs en possèdent six et quatre pour les petits agriculteurs. Dans le jeu, chaque parcelle agricole doit normalement être irriguée pour que l’activité agricole fonctionne. Dans le cas contraire, la parcelle est inutilisable et l’activité agricole ne peut donc pas être pratiquée. Toutefois, les agriculteurs ne peuvent miser au maximum que sur deux parcelles agricoles par tour. Ce choix dépend en effet de la carte d’activité agricole qu’ils tirent au sort au début du jeu.

Parlant de la station de pompage depuis le CMCB et du bassin de rétention de Sidi Toumi, deux cas peuvent se présenter pour chacun d’eux. Pour la station de pompage, soit elle fonctionne bien, laissant par la suite toute l’eau s’écouler vers le bassin de rétention ; soit elle tombe en panne et nécessitant en conséquence une réparation ou non de la part du CRDA. La non réparation de cette pompe entraine une perte de trois billes d’eau dans le réseau. Pour le bassin de rétention de Sidi Toumi, c’est aussi le même cas. Si le bassin fonctionne bien, toute l’eau est acheminée jusqu’aux périmètres irrigués ; dans le cas contraire, une réparation s’impose de nouveau toujours de la part du CRDA. Cependant, ce dernier peut aussi ne pas réparer le bassin au détriment d’une perte de deux billes d’eau dans le réseau. Ce qui engendrerait une conséquence négative au niveau des agriculteurs.

 

  • La SONEDE

       La SONEDE est l’animateur dans le jeu et fait aussi office de banque.  Cette dernière est en quelque sorte une banque de fond d’où l’on prend les billes d’argent à mettre dans le jeu et où on verse les billes d’argent issues du jeu. Au début, l’animateur distribue à chaque acteur, c’est-à-dire au CRDA, aux grands et petits agriculteurs, les billes d’argent dont ils ont besoin pour démarrer le jeu. Les agriculteurs, petits et grands, tirent ensuite chacun au sort trois cartes d’activité agricole. Ils en choisissent chacun deux cartes au maximum et les mettent sur les parcelles agricoles qu’ils veulent promouvoir. Dans chaque carte d’activité agricole mise sur la parcelle figure une entrée de billes d’eau nécessaire pour l’irrigation de la parcelle et une sortie de billes d’argent que l’agriculteur doit payer pour irriguer sa parcelle. Les billes d’argent c’est donc l’équivalent de ce qu’il faut payer pour bénéficier une certaine quantité de billes d’eau pour l’irrigation de la parcelle. Les billes d’argent payées par l’agriculteur seront ensuite versées à la banque.  

Pour commencer le jeu, la SONEDE tire au sort un scénario parmi les trois disponibles. Elle distribue ensuite en fonction des conditions de répartition dans ce scénario, les trente billes d’eau, disponibles au départ, entre la zone urbaine, la ville de Tunis, la zone naturelle. Le reste des billes d’eau sont allouées ensuite à l’irrigation des périmètres agricoles entre autre Zaouit Jedidi et Beni Khaled. Il convient de préciser ici que cette distribution d’eau entre ces différentes entités tient compte à la fois du besoin en eau de la population urbaine, variant en fonction de la saison touristique dans la ville de Tunis (Haute et basse saison touristique), et des conditions climatiques dans la région (quantité de précipitation). Le reste d’eau arrive donc à la station de pompage gérée par le CRDA.

 

  • Le CRDA

Poursuivant son chemin le long du canal CMCB, un certain nombre de bille d’eau arrive donc à la station de pompage du CRDA. Ce dernier y pompe toute l’eau restante afin d’approvisionner les périmètres irrigués de Zaouit Jedidi et de Beni Khaled. Le CRDA  gère en même temps les infrastructures du réseau d’approvisionnement. L’entretien de ce réseau se fait grâce aux taxes perçus auprès des agriculteurs : les grands agriculteurs sont tenus de payer deux billes d’argent à chaque tour de jeu tandis que les petits agriculteurs en payent une.

Le CRDA tire ensuite au sort une carte à pompe parmi les deux : une carte indique que la pompe fonction bien et une autre indique qu’elle est en panne.

Ø  Cas 1 : Pompe en état de marche :

Toutes les billes d’eau s’écoule dans le réseau, c’est-à-dire depuis la station de pompage jusqu’au bassin de rétention de Sidi Toumi. Le CRDA n’est donc pas obligé de verser de l’argent à la banque puise la pompe est en marche. Ses fond reste en conséquence stable, c’est-à-dire cinq billes d’argent.

Ø  Cas 2 : Pompe en panne :

Si Le CRDA répare la pompe afin d’assurer que toute l’eau qui s’écoule dans le canal puisse être acheminée vers le bassin de rétention de Sidi Toumi, et donc d’assurer l’irrigation des périmètres agricoles, il doit dépenser quatre billes d’argent pour cette réparation. Cet argent est versé à la banque. Dans ce cas, il ne reste plus qu’une bille d’argent dans le fond du CRDA.

Dans le cas où le CRDA ne répare pas la pompe, il lui reste toujours cinq billes d’argent mais trois billes d’eau seront perdues dans le réseau. Ce qui signifie qu’il ne reste qu’une moindre quantité d’eau qui arrive au bassin de rétention de Sidi Toumi et cela impactera sur les activités des agriculteurs.

Deux cas aussi peuvent se présenter quand l’eau arrive au bassin de rétention.

Ø  Cas 1 : Bassin de rétention en état de marche :

Aucune réparation n’est nécessaire de la part du CRDA et toute l’eau peut donc être acheminée vers les périmètres agricoles de Zaouit Jedidi et de Beni Khaled. Le fond du CRDA reste intact.

 

Ø  Cas 2 : Bassin de rétention en panne :

La réparation de ce bassin par le CRDA lui nécessite de payer à la banque trois billes d’argent. Ce qui impactera aussi sur son fond.

D’autres cas de figure peuvent aussi se présenter en fonction de la conjugaison à la fois ou non d’un bon fonctionnement ou d’une panne et de la pompe et du bassin de rétention. Dans le cas où les deux tombent en panne, il est évident que le CRDA avec une ressource financière de cinq billes d’argent au départ ne supportera pas les coûts de réparation de ces deux infrastructures. D’autres situations sont donc engendrées et cela montre effectivement l’objet de cette simulation de jeu qui doit déboucher sur une recherche de solution concertée entre tous les acteurs impliqués dans la gestion de cette ressource en eau.

 

  • Les grands agriculteurs

Les grands agriculteurs ont six parcelles agricoles. Les grands agriculteurs possèdent au départ quatre billes d’argent et deux cartes d’activité agricoles qu’ils peuvent  ou non utiliser sur leurs parcelles selon leur choix. A la fin de chaque tour de jeu, ils payent au CRDA une taxe de deux billes d’argent pour l’entretien du réseau d’approvisionnement. Cependant, deux situations peuvent se présenter pour le cas des grands agriculteurs :

Ø  Si la/les parcelles agricoles sur lesquelles ils ont investi sont bien irriguées, ils payent la taxe au CRDA

Ø  Si la/les parcelles agricoles sur lesquelles ils ont investi sont mal approvisionnées en eau, ils peuvent ne pas verser la taxe au CRDA, dans ce cas Ils peuvent choisir de faire un forage pour assurer l’irrigation de leurs parcelles.

L’objectif des grand agriculteurs est de développer leurs parcelles afin d’exporter leur production. Mais la grande agriculture n’entretient pas une bonne relation avec la petite agriculture car elle ne respecte pas les tours d’eau imposés par le GDA. Ce dernier étant le Groupement de Développement Agricole, une sorte d’association qui gère l’eau à l’intérieur des périmètres agricoles. Il impose aux agriculteurs un tour d’eau permettant d’assurer une meilleure distribution de l’eau pour chaque agriculteur.

 

  • Les petits agriculteurs

        Les petits agriculteurs ont quatre parcelles agricoles. Ils possèdent au départ trois billes d’argent pour démarrer ainsi que deux cartes d’activité agricoles qu’ils peuvent aussi ou non utiliser sur leurs parcelles selon leur choix. A la fin de chaque tour de jeu, ils payent au CRDA une taxe d’une bille d’argent pour l’entretien du réseau d’approvisionnement, mais ils peuvent aussi ne pas payer si leurs parcelles ne sont pas irriguées. C’est aussi le même cas que celui des grands agriculteurs.

Ø  Si la/les parcelles agricoles sur lesquelles ils ont investi sont bien irriguées, ils payent la taxe au CRDA

Ø  Si la/les parcelles agricoles sur lesquelles ils ont investi sont mal approvisionnées en eau, ils peuvent ne pas verser la taxe au CRDA, dans ce cas Ils peuvent choisir de faire un forage pour assurer l’irrigation de leurs parcelles.

L’objectif des petits agriculteurs est de faire prospérer leurs parcelles agricoles afin de dégager du profit. Leur relation avec les grands agriculteurs ne sont pas bonnes à cause du non-respect du tour d’eau imposé par le GDA.

Résultats du test

A l’issus des tests croisés nous avons eu plusieurs retours sur notre modèle de jeu :

D’une manière générale, les réactions vis-à-vis du jeu ont été plutôt positives. En effet il est décrit comme : « un jeu qui se joue bien », ou encore comme : « un jeu agréable à regarder et à pratiquer ». De plus les points positifs ont été que le jeu permet de bien comprendre la situation de l’irrigation dans la région et la dynamique entre les différents usagers de l’eau (amont vers aval). Mais aussi que grâce au différentes actions possibles le jeu peut vite mettre en difficulté les différents joueurs, ce qui apporte naturellement pars la suite une communication et une participation collective pour essayer de gérer les problèmes.

            En revanche, des critiques sont aussi mises en avant. Sur la forme d’abord, les cartes des cultures ne devraient pas montrer des plantations de maïs mais bien des orangers qui sont majoritaires sur les PI. Sur le fond, les personnes nous ont dit qu’elles étaient frustrées de ne pas avoir assez d’argent dès le début pour investir plus dans des actions innovantes dans la suite des tours. Une idée a aussi été mise en avant : pouvoir mettre en place une forme de négociation entre les agriculteurs pour laisser plus ou moins passer de l’eau au sein d’un PI. Car trop souvent le petit agriculteur (en bout de réseau) se trouvait sans eau à la fin d’un tour, à  cause directement du grand agriculteur en aval.

            

Actions stratégiques complémentaires

    Nous avons mis en place des actions stratégiques complémentaires afin de rendre notre jeu plus constructif et amener une nouvelle réflexion à la gestion des périmètres irrigués.

Pour cela nous avons trouvé intéressant de créer des fiches « amélioration du système d’irrigation » pour limiter les pertes d’eau liées à l’arrosage, mais aussi la création de réservoir pour se créer un stock d’eau.

De plus afin de responsabiliser les agriculteurs à la gestion de l’eau, nous aimerions mettre en place une taxe qui sera payée par tous les agriculteurs possédant un forage si la quantité d’eau dans la nappe à atteint un niveau minimum défini. Ce niveau sera défini en concertation avec les services de l’état pour un bon état écologique des nappes d’eaux souterraines. Un organisme lié à cette taxe sera mis en place afin d’aider les agriculteurs via des subventions pour améliorer leur système d’irrigation ou la création de réservoir. Cet organisme sera subventionné par l’état par exemple, et recevra la taxe définie précédemment qui sera donc redistribué sous forme de subvention pour au agriculteur.

Nous pensons aussi qu’il serait judicieux de créer une carte « négociation » pour permettre la négociation du partage de l’eau entre les différents agriculteurs en fonction de leurs productions.

Pour finir, il serait judicieux de fusionner le CRDA et le GDA pour limiter les intermédiaires et les surcoûts lié à ça. Mais aussi les incompréhensions entre tous ces acteurs.   

Proposition de stratégie COOPLAN (ES)


Test COOPLAN dans le jeu

    Dans le jeu, COOPLAN s'intègre difficilement puisque par des soucis de simplification du jeu nous 'avons pas pu mettre en place les actions citées ci-dessus. En effet, la stratégie COOPLAN nous a permis de voir que les premières actions sont prioritaires car elles rassemblent le plus d'effets positifs: sensibilisation - contrôle / police - et subvention pour l'irrigation. Or cela fut compliqué d'intégrer ces actions dans un jeu où les tours doivent se faire relativement vite et de façon simple, alors que les actions: formations et sensibilisations sont des processus à long termes et sur plusieurs séances. 

    En revanche, même si les actions prioritaires n'ont pas pu être intégré dans le jeu. Elles sont tout à fait pertinentes pour une réalisation concrète sur le terrain, ou tout du moins pour des propositions en parallèle au jeu afin de résoudre les problèmes communs des différents acteurs. 

Bilan


Documents supports (types)

Vidéo de présentation:

Film GIRE_presentation.mp4


Bibliographie

·         A. Taky, J. M. (2004). Diagnostic des pratiques d’irrigation gravitaire et possibilit ́es d’am ́elioration dans le Gharb au Maroc . Rabat : A. Taky, J.C. Mailhol, A. Debbarh, S. Bouarfa, A. Hammani, D. Zimmer, P. Ruelle, K. Belabbes.

·         GTZ, M. (2008). EVALUATION DU DEGRE D’ADHESION DES GROUPEMENTS DE DEVELOPPEMENT AGRICOLE (GDA) AU PROCESSUS DE LA GESTION INTEGREE DES RESSOURCES EN EAU (GIRE) (Analyse et recommandations). République Tunisienne Ministère de l’Agriculture et des Ressources Hydrauliques / Coopération Technique Allemande pour le Développement.

·         I.FERCHICHI, R. H. (2014, Février). Zaouit Jedidi. Consulté le Septembre 25, 2015, sur Modélisation, planification et gestion participative avec Wat-A-Game & COOPLAN: https://sites.google.com/site/waginat2014/cas-d-etude/zaouit-jedidi

·         Moreau, C. (2012). L’idéal participatif à l’épreuve du terrain Etude critique d’un projet d’appui aux associations d’irrigants. Clémence Moreau .

·         Quarouch, H. LE LEGS DE L’ACCES A L’EAU SOUTERRAINE SUR LE PARCOURS IDENTITAIRE D’ACTEURS AGRICOLES DE LA PLAINE DU SAÏSS (MAROC) : REPRESENTATIONS, ALTERATIONS, DIGNITE, RECONNAISSANCE SOCIALE, HORIZONS DES POSSIBLES . 2011: Hassan Quarouch .

 

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