Drome 2015


http://www.gesteau.eaufrance.fr/sites/default/files/EtatLieux_CLE151211.pdf

Participants

Encadrant

Nils Ferrand

Membres du groupe de travail
  • Boniello Florian
  • Abdelsadick Youssouf Ahmat
  • Bekkal Norine
  • Marion Grosset
  • Rayssac Pauline

présentation

Présentation générale

Situé dans le Sud Est de la France, la rivière Drôme est un affluent du Rhône et appartient au cours d'eau type méditerranéen. La Drôme, qui donne son nom au département, prend sa source à la Bâtie des Fonds dans le haut Diois à une altitude de 1030 m. Elle s'écoule selon un axe est-ouest sur environ 106 km pour rejoindre le Rhône.

Carte 1 : localisation du bassin versant de la rivière Drôme (Bohan, 2014).

Son bassin versant de 1640 km² se situe entre une zone montagneuse au Nord et une zone à dominante méditerranéenne au Sud. La Drôme est caractérisée par des plaines et des terrasses alluviales qui lui confèrent une structure en tresse.

La Drôme est caractérisée par des crues et des étiages marqués. En effet, elle présente un régime hydrologique irrégulier, il est de type torrentiel notamment en amont où la pente est de 8% puis le régime est moins marqué du fait de l'élargissement de la vallée en aval. Notons que le bassin versant de la Drôme est l'un des rares bassins français à ne pas posséder d'ouvrages régulant les débits.

La confluence avec le Rhône constitue une zone de plaine alluviale. La rivière Drôme possède de nombreux affluents (59) provenant pour la majorité de la rive droite (le Bèze, la Sure, la Gervanne) et un seul  important en rive gauche (la Roanne). 

Elle possède une riche biodiversité, différents écosystèmes sont présents tout au long du cours d'eau ainsi que des sites remarquables comme le vignoble Diois, la réserve naturelle des Ramières... En effet, le tourisme et l'agriculture constituent les principales activités économiques du bassin versant avec trois pôles importants situés à l'aval: Livron, Crest, Loriol.

L'agriculture est l'activité la plus consommatrice d'eau de la rivière puisque l'alimentation en eau potable des villes est assurée par la nappe alluviale de la Drôme. Par ailleurs, les industries implantées près du cours d'eau ainsi que les villes, notamment celles situées en aval, sont à l'origine de rejets polluants.

On peut identifier différents types d'agriculture le long du fleuve, l'arboriculture est prédominante en aval au niveau de la plaine alluviale, la viticulture se développe en amont du fleuve et l'on retrouve aussi des parcelles de plantes aromatiques. Les industries présentes sont en cohérence avec les activités agricoles, tel que des caves viticoles, des distilleries, industries agroalimentaires (compotes de fuites, jus de fruits...) ou encore des fromageries.

Carte de référence

La carte ci-dessous représente le bassin versant de la Drôme avec ses principaux affluents, accompagnée de quelques chiffres clés situant le contexte environnemental et socio-économique du territoire.

Carte 2 : Basin versant de la Drôme (www.rivière-drome.fr)

Schéma spatial

A partir de la carte de référence (carte 2) et du contexte, nous avons établi un schéma qui fait apparaître les principales activités autour de la rivière Drôme.

Carte 3 : Schéma spatial

Analyse des enjeux

Les conflits d'usage sur la ressource en eau entre les différents acteurs du bassin versant ne sont pas nouveaux. A ce titre, la rivière Drôme a bénéficié de deux contrats de rivières. Un premier, de 1990 à 1997, qui a permis d'amorcer les premières démarches pour résoudre les conflits lié à l'eau. Dans cette logique de projet de gestion de l'eau, une Commission Locale de l'Eau (CLE) et un Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) ont été mis en place sur le bassin versant de la Drôme, suite à la loi sur l'eau de 1992. La CLE est l'instance locale de concertation qui élabore le SAGE, document de planification de la gestion de l'eau à l'échelle du bassin versant, qui s'appuie sur les objectifs du contrat de rivière. Le second contrat de rivière, lancé en 1999 jusqu'à 2006, est accompagné de la création d'un syndicat mixte. 

Carte 4 : Réseau hydrographique et sous-bassins versants (SAGE rivière Drôme)

Sur le bassin versant de la Drôme, le SAGE agit donc sur 8 enjeux :

  • Une gestion équilibrée et durable de la ressource en eau
  • Garantir un bon état quantitatif des ressources souterraines et superficielles
  • Garantir une bonne qualité des eaux superficielles et souterraines, garantir une bonne qualité de baignade
  • Préserver et valoriser les milieux aquatiques, restaurer la continuité écologique et conserver la biodiversité
  • Favoriser le bon fonctionnement et la dynamique naturelle des cours d'eau
  • Gérer les risques d'inondation en tenant compte du fonctionnement naturel des cours d'eau
  • Préserver un territoire "vivant" et en harmonie autour de la rivière
  • Améliorer les techniques de suivi et de mesures du conservatoire

Nous nous concentrerons particulièrement sur les enjeux axés sur les problématiques de qualité et de quantité de l'eau.

Enjeu n°1 : Une gestion équilibrée et durable de la ressource en eau

Cet enjeu vise à faire prendre conscience aux divers acteurs de l’importance des milieux aquatiques sur le territoire. Les projets locaux mis en place devront s’intégrer sur le bassin versant de la Drôme, par rapport au SAGE. Les impacts environnementaux, écologiques et sociaux devront être étudier avant l’élaboration ou la modification d’un projet. Les différents acteurs devront collaborer et se mettre en relation pour aller ensemble vers une gestion durable de la ressource. Les aménagements et les structures liés à l’urbanisme devront être compatibles avec le SAGE. Pour favoriser cet enjeu, des moyens devront être investis sur la recherche et le suivi des différents projets. Un plan de communication pourra être ensuite lancé dans un but de pérennisation de la ressource.

Enjeu n°2 : garantir un bon état quantitatif des ressources souterraines et superficielles

Etant donné les importantes périodes d’étiage en saison estivale, des restrictions ont été mises en place. Des assecs sévères en aval de la Drôme sont survenus de 1989 à 1991, mais aussi entre 2003 et 2005 puis en 2009. Quant au niveau des nappes et des eaux souterraines, il varie en fonction des années sèches (comme 2009) ou humides (comme 2008). L’agriculture représente un consommateur principal de la ressource. Malgré la réflexion et les études, il n’est pas concevable de modifier les types d’assolement ou de révolutionner les techniques agricoles. La solution est donc de créer des eaux de substitutions (réserve des Juanons), afin de diminuer cette consommation en eau. Les restrictions en eau s’effectuent principalement sur l’irrigation, malgré le fait que l’agriculture soit une activité économique majeure sur le territoire. Cet enjeu a pour objectif d’obtenir une meilleure répartition de la ressource entre les différents usagers.  L’impact des prélèvements et des consommations de chaque usager devra ensuite être évalué, afin de réaliser et mettre en œuvre un protocole de partage entre ces différents usagers. Un second objectif sera de limiter les prélèvements, principalement en période d’étiage, sans mettre en péril l’agriculture. Enfin, cet enjeu porte sur le bon état des eaux souterraines et des nappes d’accompagnements. L’objectif est d’obtenir la sécurité vis-à-vis des réseaux d’eau potable et de limiter les pertes.

Enjeu n°3 : garantir une bonne qualité des eaux superficielles et souterraines, garantir une bonne qualité de baignade

Depuis 2012, toutes les communes sont obligées d’avoir un SPANC (Système Public d’Assainissement Non-Collectif). La lutte contre les pollutions s’effectuent sur l’ensemble du périmètre du SAGE. Acquérir et conserver une ressource de bonne qualité est un objectif majeur et communs à tous les acteurs. Le bassin versant de la Drôme devra adapter les techniques d’assainissement utilisées à son territoire et tenir compte de l’importance de l’agriculture ainsi que de la croissance urbaine. L'objectif porte sur l’amélioration de la qualité de l'eau en identifiant les source de les pollutions existantes et les « points noirs ». De plus, la lutte contre les pollutions diffuses est un aspect prioritaire sur le territoire de la Drôme. Regrouper la collecte des déchets ou organiser des points de déversement permet de lutter contre les pollutions diffuses.

Enjeu n°4 : Préserver et valoriser les milieux aquatiques, restaurer la continuité écologique et conserver la biodiversité

Les zones humides représentent 2% du territoire de la Drôme, leur conservation est donc un axe de travail majeur pour le SAGE. Les zones humides et les cours d’eau constituent la trame bleue qui participe à la vie biologique et donc au bon état écologique du bassin versant. La connaissance, le maintien, et la valorisation de ces zones humides est un objectif premier, ainsi que restaurer la continuité écologique et développer la trame bleue sur le bassin versant de la Drôme. Pour cela, favoriser la présence piscicoles dans les cours d’eau, ainsi que développer des politiques des ripisylves sont nécessaires. Les activités touristiques de pleine nature ont été des éléments moteurs à ce projet.


Les disponibilités ainsi que la qualité sont des enjeux prioritaires sur le bassin versant de la Drôme. Ces enjeux sont nécessaires au  développement économique du bassin, que ce soit pour le tourisme, l’industrie, l’agriculture et pour le niveau de vie global des Drômois. Pour suivre l’évolution quantitative et qualitative, un observatoire a été mis en place en 2009 accompagné d’un SAGE Molasse Miocène.

Objectif du processus et problématique 

Les objectifs fixés par les deux contrats de rivière sont assez proches car ils agissent sur des problèmes récurrents qui doivent être traités sur le long terme. En effet, la rivière Drôme et son bassin versant doivent faire face à des périodes de sécheresse ou d'inondations, à des rejets de polluant, à des prélèvements d'eau excessifs ainsi qu'à l'érosion et l'incision de la rivière dues à l'extraction de granulats (intensive dans les années 1970). Ainsi, les objectifs principaux de ces contrats étaient d'améliorer la qualité des eaux superficielles, restaurer et mettre en valeur le potentiel du cours d'eau, aboutir à la mise en place d'une gestion durable de la ressource en eau et une sensibilisation du public ainsi que développer le tourisme.

Ces contrats ont donc abouti à la mise en place de l'assainissement collectif pour mettre fin aux rejets directs dans la rivière, à la restauration et mise en valeur de cours d'eau (avec entretien de la végétation, la reconstruction d'un seuil et la destruction du barrage de Saillans) ce qui a permis à la rivière Drôme d'atteindre un bon état, propice à la baignade et favoriser le développement touristique du territoire.De plus, les contrats de rivières ont œuvrés à la réduction des volumes d'eau prélevés et à l'éducation à l'environnement des habitants du bassin versant.

Cependant, tous les problèmes ne sont pas encore résolus, la qualité de l'eau atteinte à ce jour correspond à un bon état écologique et chimique dans l'ensemble mais certaines portions de la Drôme présentent un état chimique dit mauvais et/ou un état écologique pouvant être médiocre notamment en aval. La quantité d'eau, c’est-à-dire le prélèvement de la ressource en eau par les divers acteurs du bassin versant, reste un l'enjeu principal bien que des ressources complémentaires ont été mobilisées tel que la réserve des Juanons et la nappe alluviale. 

Par ailleurs, en plus de la pollution de du milieu naturel, de nouvelles formes de dégradation de la biodiversité sont induites par les activités touristiques. Comme par exemple le raclage des canoës sur le fond du lit de la rivière provoquant la destruction de site de ponte des poissons et la mise en suspension de matière fine augmentant la turbidité ou encore la construction de barrages pouvant altérer la libre circulation piscicoles et modifier l'écoulement.

 

C'est le processus de concertation et d'implication des acteurs, qui a permis une gestion globale de la ressource en eau et une prise de conscience des enjeux liés à l'eau et au territoire. En effet, la territorialité, c’est-à-dire la relation complexe (d'appartenance, d'identification et d'appropriation) que chaque individu entretient avec le territoire (Di Méo et Buléon, 2005), participe, à cet égard, d’un sentiment de responsabilité vis-à-vis de l’espace vécu, comme constituant une partie de l’individu ou du collectif. (Sabine Girard, 2014).

On retrouve dans le bassin versant, plusieurs acteurs qui ont un intérêt différent pour une ressource commune, qui est l'eau. La problématique réside dans la satisfaction du mieux possible des demandes, que se soit en prélèvement ou en consommation, en lésant au minimum les acteurs et en limitant au maximum leurs impacts néfastes sur la biodiversité (bien que visibles sur le long terme). 


Suivi-évaluation

  • Critères d'évolution : engagement/investissement, quantité et qualité du travail fourni, esprit d'équipe
  • Modalités de suivi - questions en chemin : autoévaluation pour répondre à la question suivante : "Qu'est ce que ce travail nous a apporté ? "
    • Externe : travail en équipe, investissement dans le projet
    • Normatif : intérêt des ressources, des acteurs et des activités
    • Cognitif : compréhension des enjeux sur un territoire et les impacts de chaque décision et action, acquisition de méthode de travail, connaissances sur le territoire de la Drôme
    • Opérationnel : vacances à la Drôme, envie de faire du terrain, outils de travail avec Cmap
    • Relationnel : discussion et argumentation pour faire valoir ses idées ou points de vue, prises de décision
    • Équité : nouvelle vision du rôle des acteurs


Analyse sociale et politique - Acteurs

Le tableau ci-dessous montre les impacts des acteurs sur les différentes activités. Les cases encadrées en gras représentent le rôle des acteurs au sein de leur activités.
https://drive.google.com/file/d/0BzYHoz7hnDKCaTVIOXJjdHhISWM/view?usp=drive_web

Tableau 1 : analyse sociale et politique

Schéma fonctionnel Acteurs / Enjeux / Ressources

Ce schéma fonctionnel met en évidence les relation entre les ressources et les activités sur le bassin versant de Drôme.


Schéma 1 :  Schéma fonctionnel

Ressources considérées

Pour la modélisation sur plateau, nous considèrerons trois ressources:
  • L'argent : comprend les investissements de départ ainsi que les coûts de fonctionnements des activités. Des interactions entre acteurs nécessitent de l'argent, du fait de l'existence de taxes et de subventions. L'argent permet aussi d'améliorer son activité ou de payer des amendes.
  • L'eau propre : correspond à l'ensemble de l'eau disponible dans l'écoulement de la rivière, mais aussi l'eau provenant des affluents de la Drôme, de l'eau de la réserve de Juanons ainsi que l'eau disponible dans la nappe alluviale. Ces différents réserves d'eau propre sont disponibles pour certaines catégories d'acteurs. En effet, la réserve des Juanons est utilisable uniquement par les agriculteurs, l'eau de la nappe alluviale est destinée seulement pour l'alimentation en eau potable des villes situées en aval. En revanche, l'eau de la rivières est disponibles pour toutes les activités présentent sur le modèle.
  • L'eau polluée : correspond à l'ensemble des rejets des différents acteurs  après fonctionnement de leurs activités. Cette ressource permet d'identifier la qualité de l'eau, qui est un des enjeux principaux sur la rivière Drôme.
D'autres ressources ont été prises en compte dans l'élaboration du modèle mais ne sont pas visibles. Comme par exemple, le pouvoir qui est influencé par l'argent ou la biodiversité dont les dégradations s'observent uniquement sur le long terme.

Modèle des acteurs - rôles

  1. Les acteurs
Nous avons choisi de représenter, sur le modèle de jeu, les acteurs suivants :
  • Les agriculteurs

  • Les industriels

  • Les professionnels du tourisme

  • Le syndicat mixte

  • Les élus et les villes

Ils constituent les acteurs principaux ayant une influence économique essentielle sur le territoire du bassin versant de la Drôme. Par ailleurs, le rôle de l'Etat apparaît de façon indirecte à travers les règles du jeu et certaines actions du syndicat mixte ou des élus des villes.

modèle acteurs

 
  1. Les activités

Chaque acteur a 5 activités qui lui sont destinées et qu’il pourra jouer sur le plateau. Ces activités sont représentées sur des fiches. Chaque acteur possèdes aussi 2 innovations qui sont disponibles à partir du second tour.

 
 

Modèle des actions

cartes action

 

Structure du modèle et du jeu
 

Le plateau de jeu schématise la Drôme jusqu'au Rhône avec les ressources d'eau complémentaires (nappe alluviale, réserve des Juanons). Ce plateau représente les différentes zones d'activités pour les 5 acteurs du jeu.
 
Les joueurs choisissent parmi les acteurs du territoire : Professionnels du tourisme, Elus, Agriculteurs, Industriels ou le Syndicat mixte. Une fiche descriptive du rôle et des objectifs de l'acteur sera disponible pour chaque joueur.
Chaque joueur (acteur) possède :
  •     une somme d'argent initiale en fonction de son activité (Dromy)
  •     5 actions qui leur sont propres réalisables sur leurs parcelles tout au long du jeu
  •     2 actions innovantes optionnelles à partir du second tour

Au départ du jeu, en fonction des scénarios, la quantité d'eau de la rivière, de la nappe et de la réserve sont définies. L'eau propre est modélisée par des billes dorées et l'eau polluée correspond au billes rouges. L'eau est "propre" au départ du jeu et de l'eau "polluée" rentrera en jeu suite aux usages des différents acteurs.

Les activités imposées ou choisies, selon le tour, sont modélisées au niveau des parcelles par des pions avec des étiquettes représentant les activités. Par ailleurs, le jeu se déroule pendant  la période estivale, étant donnée que c'est la saison où les problèmes de qualité et de quantité de l'eau se révèlent.

 
 
 
 
 
Scénarios

Le jeu se déroule dans le sens de la rivière c’est-à-dire de l’amont à l’aval. Les premières activités présentent sur le jeu désigne l’acteur qui doit jouer. Une carte activité indique le nombre de Dromy et la quantité d’eau qui sera consommée et rejetée.

Le jeu se situe durant la phase estivale qui est la saison où l’étiage est présent, en prenant en compte les problèmes de qualité et de quantité de l’eau. A la fin de la saison (soit à la fin d’un tour), 1/3 des billes qui se jettent dans le Rhône, doivent être propres. Si cette condition n’est pas respectée, chaque acteur doit payer un Dromy à la banque.
Différents scénarii sont proposés afin de mettre en jeu plusieurs situations météorologiques :
  • Scénario d'une année normale, la rivière a un débit initial de 10 billes. 
  • Scénario d'une sèche, la rivière a un débit initial de 6 billes.
  • Scénario d'une année pluvieuse, la rivière a un débit initial de 15 billes.

Calibration

Suite à la problématique du bassin versant de la Drôme qui s'oriente particulièrement sur l'aspect quantitatif et qualitatif, nous avons calibré des quantités d'eau en fonction des différentes masses d'eau, qui seront utilisées par différents acteurs :  
  • La rivière de la Drôme : 10 billes au départ du jeu
  • La réserve des Juanons : 5 billes utilisables seulement par les agriculteurs
  • La nappe : 15  billes utilisables seulement par les villes pour l'alimentation en eau potable

De plus, un certain nombre de Dromy, est distribué initialement à chaque acteur:

  • Les agriculteurs : 8 Dromy

  • Les industriels : 8 Dromy

  • Les professionnels du tourisme : 8 Dromy

  • Le syndicat mixte : 10 Dromy

  • Les élus et les villes : 20 Dromy

Règles spécifiques du jeu

En considérant le scénario d'une année dite normale, à chaque tour, les règles évoluent :
 
1er tour:
  • L'eau est mise en place sur le plateau (pour chaque masse d'eau)
  • Les Dromy sont distribués à chaque acteur
  • Les acteurs ont des activités initiales imposées ( elles correspondent aux activités présentent actuellement sur le bassin versant)
  Activités Nombre ActivitéNombre  Activité Nombre 
 Le professionnel du tourisme Activité sportive d'eau vive 1 Hébergement 1Activité sportive de plein air  
 L'agriculteur Viticulture 1 Arboriculture Agriculture intensive (semences et élevage)2
 Le syndicat mixte Surveillance de la qualité de l'eau 2 Information et sensibilisation 1  
 L'industriel Cave viticole1 Industrie agro-alimentaire 1  
 Les élus et les villes AEPSTEP  

Chaque carte indique le nombre de billes d'eau à "prendre" et à "rejeter". Les billes sont prises au hasard, mais rejetés comme c'est indiquer. Il faut faire attention au nombre de billes propres ou sales nécessaires pour faire fonctionner l'activité. Si le nombre de billes sales piochées est plus élevées que sur la carte, l'activité ne peut  pas fonctionner et ne rapportera pas d'argent au joueur.

Pour commencer, chaque acteur paye le nombre de Dromy indiqué sur chaque carte à la banque pour débuter la partie. Le joueur placé le plus amont, débute son activité et ainsi de suite jusqu'à arriver au joueur placé le plus en aval. 

Arrivé à l'aval, chaque joueur récupère les Dromys indiqués sur ses cartes activités, sauf si l'activité n'a pas pu être productive (problème qualitatif, quantitatif ou économique). Dans ce cas, le joueur doit tout de même rejeter l'eau indiquée sur la carte, mais son activité devient inactive et aucun bénéfice n'est perçu.
 
Certaines conditions doivent être respectées à la fin de chaque tour :
  • La rivière en aval doit avoir un débit minimal de1/5ème avec 50% de billes propres. Lors de la première carte action "surveillance du syndacat mixte", 70% des bielles doivent être propres. L'agriculteur a le choix de consommer entre la rivière ou la réserve.
  • Il faut garder 1/3 des billes de la nappe (soit 5).
Si une de ces conditions n'est pas respectées, un Dromy par personne est versé au syndicat mixte. De plus, les élus récupèrent 5 Dromys de la banque (état).
 
A la fin de ce premier tour les joueurs ont plusieurs options :
- conserver les mêmes activités et redonner l'investissement de base indiqué sur chaque carte activité.
- modifier ses activités, payer un Dromy pour échanger l'activité implantée, puis réinvestir les Dromy indiqué sur la carte (sauf les activités innovations).
- rajouter des activités, en payant un Dromy supplémentaire par activité, puis payé l'investissement indiqué.
- enlever des activités, ce qui permet de récupérer un Dromy par activité.

Toutes ces possibilités de modifications, sont l'occasion pour les acteurs de discuter et d'échanger sur les décisions que chacun souhaite prendre pour remédier aux effets vécus lors du premier tour. Des accords peuvent établies, notamment financiers, par le biais de subventions ou taxes supplémentaires.
 
2ème tour:
 
Pendant l'hiver les masses d'eau ont été réapprovisionnées :
  • En amont, la rivière possède à nouveau 10 billes d'eaux propres.
  • La réserve a également récupérer la totalité de son eau soit 5 billes d'eaux propres (son maximum)
  • La nappe, récupère seulement 7 billes propres par tour (avec un maximum de 15 billes).
Si certaines activités étaient inactives, un Dromy supplémentaire devra être payé pour relancer l'activité.
Une fois que tous les joueurs ont payé leurs investissements présents sur le jeu, le joueur placé le plus en amont peut commencer à jouer. Le tour se termine quand le joueur placé le plus en aval a fini de jouer. Pareillement au tour précédemment, les conditions doivent êre respectées sinon les taxes seront payées par tous les acteurs.
 
Si les conditions ne sont pas respectées les différentes taxes doivent être payées, les élus et le syndicat mixte récupèrent leurs subventions.
 
3ème tour:
 
Tous les acteurs doivent payés leurs investissements pour commencer la partie. En fonction de l'évolution du jeu, diverses réactions peuvent être prises par l'ensemble des acteurs. Les mêmes options qu'au tour précédent peuvent être prise, tout en rajoutant les cartes  "innovations". 
 
Résultats du test
 
Lors du test croisés, nous avons pu avoir les avis des groupes qui ont testé le jeu. Ce retour d'expérience a révéler les dysfonctionnements et faiblesses du jeu comme par exemple la durée trop longue du premier tour (15min). D'autant plus que ce premier tour, permet simplement de poser le contexte et de familiariser les joueurs aves les règles et les problématiques présentent sur le bassin versant, il ne propose pas vraiment d'initiatives aux joueurs et donc d'amusement.
C'est le nombre trop élevé d'activités modélisées sur le plateau de jeu qui a entrainé un temps de jeu trop conséquent qui décourage peut être les joueurs. Nous avons diminué le nombre d'activité représentée et donc changer la calibration ainsi que certaines activités pour les simplifier.
De plus, les résultats ont montré que le modèle de jeu est ludique et original. Son format semble plaire notamment avec le systèmes des pions.

Actions stratégiques complémentaires

Nous avons intégré des cartes innovations dans les actions possibles des acteurs, afin de mettre une stratégie participative. Pour répondre aux problématiques du territoire, les acteurs peuvent agir ensemble via la mise en place d'une action commune. Comme par exemple, la création de forages individuels ou communs pour faire face au manque d'eau. 
 

Proposition de stratégie COOPLAN (ES)

Les différents acteurs peuvent s’adresser à la banque à partir du deuxième tour. La banque peut accorder un prêt. Les acteurs peuvent acheter des innovations pour leurs activités qui améliorent leurs rendements.

COOPLAN

Test COOPLAN dans le jeu

Premièrement certaines cartes innovations déjà présentes sur le jeu étaient identiques aux cartes actions établies dans cooplan. De plus, nous avons rencontrés des difficultés de calibration pour intégrer les cartes actions de COOPLAN comme les re-use.
 

Bilan

Pour conclure, l’élaboration d’un modèle de jeu pour une gestion participative de l'eau a été une expérience très enrichissante. Ce modèle peut permettre aux différents acteurs (notamment ceux dépendants de la Drôme) de se rendre compte de l'impacts économiques et environnementaux de leurs décisions. Nous pensons que ce système de gestion intégrée de l'eau, via le modèle ludique, est efficace car il  favorise l'échange et le débat entre les acteurs et constitue une aide à la prise de décision. Les décisions se veulent communes et concertées de façon à ne pas léser un acteur et conduire la perte de son activité. Ce système est applicable à tout type de situation et relativement modulable pour s'adapter à des changements. Ainsi ce modèle peut proposer des solutions, via des actions innovantes, pour relever le défi d’une demande en eau croissante et assurer une gestion efficace et raisonnée de la ressource en eau. De plus, c'est un moyen de projeter les acteurs dans un futur proche et d'évaluer les impacts de certaines décisions et activités sur le court et le long terme.

Plusieurs tests à différentes calibrations ont dues être effectués afin de reproduire au mieux les conditions de la Drôme en période d'étiage. Cette calibration est importante, bien que difficile, car elle a permet aux acteurs d'identifier et visualiser l'impact quantitatif et qualitatif de leurs activités. Ceux-ci sont confrontés à la réalité économique lorsque leurs activités se retrouvent non opérationnelles pour cause de manque d'eau. De plus, ils doivent s'acquitter d'amende en cas de non respect de la quantité et qualité minimale acceptée. Les acteurs prennent ainsi conscience de l'importance de se concerter et d'arriver à un accord pour assurer un équilibre durable de la gestion de l'eau et donc de l'activité économique du bassin versant tout en préservant l'environnement.

Documents supports (types)

- carte générale
- usages du sol
- hydrographie
- données hydro / pluvio
- distrib de populations
- activités économiques
- productivité des activités agricoles
- données tourisme quand c'est le cas
- données conso urbaine (type SONEDE) si dispo
- tous rapports sur le cas
- des photos éventuellement




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