M1 Lannion

Participants

Encadrant

Nils Ferrand

Membres du groupe de travail

Lucien MAISONS
Hugo FONTENILLE
Margaux KARASINSKI
Nicolas GUILLOT
Eugénie AVRAM







Présentation générale

Le bassin versant du Léguer (495 km²) se situe dans le département des Côtes d’Armor, en région Bretagne, dans le nord-ouest de la France. Le Léguer, fleuve long de 59 km (issu de la confluence du Guicet du Guer), traverse le bassin versant du sud au nord. Il prend sa source à Kerbriand et se jette dans la Manche en Baie de Lannion. Le débit moyen du Léguer est de l’ordre de 5 m3/s et le débit minimum à l’étiage peut être de 0,65 m3/s.







Si le périmètre du SAGE de Lannion regroupe deux communautés de bassin versant, celle du Léguer et celle du Lieue de Grève, notre étude se concentrant exclusivement sur le Léguer, le bassin versant de la Lieue de Grève ne sera pas pris en compte ici.






Source : Document du SAGE Baie de Lannion



Le bassin versant est relativement homogène d'un point de vue climatique. Cependant on constate que la zone estuarienne se caractérise plutôt par un climat maritime alors que l'intérieur des terres connaît un climat océanique tempéré proche du climat continental. Si ces régimes climatiques n'entraînent pas de différences de température significatives au sein du bassin versant, avec  une moyenne annuelle de 11°C, on constate en revanche l'existence d'un gradient pluviométrique sud - nord, avec une moyenne de 1060mm/an en amont du bassin et de 950mm/an sur le littoral.  

La réhabilitation et la préservation du bassin versant du Léguer est un des axe essentiel à la compréhension de la gestion de celle-ci et des politiques publiques menées sur cet espace. Caractérisé par une biodiversité (espèce et habitat) très riche, comme en témoignent par exemple la présence de saumons d'Atlantique et le classement Natura 2000 (habitats) d'un certain nombre de zone du bassin, la qualité de l’eau doit être à son optimum afin de ne pas bouleverser les équilibres établis depuis des décennies. Dans cette perspective, les infrastructures, tels les barrages, ont été détruites pour faciliter au mieux le déplacement des espèces migratrices. Un seul barrage persiste cependant. Il se situe dans la partie amont du bassin versant et dispose d'une capacité de stockage de 1,3 millions de m3.

L'activité économique du bassin versant se fonde essentiellement sur le tourisme (randonnée, activités nautiques, équestres...), l’agriculture, l’élevage et l’aquaculture. On y trouve par ailleurs un abattoir de volailles. L'activité industrielle reste très minoritaire, et n'a donc pas été prise en compte dans l'élaboration du jeu, à l'exception de l'abattoir de volailles. La surface agricole utile (SAU) totale est de 31 000 ha. La taille moyenne des exploitations agricoles de la région est de 46ha. 4% des exploitations relèvent de l'agriculture biologique (AB). Sil 'élevage est l'activité agricole dominante, on retrouve également la production de grandes cultures céréalières. Plus encore que l'agriculture, le bon fonctionnement des activités aquacoles et touristiques nécessitent une bonne qualité et quantité de la ressource eau.

À la pression qu'exerce les activités économiques sur la ressource, s'ajoute une pression démographique marquée par des variations saisonnières très importantes. En effet, si les 24 communes qui composent le bassin versant regroupent près 47 000 usagers "permanents" (résidants), on constate une augmentation de 350% de la population en période estivale, due à la venue massive de touristes qui se concentrent essentiellement le long du littoral. 

La problématique principale du bassin du Léguer concerne donc le maintien et la préservation de la biodiversité tant comme atout pour le tourisme que comme bio-indicateur de la qualité de l’eau pour les diverses activités qui en dépendent (aquaculture, production d’eau potable).

Schéma spatial


Analyse des enjeux

Comme il l’a été précédemment dit, l’enjeu principal du bassin versant du Léguer est le bon état écologique de la ressource en eau. C’est au travers de l'état de la biodiversité, représentée sur le plateau de jeu par des poissons, que s'apprécie cette problématique.

Le bon état écologique du Léguer est essentiel à l’activité économique du territoire. Toutes ses activités ne nécessitent pas la même quantité ou qualité d’eau pour pouvoir fonctionner. On retrouve généralement une dégradation progressive (quantitative et/ou qualitative) de l'amont jusqu'à l'aval de la rivière. Hormis le fait qu’il est important pour chaque acteur de pouvoir exercer son activité, il est essentiel pour des raisons « juridiques » de ne pas dépasser un seuil maximum de pollution à l’exutoire du bassin. 
La qualité de l'eau est un enjeu à la fois économique et sanitaire.

En effet, l'activité touristique représente une grande part de l’économie et ce concentre principalement sur le littoral, proche de la zone estuarienne. La qualité, ainsi que la quantité de l'eau disponible est importante afin de pouvoir assurer les besoins en eau domestique (eau potable) mais également en eau de loisir (eau de baignade, d'activités nautiques…) durant la saison estivale. En effet la présence d’efflorescences algales, à la suite de pollutions d’origine anthropique aurait un effet dévastateur sur ces activités, premier maillon de l’économie du littoral. On retrouve également des activités touristiques en amont du bassin (activités de pêche, canoë-kayak, baignade, randonnée) qui repose sur une approche naturaliste, et nécessite de fait l'existence d'une nature préservée.

Cela dit, l'agriculture comme l'aquaculture dépendent aussi de la préservation de la ressource. 

L’élevage et la production végétale d'une part, ont des besoins quantitatifs qui peuvent être importants en période de stress hydrique où l'état de la ressource est déjà impactée. Ces activités peuvent également avoir un impact négatif en termes de pollution (nitrate, pesticides, matières organiques) ayant une incidence directe sur les activités développées en aval, notamment aquacoles. 

En effet, l’aquaculture nécessite une eau très peu polluée et bien oxygénée afin de garantir la survie des poissons, ainsi que leur commercialisation. 

Étant interdépendantes, le bon fonctionnement des activités de l'ensemble du bassin du Léguer repose sur la réduction des externalités négatives de chacune d'entre elles. Ainsi l'impact environnemental de l'abattoir industriel de volailles, à l'origine du rejet de matières organiques dans le cours d'eau, est tempéré par le fonctionnement du barrage situé en amont du Léguer qui permet de réguler le débit et de diluer ainsi la pollution industrielle. 

D'un point de vue sanitaire et social, la production d’eau potable dépend aussi de la bonne qualité des eaux. En effet, les élus ne peuvent, au-delà d’un certain seuil de pollution, potabiliser une eau si celle-ci est trop polluée.

Analyse sociale et politique - Acteurs


Schéma fonctionnel Acteurs / Enjeux / Ressources

Ressources considérées

Dans le but de représenter de manière intuitive les différents enjeux du bassin versant, quatre ressources sont considérées :

  • L'eau propre : eau de bonne qualité regroupant l'eau potable ainsi que les eaux utilisables pour l'abreuvage du bétail. 
  • L'eau polluée : eaux contaminées par un ou plusieurs polluants (nitrates, pesticides, etc.). Le choix a été fait de ne pas différencier les différents types d'eaux polluées dans un souci de simplification du modèle. 
  • L'argent : vecteur principal du jeu, il permet d'influencer largement les mouvements des différents acteurs par son aspect concret et sa circulation à double sens (investissements et pénalités / bénéfices et subventions).
  • La biodiversité : état général de la biodiversité du cours d'eau et ses alentours. Son état permet d'indiquer à l'état écologique du milieu et le degré d'attractivité du bassin. Cette ressource est sensible aux activités qui se développent sur l'ensemble du bassin, son évolution est liée à celle de l'état général des eaux du Léguer.

Modèle des acteurs - rôles

Le choix des acteurs s’est fait à l’image du paysage économique du bassin versant du Léguer. Les degrés de dépendance à la ressource en eau et d'impact de l'activité sur celle-ci, ont été les deux critères déterminants dans le choix des acteurs du jeu. L’agriculture, le tourisme et l'aquaculture sont les activités dominantes du bassin, et sont extrêmement liées à la qualité de la ressource en eau comme il l'a été démontré précédemment. Étant peu développé, le pôle industriel qui se concentre majoritairement à l’aval du bassin dans la région de Lannion, a un impact négligeable sur la ressource. Pour le dynamisme du jeu, sa lisibilité et son intérêt, nous avons donc pris le parti de ne pas représenter l'industrie au moyen d'un acteur. Cependant il nous a paru important d’intégrer l’abattoir dans le jeu, au moyen d'une règle générale, dans la mesure où celui-ci, en période de fonctionnement, est à l'origine de rejets organiques qui polluent le Guic, et induit le fonctionnement du barrage.

Il nous a paru essentiel de représenter les élus, en ce qu'ils contrôlent la ressource et ont l'obligation de répondre aux besoins de la population en eau potable, notamment urbaine. 
Les zones naturelles, quant à elles, font l’objet d’une protection particulières en vertu de leur inscription au réseau Natura 2000 (Directive Habitat). Si elles jouent un rôle considérable dans le bon fonctionnement écologique du bassin versant et qu'elles fondent en partie l'attractivité de celui-ci; ces zones sont protégées et le joueur en charge de celles-ci n'aurait qu'un rôle passif, et probablement ennuyeux. Leur rôle n'étant pas négligeable dans l'économie générale du bassin versant, nous avons donc préféré en confier la responsabilité à l'acteur "élus" (maire) à qui il incombe d'assurer la protection et la pérennité des ces espaces essentiels. 

Cartes Acteurs

Modèle des actions

Cartes actions


Structure du modèle et du jeu

Le jeu est composé :

  • D’un plateau représentant le bassin versant du Léguer au format A1 sur lequel figurent les cartes terrain
  • De cartes acteur (5) 
  • De cartes activité sur lesquelles figurent les entrées et sorties de chaque action
  • De cartes scénario (9)
  • D’un document décrivant les règles du jeu et les scénarios des trois premiers tours
  • De 3 sacs de billes en plastique :
    • Bleues : eau propre
    • Rouges : eau polluée
    • Jaunes : argent (WAG) 
  • D’un sac de petits poissons en bois pour la ressource biodiversité
  • De 8 gobelets :
    • 2 au départ du Guer, 2 au départ du Guic (1 eau, 1 biodiversité) 
    • 4 réserves :
      • Eau propre (billes bleues)
      • Eau polluée (billes rouges)
      • Banque (billes jaunes)
      • Biodiversité (poissons)
Plateau de jeu :

Exemples de cartes ACTIVITE :

Scénarios

Trois scénarios sont proposés au début du jeu afin de permettre aux joueurs d’appréhender les enjeux du bassin versant et de comprendre l’application des règles du jeu. Par la suite, 6 scénarios climatiques sont proposés (3 en période hivernale, 3 en période estivale). Le choix du scénario est aléatoire et se fait par tirage au sort d'une des cartes. Ce dispositif devra permettre aux joueurs de jouer autant de tours qu'ils le souhaitent, tout en instaurant une meilleure représentativité de la réalité des aléas climatiques inter-annuels.

Premier tour :

Le premier tour se déroule en période estivale. Il s'agit d'une année normale en terme de pluviométrie. 18 gouttes d'eau propre sont disponibles en début de jeu (9 à chaque entrées). 
Comme chaque année, le bassin versant connaît une forte croissance démographique en raison de la venue massive de touristes.
L'abattoir fonctionne par ailleurs, afin de répondre à l'augmentation de la demande en produits régionaux (produits transformés). La réglementation impose alors au gestionnaire de barrage de relâcher une quantité d'eau suffisante pour diluer les eaux usées rejetées dans le Léguer par l'abattoir. (cf. règles du jeu).


Deuxième tour : 

Le deuxième tour se déroule en période hivernale. La pluviométrie est homogène sur l'ensemble du bassin. Étant relativement importante, elle permet de diluer une partie de la pollution accumulée dans les eaux de surface l'été précédent. 20 gouttes d'eau propres sont disponibles en début de jeu (10 gouttes à chaque entrée) . Dans le cadre de la mise en place des zones Natura 2000, le taux de pollution sur l'ensemble du bassin versant est strictement limité. Bien que l'activité touristique soit faible en cette saison, la présence d'associations dédiées à la préservation d'un certain nombre d'activités d'extérieur, comme la randonnée, assurent une veille de l'état écologique du bassin.

En prévision de l'été à venir, vous avez la possibilité de modifier ou de diversifier vos activités afin de garantir le bon état écologique du bassin du Léguer, condition indispensable au maintien de la biodiversité classée Natura 2000, sous peine de quoi des pénalités (1 WAG) seront appliquées à la fin de chaque tour à l'ensemble des joueurs. 
Pour ce faire, la municipalité entreprend de mener des politiques incitatives :
  • Les agriculteurs ont la possibilité de souscrire à des mesures agri-environnementales (MAE) 
  • Les professionnels et associations dédiés aux activités récréatives ont la possibilité de percevoir une subvention les encourageant à développer des infrastructures plus respectueuses de l'environnement (panneaux solaires, récupération des eaux de pluies et des eaux usées, développement d'activités de sensibilisation...). 
  • Les aquaculteurs ont la possibilité de percevoir des subventions en vue du développement de l'aquaculture "biologique".
Un bilan devra être réalisé à la fin de ce tour. 


Troisième tour : 

Le troisième tour se déroule l'été suivant. Il s'agit d'un été sec, caractérisé par un étiage sévère. 14 gouttes d'eau sont disponibles en début de jeu (7 à chaque entrée). Bien que les quantités d'eau disponible soit suffisante pour l'alimentation des activités, la pollution est d'autant plus critique car le volume de dilution est plus faible.
En cas de crise, le gestionnaire de barrage est dans l'obligation de relâcher une goutte d'eau supplémentaire ce qui permet d'assurer un débit minimum dans le cours d'eau.

Deux zones humides, correspondant à des mares et des étangs,  se situent en amont du bassin versant. Les joueurs ont la possibilité d'utiliser l'eau propre contenue dans ces zones. Quelle qu'elle soit, la décision finale doit être prise à l'unanimité par l'ensemble des joueurs à l'issue d'un débat. 
L'utilisation de ces ressources aura un impact direct sur le maintien des productions agricole et aquacoles, et permettra par ailleurs de maintenir l'approvisionnement en eau potable des zones urbaines. Il faut cependant prendre en compte que ces ressources participent à l'équilibre écologique du bassin versant, et ne sont renouvelables que sur le long terme. Les associations et professionnels dédiés aux activités récréatives peuvent proposer aux agriculteurs et aux aquaculteurs la conclusion d'un accord visant le développement du tourisme rural.


Tours suivants :
 
 9 cartes scénarios sont proposés au début du tour avec 3 scénarios différents pour chaque saison (estivale-hivernale). Les scénarios climatiques les plus probables sont représentés deux fois (2 cartes) afin d'assurer une meilleure représentativité des aléas climatiques. 

Calibration


En arrondissant les données afin de faciliter le calibrage du jeu, on obtient une pluviométrie moyenne de 1000 mm/an sur l'ensemble du bassin versant qui représente environ 500 km², soit un volume de 500 Mm3/ an, et 250 Mm3 sur 6 mois. On établit qu'une bille d'eau équivaut à 12,5 Mm3. De fait, la pluviométrie moyenne sur 6 mois équivaut à 20 billes d'eau. 

Les cartes actions, notamment au travers de la consommation et des rejets des activités, reflètent l’ensemble des acteurs du territoire et leurs activités. Par exemple, la consommation d’eau pour la culture du maïs sur la carte action « grande culture » est proportionnelle à la consommation totale d’eau sur le bassin pour cette même culture.

Cela explique les demandes importantes des différents acteurs proportionnellement au stock d’eau disponible dans le cours d’eau.

Pour déterminer la quantité d'eau nécessaire en entrée pour chaque acteur, nous avons procédé à la méthode du ranking du fait de la complexité du calcul de l'eau réellement nécessaire. Il en va de même pour l'argent ; il est très difficile de calibrer celui-ci de manière réaliste sans obtenir des actions nécessitant une dizaine de billes à côté d'autres n'en demandant qu'une seule.

En ce qui concerne le barrage, il est impossible de représenter celui-ci de manière proportionnelle au reste du bassin versant en raison de sa faible capacité (1,3 Mm3). Nous avons donc choisi de le représenter en fonction de son impact sur le bassin.

Règles spécifiques du jeu

En début de jeu, chaque joueur reçoit une carte acteur ; elle représente le domaine d’activité, et contient le détail de la production et la localisation de celle-ci. De plus, des cartes actions sont attribuées en fonction des rôles ; elles représentent l’impact de l'activité (entrées et sorties) sur les ressources du milieu, en l’occurrence le bassin versant du Léguer.

Chaque joueur est chargé du bon fonctionnement de son activité, et de la coordination de ses actions avec celles des différents acteurs du bassin versant, afin de limiter la production d'externalités négatives. Le bon état qualitatif et quantitatif du bassin doit être assuré depuis l’amont vers l’aval, et relève de la responsabilité de chacun.

Les ressources: 

La ressource économique (WAG) est symbolisée par des billes jaunes. En début de partie, les joueurs disposent d'un montant initial de WAG, indiqué sur leur carte acteur. Au début de chaque tour, chaque joueur choisi l'action/les actions dans laquelle / lesquelles il souhaite investir. Un maximum de trois actions est fixé par tour. Il est possible de changer une d'activité, à raison d'une par tour et à condition de verser la somme indiquée sur la carte action. Un tour correspond à une période d'approximativement 6 mois, à savoir printemps-été, automne-hiver.

En cas de besoin, les joueurs ont la possibilité d’emprunter de l’argent à la Banque d’investissements collective « Breizh Banque » à des taux d’intérêts relativement faibles au vue de l’économie actuelle, à savoir 25%, soit pour 3 WAG empruntés 4 WAG remboursés. Attention: 1 WAG minimum doit être remboursé à chaque tour. 

La ressource en eau est symbolisée par des billes bleues (eau propre) et rouges (eau polluée). La qualité et la quantité de l’eau sont une priorité dans cette région, dont l'économie repose essentiellement sur un tourisme « vert », ainsi que sur des activités piscicoles dans l’estuaire du bassin nécessitant un bon état écologique de la ressource eau.

  • En cas de pollution ou de stress hydrique en sortie de bassin, des mesures devront être mises en place. Pour ce faire, des aides seront proposées par les instances publiques afin de favoriser des changements de pratique permettant de préserver la ressource. Le montant de l’aide sera à 1 WAG, cependant vous n’êtes pas obligé d’y souscrire (cf. MAE).
  • En cas de persistance de la pollution des eaux de surface, et ce malgré les efforts financiers des instances publiques, l'ensemble des acteurs est soumis à une redevance pour pollution de 1 WAG. Si le taux de pollution ne diminue pas en année N+2, le coût de la redevance s’élèvera à 2 WAG. Le seuil d'application de la pénalité s’applique dans le cas d'un ratio eau polluée / eau propre de 50% à l'éxutoire.

La ressource biodiversité est symbolisée par des poissons. La quantité de poisson dans le cours d'eau varie selon le degré de pollution du milieu. De fait, elle représente l’impact de la pollution sur la biodiversité : plus l'eau est polluée, moins il y a de poissons. 

  • À la fin de chaque tour, si seulement 40% de l'eau est polluée, un poisson sera ajouté au début du tour suivant. En revanche, si la part d'eau polluée excède 60% du stock total d'eau à l'exutoire, un poisson sera retiré.
  • Attention: Les cartes actions contenant la ressource "biodiversité" disposent de deux sorties liées à deux scénarios possibles : le premier s'applique en cas de "réussite" de l'action (correspondance entre les ressources disponibles et les ressources nécessaires à la réalisation de celle-ci), le second s'applique en cas "d'échec" de l'activité.
  • Sur certaines cartes deux ou trois sorties sont possibles. Elles correspondent aux différentes périodes de l’année (changement de production) ou aux règles applicables en cas de souscription à une aide publique. 

Le Barrage : le gestionnaire du barrage (animateur du jeu) est dans l’obligation de maintenir un débit minimum dans le cours d'eau, qui correspond au rejet de 1 goutte d’eau propre. 

  • Lorsque l'abattoir est en activité,  le gestionnaire de barrage doit rejeter 1 goutte d’eau propre de plus.
  • La même règle s'applique en cas de stress hydrique.

Les zones naturelles: elles jouent le rôle de zone tampon contre les pollutions et favorisent le bon état écologique du cours d'eau. 

  • Les forêts domaniales présentent à l'aval du bassin permettent d'absorber deux gouttes d'eau polluées et d'en relâcher deux propres. 
  • L'estuaire absorbe une goutte d'eau polluée et en relâche une propre.

Les Mesures agri-environnementale (MAE)

Suite à des taux de pollution des eaux de surface très largement supérieurs aux normes en vigueur dans le bassin versant du Léguer, et ce à de nombreuses reprises, des solutions doivent être trouvées.

Dans le cadre de la Directive Cadre sur l’Eau (2000), visant le maintien du "bon état écologique" des cours d’eau d’ici 2015, l’État propose aux agriculteurs, au travers de la Politique Agricole Commune (PAC), d’adhérer à une mesure agri-environnementale (MAE). Elle a pour objectif d'aider à la mise en place de nouvelles pratiques agronomiques, plus respectueuses de l’environnement et particulièrement des milieux aquacoles.

En proposant cette MAE, l’État s’engage à verser 1 WAG aux agriculteurs souhaitant modifier leur pratique. Les modifications possibles dans le cadre des MAE sont les suivantes: 

  • Elaboration d’une rotation sur au moins 3 ans
  • Obligation d’insérer un couvert pour les intercultures supérieures à 70 jours
  • Interdiction d’épandre plus de 170 unités d’azote par hectare et par an 
  • Obligation de stocker les effluents d’élevage ou de compost sur des dalles étanches
  • Spécificités liées à l’élevage :
    • Le taux de chargement sur les parcelles ne doit pas excéder 6UGB (Unité Gros Bétail)
    • Pour l’élevage hors sol: obligation de récupérer les effluents (lisiers, fumiers) à la sortie des hangars dans les cuves étanches (élevage hors sol).

Attention: changer de pratiques dans le cadre des MAE représente un investissement de 2 WAG.

Résultats du test

Lors de la première tentative de mise en route du jeu, nous avons observé une quantité d'eau polluée très importante (>70%) mettant en échec un certain nombre d'actions, et ce malgré un scénario choisi plutôt clément (hiver à fortes précipitations).

Ce modèle manquait également d'éléments importants :
  • Les changements d'activités entre été et hiver (d'un tour sur l'autre),
  • La prise en considération des zones naturelles (et leur rôle de zone tampon),
  • La modification de la quantité de poisson-biodiversité en amont en fonction de la qualité de l'eau en aval du tour précédent, qui n'était qu'au stade d'idée.

Actions stratégiques complémentaires

Notre connaissance du bassin, bien que limitée, nous permettait d'affirmer que la pollution en aval lors du premier tour était bien supérieure à la réalité. Il existe bel et bien une problématique de pollution mais d'une ampleur moindre.

Ce constat nous a amené à envisager la prise en compte des zones naturelles. Leur pouvoir "tampon" exerce une action de filtration sur une partie de la pollution. Dans un souci de simplification, nous avons modélisé et calibré cette filtration en fonction de la taille et de la localisation de ces zones. Sur le jeu, la zone naturelle "Forêts domaniales" en amont schématise l'action de filtration des zones naturelles continentales du bassin. En aval, la zone naturelle "Estuaire" symbolise le pouvoir tampon de toute la zone littorale.

En ce qui concerne les changements d'activité entre été et hiver, il était nécessaire de trouver une solution simple ne nécessitant pas de changer le plateau à chaque tour. Nous avons donc choisi, pour les "cartes action" concernées de faire apparaître plusieurs entrées et sorties en fonction de la saison, de la souscription à des aides publiques, et de la qualité de l'eau pour les cartes impliquant la biodiversité.

Pour finir, nous devions trouver une relation entre qualité de l'eau en aval et quantité de poissons - biodiversité en amont au tour suivant. Cette relation se devait d'être représentative de la réalité (sans exagérer la fragilité de la biodiversité). Nous avons donc opté pour les variations synthétisées dans le tableau ci-dessous.

Proportion d'eau propre en aval
(tour n)


<40%

40%+

60%+
 Nombre de poissons en
amont
(tour n+1)


-2

0

+1 

Proposition de stratégie COOPLAN (ES)


Test COOPLAN dans le jeu


Difficultés

- Absence de données précises
- Choix du rythme du jeu et de l'échelle temporelle la plus pertinente : l'alternance saisonnière de 6 mois a finalement été retenue pour rendre compte de l'élément caractéristique du bassin versant qu'est la variabilité de la pression démographique due à la présence de touristes en période estivale. 
- Modalités de représentations des différentes composantes du bassin versant et choix des acteurs. 
- Calibration
- Organisation de temps de travail en groupe (disponibilité de tous) et uniformisation des travaux réalisés individuellement. 

Présentation orale

Diaporama de la soutenance orale


Documents supports (types) Bibliographie

www. aqualog-international.com

A-M LE GOFF, J. REJONY, 2009. Document d’objectifs Natura 2000 « Rivière du Léguer et forêts de Coat an Noz – Coat an Hay et de Beffou » Etat des lieux, Association de la Vallée du Léguer. 

- carte générale
- usages du sol
- hydrographie
- données hydro / pluvio
- distrib de populations
- activités économiques
- productivité des activités agricoles
- données tourisme quand c'est le cas
- données conso urbaine (type SONEDE) si dispo
- tous rapports sur le cas
- des photos éventuellement

Comments