LUCENAY L'EVEQUE

(Saône-et-Loire)


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- Carte IGN au 1/25000e 2824 est Lucenay-I'Evêque.

 

- Accès : depuis Autun, la D980 (direction Saulieu) conduit directement au bourg de Lucenay-I'Evêque. Distance depuis Autun : 17 km.

 

Le village de Lucenay est bâti sur les bords du Ternin, affluent de l'Arroux, au seuil des monts du Morvan. La région est particulièrement pittoresque et bien exposée. On y cultivait des céréales, et même la vigne. Une statistique de 1839 indique 1748 hectares de terres labourées, 228 hectares en prés, 46 en vignes, pour seulement 253 hectares en bois et 192 en friches. L'aspect a bien changé, la majeure partie du territoire étant maintenant recouverte de bois et de prairies, la vigne ayant disparu.

 

A l'époque gallo-romaine, deux grandes voies de communication passaient à Lucenay-l'Evêque. L'une bordait la commune, au sommet des hauteurs séparant la vallée du Ternin de celle du Trévoux. C'était la voie Autun-Saulieu-Auxerre. L'autre suivait la vallée du Ternin. Elle conduisait également à Auxerre, mais par Quarré-les-Tombes.

 

La terre de Lucenay était propriété de l'Eglise avant le IXe siècle. L'évêque d'Autun était baron de Lucenay (d'où le nom actuel de Lucenay-I'Evêque). Il y possédait un château, situé au milieu du bourg, sur la rive gauche du Ternin. En 1295 l'évêque Hugues d'Arcy, le fit reconstruire et fortifier. Le château fut remanié en 1450 par le cardinal Rolin, puis en 1670 par l'évêque Monseigneur de Roquette.

En 1709, il se composait de quatre corps de bâtiments entourant une vaste cour. A l'est, sur la grande place actuelle, se trouvait un pavillon sur le portail d'entrée flanqué de deux petites tours. De la petite tour nord, on communiquait à une galerie ouverte sur la cour, aboutissant à une grande tour d'angle, reliant l'aile est à l'aile nord. Cette aile se composait aussi d'une galerie ouverte sur la cour. Ensuite se tenaient les écuries et le fenil. Cette partie du château est la seule encore existante. On y voit encore (de l'intérieur) la galerie percée de meurtrières, surplombant les fossés comblés. La partie intérieure de cette galerie est en maçonnerie de pisé. Dans les écuries existent toujours de vieilles mangeoires creusées dans d'énormes fûts de bois, contemporaines de l'ancien château.

Au sud du pavillon d'entrée se trouvait une galerie aboutissant à une énorme tour sous laquelle était une prison voûtée. L'aile du midi comprenait la maison du fermier. L'angle sud-ouest était occupé par une autre grosse tour, dite "tour de Babel", sous laquelle se trouvaient des oubliettes, dont on sortit, dit-on, lors de sa démolition en 1824, un tombereau entier d'ossements humains. Le grand corps de logis bordait la face ouest, le long du Ternin. Au milieu de la cour se trouvait l'auditoire du tribunal épiscopal. L'ensemble des bâtiments était entouré de fossés profonds alimentés par le Ternin. Ce château abandonné puis le début du XVIIIe siècle fut acquis comme bien national. Il fut démoli en 1824. Avec les matériaux de sa démolition ont été construites presque toutes les maisons du bourg.

En 1295, une nouvelle église fut édifiée à Lucenay. Son emplacement fut choisi au voisinage d'un prieuré de l'abbaye de St Martin d'Autun. Sans doute, à cette époque, l'essentiel du bourg se trouvait proche de ce prieuré, au hameau de Morey, aujourd'hui distant de 500 mètres. Les ruines de cette église, abandonnée à la fin du XIXe siècle, sont toujours visibles le long du chemin allant à Visigneux. Elle est toujours entourée du cimetière de la commune, où se trouve un calvaire en pierre, du XVe siècle, avec le Christ d'un côté, la Vierge de l'autre. Elle était composée d'un chœur avec une voûte massive à nervures et trois fenêtres, deux grandes latérales et une petite au fond. Deux chapelles formaient transept. Celle du sud appartenait aux seigneurs de Visigneux et des Jours qui y avaient leur sépulture, celle du nord était au seigneur de Souvert. La nef fut flanquée d'un collatéral au sud vers 1680. Deux autres chapelles étaient adossées au grand pignon de la nef.

A la fin du XIXe siècle, cette église n'était plus au goût du jour. On décida d'en construire une nouvelle en plein bourg. Sa première pierre fut bénite en juin 1897. Heureusement, grâce à l'opposition du maire, l'ancienne église ne fut pas démolie.

Dans l'église actuelle fut recueilli le mobilier de l'ancienne: le gisant de Guillaume de Brazey, sire de Visigneux, mort en 1302. Il est représenté en chevalier, son épée au côté, un lévrier couché à ses pieds. Une inscription indique "Ce que je suis, tu le seras". La statuaire est remarquable. On peut admirer une Piéta, pierre polychrome, XVIe s. ; un Christ en croix, bois, XVIe s. ; Saint Crépin, bois XIIIe s. ; Saint Jean-Baptiste, bois, XVe s. ; Saint Sébastien, bois XVIIe s. ; Saint Michel, bois, école bourguignonne XVe s, tous classés MH.

La chapelle Saint Hubert (actuellement bibliothèque municipale), construite en 1838, outre la statue de Sainte Catherine, bois, XVIe s., abrite un fragment de retable représentant l'Adoration des Mages, peinte sur toile, du XVIIe siècle (MH), ainsi qu'une Nativité, œuvre attribuée à Tassel, XVIIe siècle.

Au nord du bourg, à Mortaise, existe un ancien moulin. C'est une énorme bâtisse construite en 1830 sur l'emplacement d'un moulin plus ancien. Il a conservé tout son équipement, ses machines et son outillage. Il a cessé toute activité vers les années 1960.

C'est un véritable musée de la minoterie.

 

Lucenay-L'Evêque permet d'agréables circuits touristiques. Du bourg, une jolie route part vers le nord-est, en direction de Morey, Visigneux, où l'on voit le château bâti au XIXe siècle sur l'emplacement d'une antique maison forte, les "Petits Jours et les Grands Jours". La route suit une vallée étroite et longe le ruisseau de Vauloin. Elle arrive sur la ligne de crête, à la Croix Vermont, carrefour sur la voie romaine Autun-Saulieu, d'où l'on peut rejoindre, par d'autres chemins tout aussi agréables, Barnay, Manlay ou Savilly.

Un autre chemin, non moins attrayant est la D132, dans son parcours de Lucenay à Sommant. Il se détache vers l'ouest de la D980, passant devant l'ancien moulin d'Usseau et celui de Glux, à l'ouverture d'une petite vallée remontant vers Fretoy.

© Roland Niaux, 09 février 1994

Publication électronique : 2006-2007