IGORNAY

(Saône-et-Loire)


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- Carte IGN 2924 ouest Arnay-le-Duc

 

- Accès : depuis Autun, prendre la N81, direction Arnay-le-Duc, dépasser Cordesse et après le passage à niveau du chemin de fer Autun-Saulieu, prendre à droite la D26 jusqu’au bourg d’Igornay. Distance depuis Autun : 15 km.

 

A Igornay, à l’entrée du bassin d’Autun, l’Arroux reçoit deux affluents : le Trévoux, venu du nord et le ruisseau de Lacanche, venu de l’est. Dans cette plaine, sur les pentes orientées vers le midi, les hommes se sont établis depuis les temps les plus reculés. Les terres, aujourd’hui pour la plupart en prairie, situées à l’est et au sud du hameau de Rozereuil, ont révélé l’existence d’une importante station paléolithique qui a donné un abondant outillage moustérien de tradition acheuléenne, conservé au muséum d’histoire naturelle d’Autun.

 

Igornay a pour limites, au sud-est, la voie romaine d’Autun à Langres, aujourd’hui un simple chemin de terre, encore couramment utilisé au XIXe siècle entre Arnay-le-Duc et Autun. C’est par cette route que les Prussiens sont parvenus jusqu’aux abords d’Autun en 1870.

 

La moitié nord du territoire d’Igornay est couverte par une vaste forêt vallonnée, le Bois du Grand-Bessay, qui se termine par des pentes très raides, à l’ouest sur les bords de l’Arroux, au nord sur l’étroite vallée du ruisseau de Velleneuve. Cette forêt, qui abrita réfractaires et maquisards, durant la seconde guerre mondiale, était déjà défendue par deux mottes fortifiées à ses extrémités nord-est et nord-ouest durant l’Antiquité tardive, connues dans la tradition populaire sous les noms de châteaux de « Poix Fou » et de « Mars Luiotte ».

 

Il est fort possible que leur abandon corresponde à l’édification, probablement au XIIe siècle d’un château fort sur les bords mêmes de l’Arroux à Igornay. On voit les vestiges de ce château, en bordure nord de la D26, sur la rive gauche et dans une boucle de l’Arroux, ce qui permettait une bonne défense par l’inondation de larges fossés. Ces fossés ont été comblés et les bâtiments, disposés en fer à cheval, abritent maintenant une exploitation agricole. On retrouve des vestiges des XIIIe et XIVe siècles, les tours à meurtrières, au nord, et les logis aménagés aux XVe et XVIe siècles, avec les ouvertures à accolades. A l’extrémité sud-ouest, un ancien moulin subsiste en bordure de la rivière.

 

Proche du château s’élève l’église actuelle, construite entre 1840 et 1844, sous le vocable de Saint-Symphorien, martyr autunois. Elle se superpose à peu près exactement à l’église ancienne, et conserve une statuaire intéressante : un Christ en croix, bois du XVIe siècle ; une Vierge à l’Enfant écrasant le serpent, bois doré, XVIIIe siècle ; une autre Vierge avec l’Enfant, bois polychrome ; Saint Quentin vêtu d’un pagne et portant une palme, bois, XVIIIe siècle ; sainte portant une épée, bois, XVIIIe siècle ; Sainte Philomène, bois doré, XIXe siècle.

A la fin du XIXe siècle, Igornay connut une certaine prospérité grâce à l’extraction et au raffinage des schistes bitumineux. On voit encore plusieurs crassiers, maintenant recouverts de végétation ou aménagés, au nord immédiat du bourg, vers le Mauguin et en bordure sud de la D246.

 

© Roland Niaux, 09 février 1994

Publication électronique : 2006-2007