CORDESSE

(Saône-et-Loire)


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- Cartes IGN 2924 ouest Arnay-le-Duc (2824 est Lucenay -l’Evêque en bordure).

 

A 11 km au nord d’Autun (accès par la N81), Cordesse s’ouvre sur la haute vallée de l’Arroux, en direction d’Arnay-le-Duc et du pays auxois, et sur la vallée du Trévoux, en direction de Saulieu.

 

Une voie gauloise, de Bibracte à Alésia, empruntait la vallée du Trévoux. Elle laisse des vestiges encore bien visibles, entre Maine et Veuvrotte ; elle forme à travers prés une longue bande rectiligne surélevée garnie d’arbres et arbustes. On la voit parfaitement depuis la D4, sur la gauche, en allant d’Autun à Saulieu. Une carrière de fluorine a été exploitée en bordure de cette voie antique. Il est possible qu’elle ait pris la succession d’une exploitation plus ancienne. Les filons de quartz dans lesquels on exploitait la fluorine contiennent en effet de nombreux minerais. On y rencontre la pyrite ; or le lieu-dit de part et d’autre de la voie romaine se nomme « Les Fourneaux », dénomination très ancienne. Autrefois, lorsqu’on labourait, on trouvait des fragments de minerai et des traces de combustion.

 

Cordesse est connu aujourd’hui par son église, l’une des rares églises rurale du XVe siècle en parfaite état. Elle a le privilège d’abriter un mobilier tout à fait remarquable. Elle a été bâtie dans le dernier quart du XVe siècle sur une butte occupée par un château féodal qui lui-même avait été construit sur les fondations d’une importante villa gallo-romaine. La légende veut que ce soit celle du notable éduen Sacrovir. Il s’y serait suicidé en compagnie de ses amis, après la révolte manquée et sa défaite devant les légions de Silius, en l’an 21, sous l’empereur Tibère. Au XVIIIe siècle, l’abbé Courtépée, historiographe de la Bourgogne, déclare y avoir vu des débris de colonnes antiques, des marbres rares, des mosaïques, des restes d’aqueducs…

L’église se compose d’une nef rectangulaire communiquant par une grande arcade avec un chœur formé d’une travée droite et d’une abside à trois pans. Les murs de la nef sont étayés de trois contreforts d’un côté, quatre de l’autre. Ceux de l’abside et du chœur de quatre contreforts. Une grande porte, surmontée d’un arc brisé appareillé sans décor de tympan, s’ouvre en-dessous du pignon. Une petite porte latérale à moulures et linteau en accolade est percée dans le mur sud de la nef. A l’intérieur, le plafond de la nef a été supprimé. Des travaux de restauration ont mis en valeur une très belle charpente : la toiture de la nef est plus élevée que celle du chœur. Les pentes du toit sont très accentuées de sorte que la hauteur du pignon est presque égale à celle des murs gouttereaux. L’élégance de l’édifice tient beaucoup de cette caractéristique. Le clocher est constitué par un petit campanile hexagonal surmonté d’une flèche à six pans, le tout couvert d’esseaunes. Ce clocher s’élève au faîte de la toiture, à l’extrémité est de la nef, juste avant le décrochement du chœur.

Une sacristie a été construite en 1766, à gauche de l’abside. La nef, vers l’entrée, est ornée de belles boiseries du XVIIIe siècle à panneaux sculptés, autrefois dans l’abside. Une stalle d’officiant du XVIe siècle et une chaire datée de 1766 complètent le mobilier. L’autel en marbre a été acheté en 1836. Dans la fenêtre ouest du chœur un vitrail en partie conservé représente une grisaille à losanges entourée d’une bordure formée d’une guirlande de chêne autour de laquelle s’enroule un phylactère portant les initiales IHS-VI. Au bas, une inscription indique la date et le donateur : « l’an mil CCCC IIII xx et x Me S Estienn Marilier pbre a faict faire ceste verriere ».

En 1850-1860, dans cette verrière fut enchâssé un vitrail du fond de l’abside, représentant Saint Georges (et non Saint Denis) et Sainte Madeleine. D’après le terrier de Cordesse de 1626, il s’agissait des donateurs, Georges de la Trémouille et Magdeleine d’Azay son épouse, seigneurs de Dracy en 1490, date correspondant à peu près à la construction de l’église.

 

L’église de Cordesse possède de nombreuses et belles statues :

-         Saint Martin, évêque bénissant, portant la crosse, bois, XVe s., (MH)

-         Evêque portant un livre, bois, XVIIIe s

-         Saint Nicolas avec les enfants, bois, XVIIIe s.

-         Saint Antoine et son cochon, bois, XVIIIe s

-         Saint Fiacre portant la bêche, bois, XVIe s

-         Vierge tenant l’Enfant Jésus, bois doré, XIXe s.

-         Sainte portant un pain (?), bois, XVe s

-         Sainte couronnée tenant un livre et une palme, bois, XVIe s

-         Sainte tenant une palme, pierre, XVIIIe s.

-         Christ en croix, bois, XVIIIe s.

 

A l’extérieur, en haut et dans l’angle du contrefort soutenant, côté sud, le mur séparatif de la nef et du chœur, on voit un petit personnage installé dans une pose grotesque, ramenant son pied sous son menton. Il s’agit probablement d’un ornement du château ruiné qui a précédé l’église.

 

Le cimetière de Cordesse est groupé autour de l’église. La croix en granit, sur fût octogonal est certainement contemporaine de la construction de l’église. Devant la porte de l’église sont deux pierres tombales, l’une de Claude Monnot, curé de Cordesse décédé le 29 juin 1842 et l’autre de Pierrette Duchemin, Veuve Guichot, décédée le 5 janvier 1843 et qualifiée de « mère des pauvres ».

 

© Roland Niaux, 09 février 1994

Publication électronique : 2006-2007