BROYE

(Saône-et-Loire)


Accueil

 

- Carte IGN 2825 est Autun et 2925 ouest Le Creusot.

- Accès : depuis Autun, le CD 120 et depuis Étang-sur-Arroux, la D61, conduisent au bourg de Broye.

 

La route touristique très agréable d’Autun à Broye (D120) permet de découvrir de beaux paysages sur les collines et vallées du Mesvrin et du Rançon. Prenez juste avant d’arriver au bourg le chemin qui part sur votre gauche (direction sud-est) et qui va vous mener tout d’abord à Charmeau. A 1 km environ, dans ce hameau, vous voyez sur le côté droit du chemin (côté sud) l’un des rares menhirs existant encore en Morvan. C’est le seul du Pays d’Art et d’Histoire (pour voir le bel ensemble mégalithique de Bourgogne, il faut aller à Couches, à environ 25 km, sur la route d’Autun à Chalon-sur-Saône). Le menhir de Broye (MH), en granit, a une belle forme fuselée. Il mesure 4m80 de longueur, son poids est estimé à 18 tonnes. Il a été érigé en ce lieu, bien visible au bord de la route, en 1913. Car il n’est pas tout à fait à sa place originelle. Il avait en effet été découvert couché, à quelques centaines de mètres par un cultivateur. Les menhirs ont été érigés à la fin de la période néolithique, c'est-à-dire 2000 ans avant notre ère et n’ont donc rien à voir avec les druides et les Celtes. Très probablement ont-ils eu un caractère religieux et (ou) funéraire. Leur masse imposante les a fait vénérer par les populations dans les suites des siècles, qui leur ont souvent attribué des vertus magiques. Ils étaient également tout indiqués pour servir de limites et de repères.

 

A un peu moins de 3 km, avant la sortie du hameau de Chapey, un petit chemin part en montant vers la gauche, entre les maisons, en direction d’une hauteur qu’il longe ensuite en reprenant la direction nord-ouest. Ce chemin aboutit, à 1500 mètres environ, après avoir franchi une crête, au hameau de Velay, dans la vallée du Rançon. Bien avant le milieu du trajet, qu’il convient de parcourir à pied, on peut voir sur la droite, tout en bordure du chemin, cinq stèles funéraires gallo-romaines, érodées par les intempéries. On devine cependant la figuration du défunt, ébauché dans le granit. On voit même que l’une d’entre elles est posée à l’envers, ce qui laisse présumer qu’elles ne sont pas à leur place d’origine. Elles ne viennent certainement pas de très loin, car la vallée du Mesvrin est une région où ce genre de stèle abonde. Ces pierres ont été vénérées comme étant des représentations de saints. On les nomme d’ailleurs les « Saints de Chapey » et la hauteur voisine, sur la carte IGN, porte le nom de « Pierre au Saints ». La terre qui la borde se nomme « Baume au Cornu », ce qui signifie « grotte du diable ». Nous sommes donc au cœur d’un monde légendaire et merveilleux.

 

Broye

La commune s’étend le long des pentes sud du Mont Jeu, depuis les sommets du massif jusqu’à la vallée du Mesvrin. Tout à côté du monument aux morts, bien caché dans les frondaisons, se trouve un intéressant calvaire, portant d’un côté les armes des anciens seigneurs de Montjeu et de l’autre le gril de Saint Laurent, patron de la paroisse, avec le Christ et la Vierge. Ce calvaire avait été érigé au XVe siècle, devant l’ancienne église romane, démolie à la fin du XIXe siècle.

 

On peut faire, depuis le bourg, quelques belles promenades à pied, notamment sur les pentes sud du Mont Jeu, boisées et bien exposées. Il existe des sentiers balisés qui conduisent au Grand Champmartin, au Tronchet, à la Queue de Maine. On peut trouver maintes variantes, toutes aussi agréables les unes que les autres. Au pied des forêts, vous pourrez apercevoir, au détour d’un chemin, le château de Mont d’Arnaud, construit à la fin du XIXe siècle dans le style chalet par l’architecte Jean Roidot, pour M. Deseilligny, directeur des usines Schneider du Creusot et gendre du célèbre maître de forges.

 

Montjeu

Le château (MH) et son parc entièrement clos de murs sont situés au sommet de la montagne séparant Autun de la vallée du Mesvrin. L’accès se fait par Autun, depuis la D256, mais les visites ne sont pas autorisées.

Montjeu fut au Moyen Âge le siège d’une puissante châtellenie des ducs de Bourgogne. Pierre Jeannin, Président de Cour au Parlement de Dijon, ministre d’Henri IV puis de Louis XIII, y fit bâtir à la fin du XVIe siècle un magnifique château, sur les plans de l’architecte Etienne Martellange. Les travaux durèrent de 1585 à 1595. Ses jardins furent dessinés par Le Nôtre.

Pierre Jeannin établit sa notoriété au Parlement de Dijon en faisant surseoir, dans sa province, aux ordres du roi prescrivant de faire massacrer tous les protestants de la région le jour de la Saint Barthélémy. Après cette époque, son prestige fut immense dans toutes les couches de la société et sa fortune matérielle suivit la valeur de sa réputation.

Lors de la Révolution, la propriété de Montjeu appartenait à Michel Le Pelletier de Saint-Fargeau, Président au Parlement de Paris. Élu député de la noblesse, il prit le parti des Montagnards et vota la mort de Louis XVI. Cela lui valut d’être assassiné le soir même, mais en reconnaissance de son attitude, la Convention protégea les droits de sa fille mineure, seule héritière. Ainsi le domaine de Montjeu fut un des rares domaines aristocratiques à ne point être démantelé et traversa sans heurts toute la période révolutionnaire. Ce n’est qu’au début du XXe siècle que ses différentes composantes achevèrent d’être dispersées.

 

Voir aussi : l'Ancienne église de Broye

 

 

© Roland Niaux, 09 février 1994

Publication électronique : 2006-2007