J14 VILLADANGOS / ASTORGA

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31 MAI 2007

 

 

 

Le mois se termine sur une note automnale avec un réveil dans la grisaille

L’hospitalero canadien a encore plus mauvaise mine qu’hier et somnole sur sa chaise. Sa crève ne s’est pas arrangée et un peregrino l’a empêcher de dormir : il faisait une crise de claustrophobie et a passé la nuit à entrer et sortir de l’auberge.

Comment peut on être claustrophobe dans un grand dortoir, même les lits ne sont pas superposés ici. Je plein beaucoup ce pèlerin : il a du passer par des endroits invivables pour lui.

Le sol est mouillé, peu mais assez pour nous alerter et mettre les couvre sac. A peine sommes nous sortis de Villadangos que le poncho devient un accessoire indispensable. Nous ne les rangerons qu’arrivés à Astorga.

La pluie n’est pas violente, mais suffisante pour nous gêner et devoir porter la capuche qui brouille la visibilité. Le vent forcit de plus en plus. On a bien fait d’enfiler le pantalon ce matin.

N120, présente, omniprésente, pénible, bruyante. Parfois on y marche, sur le bas coté et c’est stressant de marcher si près du trafic, parfois elle s’éloigne un peu ou il faut traverser. On ne la quitte jamais vraiment, si ce n’est quelques brefs instants dans un village ou nous empruntons une voie parallèle. Parfois aussi nous marchons sur la vielle route, coincée entre nationale et autovia.

A Hospital de Orbigo, seconde rencontre cavalière sur le pont qui enjambe l’Orbigo. Le lieu est prédestiné à cette rencontre, le pont est orné d’oriflammes style moyen age et en contre bas est installée une lisse  ou se produisent en spectacle des joutes et tournois à cheval et en costumes.

Nous traversons le village ensemble.

A la sortie d’Hospital un banc nous invite à faire collation avant de poursuivre. Les cavaliers s’éloignent, les chevaux non plus n’aiment pas tellement la N120 qui les stresse.

Nous reverrons nos cavaliers un peu plus tard à l’entrée d’Astorga, les chevaux broutant, un cavalier somnolant contre un mur, le chapeau sur les yeux à la mode Mexicaine

C’est une longue étape que le vent et le froid ne rendent pas très facile. Astorga est là, mais perchée sur un promontoire qu’il faut bien gravir. Heureusement l’auberge n’est pas trop loin. Chambre à 4 lits seulement, Nous espérons bien ne pas avoir de compagnie. Cet espoir sera déçu par l’arrivée de Peter, un Allemand sympa, bientôt suivi par un Finlandais. Peter et le Finlandais se comprennent semble t’il, Peter parle aussi un peu Français, mais en Anglais nos accents respectifs dressent une barrière infranchissable. Nous reverrons souvent Peter, y compris à Compostelle, sans parvenir à lier connaissance.

6h30 pour 30 km. Nous avons bien marché malgré ou grâce au mauvais temps. Un peu de repos s’impose avant d’affronter la visite d’Astorga après les traditionnelles ablutions et lessive.

Malgré les jambes lourdes et une crève incontestable la visite est obligatoire dans cette petite ville. Le musée dans le Castillo à l’architecture tellement folle présente une belle collection de peintures contemporaines, des peintures et sculptures religieuses anciennes, du XIII e siècle en particulier et quelques objets de fouilles (pré et post romain) .

Quelques courses, repas, dodo

Ce soir je me drogue, j’ai la gorge irritée et du mal à respirer : aspirine, doliprane et pastilles à sucer.

Les pastilles m’ont été délivrées dans une pharmacie ou j’ai fait  comprendre par geste que j’avais une petite angine. Par acquis de conscience je veux aussi expliquer que je fait de l’asthme et montre mon flacon de ventoline.

La pharmacienne pense que j’en veux et est prête à m’en donner, sans ordonnance. Elle me demandera ensuite si je désire des antibiotiques, ce qui n’a pas l’air de poser de problème non plus.

Non, merci, pas d’antibiotique.

Je tombe dans mon lit et m’endort rapidement malgré la gorge un peu bloquée.

A minuit je me réveille brutalement. Est-ce le besoin d’aller aux toilettes ou la respiration qui bloque ? Je commence par le premier et passe plus d’1 heure et demi a tenter de récupérer la seconde. Je finirai par me rendormir après une belle agitation.

Pour Bernard çà ne va pas fort non plus, lui est réveillé par le froid : son duvet est plus léger que le mien et semble vraiment insuffisant pour cette nuit – à l’avenir il essaiera de se procurer une couverture chaque fois que ce sera possible