J13 LEON / VILLADANGOS

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 30 MAI 2007

 

Il fait presque chaud ce matin : +12°C. Le ciel sur la gauche est clair, sur la droite bien noir et menaçant.

Notre raccourci nous fait gagner du temps pour sortir du centre ville historique. Reste à sortir de l’agglomération et c’est interminable, vais-je finir par haïr les grandes villes ?

Entre zone commerciale, zones industrielles…arrivés à Virgen del Camino la ville est toujours présente.

Maintenant El Camino emprunte le plus souvent le bas coté de la nationale 120. Le concert des poids lourds, les voitures qui nous frôlent ne sont pas des plus plaisants. La nationale 120 sera notre compagne toute la journée et aussi demain jusqu’à Astorga. Heureusement de temps en temps le chemin et la route divorcent, non, simple séparation provisoire. Une petite bande d’herbes folles met 2 ou 3 mètres entre nous et le trafic. Ce n’est pas assez pour retrouver le calme campagnard mais au moins un sentiment  de sécurité. 

On marche depuis longtemps et le premier café est le bien venu. Petite pause  et achat de sandwichs pour midi jamon y queso, notre nouvelle tradition culinaire.

Midi moins dix. trois gouttes de pluie nous bénissent devant l’albergue qui ouvre à midi

Un jeune canadien nous reçoit, manifestement il a la crève – pas étonnant avec ce temps

A l’albergue nous retrouvons le couple de Clermont. Elle s’appelle Gigi, lui, qu’il me pardonne je ne sais plus. Ils marchent avec un homme et une femme de rencontre, c’est courant.

La douche est glacée les 2 femmes qui me précèdent poussent des petits cris et je me moque d’elles à travers la porte. En sortant elles me promettent bien du bonheur : c’est vraiment très très froid, mais on a transpirer, les cheveux sont collant : faut y aller.

Ici il y a un poste internet gratuit, prière de ne pas rester plus d’un quart d’heure pour laisser la place aux autres. Lecture rapide des boites à lettres, petit messages à la famille et aux amis …Cet après midi c’est repos rien ou presque à faire si ce n’est d’écrire ce journal et de farnienter au soleil face à la N120.

En face, de l’autre coté de la route, un bouquet de peupliers est habité par un concert de corneilles. Je n’en ai jamais tant vu, ni surtout entendu si ce n’est dans le film de Hitchcock.

On va finir d’écrire les cartes postales.

Notre rupture dans le chemin fait que nous ne connaissons plus personne. Il faut tout reprendre à zéro avec de nouvelles têtes, de nouveaux contacts à établir ; Une sorte de nouveau pèlerinage.

On scrute les visages pour essayer de deviner qui se cache derrière, on cherche un regard, une mimique, un air de complicité. Faut pas rêver, il faudra côtoyer ces nouveaux compagnons encore un jour ou deux pour que le courant passe vraiment.

Le village est vide sauf un ou deux couples de cigognes sur quelque point haut. Vers 16h30 l’épicerie ouvrira, un peu de gâteaux pour le petit déjeuner, deux yaourts à boire et une sorte de tourtière au poisson et oignons (une empanada au thon) pour demain midi avec deux bananes. Les bananes sont devenue notre fruit préféré : pas cher, facile à transporter et facile à manger, elles calent l’estomac et sont énergétiques.

Ce soir à la Bodega c’est fête pour 9€ : soupe de poisson, jambon grillé et œuf au plat avec frittes + dessert, eau, vin, café compris – introuvable en France dans un tel cadre.

 

20h30 ; De retour à l’auberge à 3 pas et demis. Le soleil donne et avec le vent le linge a séché, y compris la polaire qui commençait à sentir un peu la sueur. Je pense que nous serons couchés bien avant le soleil. Encore un SMS en espagnol. Geneviève s’amuse. Moi je ne comprends pas tout. On verra bien dans 11 jours si elle sera aussi à l’aise pour parler avec de vrais Espagnols.