J10 VILLA FRANCA / ATAPUERCA

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25 MAI 2007

La nuit a été très fraîche. Au petit matin, 6h à peine, le dortoir est déjà vide. Il ne reste que nous trois et un couple. Le petit déjeuner est vite expédié et nous revoilà sur le Chemin.

Ce matin çà grimpe tout de suite, la pente est raide. Je suis parti en Tee-shirt mais la température m’oblige rapidement à enfiler la polaire. En dépit du soleil qui pointe au dessus de l’horizon je pense qu’il fait moins de 5°C

Au sommet de la cote, le vent nous fouette, glacial, en pleine face. Ce soir je rentrerai avec un début d’angine qui me gênera sérieusement  pendant plus d’une semaine.

En dépit de 2 ou 3 passages inondés, le chemin n’est pas mauvais, heureusement.

9h, San Juan de Ortega est en vue, seule véritable possibilité de halte pour aujourd’hui. L’église est fermée. Elle était en cours de restauration l’an dernier, les travaux semblent terminés. En tous cas il n’y a plus d’échafaudages.

Un café dans le seul bar ouvert pour se réchauffer un peu. Le rasta /gourou, qui se révèlera être Italien est assis à la terrasse. Il voyage léger, très léger même : une petite bourse en forme de coquille St Jacques autour du cou et un petit sac en toile genre gibecière à l’épaule – le tout ne doit pas faire plus du kilo.

 

Avec son incroyable tunique et sa coiffure, l’appareil photo me démange, depuis hier ou je l’ai vu pour la première fois sortir d’une boulangerie je rêve de lui tirer le portrait : il se prête volontiers à cet exercice que je ne prolonge pas trop car il commence à cabotiner un peu.

Nous repartons sans nous attarder plus longtemps. Le chemin est maintenant plus horizontal mais les températures restent incroyablement basses et le vent continue à nous cingler le visage.

On serpente bientôt dans une forêt de pins et de chênes pubescents qui pointent leurs premières feuilles veloutées. Tous ces arbres sont restés petits, signature évidente des conditions climatiques difficiles  de la région. Petites taille n’est pas synonyme de clairsemé, le bois est quasi impénétrable, en bordure j’avise diverses orchidées  et me voilà une fois encore à genoux sur le chemin à me prosterner bien bas devant les merveilles de la nature : photo oblige.

Le regard plonge sur la droite vers un champs d’éoliennes et, derrière une petite colline, se dessine Ages, et un peu plus loin Atapuerca.

Nous arrivons à l’albergue un peu avant midi.

Il y a déjà quelques pèlerins d’arrivés qui attendent l’ouverture des portes à 13 h. Nous posons nos sacs et profitons des tables en terrasse pour avaler nos bocadillos (jamon y queso). Nous avons encore le temps d’explorer les quelques maisons du hameau pour trouver l’épicerie et faire quelques emplettes pour ce soir.

14 h, il pleut à nouveau et il faut décrocher le linge. Ce sera donc repos forcé pendant quelques heures.

En soirée le ciel se calme. Le village est vraiment « mort » et comporte en tout et pour toute une chapelle, une seconde auberge, une épicerie et une mairie. Il y a aussi un ou deux restaurants, mais tout semble réservé en ce dimanche de Pentecôte : il y avait des communions solennelles. Nous avons bien anticipé pour pouvoir manger à l’auberge ce soir.

Atapuerca possède aussi un autre atout qui lui vaut la visite de cars de touristes : un site archéologique. Le site est classé par l’Unesco. Le sous sol calcaire est un labyrinthe de grottes et gouffres situé sur un point de passage privilégier. On retrouve ici  des strates archéologiques riches : C’est ici que furent découvert les plus anciens vestiges  de présence humaine en Europe, avec une présence humaine avérée constante jusqu’au moyen age.

Malheureusement le musée qui y est consacré est minuscule, tout en Espagnol et cher. On se console en se disant qu’il nous a permis de nous connecter à internet gratuitement, çà compense un peu