J9 SANTO DOMINGO / VILLA FRANCA

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24 MAI 2007

 

 

 

Initialement notre but est Belorado, à 24 km, avec en option, un peu plus loin si on se sent en forme, l’auberge de Pépé, à Espinosa, une toute petite albergue privée d’une quinzaine de places ou Pépé reçoit et fait la cuisine.

Bernard y est passé l’an dernier et en garde un superbe souvenir qu’il voudrait bien nous faire revivre.
 
 
 
 
 
 
 
 

Départ à 6h30. il pleut faiblement et on doit enfiler les ponchos. J’ai fait de gros progrès dans ce domaine depuis les premières fois. Maintenant, plus besoin d’assistance. Un petit vent très frais accompagne les gouttes.

On avance vite malgré le temps maussade.

Bientôt nous sommes rejoints au café par un groupe de Français .Ils trouvent le service trop lent et s’en vont en quête d’un endroit plus rapide.

La charité me fait censurer mes propos initiaux. Disons que çà parlait juste d’un niveau de culture incroyable : « le Serano de Bergerac », le bon jambon Bordelais.

Un peu plus tard, c’est Bernard qui a entendu d’autres propos : « il faut avancer vite, il va y avoir de gros problèmes d’hébergement sous peu car, dimanche dernier il y a eu un très gros arrivage de pèlerins à Roncevaux, une vague énorme, un tsunami de 680 pèlerins dévale les pentes sur nos talons » rien que çà avec …une capacité d’accueil de 180 place dans une auberge, sans doute autant dans l’autre– au secours, j’ai peur…frémissons mes frères. 
 
 
Sur les douze coups de midi nous sommes à Belorado que je persiste à vouloir appeler Beladora. Il y a beaucoup d’albergues ici, une grosse capacité. Nous n’avons pas envie de nous y arrêter, la vue de nos zozos, pipe au bec nous conforte dans notre choix : on continue.
 

La pluie a cessé mais nous gardons les ponchos sur les épaules car le vent est frais. Le chemin monte peu à peu. Au loin nous apercevons deux groupes de  3 pèlerins chacun. Chez Pépé les places sont chères et on accélère le pas pour tenter de passer les premiers 

Esprit du Chemin es tu là ?entre moqueries et manque de charité, aujourd’hui nous oublions les bonnes manières.

A 3 km du but nous passons le premier groupe qui fait une pause près d’une chapelle. Le second groupe est proche. Avec Maurice on force le pas, Bernard peine à nous suivre.

Les trois poursuivis sont Italiens, mais une pancarte « auberge à 500m » nous calme, trop court, on ne peut pas les passer comme çà juste devant la porte.

Surprise, les Italiens font demi tour devant nous : ils prennent par le route car ils jugent le chemin trop boueux – comment remercier la boue ? 
 

En arrivant, quelques figures de connaissance. On frappe, Pépé nous ouvre, la mine sombre, il ne lui reste qu’une seule place. Nos mines sont aussi très sombres à la perspective de poursuivre notre route.

Bernard remet sa photo à Pépé.

Plus que trois kilomètres jusqu’à Villafranca qui ne se révèle qu’en arrivant. L’auberge me semble petite, nous sommes un peu inquiets : 33 km ½, surtout les ½ nous laissent des jambes de plomb. On redoute le « completo ».

Une sorte de Gourou Rasta nous reçoit : installez vous comme vous voulez, l’hospitalera n’est pas là, on règlera çà plus tard. OUF !

 

Ce soir il faut faire quelques courses car demain c’est dimanche et nous redoutons de ne pas trouver grand-chose d’ouvert en route. Le sac sera un peu plus lourd, c’est tout.

Dans le dortoir une Allemande d’origine asiatique nous reconnait, on était dans la même auberge à Santo Domingo.

A quelle heure êtes vous partis ce matin ?

Vers 6h30

C’est un bon temps, vous avez bien marché

Comme je m’étonne de la voir là, prête, lavée, changée, reposée je m’enquiers de son heure de départ. Elle est partie à 4 heures, eh oui, c’est aussi çà « el Camino »