J8 NAJERA / SANTO DOMINGO

ACCUEIL PAGE SUIVANTE

 25 MAI 2007

 

Grand soleil mais il fait un peu frais  en quittant Najera. La route est belle et nous marchons vite.

La vigne et la terre rouge de la Rioja s’effacent peu à peu et cèdent la place aux betteraves. Le paysage est gentiment vallonné avec des formes rondes – pas de difficultés en vue.

Vers 9h nous nous arrêtons  à Azola pour un cafe solo doble qu’il est toujours aussi difficile de ne pas faire allongé d’eau. Un croissant améliore notre pitance.

En chemin nous prêtons assistance à une Anglaise qui se retrouve avec une boite de pansements vide, le contenu est resté à l’étape précédente et ses ampoules ont vraiment besoin de protection.

Le chemin continue à monter tout doucement vers Cruena. Travaux oblige, ou simple distraction, nous ratons une flèche et poursuivons sur la route pour les 4 km qui nous séparent de Santo Domingo. Sur notre droite nous apercevons quelques pèlerins sur le bon chemin, ils sont à plusieurs centaines de mètres de nous, mais plus Santo Domingo approche plus les chemins converges pour finalement trouver un carrefour commun à l’entrée du village.

Tout le monde se retrouve et le temps se couvre

A l’auberge nous bénéficions d’un accueil francophone de la part d’un hospitalero canadien. Premier crédentiel Bernard, deuxième crédentiel, Bernard. Lui aussi c’est Bernard. Et de 3. il se tourne vers Maurice et décrète que pour aujourd’hui il s’appelle Bernard Maurice, et que pour fêter ce baptême il nous offrira l’apéritif. Ce que Maurice Bernard fera bien volontiers ce soir. 

La visite de la ville n’est pas envisageable sans la visite de la cathédrale musée. Ici il y a une réduction pour les pèlerins.

Mais comme d’habitude il faut attendre l’ouverture. Pèlerins bien identifiables, Bernard et Maurice sont assis devant le « Parador », un hôtel de luxe hors catégorie dont nous avons visité le hall.

Deux cyclistes se présentent et demandent si c’est bien l’albergue – comment les détromper ?

Dans l’église, le coq et la poule blancs, superbes et gras à souhait sont dans leur « logement »  . Leurs remplaçants, puisqu’ils sont renouvelés régulièrement sont dans un petit poulailler derrière l’auberge. A notre arrivée dans l’église le coq chante tant et plus pour montrer qu’il est bien vivant conformément à la légende.

L’histoire dit qu’un couple de pèlerin voyageaient avec leur fils. Celui-ci ne répondant pas aux avances de la fille de l’aubergiste, la vexe. Femme humiliée, elle glisse un ciboire dans les bagages du jeune homme et dénonce le vol. Si tôt dénoncé, si tôt condamné et exécuté. Les parents poursuivent le pèlerinage tristement. La mère, en chemin entends la voix de son fils : mère, je suis bien vivant, n’aie pas de peine.

De retour la femme rencontre le prélat du village et raconte ses voix. Celui-ci, attablé s’esclaffe, montre les volailles rôties et dit : ton fils est mort, aussi mort que ces poulets rôtis

Le coq et la poule se dressent sur le plat et se mettent à chanter.

 

Ce coq n’a sans doute pas été rôti avant, mais dieu seul, et le curé sans doute, savent quel sort lui sera réservé après sa prestation ecclésiastique.