J24 ARCA / SANTIAGO

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10 JUIN 2007

Dernier jour

 On voulait se lever « un peu tôt », vers 6 heures, pour faire confortablement nos derniers 20 kilomètre’, passer à l’hôtel poser les sacs et assister ensuite à la messe de midi. On voulait.

Bernard me secoue un peu pour me réveiller, un œil à ma montre : la demie, un regard circulaire : dortoir vide.

On s’est trop attarder, il y a urgence… mais non, pas de panique ce n’est que 5 h 30.

L’agitation a commencé, d’après ce que Bernard me dit, dès 4h, 4h30. Ils se sont envolés comme une nuée de moineaux.

Petit déjeuné sorti du sac – 6h05 çà marche pour nous.

Nous sommes seuls sur le chemin. Il fait encore nuit noire. Le faisceau de ma lampe troue l’obscurité à la recherche des flèches, pour la première et dernière fois

Le chemin ondule de haut en bas, de gauche à droite. Il fait doux, le soleil darde ses premiers rayons d’or et embrase les troncs en illuminant une brume légère.

Nous marchons vite, plus de 5 km /h et dépassons petit à petit quelques personnes. Arrêt café à Monte do Grosso. Il y a du monde au pied du mémorial de Jean Paul, une horreur de métal rouillé et d’inox qui affiche le pieu mensonge de son pèlerinage – il n’a sûrement pas fait les derniers 100 km à pied.

La dernière grande auberge est là, monstrueuse et nous poursuivons notre route.

Nous descendons vite, toujours aussi vite. Trop vite une douleur sur le tibia gauche. Je n’ai pas bu assez, on a forcé l’allure et paf ! derniers kilomètres et une tendinite qui s’éveille : pas de bol.

A chaud çà va bien mais chaque raidillon de descente m’oblige à réfléchir en posant le pied et les escaliers se révèlerons désagréablement pentus.

 

On longe l’aéroport, on le contourne, franchissons la nationale et la ligne de chemin de fer.

Santiago nous montre les flèches de sa cathédrale, juste devant.

 

Pas de vraie émotion. Je m’attendais à ressentir quelque chose. Non, rien.

Il est 10h 30. 4h30 pour 20 km, c’est pas mal. Si, c’est mal, c’est une des raisons de cette tendinite qui me suivra plus d’une semaine.

Nous allons directement (avec un grand détour involontaire) à l’hôtel. Les chambres ne sont pas libres comme on pouvait s’y attendre mais nous pouvons laisser les sacs à la réception et nous changer dans les toilettes : pantalon sec, tee-shirt sec. La cathédrale est à 15 minutes à pied.

Retours sur nos pas donc. 15 minutes, en sandales, sans sac : on se sent léger. Ma jambe me rappelle de temps à autre qu’il vaut mieux se calmer.

Nous entrons par une porte latérale. L’encensoir n’est pas accroché. Il y a une sorte de catafalque au milieu de l’allée  avec un petit autel fleuri : « corpus Christi » sans doute, c’est ce dimanche et une fête religieuse importante en Espagne. Nous n’aurons pas le grand jeu.

11h50. Une none avec un grand nez s’empare du micro. Elle chauffe la salle en nous ( ?) faisant répéter les quelques chants qui illustreront la cérémonie. Elle a une belle voix, un peu trop aigue. La foule, sans trop de conviction reprend les chants. Cà manque de vigueur, One more time, encore une fois, tous avec moi – çà va chauffer.

Litanie des nationalités des pèlerins arrivés. Demain nous alimenterons la rubrique car nous passerons valider notre « Compostella » après la messe.

Quelques chants, quelques accords d’orgue, un long discourt ennuyeux à souhait, tout en espagnol ou il est question de « iesus » de Corpus Christi, de peregrinos et encore de iésus. Devant nous se sont plantées deux pèlerines françaises, sac au dos. Elles peinent à se lever et s’asseoir (par terre) au rythme de la cérémonie. On leur suggère de poser le sac, mais non. Pour que le « pèlerinage soit valable  - sic – il faut entendre la messe en portant le sac. » Mon dieu, pardonnez leur car elles ne savent pas ce qu’elles font.

Messe sans émotion, sans relief. 13h. on va se faire valider le pèlerinage et retirer notre « Compostella ». Le préposé n’en croit pas ses yeux : j’ai cocher la cas : « sans  intentions religieuses » c’est forcement une erreur. non, je confirme, rien de religieux pour moi. Il hésite, fouille dans ses documents et sort une compostella différente. Je n’aurai pas le même document que Bernard qui découvre du même coup toute la subtilité de la chose.

Dans la rue il y a foule. Des badauds, des pèlerins avec ou sans sac, des musiciens des rues, des vendeurs de loterie. Nous retrouvons même une des Bandas d’hier soir qui bloque une ruelle et donne un mini concert.

Repas rapide mais bon à la « Casa Romana » Apéritif de fin de pèlerinage, le dernier d’ « homme libre » menu à 6€75 melon y ramon, chuletas y empressa, café et l’addition (pardon, la quanta por favor) 10€15 le lot, faut il vous l’emballer, non merci c’est pour consommer de suite.

SMS de Geneviève : à 13 heures elles visitaient Burgos, tout va bien.

Un peu de repos de retour à l’hôtel, chacun dans sa chambre, une vraie douche chaude avec de vraies serviettes. La page est tournée, le dernier chapitre s’achève ce soir.