J19 BIDUESO / SARRIA

ACCUEIL PAGE SUIVANTE

 05 JUIN 2007

 

 


 

L’étape du jour ne sera pas très longue, si 27 km peuvent représenter une petite étape. On a voulu se lever tôt : pas question de renouveler l’expérience d’hier un deuxième jour de suite. 5h 45 – café soluble,  et en route. Il fait encore presque nuit.

Que dire de cette journée ? Inodore, particulièrement sans saveur, incolore, noyée dans la fatigue d’hier. Quelque cotes qui me semblent bien plus dure quelle ne le sont. Des villages vides et sans âme qui sente l’ensilage et la bouse de vache. Des châtaigniers, certains sans doutes vénérables, des toits d’ardoise disposées comme des lauzes…rien, ou si peu. Je suis trop vide pour que le paysage m’emplisse.

 

 Il me tarde tant d’arriver. Sarria ! S’il te plait ! Ne soit pas trop loin.

 

12h 55. Nous sommes devant l’auberge. Elle n’ouvre qu’à 13 h, 5 minutes…Une vingtaine de pèlerins attendent aussi

Rituel de la douche, de la lessive. Une bière au café d’en face et…REPOS. On verra bien ce soir si l’énergie est de retour.

Du balcon j’observe les arrivées : des cyclistes, beaucoup de cyclistes. Beaucoup de pèlerins de fraîche date aussi qui n’ont pris le chemin qu’ici ou quelques étapes plus tôt soit parce qu’ils font le chemin en plusieurs épisodes soit pour assurer la « Compostella » qu’on obtient en faisant les 100 derniers kilomètres. Ce papier semble t’il est précieux pour les jeunes Espagnols, il ouvrirait ou faciliterait l’ouverture des portes du travail.

A l’entrée de Sarria il y avait une voiture, la remorque débordant de valises. Un groupe de pèlerins, un peu plus haut étaient équipés léger léger, deux filles n’avaient même pas de sac du tout. Mais comme disait un hospitalero de rencontre : « je ne juge pas, à chacun son chemin… » mais tout de même, les places sont chères dans les albergues et ces marcheurs légers marchent vite et passent devant pour occuper les lits.

Après nos ablutions traditionnelles : repos. Le linge sèche sur le balcon ou nous avons tendu un fil en dépit de la pancarte qui demande de ne pas le faire. C’est interdit, en espagnol, no comprendo. D’ailleurs tout le monde s’en moque.

La sieste nous ferme les yeux. Bernard  émet un petit ronflement. Moi aussi bientôt, mais çà me réveille. La chambre est froide. Je laisse Bernard à son sommeil et sort faire quelques photos en ville. Dehors il fait bon et le soleil me ravive.

La place de l’église, étonnement est en travaux, tout comme la rue principale qui s’appelle, devinez : Calle Mayor

 Il n’y a pas grand-chose à voir. L’église ouvre à 17h. elle est banale, vide, sans intérêt. Les ruines d’une tour médiévale sont visibles un peu plus haut, mais même en contournant le bloc on ne peut pas s’en approcher. Comme partout ailleurs les fils électriques traversent le ciel et coupent les photos qu’il faut cadrer serré pour éviter un transformateur électrique, une poubelle ou des panneaux de signalisation. Il n’y a rien d’autre à voir. La ville moderne est en bas de la colline avec ses immeubles de brique et de béton.

 

Nous terminons l’après midi à la terrasse du café, entre le chantier et l’auberge, devant une cagna. Bernard l’accompagne d’une part d’empanada malgré l’heure avancée. J’aurai bien du en faire autant.

En effet, peu de temps après, à table je me sent mal, la tête me tourne et je devient tout pale. Je suis à deux doigts de m’évanouir et j’ai des sueurs froides. Sans doute une petite hypoglycémie due aux excès de la veille.

 

En repartant j’en oublie l’appareil photo accroché au dossier de la chaise.

8h au lit et je dors. Jusqu’à 11 heures. Soudain quelque chose me réveille. Je cherche de la main la sacoche que je ne trouve pas. Jamais je n’avais encore fait ce geste.

En moins de temps que pour l’écrire je suis debout. Par la fenêtre je vois le café en bas. Il est éclairé. J’enfile le short, tee-shirt, sandales et dévale l’escalier en silence.

La femme au comptoir me reconnaît et sans que je n’aie à formuler la moindre question plonge dans la réserve et me tend le sac. Gracias, mille gracias senora. Ouf ! appareil, téléphone…tout est là, tout est bien qui fini bien. Je peux me recoucher serein. Le sommeil me gagne de suite, profond, sans rêves.