J5 ESTELLA / LOS ARCOS

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 22 MAI 2007

 

 

Petit déjeuner dans la cuisine : biscottes, biscuits, café, confiture, beurre. Ce matin nous sommes prêts de bonne heure et à 6 heures moins le quart nous cheminons, d’abord tous les deux, bientôt rejoints par Ivan et Arlette. Malgré leur handicap (le genou pour l’un, une tendinite pour l’autre), à chaud ils avancent d’un bon pas. Nous arrivons rapidement à la Fuente de vino d’Irache. Les photos sont obligatoires, les dégustations plus facultatives mais je m’y soumet – vin rouge à 8 heure du matin – pas terrible, ou plutôt, si, vraiment terrible. Quelques pèlerins nordiques semblent trouver le breuvage à leur goût. J’espère qu’ils ont un estomac en inox.

Françoise, Maurice et Roland, nous rejoignent, ils sacrifient comme nous à la tradition mais à leur mine on comprend bien vite qu’ils préfèrent d’autres crus.

 

Nous cheminons maintenant à 7. Le chemin est large et nous occupons toute la largeur entre vignes et champs de blé entrecoupés d’oliviers

L’ascension vers Monjardin est bien plus aisée que je ne pouvais le craindre – une étape sans histoire qui nous propulse devant l’albergue dès midi moins le quart.

L’auberge de la Fuente est tenue par des Autrichiens. Petite, sympa, Bernard connaissait l’adresse  pour y avoir séjourné l’an dernier.

Il y avait oublié une chemise. Renseignements pris elle est peut être encore là : l’hospitalera nous montre une grande panière pleine de linge. Les pèlerins au cours de leur périple se délestent du superflu, des oublis aussi comme pour la chemise de Bernard. Il y a de tout, shorts, slips, tee-shirts, pantalons, serviettes – de quoi équiper plusieurs dizaines de démunis, mais point de chemise de Bernard : quelqu’un l’aura trouvé à son goût ou le stock aura rejoint la croix rouge ou un autre organisme similaire.

 

 

Nuit plus petit déjeuner pour 10€. C’est raisonnable, demain le départ se fera ventre plein.

Le début d’après midi est consacré comme d’habitude à la lessive, douche, soins des petits bobos (et des moins petits aussi pour certains), rédaction studieuses pour beaucoup et repos. Les jambes sont lourdes et quand on les laisse se reposer, les premiers pas sont laborieux.

Rien ne presse, la ville est en sommeil et ne retrouvera son animation qu’après 16h30, voire 17h

 

Le pèlerin vit un peu dans une bulle, il est, il marche, en Espagne, mais la bulle l’isole de la vraie vie.

Son rythme n’est pas celui des Espagnols : le matin il part trop tôt, avant 7h bien souvent alors que le monde se réveille vers 9 h. Si tôt le matin, au mieux nous trouvons un café ouvert pour un café (doble por favor, si, solo, Americano (allongé avec de l’eau) non, non, non doble pas Americano. Y dos tortillas con patatas por favor, gracias.)

A 9h ou 10 h quand on s’arrête pour une cagna et un bocadillo queso y ramon, on croise quelques Espagnols qui vont au travail, ensuite, au fil du chemin nous apercevons des femmes travailler les potagers ou quelques agriculteurs. Plus loin nous entendrons la petite musique des trayeuses dans les fermes

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En arrivant dans les villes ou les villages vers 13h il y a un peu d’animation dans les rues, mais c’est le moment que nous choisissons pour nous calfeutrer dans les albergues et vaquer à nos petits soins plus ou moins intimes ;

Si on ressort trop tôt les rues sont désertes et les portes closes. La vie ne reprendra pas avant 17h, 17h30 parfois. Le temps de visiter une église ou deux, faire quelques courses pour le petit déjeuner ou quelques provisions de route à caser dans le sac et voilà 19h qui sonnent.

L’heure de chasser le bon menu peregrinos pas cher et original.

A l’heure où nous passons à table les Espagnols sont bien loin de ces préoccupations gastronomiques.

Nous regagnons l’albergue bien vite, 8h, 8h30 si le repas traîne un peu. A 9 heures le pèlerin est couché, à 9h 10 il dort et le concert de ronfleurs est total. C’est juste le moment ou l’Espagnol commence à vivre.

Restent quelques rencontres fortuites, des moments ou la bulle laisse passer l’Espagne et ces moments privilégiés d’une rencontre, d’un désir de contact partagé sont peu nombreux, il ne faut pas les laisser s’échapper. Parfois ils se présentent à la faveur d’un salut de la main, d’un buen camino aimable au détour d’un champ ou d’une rue.

 

 







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