J3 CIZUR MINOR / PUENTE LA REINA

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20 MAI 2007

Ce matin c’est Bernard qui me réveille en me secouant par l’épaule : 6h30. Tout le monde est déjà levé et s’agite depuis pas mal de temps sans troubler mon sommeil préservé par les boules « Quies »

Deux madeleines et un peu d’eau et nous revoilà à pied d’œuvre. Le ciel est clair et le soleil nous pousse dans le dos vers Alto del Pardon, 400m de dénivelé en 9 kilomètres.

La montée s’avère moins difficile que je ne l’appréhendais mais plus nous approchons du sommet plus le ciel devant, à droite, à gauche, s’assombri.

Sur notre droite une armée d’éoliennes monte la garde, blanches sur un ciel d’encre.

A quelques mètres du sommet le ciel gronde et un éclair zèbre les nuages. Le sentier monte à travers une maigre végétation de bruyères et de genêts et nous accélérons la cadence.

Au sommet, au pied d’un calvaire nous retrouvons le trio d’hier soir, Françoise et compagnie sont là. Ils s’équipent des ponchos et s’apprêtent à repartir.

Le temps pour nous de faire quelques photos devant les silhouettes d’acier, assistés de bonne grâce par Françoise qui tient l’appareil et il est temps de nous équiper aussi.

Grand bien nous fasse, quelques gorgées d’eau, ranger les lunettes de soleil. Les ponchos ne sont pas encore ajustés que les premières grosses gouttes explosent autour de nous.

La descente se fera sous l’orage. L’an dernier, Bernard marchait ici en sandales à cause des ses multiples ampoules aux pieds, cette année l’expérience sera nouvelle. Nous pataugeons dans un torrent de plus en plus boueux en glissant sur les gros galets.

Nos chaussures sont trempées dehors et dedans l’eau pénètre par les chaussettes qui sont gorgées d’orage. Les pieds font flic flac dans les godasses et çà nous inquiète : c’est comme çà qu’on attrape des ampoules, des tendinites et autres amabilités qui pourrissent la vie d’un peregrino.

Urtega. Nous sommes imbibés et le premier café que nous trouvons nous accueille. Nous ne sommes pas les premiers : la foule des tètes connues et moins connues est là : le Hongrois qui marche maintenant avec le photographe « fou » qui mitraille tout ce qui bouge avec son appareil à pellicules, les deux Flamants,  Françoise, Maurice et Roland et d’autres encore. Sous l’auvent il n’y a plus de place pour poser un sac ou étendre un poncho et les cafe con leche, les tortillas con patatas et autres cakes ou bocadillos défilent – bonne journée pour le commerce. 

 

 

Il pleut encore quand nous reprenons la route. Mais bien vite nous laissons l’orage sévir derrière nous et le soleil revient nous donner le moral. Le pèlerin en bronze, à l’entrée de Puente la Reina nous accueille avec quelques gouttes résiduelles, ce seront les dernières  pour aujourd’hui.

 

L’auberge est de l’autre côté de la ville. La traversée n’est pas bien longue. Nous enjambons le pont – superbe et affrontons la dernière petite cote, courte mais sévère.

7€ pour la nuit, possibilité de prendre le repas sur place : 9€ ainsi que le petit déjeuner demain matin. Une bonne nouvelle.

C’est propre, c’est clair. Avec le trio que nous retrouvons, nous nous groupons pour une machine à laver et le sèche linge. Ma ceinture de cuir à déteint sur le short : impossible à récupérer. Il faudra que j’abandonne cette ceinture ou j’accrochais la gourde que je parviens à passer sur la ceinture du sac à dos.

Dans la chambre nous faisons connaissance avec un Français bien mal en point : sa cheville droite est enflée et il ne peut pas poser le pied par terre malgré les bandages et les anti-inflammatoires.


Il a une tendinite depuis plusieurs jours ; en fait il l’a depuis la France et n’a pas marché un seul des 75 kilomètres qui nous sépare de la frontière espagnole, par saut de puces en taxi ou en bus il avance, ne pouvant en principe pas séjourner plus de 24h dans une auberge. Il veut continuer malgré tout. Nous essayons de le convaincre qu’il vaudrait mieux pour lui, dans sont état de rentrer pour se soigner, mais rien n’y fait. Nous ne connaissons pas les raisons de cet entêtement et çà ne nous regarde pas mais ce n’est pas du tout raisonnable. Demain matin il tentera de négocier une nuit supplémentaire à l’auberge – je ne sais pas ce que sera la suite de son pèlerinage.

 

Mon Portable est enfin débloqué. Il semblerai que ça n’a pas été si simple avant qu’un employé d’Orange révèle à Geneviève que l’international ne pouvait en principe pas être activé durant le premier mois d’abonnement (il faut sans doute s’assurer que les factures sont honorées) – finalement il fait ce qu’il faut et maintenant çà marche. Heureusement d’ailleurs car le portable de Bernard tombe en panne : batterie morte.

 

En ville Bernard rencontre un groupe de randonneuses qu’il connaît – Oloron n’est pas si loin – et qui donne des nouvelles d’un couple de ses amis partis par l’autre voie par le col du Somport. On aurait du se retrouver ici ou les chemins se rejoignent, mais ils avancent plus lentement que prévu et sont encore loin. Je ne ferai donc pas leur connaissance cette fois.

 

Après la visite en ville, le retours à l’auberge étonne Bernard : la cote est bien plus facile que tout à l’heure. Il met cette bonne impression sur les quelques heures de repos. Sans doute, mais il me semble que l’absence du sac à dos est une explication bien plus pertinente.