MONAVONWITTLAGE | ARTISTE

Toute la démarche des artistes modernes est 

dans la volonté de saisir, de posséder

quelque chose qui fuit constamment.

Alberto Giacometti



L’Homme moderne est un combattant-né. En principe, il n’y a plus d’adversaire réellement dangereux dans le monde civilisé, mais par principe l’Homme déclare la guerre à tout : il est contre le racisme, contre le chômage, contre l’expérimentation animale...


Mais comment peut-il empêcher le temps d’avancer impitoyablement ?

Comment vaincre son propre sort ?                                

Comment piloter la partie inconnue de notre existence ?


La réalité est la trahison répugnante de nos rêves et nos désirs. Ce scandale doit s’arrêter, il faut que notre vie ressemble de nouveau à une sorte de Disneyland, à un film qui peut être rembobiné et passé à volonté, à un jeu vidéo dont les joueurs éliminé ont le droit de participer au prochain tour.


À titre de soutien, le monde nous propose des tranquillisants, des assurances, des stimulants. Le marché de tout type de stratégies de survie prospère à merveille : des promesses qui nous soulagent immédiatement de nos soucis, capables de résoudre nos    problèmes, de guérir nos blessures, de nous fournir notre façon de penser.


Il ne manque pas d’idéologies, de partis et de courants de pensée, de slogans publicitaires et de lois en faveur de la protection des citoyens : leur objectif consiste à juger tous les méfaits de la vie afin que tout soit encore plus beau, plus agréable, plus rapide que jamais.

Ainsi, nous avons à notre disposition une grande gamme pour la survie composée d’illusions, et chacun n’a qu’à faire les bons choix pour trouver son bonheur dans ce monde merveilleusement libre.


Malheureusement ce système ne fonctionne pas comme nous l’imaginons. Suite à la mauvaise utilisation de nos sens et de notre intelligence, à cause de nos sentiments désorientés qui ont perdus la bonne orientation, qui ne savent plus se concentrer sur l’essentiel au milieu d’une hémorragie d’éléments éphémères et futiles, nous nous sommes pervertis et avons perverti notre société et l’évolution de l’univers. 


Notre mal-être s'exprime par l'amalgame entre notre perception relative et la vérité absolue. Nos interprétations et nos explications de la réalité égalent, à nos yeux, le réel : voilà le piège de nos illusions, voilà notre véritable problème.