C'est quoi MILES



 

M I L E S

 

 

Missionnaires de la Liberté de Conscience

et

l'Emulation Spirituelle

 

Faute de vision, le peuple périt (Prov. 29:18)

 

 

 

 

Notre mouvement spirituel procède d'une Vision spirituelle

en vue d'une Mission spirituelle

pour une Action spirituelle.

 

  

 

                                                                                          Gabriel Malik, S.J.  Juin 1986         

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1.      NOTRE FIN ET NOTRE VISION

 

 

·          Vous connaîtrez la Vérité et la Vérité fera de vous des hommes libres (Jn 8:32)

·          Heureux les cœurs purs: ils verront Dieu  (Mt 5:8)

·          C'est un Feu que je suis venu apporter sur la Terre, et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé (Lc 12:49)

 

 

Le mouvement MILES a pour FIN une gloire toujours plus grande de Dieu. Cette fin se réalise dans la mesure où ses membres acceptent de mener avec l'aide de la grâce divine, le combat spirituel pour devenir toujours plus saints.  Vocation à la sainteté (ou salut): Voilà à quoi nous sommes appelés et à quoi sont appelés ceux que le Seigneur veut bien nous confier pour leur proclamer la Bonne Nouvelle du Salut.

 

A la base du mouvement, il y a une VISION qui lui est propre et le spécifie. Cette vision est fondée sur les paroles du Christ:

 

J'ai eu faim et vous m'avez donné à manger;

J'ai eu soif et vous m'avez donné à boire;

J'étais un étranger et vous m'avez recueilli;

Nu et vous m'avez vêtu;

Malade et vous m'avez visité;

En prison et vous êtes venus à moi.

Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits, qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait (Mt 25:35-40)

 

Pour nous, Dieu fait homme dans le Christ Jésus,  le Crucifié Ressuscité, le Mort Vivant, toujours Présent, pour notre salut, dans son Église qu'Il a fondée sur Pierre, est la lumière du monde, la Voie, la Vérité, et la Vie, Le Sauveur unique, le Salut. Il apporte un Feu qui, par sa force, nous purifie en nous faisant sortir de nous-mêmes, et, par sa lumière, nous fait voir et servir le Christ, Dieu, en tout Prochain dans le besoin.

 

Si le Prochain est évidemment tout être humain, il est d'abord la personne proche, réelle, concrète, celle qu'on rencontre et côtoie, et qui peut être ou devenir ennemie.

 

Quant aux besoins, ils peuvent être de divers ordres. Mais, étant donné le caractère spirituel de notre Mouvement, nous nous intéressons surtout aux besoins spirituels.

 

D'un côté, faire  prendre conscience de notre misère, humainement invincible: ignorance radicale sur le Pourquoi, le Sens de l'existence; chaînes extérieures et intérieures, divisions extérieures et intérieures, troubles extérieurs et intérieurs. En somme, état de détresse et d'impuissance accablantes et désespérante.

D'un autre coté, témoigner, et par notre vie et par nos paroles, de la possibilité de sortir, avec la grâce de Dieu, de cet état de misère et d'entrer dans le Salut: La Connaissance; la Liberté extérieure et intérieure; l'Unité intérieure avec Dieu, avec soi et avec les autres, la Paix intérieure totale. En un mot, la réalisation de notre accomplissement dans la joie. Et cela dans l'obéissance de la Foi vécue dans la charité par, dans, et avec le Christ et sa Croix, la Croix de la Résurrection.

 

 

 

 

2.      NOTRE MISSION

 (Également vient du Christ)

 

·          Que votre lumière brille aux yeux des hommes pour qu'en voyant le bien que vous réalisez, ils rendent gloire à votre Père qui est aux cieux. (Mt 5,16)

·          Proclamez: le règne des cieux s'est approché (Mt 10,7)

·          Allez, par le monde entier, proclamer la Bonne Novelle à toute la créature. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé (Mc 16, 15-16)

·          Allez donc: de toutes les nations, faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps (Mt 28,19-20).

 

 

 

2.1         La lumière du Salut, la Lumière de la Bonne Nouvelle dans la Foi,

 

Cette Lumière qui est en nous et qui n'est pas nôtre, est également offerte à tout être humain, Juif ou Grec, homme libre ou esclave, homme ou femme (Gal. 3:28). Et nous avons pour mission d'être les instruments de sa révélation aux autres et de les inviter à la partager avec nous. D'abord par respect pour ce don que nous avons reçu et que nous devons faire fructifier.   Certes, soit par un excès de prudence qui confine à la lâcheté, soit pour éviter tout effort ou tout risque, par peur, par paresse, ou par manque de caractère, nous pouvons pour notre malheur, l'enfuir en nous, le réserver et l'accaparer pour notre communauté.  Alors celle-ci sera réduite à être un milieu sociologique, un groupe sociologique replié sur lui-même; une classe sociale fermée composée de personnes ayant en commun des rites et des coutumes, des mœurs et des intérêts à défendre, à préserver et à maintenir; une caste ou un clan où on naît, où on passe tristement son existence et où on meurt; en un mot, une société close.  Et ainsi, ce don que nous avions cru en notre possession pour nous en délecter et nous en vanter, ce don même nous sera enlevé, comme le talent au mauvais serviteur, paresseux, qui ne l'a pas fait fructifier.

 

Ensuite, notre mission s'impose par le respect que nous devons à nos frères et sœurs encore étrangers à la lumière de la Foi, la lumière du Christ, et auxquels nous devons nous ouvrir pour les aider à s'ouvrir à cette lumière de Vie, la Lumière qui conduit à la Vie.  Pour cela, remplis de l'assurance et du courage du Christ présent en nous,  nous nous devons de leur révéler ce qu'est l'Église: une communauté qui est une communion, où des croyants, venus de tout bord, sont unis dans la même Foi et le rayonnement de cette Foi dans la Charité; une communauté spirituelle qui appelle et attire tout homme à entrer librement dans la Croix du Don de soi et dans la Joie; en un mot, une société ouverte à tout homme et où tout homme, pour se réaliser, souhaite y être pour y vivre et y mourir.

 

 

2.2         La Liberté de Conscience

 

Comme on le sait, l'homme accueille ou non la Foi, d'une façon personnelle, libre et responsable, conformément à la dignité de sa nature raisonnable: il a toujours la possibilité de ne pas l'accueillir, et aucune autorité humaine ne peut lui imposer la Foi ou une idéologie, et ne doit le juger  sur sa Foi ou son idéologie.  C'est cela la liberté de conscience, qui ne doit pas être confondue avec la liberté de culte.  Celle-ci (la liberté de culte),  consiste en ce que le pouvoir politique, l'Etat, reconnaît, respecte et protège, pour les fidèles d'une religion donnée, la faculté de pratiquer cette religion (cultes, rites, pratiques extérieures …), et , de nos jours, cette liberté est généralement reconnue, sauf dans certains pays, peu nombreux.

 

La liberté de conscience implique évidemment la liberté de culte, et aussi beaucoup plus. Ici le pouvoir politique, l'État – dans de justes limites qu'imposent notamment les règles de morale, d'hygiène et de sécurité – reconnaît, respecte et protège, pour toute personne et pour toute communauté de Foi ou d'idéologie, le droit, à l'abri de toute contrainte et de toute entrave:

      

·          De proclamer et de propager par tous les moyens normaux et honnêtes sa Foi, sa religion ou son idéologie.

·          D'adhérer ou non à telle ou telle Foi, religion ou idéologie.

·          D'accueillir ou non n'importe qui dans sa communauté de Foi, de religion ou d'idéologie, quelles que soient la Foi, la religion ou l'idéologie.

·          De changer de Foi, de religion ou d'idéologie.

·          Cette liberté de conscience, qui caractérise l'État de droit fondé sur les libertés et la dignité humaines, sous-entend essentiellement:

·          La distinction des deux domaines, le temporel et le spirituel.

·          La reconnaissance de la compétence de l'État dans le domaine temporel, et de son incompétence dans le domaine spirituel.

·          La non imposition de la Foi, de la religion, de l'idéologie, ou de la pratique religieuse, soit par la force, soit par une pression extérieure de l'État ou même de l'autorité religieuse.

 

Qu'ainsi,  dans le domaine spirituel, le pouvoir politique, se déclarant non pas neutre ou indifférent, mais incompétent, aide à promouvoir et à faire respecter le sens de la Foi Vérité absolue et le sens de la liberté de l'acte de Foi.

Une société vraiment humaine, fondée sur le vrai sens de l'homme personne, est censée s'ouvrir au pluralisme. A l'État d'y reconnaître à toute Foi ou religion (Hindouisme, Bouddhisme, Islam, Judaïsme, Églises et dénominations diverses, Église Catholique …) et à toute idéologie (y compris l'Athéisme), le même droit de proposer sa doctrine, mais jamais de droit de l'imposer. La Vérité ne s'impose que par la force de la Vérité elle-même, qui pénètre l'esprit avec autant de douceur que de puissance.  (Vat II, Déclaration sur la Liberté religieuse, 7 Déc. 1965, paragraphe 1).

 

Qu'ainsi, en dehors de tout concordisme, de tout faux irénisme, de tout faux œcuménisme et de tout prosélytisme déplacé, se crée un climat de véritable émulation spirituelle.

 

Qu'ainsi, on ne se sente pas condamné, par une espèce de fatalité due à des circonstances contingentes – naissance, couleur, caste, milieu social ou national, pays, régime politique, etc. – à suivre telle ou telle Foi, religion, ou idéologie. Dans le domaine spirituel, que chacun donc puisse user de son droit et de son devoir de chercher librement la Vérité de Salut, et, quand il l'a trouvé, de suivre sa conscience. En toute liberté et responsabilité personnelles, il doit, courageusement, épouser la Vérité dont il est devenu convaincu, et, s'il le faut, le proclamer publiquement, au prix de sa vie si nécessaire.

 

Au cours de l'histoire de l'humanité, cette liberté de conscience, qui est le propre de l'homme et le signe de son égale et éminente dignité d'être libre, n'a pas été reconnue et respectée partout et toujours. Il est même arrivé que, dans l'Église Catholique elle-même, qui pourtant l'a toujours proclamée et enseignée, cette liberté de conscience a été violée par un personnel de l'Église victime des préjugés d'une certaines époque et d'un certain milieu, et l'Église a le courage de ne pas le nier ou de le dissimuler, mais de le reconnaître (cf. Vat. II, Déclaration sur la liberté religieuse, déjà citée, paragraphe 12).

 

De nos jours, la liberté de conscience est reconnue, respectée et protégée dans un grand nombre d'États, bien divers par leurs traditions nationales, leurs cultures, leur degrés de développement (presque tous les États de l'Europe occidentale, de l'Amérique du nord et de l'Amérique latine, beaucoup d'États de l'Afrique noires, le Japon, l'Inde, le Liban …). Mais il reste encore des pays, des États, où il y a une simple liberté de culte, où une religion (ou une idéologie) étant imposée, on pratique en fait un véritable génocide spirituel:  La loi y interdit à certaines catégories de prêcher leur Foi ou leur religion à d'autres, et interdit expressément, sous peine de mort, de quitter la religion officiellement déclarée comme religion officielle de l'État et d'embrasser une autre religion ou une autre Foi.

 

Pour nous – MILES -, notre attitude sera fonction de celle du pouvoir politique vis-à-vis de la liberté de conscience.  Là où le pouvoir politique, admettant son incompétence dans l'ordre spirituel, reconnaît, respecte et protège la liberté de conscience, notre premier devoir est d'en être conscient, et de la divulguer.  Ensuite, nous devons en user, proclamant la Vérité du Salut et appelant nos frères à librement l'accueillir et la partager avec nous.   Enfin, il ne faut pas avoir d'illusion: cette liberté essentielle reste fragile, toujours à la merci d'un changement de régime politique: aussi faut-il lutter pour la maintenir et la préserver.

 

Là où le pouvoir politique ne reconnaît pas ses limites, et partant ne reconnaît pas son incompétence sur le plan spirituel, ne respectant et ne reconnaissant pas la liberté de conscience, on doit, non pas enregistrer et accepter le fait qui existe, et se réfugier dans une existence de ghetto limitée à des pratiques rituelles extérieures sans rapport avec la vie, sans rayonnement; au contraire, on doit  lutter par tous les moyens honnêtes pour changer la situation, et cela tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays, alerter l'opinion publique nationale et internationale par les mass médias, etc.

 

Pour la cause sacrée de la liberté de conscience, on ne doit pas se ménager et on ne doit jamais désespérer.   Le Christ, nous le savons,  nous l'a dit: Courage, Moi, j'ai vaincu le monde. (Jn 16:33)

 

***

Le long des siècles, des hommes et des femmes, de tous pays et de toutes conditions, ont préféré le martyr, la mort, plutôt que de suivre ce qu'on leur imposait comme religion ou comme idéologie, et dont leur conscience n'était pas convaincue: ils sont l'honneur de l'humanité. C'est que, pour l'homme vraiment homme, le sens de ses libertés et de sa dignité, … le sens de sa liberté de conscience est plus important que son existence même: plutôt qu'aux hommes, il faut obéir à sa conscience. 

 

***

 

 

3.      NOTRE ACTION

(Notre action est celle du Christ agissant en nous:)

 

·          Je suis la vigne; vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit, parce que, hors de moi, vous ne pouvez rien faire (Jn 15:5)

·          Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, mais c'est moi qui vous ai choisi, et je vous ai établis pour que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. (Jn 15:16)

·          Vous allez recevoir une force, celle de l'Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins … jusqu'aux confins de la terre. (Ac 1:8)

 

Grâce à une spiritualité et à une direction spirituelle propres, notre groupe MILES  (fondé au Liban en 1965), essaie d'approfondir une vie de Foi personnelle et de rayonnement spirituel chez ses membres:

a)               Chaque jour: méditation personnelle (et Eucharistie si possible)

b)             Chaque semaine: réunion d'un noyau, suivie d'une réunion générale, avec Eucharistie, méditation et échanges.

c)                Chaque trimestre: une retraite fermée de 2 jours pleins et en silence

d)               Une bibliothèque de livres et de revues de spiritualité.

 

 

Nous devons travailler à éveiller nos frères:

 

a)               Au sens de l'homme, qui est libre et responsable: une personne.

b)               Au sens de la Foi, qui est réponse et interpellation de Dieu à tout homme au sujet de sens de son existence et de son salut.

c)                Au sens de la liberté de conscience et de l'émulation spirituelle.

 

 

·          La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux (mt 9:37)

 

 

Le travail ne manque pas. Puissions-nous n'être pas trop indignes de notre Vision, de notre Mission et de notre Action, essentiellement spirituelles.

 

 

 

Je vais faire de toi la lumière des nations pour que mon Salut parvienne aux extrémités de la terre

(Is 49:6)


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