Notre voyage à vélo de l'été 2016 : de Mulhouse vers Vienne

Ce petit blog sans prétention est juste là pour partager avec notre famille et nos amis notre périple à vélo de cet été 2016.

Depuis quelques années nous en avions envie et cette année nous nous sommes décidés : faire un bout de voyage à vélo sur l'Eurovélo 6 la piste européenne cyclable qui va de Nantes à la mer noire. En 2012 nous avions déjà fait tous les deux un petit morceau de cette voie avec nos vélos en partant de Nantes le long de la Loire. et en arrivant à Chaufour les Bonnières, chez Blanche et Christian,  après avoir décidé en cours de route de dévier de la route initiale.

avant le départ
Cette année nous avons prévu de partir de Mulhouse en direction de Vienne avec au programme un parcours le long du Rhin et du Danube, traversant la Suisse, l'Allemagne et l'Autriche.

Nous partons tous les deux  en autonomie avec nos vélos. Nous emportons une tente ultralégère, des matelas gonflables de randonnée, ce qui nous permettra de faire la pause quand nous voudrons, mais nous pourrons aussi dormir en chambres d'hôtes ou en hotel selon les disponibilités, la météo et nos envies.

A J-1 nous avons réservé nos billets de train aller et retour pour Mulhouse pour nous et pour nos vélos et un hôtel pour la première étape prévue en Suisse à une cinquantaine de kilomètres de Mulhouse. Les autres hébergements seront choisis en route en fonction du chemin parcouru et de l'intérêt des sites.


Notre voyage démarre le jeudi 11 aout 2016 dans la soirée, par notre départ en train pour Mulhouse et nous rentrerons à Toulouse le 28 Aout.

J0 : le 11 Aout 2016 : le départ de Saint Orens


Guidoline le chat masqué


En début d'après midi, nous accompagnons, notre minette,  Guidoline en pension. Ce n'est pas trop la joie...

















Dans l'après midi nos vélos sont chargés, près à démarrer.



20h00 : départ avec nos vélos chargés de Saint Orens vers la gare de Toulouse.


22h30 : voyage en train de nuit, couchette pour nous, compartiment spécial pour les deux vélos, arrivée à Paris vers 7h00






J1 : le 12 Aout 2016 : arrivée à Mulhouse et début du voyage à vélo : 62 km

7h00 : petite traversée de Paris à vélo pour aller de la gare d'Austerlitz à la gare de l'Est - On a réussi dans les temps  (50 minutes entre nos deux trains) et apprécié les pistes cyclables parisiennes.

7h44 départ en train pour Strasbourg, puis Mulhouse - arrivée comme prévu à 11h44 - dans le train nous avons voyagé avec un couple d'allemands qui venaient de faire l'eurovélo 6 de Donnauschingen, en Allemagne, à Orléans en 2 semaines et qui rentraient chez eux. Nous avons chargé et déchargé nos vélos ensemble sur les quais à Paris et à Strasbourg.

Il y a vraiment du progrès à faire pour aménager les trains pour pouvoir transporter les vélos: peu de place, accès difficiles aussi bien dans le train de nuit que dans les TGV.









Nous avons trouvé l'eurovélo 6 à la sortie de la gare et l'avons suivie, le long du canal du Rhône au Rhin puis du Canal d'Alsace jusqu'à atteindre le Rhin à Bale. Le fléchage est assez bien fait sauf dans Bâle où nous avons parfois eu quelques difficultés, mais le repère du Rhin facilite les choses.
Bon on voit que pour atteindre Budapest il ne faut  que 1180 kms...

Dans la journée nous avons franchi deux "frontières", peu visibles, avec la Suisse à Bâle, puis avec l'Allemagne.













A l'entrée de Bâle nous avons pu voir et franchir la plus grande passerelle pédestre et cyclable d'Europe qui enjambe le Rhin et vu toute l'activité de la ville autour du fleuve : y compris la natation en eaux libres ..

Pour cette nuit nous faisons étape à Herten près de Rheinfelden Baden, rien de bien terrible..









J2 : le 13 Aout 2016 : de Herten à Hohentengen  : 78 km



Belle journée sous le soleil, le long du Rhin.

La piste cyclable nous emmène parfois au bord du fleuve voir des espaces naturels protégés, des petits jardins bien soignés ou les espaces de loisir (de super piscines collectives en milieu naturel). Dans les villages, pour éviter les grosses route la piste nous fait traverser les zones résidentielles. Elle nous amène aussi parfois dans les zones industrielles et  dans la campagne où le mais est présent et bien arrosé.


Aujourd'hui la piste n'est pas si plate que ça. Quand on s'éloigne du Rhin il y a quelques montées dont certaines difficiles même avec le petit plateau. Elle est aussi pas toujours très goudronnée. Nous avons rencontré des pavés dans certains villages et de la terre battue sur les chemins.



A Bad Sackingen nous avons découvert un magnifique pont couvert décoré de géraniums et le marché sur une belle place aux maisons colorées.









Un autre très beau village, Laufenburg installé de part et d'autre du fleuve.











Nous avons déjeuné tard,  à l'ombre  d'un pommier, où Corinne a pu faire sa sieste pendant que Michel ramassait des mures.







En fin d'étape, prévue à Hohentengen, nous avons pensé un moment qu'il allait falloir planter la tente faute d'avoir trouvé mieux, et après un petit retour en arrière nous trouvé une superbe auberge et bien locale, au calme et qui accueille beaucoup de couples de cyclos, tous bien chargés.



J3 : le 14 Aout 2016 : de Hohentengen à  Gaienhofen : 57 km




Encore une  belle journée .
Nous avons roulé sous le soleil et découvert la campagne avec de beaux villages avec des maisons colorées à colombages. Vignes, champs de mais et de betteraves, pommiers,  plantations de fleurs (glaïeuls) bordent la route. Et en ce dimanche matin nous avons été accompagnés par les cloches
qui carillonnent dans les vallées. On a vu les vignes mais on n'a pas encore gouté le vin, on en reste à la boisson traditionnelle, la bière, servie à minima au 1/2 litre !
 
Dans la journée nous avons franchi de nombreuses fois les frontières Suisse-Allemagne et ce soir nous dormons en Allemagne au bord du lac de Konstanz.


Nous avons remonté le Rhin jusqu'à ses chutes, à Neuhausen, puis jusqu'au lac qui lui donne naissance.Les chutes sont un lieu touristique très fréquenté. En amont des chutes tout le monde s'amuse dans le Rhin malgré le courant important : les gens sautent des ponts, se laissent emporter par le courant à la nage et remontent à pied, remontent en barques ou bateaux pneumatiques puis laissent les bateaux redescendre le courant. Les bords du Rhin sont aménagés comme des plages en herbe, très fréquentées par les familles.


Stein am Main est aussi très touristique. Après une rue pavée, nous découvrons une place entourée de maisons décorées de fresques murales.

Ce soir, après une journée riche en découvertes, mais fatigante par ses nombreuses montées, nous logeons dans une auberge, où nous avons dégusté les poissons locaux et un apfel struddel.











J4 : le 15 Aout 2016 : de  Gaienhofen à Fridingen an der Donau: 75 km






Nous quittons l'auberge après un petit déjeuner copieux (avec, entre autres un Muesli maison avec du yoghourt, des pommes râpées et des raisins). Nous allons devoir franchir du dénivelé pour passer du Rhin au début du Danube, qui est situé au dessus du lac de Konstanz. Nous sommes contents d'avoir pu dormir à l'auberge, car il y a eu une pluie violente à 6h du matin. Toute la journée nous avons échappé à la pluie et sommes passés derrière elle, ce qui a pu nous apporter la fraicheur nécessaire pour les efforts.

Nous longeons le lac, sans vraiment le voir jusqu'à Radofzell am Bodensee, situé à son extrémité nord. Là enfin nous pouvons avoir une vue un peu plus large et découvrir aussi les nombreux cygnes qui l'animent.



A partir de Radolfzell, le dénivelé de la piste est devenu plus problématique. De nombreux raidilllons (plus de 15 %), qui cassent les jambes, pour monter sur une colline puis la redescendre. Nous rencontrons peu de familles à vélo sur cette partie du parcours et on comprend bien pourquoi.
Nous nous arrêtons pour pique niquer au milieu d'une de ces montées. après Orsingen. Mais le lieu est occupé par des abeilles et nous faisons bien vite pour leur laisser la place.

A partir de Eigeltingen, la piste s'élève au milieu de la forêt et nous franchissons progressivement les montagnes environnantes. Par rapport aux montées du matin, c'est plus facile. Nous nous laissons ensuite glisser vers Tuttlingen, où nous rencontrons le Danube, étroit à ce niveau, que nous allons redescendre pendant toute la suite de ce voyage.


Nous arrivons à l'auberge, contents et fatigués, et impatients de prendre une bonne douche. L'étape va nous permettre de nous reposer. Nous avons, avant de nous coucher, personnalisé la déco de la chambre en suspendant à tous les lustres et porte manteaux les vêtements du jour, lavés à la main, comme tous les soirs.


J5 : le 16 Aout 2016 : de Fridingen an der Donau à Rietlingen: 74 km


Nous prenons la route un peu plus tôt que les autres jours et découvrons le Danube sous la brume matinale. Aujourd'hui, nous verrons souvent le ciel couvert de gros nuages et entendrons le tonnerre, mais sans jamais être inquiétés par la pluie.
Si le Danube descend, la piste qui suit ses méandres, présente jusqu'à Sigmaringen  de fortes montées. Le Danube a creusé des petites gorges et nous sommes entourés de falaises boisées. Le paysage est magnifique. Des châteaux sont perchés sur les promontoires rocheux et dominent les vallées. Nous ne cherchons pas à nous en approcher et nous les apprécions bien de loin.


Sur le parcours il y a d'autres couples de cyclos  ou familles (parfois 3 générations, avec des campements et des chargements impressionnants,  souvent père et fils comme Julien a pu le faire avec Michel) que nous retrouvons plusieurs fois sur le chemin au grès des différents arrêts. Certains ont des vélos électriques et nous doublent comme des fusées dans les montées... 
A midi, nous profitons de la pause pour déjeuner sous abris à Sigmaringen et laisser passer l'orage. Nous avons réservé une chambre pour le soir en passant par le syndicat d'initiative où une dame très gentille et très efficace nous a trouvé une auberge.et a fait la réservation gratuitement pour nous.

 Après Sigmaringen le paysage change complétement et devient agricole (mais et tournesol) et la piste est plate, avec de bonnes parties non revêtues. C'est moins beau mais plus facile ...

En fin de journée nous avons fait la course avec les nuages pour arriver avant la pluie à Rietlingen. Nous avons été accueillis par de grandes cigognes colorées, toutes différentes, qui décorent  la ville. Elle ne ressemble pas vraiment à celles que nous avons vues dans la nature hier près du lac mais donnent un côté chaleureux.

Et comme nous sommes arrivés tôt nous avons eu le temps de faire, avant le diner un tour à pied  pour voir de plus près ses grandes maisons moyenâgeuses, Rietlingen étant un des seuls villages de la région qui n'a pas été détruit par la guerre. Rietlingen est appelée ici "la perle du Danube".






J6 : le 17 Aout 2016 : de Rietlingen à Ulm: 71 km





Cette journée a débuté par des rencontres avec les cigognes, dans leur nid au dessus d'une maison à Zell, puis dans un champ sur le bord de la piste. Dans la matinée nous avons encore eu droit à quelques montées raides, dont une affichée à 20% ! Mais dans cette partie du parcours nous avons le plaisir de trouver en haut de chacune de ces montées une belle vue et une zone de repos organisée pour les cyclos. Par exemple, en haut de la route à 20%, un abri avec table chaises, coussins, lecture et des serviettes de toilette à disposition...










En haut d'une autre montée, des banquettes à bascule en bois, avec une vue magnifique sur la vallée du Danube. Nous y faisons une halte et y
retrouvons des voyageurs rencontrés plusieurs fois depuis la veille.

Après le pique nique, nous allons prendre un café sur la très grande place du village de Ehlingen, avec des sculptures originales. Nous avons particulièrement apprécié l'arroseur dans la  fontaine. Sa photo est dédiée à Gérard.


Là encore l'office du tourisme a été très efficace et nous a réservé notre chambre pour l'étape du soir.

Nous arrivons à Ulm par des pistes très agréables longeant le Danube. Ulm est une très belle ville avec un bord de Danube qui allie urbanité et nature, des remparts qui entourent la vieille ville, pavée où des bâtiments ultramodernes cohabitent avec des maisons anciennes à colombage ou décorées de fresques. C'est le jour de la fête du vin dans la rue à côté de la cathédrale, où nous logeons.












J7 : le 18 Aout 2016 : de Ulm à Hochstädt: 67 km                              





Nous quittons les rues d'Ulm par la piste au bord du Danube après avoir franchi les remparts. Le bord du Danube est aménagé en parc, avec de grands espaces verts, des bancs, des jeux pour les enfants.

Petite curiosité, à la sortie de cette zone on tombe sur une "reconstitution" de Paris, qui doit être une attraction commerciale.
Ensuite, nous traversons des zones humides et nous roulons sur des sentiers stabilisés, peu roulants,  dans de beaux sous bois. Là, arrêt interdit sous peine de se faire dévorer par les moustiques qui semblent apprécier les voyageurs...

Aujourd'hui le parcours normal est assez plat, sauf quand on s'éloigne pour aller visiter un village. Par exemple nous sommes allés ravitailler pour le pique nique au village de Güntzburg, perché sur une colline qui domine le fleuve. La petite montée est largement compensée par la vitrine de la boulangerie, que nous ne nous sommes pas contentés de regarder....

Nous traversons de beaux villages dont la place centrale, la Markplatz, pavée, située au point haut du village, est entourée de belles maisons colorées. Parfois une porte marque l'entrée de la ville, comme à Dillingen . 
















Dans un de ces villages, à Gundelfingen, nous faisons une pause gourmande, tout en nous occupant de la réservation de l'hébergement du soir.

Enfin notre chemin, le long du Danube et de ses rives fleuries, nous conduit à l'étape du soir à Höchstädt.



J8 : le 19 Aout 2016 : de Höchstädt à Regensburg : 3 km à vélo et 170 en train




Aujourd'hui, après 7 jours de vélo,  c'est repos pour nos jambes. Pour espérer atteindre Vienne dans les jours qui nous restent et pour pouvoir rouler dans la partie autrichienne réputée très jolie, nous avons décidé de profiter de ce jour de repos pour nous avancer en train jusqu'à Regensburg. Nous rencontrons un cyclo de Barcelone qui arrive en solitaire depuis Nantes avec ses bagages dans une remorque, et qui a fait le même choix que nous. Lui aussi va à Vienne, peut-être le retrouverons nous en chemin...
Ceci nous a donné l'occasion de tester les gares et le transport de vélos et en Allemagne. Dans tous les trains régionaux il y a des compartiments pour les vélos, mais visiblement sous-dimensionnés par rapport à l'utilisation massive du transport vélo+ train par les voyageurs mais aussi par les locaux.
Dans les gares des villes il y a des ascenseurs permettant de transporter 2 vélos avec leur chargement et de passer facilement d'un quai à un autre. Merci ! on voudrait les mêmes en France.
Nous arrivons à Regensburg en début d'après midi et y passons l'après midi à flâner dans les rues après avoir déposé bagages et vélos à l'hôtel.

Regensburg (ou Ratisbone, son nom celtique)  est depuis peu classée héritage mondial UNESCO et est très visitée. Un pont de pierre du 12 ème siècle de 330 mètres de long y traverse le Danube. Il est actuellement en travaux et peu photogénique. Les ruelles pavées et les nombreuses places sont très animées, le nombre de vélos impressionnant.





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Depuis Ulm nous sommes en Bavière et à Regensburg, nous avons hésité à nous procurer la tenue locale, proposée dans de nombreuses boutiques, mais nous n'avions pas la place dans les sacoches.




Pour suivre les pratiques locales nous avons pris un "petit" gouter dans un "café" qui proposait des petites pâtisseries alléchantes. La forêt noire n'a rien à voir avec celle qu'on connaissait...





 


J9 : le 20 Aout 2016 : de Regensburg à Deggendorf: 88 km





Nous quittons Regensburg pour une longue étape et sommes aidés pour trouver notre chemin par un monsieur à vélo électrique qui s'est spontanément proposé pour nous accompagner. Nous avons fait 2 ou 3 kms ensemble et il nous a laissé quand il a été sur que nous ne risquions plus de nous tromper.
Toute la journée nous suivons des pistes bien plates, presque toutes goudronnées, et en grande partie le long du Danube. Seule difficulté un petit vent contraire, mais qui nous rafraichit. Du coup nous avançons bien.

Nous déjeunons à Staubing, jolie ville avec sa très grande place pavée, complétement piétonnière et cycliste, ses tours, ses clochers, et ses maisons colorées. Et surtout c'est la grande animation, avec une gigantesque fête foraine à l'entrée de la ville. Les habitants, de tous âges, s'y rendent et flânent dans la ville en tenue traditionnelle de Bavière, comme nous les avions vus dans les magasins hier à Regensburg. Jupe et bustier pour les femmes et short en cuir avec bretelles et chemise à carreaux pour les hommes.

L'après midi, nous longeons le Danube qui commence à devenir large et permet la navigation de grandes péniches et de petits bateaux de croisière. Nous voyons quelques rares baigneurs. Dans l'ensemble les rives restent assez sauvages avec pas mal de canards et de poules d'eau. Un grand contraste avec le Rhin, beaucoup plus aménagé et utilisé pour la baignade et les loisirs...

Ce soir nous faisons étape à Deggendorf dans une gasthaus, où nous retrouvons beaucoup de cyclistes rencontrés sur la piste. Après le diner nous avons fait une promenade dans la ville et nous sommes relaxés sur une grande banquette colorée mise à disposition sur la place. C'est le pied !











J10 : le 21 Aout 2016 : de Deggendorf à Erlau: 77 km






La journée a été sous le signe de la pluie, qui a commencé hier soir juste après notre arrivée, qui s'est poursuivie dans la nuit. Toute la matinée nous avons été dans une petite bruine avec quelques petites gouttes pas désagréables. En milieu d'après midi nous avons pris un orage mais court. Nous avons eu la chance de  trouver un abri juste à temps pour éviter la douche. La pluie ne nous a vraiment rattrapés que sur les 5 derniers kms.

Quand nous nous sommes arrêtés dans la matinée au bord du Danube pour protéger les sacoches en les enveloppant dans les housses rouges, nous avons vu qu'il nous fallait traverser le fleuve avec un bac. Nous voici donc partis sur le Danube avec nos vélos pour une traversée ultrarapide

Dans la matinée, en ce dimanche, dans les villages et villes traversés tout était fermé et désert.
Par contre, arrivés à Vilshofen nous avons découvert une grande animation : c'était jour de fête avec un défilé un peu entre le corso de Cavaillon et le carnaval de Limoux. Fanfares, groupes représentant les différents métiers et activités et tous les clubs et associations de la ville ont défilé dans une ambiance joyeuse. Du coup nous avons pris un bon moment de pause pour profiter du spectacle.




L'autre évènement de la journée, c'est le passage à Passau, lieu de la confluence du Danube, de l'Inn et de l'Ilz. A partir de Passau le Danube prend plus d'ampleur et il va faire frontière entre l'Allemagne au Nord et l'Autriche au Sud, sur une certaine distance. Passau était un peu désert à notre arrivée à cause de l'orage, mais contrairement aux escargots, les touristes sont revenus dès que la pluie a cessé. Passau est une très belle ville, célèbre par sa cathédrale, de style baroque, qui nous a impressionnés par la blancheur de ses façades.  




Nous avons suivi le Danube encore une dizaine de kilomètres pour arriver à notre auberge, au calme, dans un petit village. L'auberge a été complétement inondée en juin 2013, comme Passau, lors des grandes crues du Danube.

J11 : le 22 Aout 2016 : de Erlau à Linz (Autriche) : 80 km

Une très belle promenade dans la nature au plus près du Danube aujourd'hui. Un des plus beaux paysages depuis notre départ.




Nous avons traversé peu de villages, et avons longé le Danube pendant une grande partie du chemin. Depuis Passau le Danube est encadré par des collines recouvertes de forêts, ce qui limite sa largeur et donne de la beauté au site. Nous traversons aussi des prairies fleuries et rencontré des cygnes, en famille, et beaucoup de canards. A partir de Feldkirchen, les collines et les forêts laissent place à une plaine plus large avec des cultures (maïs surtout).

Nous avons roulé toute la journée sur une piste revêtue, plate et avec un petit vent dans le dos. Facile, donc !



Ce matin, après être partis au Nord du Danube, donc du côté allemand, à partir de Jochenstein nous sommes entrés en Autriche.
A deux occasions la piste s'est arrêtée au bord de l'eau. Nous avons alors pris, avec d'autres cyclos, un "ferry" qui nous a conduit quelques kilomètres plus loin pour retrouver la piste.

Le point noir de la journée a été l'arrivée à Linz, où nous avons pendant une dizaine de kilomètres emprunté une piste (en toute sécurité donc) qui longeait une route à grande circulation. Après avoir vu peu de voitures jusque là, le contraste a été brutal.
Ce soir nous faisons étape à Linz, grande ville autrichienne, traversée par des trams, et où la place du vélo n'est pas facile à trouver dans les rues.


J12 : le 23 Aout 2016 : de Linz à Grein : 76 km

Maintenant nous sommes surs de pouvoir atteindre Vienne, et nous prévoyons d’y arriver jeudi soir et d’y passer la journée de vendredi avant de prendre notre train pour Bale samedi soir. Nous décidons donc d’aller à la gare de Linz pour réserver les billets.

Mais, mauvaise surprise, il y a bien de la place pour nous sur un train samedi matin, mais pas pour nos vélos. Le guichetier de la compagnie OBB nous propose de partir sans eux ! Sinon la seule possibilité pour arriver avec nos vélos à temps à Bale est de prendre un train de nuit, mercredi soir (demain, le 24). Tous les autres trains jusqu’à samedi ont leurs compartiments vélos complets.

Bien sûr nous choisissons de ramener nos vélos et abandonnons l’idée d’aller à Vienne, ce qui n’est plus possible avec ces jours en moins.

Nous allons aujourd’hui et demain continuer la route en direction de Vienne et mercredi après-midi nous reviendrons prendre le train de nuit pour Bale. Du coup nous aurons 3 jours à Bale…

Sinon, aujourd’hui, grand bleu et petit vent dans le dos, sur un terrain plat, ce qui nous amène jusqu’à Grein, après avoir fait un petit détour pour aller visiter Enns et voir son château et sa Marktplatz de plus près.  Nous y avons déjeuné.







Parfois la piste surplombe le Danube et parfois passe dans la campagne, où en plus du maïs nous voyons des betteraves à sucre (la réserve sucrière de l’Autriche, comme indiqué par les panneaux) et des pommiers, la région étant célèbre pour son cidre.


Si ici les gens ne se baignent pas comme dans le Rhin, nombreux d’entre eux, de tous âges pratiquent l’aviron.









Ce soir nous arrivons à Grein, qui a le théâtre le plus ancien en fonction d’Autriche et une promenade au bord du Danube avec une exposition de chaises.  C’est une étape classique sur l’Eurovélo6, ce qui fait que les hôtels sont bien remplis de cyclistes, reconnaissables le soir à leurs sandales et leur nez rouge.










J13 : le 24 Aout 2016 : de Grein à Melk : 50 km

Aujourd'hui nous continuons à suivre le Danube vers Vienne sachant que nous devons prendre un train à Linz dans la soirée. Nous avons vu qu'il est possible de rentrer sur Linz dans l'après midi depuis Melk (à 120 km de Vienne) par un train régional prenant les vélos. Melk sera donc notre point le plus à l'Est sur l'Eurovélo 6.

Le matin nous avons pris un bac de Grein pour passer sur la rive sud, réputée plus agréable pour rouler à vélo. Ceci nous a donné l'occasion d'avoir une belle vue sur Grein depuis le milieu du fleuve. Dès le départ le soleil est présent et nous apprécions la fraicheur lors des passages en forêt .

Là-encore le Danube est encadré par des collines boisées et nous roulons au bord de l'eau. Des villages sont perchés sur les collines avec leurs églises visibles de loin. La piste est très fréquentée par des cyclistes, certains en groupes organisés.

Nous sommes passés à Ybbs, puis avons rejoint Pochlard où nous avons testé la Flammeküeche à l'ombre, sur la place du village.





Melk est notre point le plus à l'Est sur l'Eurovélo 6 et marque la fin
de ce voyage à vélo.

Nous arrivons à Melk en début d'après midi. C'est une petite ville animée, qui marque le début de la vallée de la Wachau. Elle est surplombée par un magnifique édifice (une abbaye bénédictine) jaune, qui a inspiré Umberto Ecco pour son fameux "Nom de la rose".

Des rues pavées traversent la vieille ville où l'on trouve des petites boutiques de produits régionaux (liqueur d'abricot, coucous, tenues régionales ...).





Après un petit tour, nous prenons le train pour Linz, où nous avons le temps de découvrir un des quartiers culturels branché de la ville, qui nous avait échappé lors de notre première visite. Nous allons passer cette nuit dans le train de nuit pour Zurich, avant de rejoindre Bâle demain matin.










J14 : le 25 Aout 2016 : le retour en train
Arrivés à Bale en milieu de matinée, après un changement à Zurich (toujours agréable avec les vélos chargés), nous ne sommes pas emballés à l'idée d'y passer 3 jours et décidons de changer nos billets de train  (heureusement échangeables et remboursables) pour rentrer à Toulouse dès que possible. A la gare de Bale cet échange n'est pas possible car la compagnie de train suisse ne peut pas réserver le transport vélo sur le réseau SNCF. Nous prenons un train pour Mulhouse pour regagner la France afin de traiter directement avec la SNCF. Curiosité : dans la gare de Bale pour prendre les billets pour Mulhouse, il faut aller dans la zone "France" sur une machine spécifique et passer la frontière pour le train sur des quais différents des quais suisses situés à quelques mètres derrière une barrière. La "zone France" semble ne pas avoir évolué depuis au moins 50 ans. Entre ça et le franc suisse, on sent bien que ce pays ne fait pas partie de l'Europe et complique les choses.

Heureusement à Mulhouse notre demande est traitée par "Caroline", de la SNCF (vive le service public français !), qui avec beaucoup de persévérance et de patience réussit à trouver des billets pour faire le trajet Mulhouse-Toulouse avec nos vélos, avec un départ en début d'après-midi. La contrainte "vélo" rend la navigation dans le logiciel compliquée. 

Bref, nous quittons Mulhouse à 14h00 par un TGV, direction Montpellier où nous avons 2 heures d'attentes avant de prendre le seul TGV du jour prenant les vélos pour Toulouse.    

Nous arrivons à la gare vers minuit. Pas d'ascenseur pour quitter le quai et rejoindre le passage souterrain, alors que dans toutes les autres gares fréquentées pendant ce voyage (France, Suisse, Allemagne, Autriche) nous avons pu en utiliser et y mettre un ou les deux vélos chargés.
Et pour finir, une petite nocturne à minuit, pour rejoindre la maison...




Au final, nous avons voyagé de Mulhouse à Melk (Autriche), et parcouru près de 900 km à vélo en longeant le Rhin jusqu'à sa source, puis le Danube. C'était un beau voyage, avec une grande variété de paysages. En Allemagne nous avons apprécié les centre-villes sans voitures, aménagés pour les piétons et cyclos, ce qui donne une ambiance très détendue. Nous avons fait quelques rencontres, assisté à des fêtes locales et avons apprécié l'accueil et la disponibilité des habitants dans la partie allemande du parcours, surtout en Bavière.

Pour la communication, l'idéal aurait été d'être capable de parler allemand. Heureusement nous le comprenions un peu ce qui a facilité les choses. Nous avons pu assurer la communication logistique en anglais (notamment dans les offices du tourisme et les gares), mais l'anglais n'est pas couramment utilisé par les personnes que nous avons croisées. Quant au français, nous avons au total rencontré 2 personnes qui l'ont utilisé avec nous.

L'avantage de suivre l'Eurovélo 6 est que la route est indiquée et que nous avons toujours pu circuler en sécurité à l'écart des voitures. Les pistes, goudronnées ou pas sont en bon état. Michel avait des pneus de 28, ce qui est insuffisant pour les passages non goudronnés. Le 32 de Corinne semble plus adapté. Nous avons eu un seul "incident" mécanique, avec un remplacement de chambre à air sur la roue arrière du vélo de Michel.

Nous avions pris la tente par sécurité, mais sur cette partie de l'Eurovélo et à cette période de fin d'été nous avons toujours trouvé à nous loger au jour le jour, sans grande difficulté.
Ce voyage nous a donné envie de repartir, lors de prochaines vacances, et pourquoi pas finir l'Eurovélo 6 jusqu'à la mer noire.




 









 

 











 


 






  

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