patrimoine


Petit historique de la notion de patrimoine et de son utilité pour Méobecq

La notion de patrimoine est au départ un principe juridique issu du latin patrimonium qui signifie héritage du père. Le terme apparaît au XIIe siècle ; que l'on pense au Patrimoine de Saint Pierre, une partie du domaine que le pape possède en Italie. Le XIIe siècle correspond aussi à l'essor de l'abbaye de Méobecq, en témoigne la bulle du pape Alexandre III (Ferentino, 11 janvier 1174) par laquelle le pontife prend sous sa protection le monastère de Méobecq et confirme toutes ses possessions (autrement dit son patrimoine) ; en témoignent également l'ensemble abbatial et les riches peintures murales qui datent du XIIe siècle.

Il faut attendre la Révolution française et l'abbé Grégoire pour voir évoluer la notion qui prend alors un sens républicain. Ainsi, l'abbé révolutionnaire affirme dans un rapport à la Convention nationale que « le respect public entoure particulièrement les objets nationaux qui, n'étant à personne, sont la propriété de tous (...) Tous les monuments de sciences et d'arts sont recommandés à la surveillance de tous les bons citoyens. » Cette question du patrimoine n'est pourtant pas au coeur des préoccupations des Français, en général, et des Méobecquois, en particulier, de la fin du XVIIIe siècle. En effet, grâce à l'analyse réalisée par Tigrane Davin du Cahier de doléances de Méobecq (1789), il apparaît clairement que les sujets, futurs citoyens, sont fatigués des privilèges (droit de chasse et autres banalités), des impôts injustes (la gabelle en est le symbole) et du manque de considération du monarque pour la santé de ses sujets méobecquois.

Ainsi, nos ancêtres ont pendant longtemps ignoré le patrimoine dans le sens de la préservation de l'héritage architectural, artistique et culturel. Par conséquent, nos villages sont de véritables palimpsestes : il ne reste aucun vestige intact d'une période précise mais une superposition d'éléments hétérogènes. Une fois de plus l'église de Méobecq constitue un bon exemple : des chapiteaux et des fresques du XIIe siècle côtoient une statue en bois de la Vierge du XVe siècle, une charpente du XVIIe siècle, des vitraux du XIXe siècle et enfin une plaque commémorative de la Grande Guerre... La liste est loin d'être close. Cette juxtaposition n'est rien d'autre que le résultat des changements des goûts architecturaux et artistiques (les fresques ont plusieurs fois été recouvertes par d'autres peintures ou badigeons), des guerres (en 1569, l'armée de Condé met le feu à la charpente), des aléas climatiques (en 1659, lors d'un ouragan, la flèche, la tour, le beffroi avec ses trois cloches s'effondrent) ou tout simplement de l'usure du temps... Au point que la fameuse phrase « tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière » (Gn, 3,19) s'applique malheureusement à certains vestiges de notre abbaye bénédictine.

La sauvegarde du patrimoine ne devient une mission légitime et une préoccupation civique qu'avec la naissance des monuments historiques (1830) et le lancement de campagnes de restauration. Ainsi, c'est lors des premières restaurations de l'architecte Dauvergne (1859) que l'on découvre les fresques du XIIe siècle qui étaient recouvertes d'un badigeon. Aujourd'hui, la politique publique du patrimoine est clairement définie et « a pour triple objectif de préserver, c’est-à-dire conserver, entretenir, restaurer et transmettre, de gérer et de valoriser par l’ouverture au public, l’animation, la diffusion, pour répondre à des enjeux d’ordre culturel, économique, touristique, pédagogique et social. (vie publique.fr) Depuis 2002, notre association contribue également, à sa façon, à la préservation du patrimoine local.

G. Gaudin


Projet de rénovation et de réhabilitation des bâtiments abbatiaux mené par la Communauté de Communes

"  La Communauté de Communes Val de l'Indre - Brenne a pour objectif de dynamiser et revivifier le tissus urbain des communes. Au vu de l'étude préliminaire commanditée pour elle par le Parc, elle a acquis une première partie des anciens bâtiments monastiques en septembre 2002. D'autres acquisitions sont en cours."

Création d'un centre culturel

"Les espaces les plus nobles de l'ancien prieuré sont pressentis pour abriter un espace culturel et du patrimoine. Il s'agirait de créer une structure accueillante, agréable et pédagogique, ouverte sur la création artisanale et artistique locale, les animations ponctuelles et rappelant l'existence de l'abbaye pendant presque un millénaire."

La suite sur le site de la Communauté de Communes

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