L'or du Klondike

Welcome Home

publié le 13 août 2019 à 09:04 par Stéphane Quentin   [ mis à jour : 13 août 2019 à 09:06 ]

Visite de l'intérieur

Enfin propre

publié le 28 juil. 2019 à 12:05 par Stéphane Quentin   [ mis à jour : 28 juil. 2019 à 12:05 ]

C'est fait, on a enfin trouvé le chemin du lave-auto!

Enfin propre...

Du Nord au Sud 3 – À nous l'Alaska

publié le 22 juil. 2019 à 13:59 par Mélanie Bernard   [ mis à jour le·22 juil. 2019 à 17:22 par Stéphane Quentin ]

Le lendemain, on lève le camp vite fait. Ou plutôt, on se fait chasser par ces maudites bestioles ailées (vous devez en avoir marre, alors promis, j'arrête d'en parler). Aujourd'hui, on doit se rendre à la frontière de la Colombie-Britannique pour dormir au dernier camping territorial et nous rapprocher du sentier de randonnée Samuel Glacier. Pas grand-chose d'intéressant, le plus gros événement de la journée étant que nous avons appris qu'à Haines Junction, il n'y a pas de lave-auto. Impossible de rendre Étienne à peu près présentable. On s'en occupera au prochain arrêt. En attendant, on va marcher! Une vingtaine de kilomètres aller-retour pour une magnifique vue : ça valait la peine.


Après une bière de récompense en plein milieu d'un parking en bitume sans arbres et en plein vent (je ne dis pas pourquoi, vous avez compris), direction Haines et l'Alaska. Ça faisait longtemps que nous voulions aller à Haines. Nous y avions bien passé une journée en août dernier, mais un dimanche et sans voiture, notre passage avait été plutôt frustrant. Cette fois, nous avons tout ce qu'il faut pour en profiter!

Nous commençons par chercher des douches. Après avoir marché 20 km dans une chaleur torride, il nous faut bien ça. Surtout que la douche n'a pas été notre activité principale depuis le début des vacances : une en sept jours, il fallait y passer. Une fois n'est pas coutume, nous campons dans un RV park, ou camping plus ou moins réservé aux camping-cars, donc pas d'emplacement délimité, du gravier au sol, un parking de supermarché, quoi. Sauf que dans ces trucs-là, il y a des douches et des toilettes avec de l'eau. Et puis nous ne sommes pas si mal tombés, nous avons vue sur la mer. Et comme les gens qui campent en gros VR ont tout le luxe à l'intérieur, ils restent dans leur véhicule, c'est super calme, et on peut profiter du paysage en toute tranquillité. En plus, il fait beau et chaud : le bonheur!

Camping avec vue sur la mer

Le lendemain, nous partons à l'assaut de l'office de tourisme. Notre plan est de passer quelques jours à Haines, puis de prendre un traversier jusqu'à Juneau, la capitale, deux jours plus tard. On nous indique le camping d'état et le terminal maritime, où nous nous arrêtons en passant pour réserver nos billets. Et là, problème : le traversier que nous pensions prendre le surlendemain est plein. Il y en a un qui part aujourd'hui, mais il est plein aussi. Et pour le retour, ceux qui ne sont pas pleins ne nous permettront pas de passer suffisamment de temps en ville si nous partons avec le prochain sur lequel il reste de la place. Si nous n'allons pas à Juneau, nous perdrons la fin des vacances, car les distances ne sont pas suffisantes pour faire grand-chose aux alentours en si peu de temps. Alors on change les plans : on se met sur la liste d'attente pour partir aujourd'hui (septièmes, ça peut marcher) et réservons le retour à une date qui nous convient, le 4 juillet – fête nationale des États-Unis. Nous aurons ainsi suffisamment de temps pour profiter de la capitale et des environs, et passerons du temps à Haines au retour.

Nous avons de la chance, ça fonctionne. C'est parti pour 4 h 30 de traversée. Nous arrivons en fin d'après-midi et nous rendons directement au camping. Et là, on hallucine. Les États-Unis sont vraiment surprenants. On y trouve les deux extrêmes, le pire et le meilleur. On peut croiser des gens avec un fusil dans leur voiture, et pour autant, pour 12 $, on campe sur un grand emplacement boisé mais pas trop, avec des douches et de l'eau courante et potable. Pour ce prix-là, au Yukon, c'est toilettes sèches et tu fais bouillir ton eau... Le seul truc, c'est que les Américains sont au top de la technologie, et dans les camping fédéraux, il faut réserver à l'avance par Internet, ou par téléphone. Nous, on est tout sauf à la pointe de la technologie, on ne savait pas qu'il fallait réserver, on n'a pas de téléphone, et pas plus Internet. Et pas moyen de payer en liquide. Mais la dame du camping est vraiment très gentille et nous laisse nous installer sur un emplacement en nous disant qu'un ranger viendra demain pour la réservation. Le lendemain, comme promis, on vient nous voir pour nous prêter un téléphone et nous permettre de réserver pour les trois nuits suivantes. Une fois ce petit détail réglé, nous pouvons nous rendre compte de ce qui nous entoure : le camping donne directement sur le plus gros glacier de la région : le glacier Mendenhall. On ne le savait même pas. Le paysage est saisissant. Nous prévoyons marcher demain sur un sentier qui le longe par le côté ouest, d'où nous pourrons probablement profiter de la vue. Et c'est le cas. Après une montée de 5 km, nous atteignons un point de vue magnifique. On retrouve un peu les émotions ressenties en Amérique du Sud.


Les deux jours qui ont suivi ont été plutôt tranquilles : une journée citadine (on a cherché un lave-auto, en vain) pour changer, et une journée kayak le matin/marche de l'autre côté du glacier l'après-midi. Il est déjà temps de repartir : on prend le traversier à 7 h le lendemain, et il faut être au terminal à 5 h. La nuit sera courte.


Retour à Haines en fin de matinée : nous allons directement au camping du lac Chilkoot. Le lac – et surtout la rivière du même nom – est connu pour la présence de grizzlis à la fin de l'été. Ils viennent y pêcher lorsque les saumons remontent pour frayer. C'est un peu tôt dans la saison, mais on nous a dit que quelques-un s'étaient déjà montrés. On croise les doigts... En attendant, on trouve un emplacement et là, génial, on peut payer sur place. Manque de bol : ils n'acceptent que le liquide. Bons nord-américains que nous sommes, nous n'avons jamais de liquide sur nous, on paye tout par carte. Et encore moins des dollars américains. Alors c'est reparti, nous allons voir la personne qui s'occupe du camping pour lui dire qu'on ne peut pas payer et qu'on reviendra plus tard avec l'argent. Pas de problème! Direction la ville pour faire un peu de tourisme et retirer des dollars. D'abord le tourisme. Stéphane veut absolument acheter le whisky fabriqué sur place, ce qu'il n'avait pas pu faire l'an dernier : c'était fermé. Nous tentons donc notre chance et nous rendons sur les lieux. C'est ouvert! On n'y comprend rien, c'est le 4 juillet, fête nationale et jour férié, et tout est ouvert. Comme quoi, avec les Américains, il faut s'attendre à tout. Bref. Donc, on trouve la distillerie, Stéphane fait ses emplettes (sans goûter au préalable, la vendeuse le félicite...). Espérons qu'il ne sera pas déçu. Après cela, nous n'avons plus grand-chose à faire, alors nous allons prendre un café et décidons d'aller marcher jusqu'à la plage sur le sentier que nous avions découvert l'été dernier pour terminer l'après-midi. Après une petite baignade enfumée, nous repartons pour le camping pour la soirée. En chemin, nous faisons une bien belle rencontre. Heureusement que Stéphane a l'œil, nous aurions facilement pu passer à côté sans nous en apercevoir.

Bien caché dans les épilobes

Après le repas, nous allons nous promener au bord de la rivière. Pas de grizzli ce soir, mais un magnifique coucher de soleil sur le lac. Nous ne sommes pas déçus!

Coucher de soleil sur le lac Chilkoot

Pas de grizzli la veille, on nous explique qu'il est peu probable que nous en voyions pêcher. C'est très tôt dans la saison, et comme il fait chaud cette année, les bleuets sont déjà mûrs et les ours préfèrent se concentrer là-dessus et revenir à la rivière à l'arrivée des saumons. Mais celui qui se trouve sur la plage ce matin nous satisfait amplement. Il profite de la marée basse pour ramasser des moules et des coquillages et nous, on en profite pour l'observer. On ne se lassera jamais de ce spectacle.


Après avoir bien profité du spectacle, nous décidons enfin de nous remettre en route pour le Mont Ripinsky, la rando du jour. Une belle petite ascension de 900 mètres de dénivelé : aïe aïe aïe, les jambes. Mais c'est super joli et varié : forêt humide en bas, près alpins en haut et sur la crête, une vue imprenable sur les montagnes, les glaciers et la mer. Dommage que la fumée nous empêche d'en profiter, hé hé. On se sera quand même fait une belle idée, et nous nous serons bien dépensés, de quoi mériter la bière de la micro-brasserie locale. Celle-là aura été très attendue, car après deux tentatives, l'établissement était enfin ouvert et nous avons pu profiter de la terrasse pour la déguster. Et de cette chaleur, ça requinque. En plus, nous ne nous sommes pas fatigués pour rien : c'était vrai, les bleuets sont en avance. Nous avons pu faire notre première récolte de l'année. Avec un super yaourt fermenté végane (genre fromage blanc) découvert sur place, le dessert était tout trouvé!

Haines, sous la fumée

Délicieux avec du yaourt à la coco fermenté

C'est le moment du départ, l'avant-dernier jour des vacances. Et oui, toutes les bonnes choses ont une fin. Après une bonne nuit, on lève le camp : retour au Canada. Nous avions pensé randonner en chemin sur un sentier que nous avions découvert à l'aller, mais il fait très chaud, et on a mal aux jambes. Nous poussons donc jusqu'au parc Kluane où nous passerons la nuit, après l'incontournable promenade au lac Kathleen. Une fois n'est pas coutume, il n'y a pas de vent, ce qui nous permet de profiter des lieux. Certains se baignent, nous nous contenterons de tremper les pieds. 

C'est ainsi que se termine notre périple. Nous nous réveillons dans une fumée encore plus épaisse que les derniers jours. On ne voit même plus les montagnes. C'est donc sans regret que nous prenons la route en direction de Whitehorse, non sans le petit arrêt traditionnel à la boulangerie de Haines Junction pour un petit café et terminer les vacances en beauté. Des vacances qui resteront gravées dans notre mémoire... et sur Étienne!

Du Nord au Sud 2 - La ruée vers l'or

publié le 14 juil. 2019 à 17:03 par Mélanie Bernard   [ mis à jour le·14 juil. 2019 à 17:15 par Stéphane Quentin ]

Nous voici à Dawson, point de rassemblement des chercheurs d'or à la fin du XIXe siècle, la ville de 1 500 habitants en comptait 40 000 à la grande époque. Époque qui n'a en fait été que de courte durée puisqu'en deux ans, les pépites avait déjà pratiquement disparu des ruisseaux et la Ruée touchait à sa fin. Finalement, beaucoup d'orpailleurs sont arrivés trop tard et peu de gens ont réellement fait fortune : nombreux sont ceux qui dépensaient immédiatement ce qu'ils gagnaient, d'où l'expression anglaise « mining a miner », qui fait référence à l'enrichissement des commerçants sur le dos des mineurs. Comme tous les touristes, nous étions là pour en savoir un peu plus sur cette époque et pour nous faire une idée de ce à quoi pouvait ressembler la vie en ce temps-là. Ce ne sont pas les entreprises touristiques qui manquent pour cela, on peut goûter à tout : visite de bâtiments historiques avec des guides en costume d'époque, soirées au casino, spectacles de cancan, initiation à l'orpaillage... Il y en a pour tous les goûts! Nous ne sommes pas des adeptes des visites guidées, mais nous voulions voir la drague no 4, la plus grande encore entière, et cela ne se faisait qu'avec un guide. Et tant  mieux, car vu nos connaissances en la matière, il nous aurait été bien difficile de comprendre comment ça marchait. Et le prix assez prohibitif en décourageant plus d'un, nous avons eu droit à une visite privée, en français qui plus est, car la guide était Québécoise. Tout ce qu'il fallait pour découvrir le fonctionnement de cet engin de la taille d'un immeuble de huit étage responsable de la formation des immenses tas de pierres sinueux que l'on voit partout aux abords de la ville.



Cette vision du passé nous a donné envie d'en savoir plus sur l'exploitation actuelle des champs aurifères, car oui, on cherche encore de l'or à Dawson. Et on en trouve! Nous nous sommes donc joints à un groupe le lendemain pour aller visiter une mine exploitée, à ciel ouvert. La technique utilisée actuellement nous intrigait et nous avons été étonnés de voir que sur place, ce ne sont que des pelleteuses qui creusent et qui font des tas près de ruisseaux. On pourrait passer à côté d'une mine sans s'en rendre compte. Mais c'est plus organisé que cela et les ouvriers savent (sûrement) ce qu'ils font... Nous avons fini cette excursion par une initiation à l'orpaillage. À défaut de pépites, nous avons trouvé quelques flocons : le début de la richesse!

Pour ne garder au final...

Après une séance d'orpaillage, rien de tel qu'un apéro au bordel de la ville, chez Bombay Peggy's

Pour fêter notre succès, nous sommes allés boire un cocktail dans l'ancienne maison close Bombay Peggy's que nous avions beaucoup aimée lors de notre premier séjour dans la ville en octobre dernier, puis avons immortalisé notre passage dans l'ancien temps par une photo qui vaut son pesant d'or. Et nous ne pouvions partir sans une soirée typique de la grande époque : nous devions vivre une soirée de débauche. Le casino nous a ouvert ses portes (mais pas le porte-monnaie, il ne faut pas exagérer) et le spectacle a fait son effet. On s'y serait cru.


Satisfaits de ce que la ville nous avait offert, nous avons plié bagage et nous sommes engagés sur la route Top of the World qui nous a fait voyager sur le toit du monde jusqu'en Alaska, toujours sur le chemin des chercheurs d'or. C'est là que nous nous sommes rendu compte qu'il nous restait deux semaines de vacances et pas une comme je le croyais. Des surprises comme ça, on en veut bien tous les jours.  Il fallait donc modifier notre itinéraire, pas question de rentrer à Whitehorse si tôt ! Plusieurs choix s'offraient à nous :
  1. poursuivre le chemin prévu, c'est-à-dire retourner au Canada directement puis descendre à Haines en s'arrêtant en chemin pour une rando que nous voulons faire depuis un certain temps, puis prendre un traversier pour aller découvrir Juneau, la capitale de l'Alaska;
  2. Rester en Alaska dans les terres et nous rende au parc Denali, puis aller visiter Anchorage, la plus grande ville de l'état;
  3. Aller jusqu'à Anchorage et prendre un traversier jusque Haines.
C'est la première solution que nous avons choisie, la plus simple à mettre en œuvre. Direction le Canada, donc, avec pour objectif le passage de la frontière avant le soir pour camper dans le premier camping territorial du Yukon. Avec un arrêt obligatoire à Chicken, parce que ça permet de faire une pause, et aussi parce que c'est drôle. Et on a quand même pu y voir l'une des dernières dragues américaines encore debout. Moins grosse que celle de Dawson, et moins bien entretenue, mais tout de même impressionnante. Mission accomplie. On est de retour à la maison pour manger, et les moustiques nous ont réservé un super accueil. Ahhhh, quel bonheur de se sentir chez soi!

Du Nord au Sud

publié le 14 juil. 2019 à 14:04 par Mélanie Bernard   [ mis à jour le·14 juil. 2019 à 14:40 par Stéphane Quentin ]

Ou plus précisément du nord du Canada au sud de l'Alaska. 

Tout a commencé à Whitehorse le 20 juin. Départ en fin de journée direction Carmacks, à environ 300 km. Déjà, nous sommes dans l'inconnu. Nous ne sommes jamais allés à plus de 20 km au nord de la capitale. Bon, le paysage est plutôt banal, pas de quoi s'extasier. Nous nous arrêtons pour camper. Ça y est, on est en vacances. On reprend les habitudes : burgers au coin du feu (il fait un peu chaud, on ne devrait pas, mais on ne le fera pas tous les soirs) accompagnés des traditionnels bière(s) et vin. Et comme c'est l'été, on sort le rosé!

Vin blanc et bière

Nous passons notre première nuit dans un Étienne au top du top, à la pointe de la technologie grâce aux efforts de Stéphane : rideaux tout beaux et systèmes d'accroche ultra élaborés, moustiquaires recousues, filet élastique au plafond pour le rangement. Il n'y a plus qu'à dormir, maintenant. La première nuit est correcte. Il faut s'habituer à ce nouvel espace. On s'est réveillés quelques fois. Pas grave. Nous nous y ferons assez vite.

Clarté du soir

Jour 2, direction le parc territorial Tombstone, au Nord de Dawson. Comme il fait vraiment beau, nous décidons de nous y arrêter tout de suite plutôt que de risquer d'avoir de la pluie au retour. Mieux vaut tenir que courir. Arrêt obligé au croisement de la Klondike Highway qui part à l'ouest vers Dawson et la Dempster Highway qui part vers le nord : on remplit le réservoir. Après ça, plus de station essence avant au moins 400 km. Nous nous installons au camping du parc. Quand je dis nous installons, je veux dire nous installons la tente moustiquaire. Nous retrouvons les joies du camping et les moustiques ne tardent pas à nous rappeler leur présence. Dès le deuxième soir, on peut dire que ça commence bien... Cela ne nous empêche pas d'aller faire une courte randonnée pour nous mettre en jambes avant la vraie marche du lendemain.


Le lendemain, justement, le soleil est toujours là, ce qui est parfait pour notre programme : Grizzly Lake, la randonnée la plus prisée du parc (et l'une des seules accessibles à cette période de l'année puisqu'il y a encore de la neige par endroits). La distance n'est pas énorme, mais ça grimpe! Et en haut, quel spectacle! Vue sur l'emblématique mont qui a donné son nom au parc, et sur le lac Grizzly en contrebas. C'est magnifique!


De retour en bas, il est encore tôt. Nous décidons de poursuivre notre route plutôt que de passer le temps au camping. Nous parcourons donc 150 km jusqu'au camping suivant, Engineer Creek, qui restera gravé dans notre mémoire en raison de son infestation par les moustiques. Pas étonnant que les huit emplacements (seulement) ne soient pas occupés : impossible de rester dehors. Soirée difficile entre l'énervement des uns, le stress des autres et les démangeaisons de tous, elle ne restera pas dans les annales.

Camping à Engineer Creek... Sortez couverts, même par 35°C

Après une nuit pas terrible et un départ précipité du camping pour la même raison que la veille, nous reprenons la route. L'objectif du jour est d'atteindre l'océan Arctique  pour le soleil de minuit. Il fait toujours aussi beau et comme on ne sait jamais de quoi demain sera fait, on ne veut pas rater notre coup et ne voir que les nuages de minuit. Ce serait con. Donc, on roule, on roule, on roule. Ah oui, une précision : nous sommes sur la Dempster Highway. La route n'est pas asphaltée : 700 km de trous, bosses, roches et poussière au menu. Nous roulons donc et faisons plusieurs arrêts en chemin pour admirer les paysages. À notre grande surprise, la route vers l'Arctique n'est pas qu'une vaste étendue plate recouverte de toundra. Nous somme bel et bien entourés de montagnes, tantôt sur des sommets, tantôt au creux de vallées. C'est incroyable et magnifique!


Après avoir passé le cercle Arctique, traversé la frontière des Territoires du Nord-Ouest et pris deux traversiers, nous arrivons à Inuvik, le bout de la route jusqu'à il y a presque deux ans, sous un ciel clair et ensoleillé. Mais nous, on continue. Une nouvelle route a en effet été construite et terminée en 2018, la Centennial Road (à l'occasion du 150e anniversaire du Canada), pour relier Inuvik à Tuktoyaktuk, notre destination finale, sur les rives de la mer de Beaufort. Auparavant, les gens de Tuk ne pouvaient se rendre à la ville que l'hiver par la route de glace. Autant dire qu'ils n'étaient pas nombreux à parcourir ces 150 km et que le village était comme qui dirait coupé du monde. Maintenant que cette route existe, elle est pas mal empruntée, en particulier par les touristes qui veulent tremper un orteil dans les eaux glacées de l'Arctique. Nous ne sommes donc pas seuls, même si – il ne faut rien exagérer – il n'y a pas foule quand même. Surtout à l'heure où nous nous nous y engageons : en partant à 21 h d'Inuvik, on s'assure quand même une certaine tranquillité. Et toute une aventure. La route, qui semble au départ plutôt en bon état, s'avère être l'une des pires routes de gravelle que nous ayons jamais empruntée. Et ce soleil qui nous éclaire comme en plein jour devient vite un handicap, parce que même s'il ne se couche pas, il descend et les pare-soleil ne servent bientôt plus à rien. En revanche, les paysages sont incroyables et indescriptibles. Les photos donnent bien une idée, mais elles ne peuvent transmettre toutes les émotions que nous avons pu ressentir en admirant ce qui nous entourait. Enfin, à 23 h 30, épuisés, nous arrivons devant l'emblématique panneau : Arctic Ocean, le plus au Nord que nous irons jamais. Et on ne nous a pas menti, il ne fait pas nuit.

Sur la pointe de Tuk

Le lendemain, surprise, il fait grand jour lorsque nous nous réveillons. Le ciel, bleu d'un côté et grisonnant de l'autre ne présage rien de bon. Nous nous installons à la table de pique-nique pour déjeuner et nous voilà partis à la recherche de quelqu'un qui voudra bien accepter de nous vendre le permis de camping que nous aurions dû acheter la veille, mais nous étions arrivés trop tard. Après l'office de tourisme fermé, la vendeuse de la boutique d'art qui ne sait pas, le vendeur du supermarché qui ne sait pas et la mairie fermée, nous abandonnons. On ne va quand même pas frapper à toutes les portes. Il faut se rendre à l'évidence, le camping est gratuit à Tuk. On passe quand même acheter deux-trois trucs à l'épicerie (tant par nécessité que par curiosité), mettons de l'essence pour le plus grand bonheur du jeune vendeur et, le ciel devenant de plus en plus menaçant, nous dépêchons de repartir au sud vers les pingos avant la pluie. Les pingos sont l'une des curiosités de la région : de petites collines formées par la fonte du pergélisol et le mouvement des plaques tectoniques. Trop technique pour moi, vous trouverez tous les détails ici. On en profite pour goûter la température de l'eau - pas si froide. Stéphane ne respectera  toutefois pas son engagement et n'osera pas se baigner. Petit joueur!

Premier Pingo

La pluie arrive et il est temps de reprendre la route, direction Dawson. On décide d'aller le plus loin possible, on verra où on s'arrête. Le temps se gâte vraiment à mesure que nous avançons et après un court arrêt à Inuvik pour voir à quoi ressemble la plus grande ville du Nord (à rien d'exceptionnel), c'est le déluge. Sur une route non asphaltée, on vous laisse imaginer ce que ça donne. Les passages de traversiers se font littéralement dans la boue et on soulève de la terre (de couleur différente selon la portion de route) qui reste collée sur la carrosserie d'Étienne. Son nouveau look fait d'ailleurs fureur auprès des gens qu'on croise qui nous félicitent en reconnaissant notre exploit.


Après avoir passé le cercle Arctique dans le brouillard et nous être arrêtés à Eagle Plains sous l'orage pour faire une pause, nous décidons de nous arrêter au parc Tombstone pour la nuit. Arrivée à 2 h du matin pour un repos bien mérité. Nous nous réveillons à 10 h sous un ciel à peu près bleu, mais dans la fumée. En effet, l'orage de la veille a déclenché un incendie près de Dawson. Nous allons jusqu'au camping pour déjeuner et faire un peu de ménage dans la voiture tout en tentant d'échapper aux moustiques dans l'abri (satanée bestioles, même la boucane ne les fait pas fuir) et prenons la route pour Dawson, à 150 km, sur les traces des chercheurs d'or.

Arrivée de l'été

publié le 16 juin 2019 à 23:45 par Mélanie Bernard   [ mis à jour le·14 juil. 2019 à 20:14 par Stéphane Quentin ]

La saison du camping a été officiellement lancée le  week-end dernier. Et camping = été. Bon, pas l'été chaud bien sûr, mais l'été « vite profitons de l'extérieur peu importe le temps qu'il fait parce qu'il y a de la lumière et pas de neige et que ça ne dure pas longtemps chez nous ». Ouf! Hé oui, le Nord, quoi. On n'est pas en bermuda (sauf Stéphane qui lui, y est toute l'année) et on est contents d'avoir un feu pour se chauffer les miches, mais on est dehors et on mange des trucs grillés sur barbecue (mmmmm.... les bons burgers végétaliens). Ben si, l'été quoi.

Donc le week-end dernier, direction le camping Conrad. C'était drôle de camper pour la première fois de la saison dans le même camping que l'an dernier pour la première fois de la saison. Et pour la première fois tout court. Conrad, c'est sentimental. Retrouver le lac Tagish toujours turquoise au cœur de Windy Arm  (le bras ouest) toujours venteux, comme son nom l'indique. Les seules différences : le camping est bondé (en un an, on voit la différence, les touristes sont plus nombreux), et la forêt a brûlé, une bonne partie des sapins est calcinée. Vous vous souvenez? Il doit y avoir de sacrées morilles. Malheureusement, c'est compliqué pour aller les cueillir.



Ah, une autre différence : on était avec Étienne, pas avec M. Leblanc. Car oui, maintenant, c'est officiel : notre cher van nous a quitté. C'est le cœur léger (très léger pour Stéphane, un peu moins pour moi, mais c'est la vie) que nous l'avons remis aux soins de d'un nouveau propriétaire. Après des années – car oui, ça se compte en années maintenant – de séjours incessants au garage, on a craqué, on est arrivés au bout de nos forces. Nous l'avons donc vendu après avoir fait le maximum (et dépensé un maximum) à une personne qui en rêvait. Au moins, il est entre de bonnes mains. Il n'en reste pas moins que c'est une page qui se tourne.


C'est donc plus sereins que nous nous préparons pour notre périple de la semaine prochaine avec Étienne : à nous l'Arctique! Direction Tuktoyaktuk pour mettre les pieds dans la mer de Beaufort, au-delà du cercle polaire, avec arrêts en chemin à Dawson et au parc territorial Tombstone. Une belle première aventure pour notre nouveau compagnon de voyage!


On aura des choses à raconter au retour, c'est certain.

En deux mots

publié le 6 juin 2019 à 19:30 par Mélanie Bernard   [ mis à jour le·6 juin 2019 à 20:05 par Stéphane Quentin ]

Parce qu'il n'y a pas tant que ça à raconter, mais que depuis le temps, il fallait bien faire un effort quand même. Depuis le temps, depuis le temps... Que s'est-il passé? Nous avons pris deux semaines de vacances sous le soleil espagnol. Comme nous n'avons que très peu de photos mal prises avec un téléphone, nous n'avons pas jugé utile d'écrire quoi que ce soit là-dessus. D'autant plus qu'il ne s'agissait pas de vacances découvertes, mais plutôt de vacances retrouvailles.



Puis nous sommes rentrés et il ne s'est rien passé. Le printemps, ce n'est jamais terrible : fonte des neiges, début des pluies, températures pas encore assez chaudes. On a passé beaucoup de temps à l'intérieur... à cuisiner, vous l'aurez deviné.

Sushis

Puis enfin est arrivé le premier gros événement de la saison : Yves! Hé oui, après Carole à l'automne, Yves au printemps. On dirait que les Territoires du Nord-Ouest en pincent pour le Yukon. La venue de notre copain coïncidait avec le début de la saison touristique ici : à la fête de la Reine, la vie reprend. Les bus de touristes arrivent, les camping-cars affluent, les attractions touristiques ouvrent. Et nous en avons profité, puisque ce week-end là, tous les ans, les Yukonnais peuvent prendre le fameux train de la ruée vers l'or à un tarif très avantageux : 70 % de réduction, ça se prend.

Direction Skagway, Alaska, donc, pour le départ. Le trajet nous mènera au sommet du col White, quasiment à la frontière canadienne, puis retour. Pour la petite histoire, cette voie ferrée a été construite pour faciliter le trajet des milliers de chercheurs d'or qui devaient traverser le col à pied, avec des vivres pour un an. La construction a débuté en 1898 et, après bien des péripéties, s'est terminée en 1900. Le premier train a circulé le 1er août. Malheureusement, la fièvre de l'or était passée. Too bad! Mais la ligne est restée et fait maintenant le bonheur des touristes, notamment ceux des bateaux de croisière, qui font escale en Alaska pour quelques jours. C'était donc à faire. Nous l'avons fait.


Bien sûr, nous avons profité de notre court séjour aux États-Unis pour nous nourrir et nous abreuver : repas thaï dans un restaurant renommé (à raison, nous nous sommes régalés) et bien sûr bière locale. Nous avons d'ailleurs découvert une microbrasserie dont nous n'avions pas connaissance et dont la cour arrière particulièrement agréable nous a permis de bien profiter du soleil.


En résumé, ce début de saison a été plutôt bien lancé : première visite, première train, premier grizzly sur la route, premier camping et donc, première sortie pour M. Leblanc. Et nous sommes au regret de vous annoncer que ce sera la dernière. Nous vous en reparlerons. Pour l'instant, nous nous préparons aux vacances qui approchent : dans deux semaines, direction l'Arctique dans Étienne, aménagé pour l'occasion. Nous vous raconterons tout cela plus en détail très bientôt!

Végé-table

publié le 9 févr. 2019 à 17:33 par Stéphane Quentin   [ mis à jour : 11 févr. 2019 à 11:17 ]

Le végétalisme/véganisme, c'est toute une expérience. Une expérience pleine d'expériences, justement. Puisque, comme vous l'avez sûrement remarqué, notre nouveau régime alimentaire fait que nous passons beaucoup - vraiment beaucoup - de temps derrière les fourneaux à tester, fabriquer, découvrir, goûter une multitude de saveurs que nous n'aurions même pas imaginées il y a encore peu de temps, j'ai décidé de créer une galerie photo consacrée uniquement à nos exploits culinaires. Nous y ajouterons donc régulièrement le résultat en images de nos expérimentations. Qui sait, cela pourrait peut-être vous donner envie? Alors voilà un petit avant-goût.

Tofu laqué à l'orange  Feuilleté aux milles saveurs
Fromage corsé au Tempeh  Crèpes vegan de la Chandeleur

Pour le reste, ça se passe ici.

Janvier

publié le 7 févr. 2019 à 19:22 par Mélanie Bernard   [ mis à jour le·8 févr. 2019 à 08:35 par Stéphane Quentin ]

Le premier mois de 2019 a été marqué par le retour du vrai froid du Nord... ENFIN! Et chez nous, grand froid rime avec beauté : ciel bleu, soleil, lumière éblouissante et arbres givrés. Tout ce qui nous a manqué depuis le début de l'hiver. Mais grand froid rime également avec bien au chaud chez soi. Les activités extérieures ont donc été plutôt limitées, à part quelques petites marches par-ci par-là. Nous avons donc longé le fleuve fumant à plusieurs reprises, et découvert tout un réseau de sentiers autour de Chadburn Lake : à 5 kilomètres de la maison en voiture, nous n'avions pas encore pris le temps de nous y aventurer.


La grosse sortie du mois nous a menés sur les traces de Nicolas Vanier et de son Dernier trappeur. En effet, la cabane qui a servi de décor au film a été construite à une demi-heure de chez nous, au bord de Fish Lake. Nous sommes donc allés à sa recherche, et avons atteint notre objectif. Cela n'a toutefois pas été facile, car le sentier n'étant pas marqué en hiver, il a fallu se frayer un chemin dans les broussailles et les buissons, et traverser un ruisseau non gelé (Stéphane s'est mouillé les pieds..., la glace a craqué sous son poids). Finalement, nous sommes arrivés à la cabane où nous avons pu manger et nous réchauffer : elle n'est plus entretenue, mais de nombreux randonneurs s'y arrêtent et on peut y trouver le minimum vital. Il y a quand même un foyer et les meubles sont restés sur place. Difficile de réchauffer vraiment le lieu, parce que les murs ne sont pas hermétiques, mais quand il fait -25 dehors (c'était le cas), on est content de se protéger du vent.


Le point fort de cette balade de 20 km (quand même...) n'aura cependant pas été la maisonnette, mais bien la harde de caribous que nous avons pu observer au lever du soleil en atteignant la crête de la montagne. Une première : on a beau être végétaliens, les caribous manquaient à notre tableau de chasse (ha ha ha). C'était tout simplement magnifique.


Par contre, vous voulez connaître le point négatif? On a eu très mal au dos le lendemain... parce qu'on a porté nos raquettes dos toute la journée, mais pas aux pieds. Il a eu beau faire froid, l'épaisseur de neige n'était pas là. Malheureusement.

Mais la nature a remédié à ça le week-end suivant. Nous avions loué un petit chalet près du lac Kluane dans l'espoir d'aller randonner à la grotte de glace qui se trouve dans les environs. Nous avons dû changer notre fusil d'épaule en nous réveillant le samedi et que nous avons retrouvé Étienne sous 10 cm de neige. La route n'était pas dégagée et nous étions encore à 60 km du départ de la randonnée, et à 150 kilomètre de Whitehorse. Nous avons donc décidé de rentrer. Nous avons tout de même fait une petite halte sur la route dans le parc pour marcher sur une partie du sentier Auriol, histoire de ne pas avoir fait toute cette route pour rien. Et là, pour le coup, les raquettes étaient bien à nos pieds. Pendant 6 km seulement, mais c'était déjà ça.  Et la grotte, ce sera pour une prochaine fois.


Et cette neige, elle est tombée pile au bon moment, juste avant le départ de la Yukon Quest le 2 février. Mais ça, on vous le racontera plus tard. Suspense...

Bonne année!

publié le 9 janv. 2019 à 21:02 par Stéphane Quentin   [ mis à jour : 9 janv. 2019 à 21:02 ]

2019 est là depuis quelques jours déjà, mais pour en arriver là, il a fallu finir 2018. Pour Noël, nous avions décidé de nous la couler douce dans un endroit isolé. C'est donc chez deux Allemands, Nicole et Hendrik, que nous avons trouvé le chalet idéal, au bord de Marsh Lake. Arrivés le 21 décembre en soirée - trouver l'Endroit n'a pas été simple -, nous avons commencé par un bon repas et une bonne bouteille pour fêter les 44 années de l'homme de la maison.
  
Le chalet  Arrivée au chalet après après cherché quelques temps... 

Nous avons ensuite passé 5 jours de paix dans ce lieu idyllique à nous reposer et nous concocter des bons petits plats dans la limite du possible. Et oui, le chalet est équipé au minimum, sans eau courante ni électricité, mais chauffage au bois et toilettes à l'extérieur. Lumière et cuisinière au gaz, mais avec tout le confort nécessaire, nous n'avons ressenti aucun manque et c'était bien l'objectif. Nous avons dormi, lu, marché... que ce dont nous avions envie. Nous avons retrouvé le sentiment d'être dans le Nord, avec le grand lac gelé et la lumière caractéristique des longs mois d'hiver. Enfin, les températures ont un peu baissé et la blancheur du paysage nous a transportés. À seulement 45 minutes de la ville, nous nous sommes vraiment évadés.


Le retour a été difficile. Absolument pas envie de retrouver la vie « citadine » et son train-train. Nous avons eu un petit répit jusqu'au 7 janvier, la période des fêtes se faisant encore sentir. Pas débordés au travail et l'impression de vivre un peu au ralenti. Ça fait du bien aussi.

Le 31 décembre a été très tranquille. J'ai réussi à traîner Stéphane au bord du fleuve pour aller voir le traditionnel feu d'artifice. Il faisait 2 degrés, pas d'excuse pour ne pas sortir. Puis nous avons ouvert la bouteille de champagne et profité de notre délicieux repas. Et le 1er janvier est arrivé.


La routine a finalement repris. c'était inéluctable. Alors pour commencer l'année en douceur, nous avons dégusté notre première galette des rois végane, avant de clore définitivement le chapitre Fêtes de fin d'année.


Bienvenue en 2019, et bonne année à tous!

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