Habiter : la conscience du geste

performance individuelle
boutique désaffectée, Chicoutimi (Québec) 2012






Dans le cadre de cet art action, je m'assigne comme tâche pendant trois semaines de Déposer le pinceau en ligne de gauche à droite sur un papier de grande dimension dans un lieu public. Pendant la performance, je suis consciente de ce qui se passe à l'intérieur de mon corps et de mon esprit, tout comme à l'intérieur de la salle, notamment les variations de la lumière du jour et la présence de visiteurs. Je suis attentive également à ce qui se déroule à l'extérieur du bâtiment, par ce que j'entends et ce que je vois à travers la vitrine. De cette immersion dans différents niveaux de réalité, je découvre une beauté. Elle émane de la rencontre d'une part entre un lieu presque vide, de l'autre une vitrine donnant sur le foisonnement de la rue ; d'un côté, la lenteur de mes gestes et de mes déplacements, de l'autre, le pas rapide des passants; de même, la régularité de mes actions et le chaos de la rue. Le visiteur expérimente dans ce nouveau lieu les caractéristiques particulières que j'attribue au temps et à l'espace. En fait, la personne est invitée à habiter selon sa disponibilité les domaines de la lenteur, du vide et du silence. Il y a deux principaux types de regardeurs, celui (celle) qui m'observe de l'autre côté de la vitrine, donc qui reste à l'extérieur et celui (celle) qui choisit d'entrer à l'intérieur, et ainsi de s'extraire du rythme de la ville et entrer dans l'action silencieuse.