Par la nuit

Une lecture de  Raharimanana, accompagné de Tao Ravao, musicien.

Compagnie Racines Croisées.

Voix et corps, la parole héritée et celle dite d’aujourd’hui, dans la bouche du dominé pèse encore des tares de l’histoire, corps dénié toujours, malmené, voix inaudible malgré le scandale de la pauvreté et des violences qui l'accompagnent. Où retrouver voix dans le filet de sang qui hante la mémoire ? Que convoquer de la barbarie des hommes dans l’imposture qui masque leurs actes ? Une lecture où Raharimanana reprend ses écrits et se verse dans la musique inclassable de Tao Ravao pour tutoyer le dit et l'indicible, pour approcher de la nuit et en caresser les rêves… ou les cauchemars.  

 

Par la nuit, a été créé pour le festival Contre-Courants de l’île de la Barthelasse, Avignon, à partir des écrits de l’auteur (Lucarne, L’arbre anthropophage, Les cauchemars du Gecko). Les deux artistes, Tao Ravao et Raharimanana sont des complices de longue date. Ensemble, ils ont créé le conte musical « Le tambour de Zanahary » qu’ils ont tourné plusieurs années, dans divers lieux, théâtres et pays. Par ailleurs, Raharimanana a signé plusieurs succès des chansons de Tao Ravao, dont Soa, morceau repris par l’Orchestre symphonique de Bruxelles (Mai 2010). Tao Ravao, quant à lui a créé la musique de la pièce de théâtre : « Excuses et dires liminaires de Za » (mise en scène Thierry Bedard, compagnie notoire, création Scène nationale Bonlieu, Annecy/Avignon 2009), tiré du roman Za, de Raharimanana. Par cette création, ils continuent d’explorer les frontières du dit, de l’écrit et de la musique…  


* Raharimanana

 

Né en 1967 à Antananarivo, Raharimanana est de ces écrivains hantés par la mémoire. Pour avoir vécu dans un pays traversé par la violence et la pauvreté, s’être exilé en France avant de retourner en 2002 dans un enfer désormais total où son père est arrêté et torturé par le nouveau pouvoir, Raharimanana ne peut qu’être marqué à vif par une géographie magique/maléfique, l’histoire et la mythologie malgaches, l’histoire et la tradition familiales. D’où des pièces de théâtre, des contes musicaux et des récits, qui font écho à la mémoire d’un peuple comme à sa littérature orale, d’où la direction d’ouvrages engagés, d’où une écriture incantatoire et onirique nourrie d’apologues. Prix RFI de la meilleure nouvelle (1989) ; prix RFI du théâtre africain. Grand prix de Madagascar (1998). Parmi ses œuvres récentes : Les cauchemars du gecko, Vents d’ailleurs, 2011 ; Portrait d’insurgés, Madagascar, 1947, photos Pierrot Men, Vents d’ailleurs, 2011 ; Za, roman, Philippe Rey, 2008 ; Madagascar 1947, essai, Vents d’ailleurs, 2007, réédition 2008. Le prophète et le président, théâtre, Ndzé éditions, 2008 ; L’Arbre anthropophage, récit, Joëlle Losfeld, 2004 ; Nour, 1947, roman, Le Serpent à plumes, 2001. Rêves sous le linceul, nouvelles, Le Serpent à plumes, 1998. Lucarne. Nouvelles, Le Serpent à plumes, 1996.
Sources libr-critique

 

* Tao Ravao

Poly-instrumentiste malgache, il compose, interprète et chante. Ses instruments sont aussi bien traditionnels que modernes : Valiha (harpe malgache), Kabosy (Luth malgache), Lapsteel (guitare hawaïenne), Litungu (harpe du Kenya), Krar (harpe d’Ethiopie), Guitare sèche et basse.

Fils spirituel du Légendaire Bluesman Hosick-James, il débute comme « Folksinger » et apprend dès son arrivée à Paris à jouer du banjo, de la mandoline et enfin de la guitare. A 20 ans, c’est en écoutant « Mr Bottleneck » alias Homesick-James, que lui vient sa passion pour le blues. Il décide alors de rejoindre son maître à Chicago.

Là, il étudie simultanément le Blues et les musiques traditionnelles malgaches. Il joue aux côtés de « Big Walter Horton », Louisina Red, Eddie C.Campbell, Grady Gaines.

Tao RAVAO accompagne lors d’une tournée mondiale le joueur de Valiha Justin Vali. Il enregistre aussi de nombreux disques, assure la direction artistique de musiciens comme D’Gary, Jean-Emilien et Sengé primé par RFI et compose aussi pour le théâtre tels « Un jour, ma mémoire » de Michèle Rakotoson, « Noirs paradis » de R.Lykson et « Introspection » de P.Handke.


 Par la nuit sera présenté à 20h30 (durée 1h) le mercredi 30 mars 2011 à l'espace Reverdy, bâtiment L de l'Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Entrée libre.