Enseignants

Sur demande des enseignants, des visites guidées pour les classes de 3e et de lycée, voire pour des groupes d'étudiants, peuvent être organisées les 29 et 30 mars 2011 dans la matinée.
 

Sur un thème comme celui-ci, le « piège » pour l’enseignant est de sombrer dans la facilité (un peu démagogique, il faut bien le dire), en se contentant de provoquer, puis de partager l’indignation de ses élèves face à la violence de la répression en contexte colonial. Un premier mouvement émotionnel peut toutefois être un moyen efficace d’accrocher l’attention des élèves, pour leur donner envie d'en savoir davantage : il est possible de susciter la curiosité, voire une certaine indignation canalisée par l'enseignant, en lisant en classe des récits de violences coloniales, par exemple ; l’exposition accueillie à l’université de Nanterre en mars-avril 2011 peut jouer ce rôle. Mais il est alors impératif d’aller immédiatement plus loin avec les élèves, sans perdre de vue le fait que le travail de l’historien est de comprendre, et non de juger. Le travail de l'enseignant, face à une telle exposition qui présente des photographies récentes et des textes de témoignages recueillis par un écrivain plus de 60 ans après les faits, doit être réalisé sérieusement - soit en amont, soit en aval de la visite (soit avant et après la visite). Une interrogation menée en classe autour des distinction entre "histoire" et "mémoire", peut être un moyen d'attirer l'attention des élèves sur la manière d'aborder de tels témoignages - qui peuvent représenter des "sources" pour l'historien (notion essentielle, évidemment), mais ne sont pas sans failles et doivent être confrontées à d'autres sources (archives administratives, récits et témoignages contemporains, autres enquêtes de terrain, etc.). Une bonne compréhension du statut du témoin, et du contexte (lieu, temps, contexte de l'entretien, etc.) dans lequel est recueilli un témoignage, est essentielle pour aborder cette question.      

 

Le texte accessible par l’onglet « mars 1947 », dans la colonne de gauche de ce site, permet de saisir les principaux éléments factuels de cette histoire complexe, et de saisir certains enjeux. Pour approfondir ce premier aperçu, synthétique et forcément lacunaire, il est possible de se tourner en premier lieu vers les références suivantes, relativement accessibles en France.  

 

Arzalier Francis, Suret-Canale Jean, (actes rassemblés par), Madagascar 1947, la tragédie oubliée, Pantin, Le temps des cerises, 1999. Nombreuses contributions très utiles (Françoise Raison-Jourde, etc.).  

Fremigacci Jacques, « La vérité sur la grande révolte de Madagascar », L'histoire (dossier spécial Les brûlures de la colonisation), mars 2007, n°318, p.36-43. Le dossier de L'histoire dont est issu ce texte, offre en regard 2 autres cas intéressants de violences en contexte colonial : Sétif et le Cameroun. 

Tronchon Jacques, L’insurrection malgache de 1947, essai d’interprétation historique, 1974, Paris, Maspéro, 399 p. Un ouvrage déjà ancien, et relativement orienté, mais toujours utile et précis. Particulièrement utile pour les nombreux documents qu'il propose en annexe.

 

La bibliographie indicative proposée sur ce site (cf onglet « bibliographie », dans la colonne de gauche), donne de nombreuses pistes permettant de compléter cette première approche. Beaucoup de textes importants restent malheureusement difficilement accessibles hors des bibliothèques universitaires ou spécialisées (revue Tsingy, travaux publiés à Madagascar, etc.).

 

Sur la question des conflits qui peuvent survenir entre l’histoire et la mémoire, voire entre l’histoire et la politique, on se reportera en priorité aux livres suivants :

 

Bertrand Romain, Mémoires d’empire, la controverse autour du « fait colonial », Paris, Editions du croquant, 2006.

Liauzu Claude, Manceron Gilles (dir.), La colonisation, la loi et l’histoire, Paris, Syllepse, 2006.

Nora Pierre, Chandernagor Françoise, Liberté pour l'Histoire, Paris, CNRS Editions, 2008. Une introduction rapide aux problématiques de cet ouvrage peut être trouvée sur le site de Liberté pour l'Histoire, ici.  

  

Sur la question de l’enseignement des « questions sensibles » (au rang desquelles peut se ranger « Madagascar 1947 »), on pourra consulter avec profit :

 

Bonafoux Corinne, De Cock Laurence, Falaize Benoît, Mémoires et histoire à l’école de la République. Quels enjeux ?, Paris, Armand Colin, 2007.

De Cock Laurence, Lantheaume Françoise, « Les résonances scolaires des usages publics du fait colonial » actes du colloque Enseigner les questions socialement vives, adapt, 2008.

De Cock Laurence, « Enseigner la controverse au miroir des questionnements épistémologiques, socio-culturels et didactiques, l’exemple du fait colonial », in Les cartables de Clio, n°7, 2007.

Dulucq Sophie (dir.), "Enseigner le fait colonial dans le second degré" (accessible en ligne : http://histoire-geographie.ac-toulouse.fr/web/307-fait-colonial.php).

de SUREMAIN Marie-Albane, « Entre clichés et histoire des représentations : manuels scolaires et enseignement du fait colonial », in De Cock Laurence, Picard Emmanuelle (dir.), La fabrique scolaire de l’histoire, Agone, Marseille, 2009, p. 76-92

 

 

D’autres ouvrages sont référencés dans la bibliographie de notre site, y compris certains titres qui ont soulevé des polémiques et d’importantes critiques d’ordre idéologique (Pascal Blanchard, Olivier Le Cour Grandmaison, Daniel Lefeuvre, etc.). Comme toujours en histoire, il convient de croiser ses sources, et d’avancer prudemment dès que le ton devient passionné sur des questions sensibles : il importe néanmoins de lire des ouvrages de sensibilités différentes, pour saisir toute la complexité des enjeux de mémoire et d’histoire. Des extraits tirés de ces différentes contributions peuvent guider un travail de réflexion des élèves, accompagné par l’enseignant, aussi bien en histoire qu’en lettres (texte argumentaire, etc.).