HGGSP Thème 2
Objet de travail conclusif
Jalon 2
Les deux guerres du Golfe (1991 et 2003) et leurs prolongements : d’une guerre interétatique à un conflit asymétrique
Les deux guerres du Golfe (1991 et 2003) et leurs prolongements : d’une guerre interétatique à un conflit asymétrique
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Bachar Al-Assad à Pékin : «La Chine veut remplacer les États-Unis au Moyen-Orient», Le Figaro, 21 septembre 2023
La guerre qui a opposé l’Iran à l’Irak de 1980 à 1988 a laissé l’Irak particulièrement affaibli et endetté. Pour financer cette guerre, Saddam Hussein, dictateur irakien, avait contracté pour son pays un emprunt auprès de l’Arabie Saoudite et du Koweït, les deux pays arabes frontaliers, appartenant comme lui à l’OPEP. En 1990, il demande l’annulation de sa dette qui se monte à 30 milliards de $. Si l’Arabie Saoudite accepte, le Koweït refuse. Saddam Hussein considère que le Koweït n’a pas d’existence légitime et devrait être intégré à l’Irak. Comptant sur la non-réaction des Etats-Unis, l’Irak envahit le Koweït le 2 août 1990. Le même jour, les Etats-Unis saisissent le Conseil de sécurité de l’ONU. La résolution 660 exige le retrait immédiat des forces irakiennes. En réponse, Saddam Hussein s’en prend aux expatriés occidentaux en menaçant de s’en servir comme bouclier humain et tente d’obtenir le soutien des nations arabes en exigeant le retrait des Israéliens des territoires occupés. L’Irak est vu comme une menace pour la sécurité régionale et la stabilité économique mondiale via les perturbations possibles dans les approvisionnements en hydrocarbure. Le 17 janvier 1991, l’opération « tempête du désert » débute. Les Etats-Unis, avec l’aval de l’ONU et la participation de 35 Etats, écrasent l’Irak sous leur puissance militaire. Le 27 février, la capitale irakienne est prise et Saddam Hussein accepte de retirer ses troupes du Koweït.
De 1996 à 2003, le programme « Pétrole contre nourriture » mis en place à la suite de la Première guerre du Golfe, prive l'Irak de la maîtrise de ses exportations de pétrole, qui représentent sa principale source de revenus. L’économie irakienne, déjà affaiblie, s’effondre. La misère se développe provoquant la mort de 500 000 Irakiens en 7 ans par manque de nourriture et de soin. La situation intérieure et les mécontentements contre l’Occident permettent à Saddam Hussein de raffermir son pouvoir.
Les Etats-Unis insistent pour la mise en place d’un contrôle de la prolifération des armes de destruction massive et des missiles. Aux yeux du président américain George Bush, « l'Irak requiert une vigilance particulière […] et ne doit avoir aucun accès aux moyens de la guerre ». La surveillance des capacités militaires de l’Irak doit se faire sous contrôle de l’ONU. En 1998, une nouvelle crise éclate. Saddam Hussein refuse de se plier aux exigences de contrôle de la communauté internationale. Malgré la venue du secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, qui rencontre personnellement Saddam Hussein, et malgré la signature d’un accord, la guerre ne semble pas s’éloigner. Saddam Hussein refuse de se plier aux termes de l’accord qu’il a signé. Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte à l'unanimité la résolution 1205 qui « condamne » la décision annoncée par Bagdad en octobre de cesser toute coopération avec la commission de l'ONU chargée du désarmement irakien (Unscom). Du 15-26 décembre 1998, des frappes aériennes menées par les Américains et les Britanniques ont lieu.
Les attentats du 11 septembre 2001 poussent George W. Bush à déclarer la guerre au terrorisme. Toutes les nations vues comme complices d’une manière ou d’une autre sont susceptibles de représailles armées. Les Etats-Unis sont convaincus d’être les seuls à pouvoir relever le défi du terrorisme. L’ONU devient un obstacle aux ambitions sécuritaires américaines. Après l’aval de l’ONU pour une intervention internationale en Afghanistan, base arrière d’Al Qaida, les Américains tournent leurs regards vers l’Irak. Pour que l’intervention militaire qu’ils projettent en Irak soit légale aux yeux de la communauté internationale, ils ont besoin d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU. Au travers de l’intervention de Colin Powell à l’ONU, les Etats-Unis présentent de soi-disant preuve que l’Irak fabrique des armes de destruction massive. George W. Bush présente la situation comme relevant d’une guerre juste : une juste cause pour contrer un danger pour la région et le monde, une défense des populations irakiennes sous la dictature de Saddam Hussein, et la volonté d’établir la paix. Face au veto de la France, de la Chine et de la Russie, les Etats-Unis décident unilatéralement d’attaquer l’Irak, en se passant du blanc-seing onusien. L’ONU est désormais considérée comme un obstacle aux ambitions américaines. La guerre d'Irak, ou seconde guerre du Golfe, commence le 20 mars 2003 avec l'invasion de l'Irak par la coalition menée par les États-Unis contre le parti Baas de Saddam Hussein. Cette coalition est composée des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de l'Australie, de l'Espagne et de la Pologne. Le 1er mai de la même année, George W. Bush proclame l’achèvement des combats.
Après leur victoire, les troupes de la coalition cherchent à stabiliser la situation en Irak en installant un gouvernement militaire provisoire et occupent le pays. La résolution 1483 du 22 mai 2003, décide de l'association de l'ONU à l'administration de l'Irak. Les inspections menées par l'ONU ne trouvent aucune arme de destruction massive, qu’elle soit nucléaire, chimique ou biologique. Selon John Keegan, historien militaire et journaliste britannique, les Etats-Unis avaient comme ambition de renverser le régime, de se débarrasser de Saddam Hussein et de provoquer une contagion démocratique dans la région. Ce dernier objectif est un échec retentissant. En 2011, les Etats-Unis se retirent d’Irak sans avoir réussi à pacifier le pays. Le climat de violence et d’insécurité est au contraire à son paroxysme. La région est déstabilisée et fait le lit de l’islamisme radical qui aboutira à la naissance de Daech.