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La Grande Guerre de Lucien Peronnet



En mars 2011, j'ai trié un grand carton rempli de cartes postales. La plupart de ces cartes avaient été conservées par ma grand-mère, puis par mes parents. Elles étaient classées par départements.

En les parcourant, j'ai découvert qu'une centaine de cartes étaient datées des années 1914-1918, rédigées par le caporal Lucien Peronnet et adressées à ses parents, M. et Mme Antoine Peronnet, 10 rue des Jardins, Saint-Florent, Cher.

Je les ai alors classées par ordre chronologique, du 7 septembre 1914 à la fin de l'année 1918. Puis, en parcourant les départements où sa compagnie du 5e Génie a résidé, j'ai retrouvé encore une cinquantaine de cartes vierges, qu'il avait achetées, mais qu'il n'a pas envoyées. Enfin, j'ai joint à cette correspondance environ 80 cartes qu'il a reçues de sa soeur, de ses cousins et cousines, de ses amis d'enfance, de ses camarades de régiment.

Je disposais alors d'un corpus important qui me permettait de connaître la Grande Guerre vécue par un soldat. Mais, c'est en juillet 2011 que j'ai effectué la trouvaille la plus intéressante. Dans une boîte de fer blanc, où ma grand-mère avait renfermé divers documents relatifs à sa famille, il y avait un petit carnet de 100 pages, au papier quadrillé, intitulé :

Notes et Mémoires de Lucien Peronnet, classe 1914, 5e Régiment du Génie, matricule 16/62, à partir du 22 juin 18648.

J'ai alors lu les 83 pages écrites assez lisiblement, dans une orthographe presque toujours correcte.

Sur ce carnet, mon grand-oncle Lucien Peronnet a raconté, au jour le jour, la guerre qu'il a vécue. Le texte est assez différent des nouvelles qu'il envoyait à sa famille. Souvent d'une précision minutieuse, surtout pour les trajets et horaires de chemin de fer (on reconnaît là le cheminot). Lucien Peronnet décrit avec beaucoup de détails les villes et villages où il passe, les champs de bataille de l'Artois et de la Somme où sa compagnie doit réparer ou installer des voies ferrées pour le ravitaillement et l'artillerie.

Lucien Peronnet a eu la chance de ne pas combattre en 1ère ligne. Le 5e Régiment de Génie a eu pour mission de former des sapeurs, des pontonniers, des ouvriers spécialisés dans l'entretien des réseaux ferrés. Grâce à son emploi de cheminot à la Compagnie Paris-Orléans (qui employait déjà ses parents), Lucien Peronnet a été affecté dans une compagnie ferroviaire. Pourtant, l'administration militaire ne tenait pas toujours compte des qualifications ; dans ses lettres, il confie sa crainte d'être envoyé aux Dardanelles, et celle d'être « enterré » avec les sapeurs-mineurs. Après une longue période d'instruction à Vierzon et à Versailles (Camp de Satory), il est parti pour le Front du Nord de la France. Sa connaissance des bases de la langue anglaise lui permet alors de fraterniser avec des soldats anglais et canadiens, de servir d'interprète sur des chantiers, de vendre des coupe-papier à nos Alliés...


J'ai transcrit le texte intégral du carnet. J'ai hésité à publier les cartes postales, dont le contenu est souvent répétitif (« Je suis en bonne santé pour le moment... ») et parfois trop intime. Au récit du carnet, j'ai simplement joint quelques extraits des cartes postales. En revanche, les cartes m'ont servi à illustrer le récit.

Quelques notes écrites en italiques servent à situer les lieux où Lucien Peronnet a séjourné, leur intérêt militaire, stratégique, ou à expliquer les combats qu'il mentionne.

J'espère, par ce blog, apporter un éclairage intéressant et original sur la Grande Guerre, et rendre hommage à Lucien Peronnet, que je n'ai pratiquement pas connu de son vivant, et que j'ai découvert par ses écrits.

Pierre Volut, 8 août 2011.
 
 
 

 

 

 
 
Deux versions de La Grande Guerre de Lucien Peronnet vont exister :
  • l'ensemble des documents, carnets, lettres, photos, destiné à un usage strictement familial, conservé sur un disque dur d'ordinateur ;

  • la version diffusée par ce Blog, avec un exemplaire tiré sur papier pour mes archives et, peut-être, une nouvelle diffusion en 2014.


Ce Blog complète d'autres travaux que j'ai menés depuis dix ans autour de la Guerre 1914-1918 :

  • Le Canton de Decize pendant la Première Guerre Mondiale, 2001,

  • Ernestine et Marcel, les fiancés de la Grande Guerre, blog, 2009-2011,

     
  • La Correspondance du Pontonnier Etienne Vigneron, dossier, 2007.

Sous-pages (1) : 05 Septembre 1914
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